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Les grandes aires urbaines comtoises étendent leur emprise sur le territoire régional

Pierre QUILLERY, Audrey MIRAULT

Résumé

Entre 1999 et 2008, en Franche-Comté, comme dans de nombreux territoires métropolitains, la périurbanisation se poursuit. De plus en plus de communes rurales entrent dans l'espace d'influence des villes. L'attraction grandissante des grands pôles urbains comtois entraîne un accroissement important des navettes domicile-travail. La population des grandes aires urbaines de Pontarlier et Dole croît fortement. Les autres grandes aires urbaines connaissent une croissance démographique plus faible. Ces évolutions reposent sur un double mouvement de densification et d'extension, variable selon les aires urbaines.

Sommaire

Publication

Le nouveau zonage en aires urbaines (1) définit sur l'ensemble du territoire national, à partir des déplacements domicile-travail, un espace des grandes aires urbaines. Cet espace est structuré autour de 230 grands pôles urbains, constitués des unités urbaines offrant plus de 10 000 emplois. Il englobe à la fois les grandes aires urbaines, composées des grands pôles urbains et de leurs couronnes, et les communes multipolarisées de ces grands pôles.

(1) Zonage élaboré en 2010.

Les grands pôles urbains comtois tissent leur toile toujours plus loin

En Franche-Comté, cet espace est organisé autour de sept grands pôles urbains : Belfort, Besançon, Dole, Lons-le-Saunier, Montbéliard, Pontarlier, Vesoul. En 2008, celui-ci occupe 46 % de la superficie régionale, et se place dans la moyenne métropolitaine. L'espace des grandes aires urbaines regroupe 69 % de la population régionale contre 83 % au niveau national. À ce titre, la Franche-Comté occupe le 14e rang des régions métropolitaines.

Depuis 1999, l'espace des grandes aires urbaines s'est beaucoup développé. Il comprend désormais 941 communes contre 750 en 1999. En 2008, 805 000 personnes vivent sous l'influence des grands pôles urbains comtois contre 770 000 dix ans plus tôt. De plus en plus de communes rurales sont imbriquées dans cet espace et sont ainsi intégrées dans des dynamiques urbaines. L'influence grandissante des grands pôles comtois entraîne un accroissement important des navettes domicile-travail, pour la plupart effectuées en transport individuel hors milieu urbain. Ainsi, en 2008, 198 000 personnes domiciliées dans une grande aire urbaine de Franche-Comté ne travaillent pas dans leur commune de résidence, soit 17 % de plus qu'en 1999. À ces déplacements domicile-travail, s'ajoutent ceux liés à l'accès des populations aux établissements scolaires, équipements commerciaux, culturels, sanitaires et sociaux, et de loisirs. Ceux-ci sont eux-mêmes fortement polarisés par les pôles urbains. La question de la compatibilité de ce modèle de développement avec celui souhaité dans le cadre du Grenelle de l'environnement se pose.

La dynamique de cet espace repose essentiellement sur les grandes aires urbaines, c'est-à-dire sur les pôles urbains et leurs couronnes. Celles-ci concentrent 63 % de la population régionale et 69 % des emplois.

Au sein des grandes aires urbaines comtoises, le nombre de personnes travaillant hors de la commune de résidence progresse

Nombre de personnes travaillant hors de leur commune de résidence et habitant dans une grande aire urbaine comtoise
Grandes aires urbaines comtoises de résidence 1999 2008 Évolution 1999-2008 (en %)
Source : INSEE (Zonage en aires urbaines 2010, Recensements de la population 1999 et 2008)
Besançon 46 392 59 559 28,4
Montbéliard 46 602 49 233 5,6
Belfort 27 501 30 286 10,1
Dole 14 181 17 001 19,9
Vesoul 14 395 16 607 15,4
Lons-le-Saunier 14 867 17 649 18,7
Pontarlier 5 698 7 617 33,7
Ensemble 169 636 197 952 16,7

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Expansion territoriale et croissance démographique plus modérées qu'au niveau national

En 2008, les sept grandes aires urbaines de Franche-Comté poursuivent leur expansion territoriale. Elles représentent 36 % du territoire régional contre 29 % dix ans auparavant. Leur superficie augmente ainsi de 27 % contre 35 % au niveau national.

Entre 1999 et 2008, la croissance démographique des grandes aires urbaines comtoises est plus faible que la moyenne nationale (+ 8 % contre + 17 %). Leur population s'établit à 731 100 habitants contre 674 200 dix ans plus tôt. Toutefois, la croissance démographique ne permet qu'à l'aire de Dole d'améliorer significativement son rang au classement national.

En France, couronnes et pôles contribuent à part égale à la croissance démographique. En Franche-Comté, seule la population des couronnes progresse tandis que celle des grands pôles urbains est stable. Toutefois, les grandes aires urbaines de la région évoluent selon des schémas différenciés.

Seule la grande aire urbaine de Dole progresse dans la hiérarchie métropolitaine

Classement national des grandes aires urbaines comtoises en 1999 et en 2008
Numéro de l'aire urbaine en 2010 Libellé de l'aire urbaine en 2010 Population 2008 (périmètre 2010) Population 1999 (périmètre 1999) Rang 2008 Rang 1999
Source : INSEE (Zonage en aire urbaine 1999 et 2010, Recensements de la population 1999 et 2008)
041Besançon 243 363 219 513 41 37
052Montbéliard 162 284 178 234 52 44
073Belfort 112 336 104 522 73 71
124Dole 65 483 39 950 124 157
135Vesoul 59 288 53 277 135 132
138Lons-le-Saunier 57 949 53 485 138 131
196Pontarlier 30 433 25 234 194 195

Carte 1 : Variation de densité lissée de la population comtoise entre 1999 et 2008


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Une forte croissance de la population dans les aires urbaines de Dole et Pontarlier

Entre 1999 et 2008, la population de l'aire urbaine de Dole augmente de 64 %. Cette forte croissance est essentiellement portée par une extension de sa couronne dont la population a presque triplé. En effet, celle-ci a gagné de nombreuses communes. Le positionnement géographique de cette aire urbaine explique son évolution. Elle se situe entre Besançon et Dijon, toutes deux capitales régionales. L'urbanisation y est facilitée par les liaisons autoroutières (2) et ferroviaires.

Entre 1999 et 2008, la population des couronnes des grandes aires urbaines comtoises progresse, sauf à Montbéliard
Population 2008 Évolution entre 1999 et 2008 (en %)
Grandes aires urbaines comtoises Pôle Couronne Aire Pôle Couronne Aire
Sources : INSEE (Zonage en aires urbaines 2010, Recensements de la population de 1999 et 2008)
Besançon 135 652 107 711 243 363 + 0,9 + 26,5 + 10,9
Montbéliard 108 684 53 600 162 284 - 3,9 - 17,8 - 8,9
Belfort 80 739 31 597 112 336 - 1,0 + 37,4 + 7,5
Dole 31 351 34 132 65 483 + 3,3 + 256,0 + 63,9
Vesoul 29 517 29 771 59 288 + 2,5 + 21,7 + 11,3
Lons-le-Saunier 27 559 30 390 57 949 + 6,5 + 10,0 + 8,3
Pontarlier 22 613 7 820 30 433 + 3,2 + 136,1 + 20,6
Ensemble 436 115 295 021 731 136 0,0 + 23,8 + 8,4

Parallèlement, l'aire urbaine de Pontarlier connaît aussi une croissance forte de sa population, malgré une faible progression de la ville de Pontarlier (respectivement + 21 % et + 2 %). Ce dynamisme démographique résulte à la fois d'un accroissement de la densité de la population de l'aire urbaine et de l'extension de son périmètre. Excentrée, cette aire bénéficie de l'essor de l'emploi local et du travail frontalier avec la Suisse qui favorisent le développement de l'habitat le long de la frontière.

(2) Autoroutes A36, A31 et A39.

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La population des autres aires urbaines croît plus faiblement

La croissance démographique de l'aire urbaine de Besançon est modérée (11 %), malgré une extension de 20 % de sa superficie. Elle provient avant tout d'une densification sensible du pôle et de sa couronne. Comme beaucoup de villes-centres des agglomérations, les opérations de rénovation urbaine permettent à Besançon de stabiliser le niveau de sa population. Les autres villes du pôle urbain continuent d'accueillir de nouveaux habitants. Les disponibilités foncières, à proximité immédiate de la capitale régionale, se raréfient et conduisent les nouveaux résidents à s'éloigner du pôle urbain.

L'existence d'une voie rapide entre Besançon et Vesoul favorise la périurbanisation entre ces deux villes, peu distantes l'une de l'autre. Vesoul, chef-lieu de département et pôle industriel, rayonne de plus en plus largement sur sa périphérie. Ce qui n'est pas le cas de Gray, Luxeuil-les-Bains et Lure, moyens pôles proches les uns des autres, pour qui les évolutions de l'emploi sont moins favorables. La population de l'aire urbaine de Vesoul progresse de 11 %. Les grandes aires urbaines de Besançon et Vesoul tendent ainsi à se rejoindre.

En dépit de la présence d'activités économiques porteuses et d'un pôle universitaire, l'aire urbaine de Belfort connaît une croissance démographique faible (+ 8 %). Le pôle urbain perd de la population, notamment à Offemont et à Évette-Salbert. Des opérations de rénovation urbaine, conduisant à une densification, interviennent sur les communes de Bavilliers, d'Essert et de Valdoie. La population de la commune de Belfort est stable. En revanche, celle de la couronne progresse par l'entrée dans le périmètre de cinq nouvelles communes qui lui apportent 4 500 habitants.

La croissance démographique de l'aire urbaine de Lons-le-Saunier est également modeste (+ 8 %). La population des communes de Lons-le-Saunier et de Perrigny baisse respectivement de 2 % et 7 %. Malgré cette perte, la population du pôle urbain progresse de 7 %. L'influence de Lons-le-Saunier s'étend sur sa périphérie immédiate qui se densifie. De nouveaux habitants viennent s'installer dans la couronne, dont la population augmente de 10 %, mais dont le territoire ne s'étend quasiment pas.

Entre 1999 et 2008, l'aire urbaine de Montbéliard se transforme. Si le contour du pôle urbain reste inchangé, celui de la couronne se modifie de façon importante. La couronne s'étend au sud mais se contracte au nord. Elle laisse place à un ensemble de communes multipolarisées par Belfort et Montbéliard. Ainsi Héricourt, Châtenois-les-Forges, Fesches-le-Châtel, Bourogne, pour ne citer que les plus peuplées d'entre elles, ne sont plus sous l'influence exclusive du pôle d'emploi de Montbéliard, comme en 1999. En conséquence, la couronne perd environ 11 500 habitants, le pôle urbain en perdant quant à lui un peu moins de 4 500.

Les grandes aires urbaines comtoises ont des profils d'évolution variés

Classification des grandes aires urbaines comtoises en fonction de l'évolution de leur population entre 1999 et 2008
Intensité du dynamisme démographique Types d'évolution Grandes aires urbaines comtoises Nombre de grandes aires urbaines de même type au niveau métropolitain
Champ : grandes aires urbaines de France métropolitaine
Sources : INSEE (Zonage en aires urbaines 2010, Recensements de la population de 1999 et 2008)
Dynamisme démographique très favorableDensification marquée avec extension Pontarlier 38
Densification marquée avec recomposition 8
Forte densification 12
Extension forte de la couronne Dole 20
Forte extension du pôle 12
Dynamisme démographique modéréDensification modérée Besançon 35
Extension modérée de la couronne Vesoul 32
Grandes aires urbaines en faible croissanceFaible densification et extension Montbéliard 46
Densification et extension moyenne Belfort
Lons-le-Saunier
27

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