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Projections de population à l'horizon 2040
À partir de 2030, la croissance de la population franc-comtoise dépendra principalement de l'attractivité de la région

Yves LEBEAU, Audrey MIRAULT

Résumé

Si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la Franche-Comté comptera 1 270 000 habitants en 2040, soit 110 500 de plus qu'en 2007. Longtemps portée par la croissance naturelle, l'augmentation de la population dépendra davantage de l'attractivité régionale à partir de 2030. La périurbanisation devrait se poursuivre. De ce fait, la Haute-Saône et le Jura devraient être plus attractifs que le Doubs et le Territoire de Belfort, excepté pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans. En raison de l'arrivée aux grands âges des générations nombreuses du baby-boom, tous les départements francs-comtois seront concernés par les problématiques liées au vieillissement de la population. En 2040, trois Francs-Comtois sur dix auront 60 ans ou plus.

Sommaire

Publication

En 2040, si les tendances démographiques observées jusqu'à présent restaient inchangées, la Franche-Comté compterait 1 270 000 habitants, soit 110 500 personnes de plus qu'en 2007.

Cette augmentation de population de 9,5 % sur 33 ans, serait inférieure à celle que connaîtrait la France métropolitaine sur la même période (14,5 %), mais supérieure à celle observée dans les autres régions du Grand Est (1).

Au niveau national, l'attraction des régions du sud et de l'ouest se confirmerait malgré quelques inflexions par rapport à la période 1990-2007. On observerait en effet un tassement du rythme de croissance de la population dans les régions les plus dynamiques, en particulier au sud. Les espaces ruraux connaîtraient un regain d'attractivité.


Carte 1 : Taux de croissance annuel moyen de la population par département entre 2007 et 2040


(1) Alsace, Lorraine, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté.

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En 2040, le solde migratoire serait le principal moteur de la croissance démographique

Comme au niveau national, le rythme de croissance de la population franc-comtoise serait de moins en moins soutenu. Actuellement de 0,37 % par an (soit + 4 400 habitants par an), il descendrait à 0,18 % entre 2030 et 2040 (soit + 2 300 habitants par an).

Sous l'hypothèse du maintien du solde migratoire à son niveau actuel, celui-ci deviendrait le principal moteur de la croissance démographique à partir de 2030. Avec en moyenne, chaque année, 1 000 arrivées de plus que de départs en provenance d'autres régions françaises ou de l'étranger, la contribution du solde migratoire à la croissance démographique de la région passerait de 15 % en 2007 à 66 % en 2040. En effet, l'arrivée aux grands âges des générations nombreuses nées pendant les trente glorieuses induira des décès plus nombreux. Le solde naturel sera alors mécaniquement réduit. En 2040, dans les deux tiers des régions françaises, le nombre des décès dépasserait même celui des naissances. Grâce à une fécondité parmi les plus élevées de France, la Franche-Comté ne vivrait pas cette situation. Entre 2030 et 2040, le solde naturel demeurerait positif. Il contribuerait encore à 34 % de la croissance démographique régionale contre 85 % actuellement.

Décomposition du taux de croissance annuel moyen de la population en Franche-Comté et en France, entre 2007 et 2040, par période
Période Taux de croissance annuel moyen (en %) Croissance annuelle due au solde naturel (en %) Croissance annuelle due au solde migratoire (en %)
Franche-Comté France métro. Franche-Comté France métro. Franche-Comté France métro.
Source : INSEE (Projections de population 2007-2040, scenario central)
2007-2020 + 0,37 + 0,50 + 0,32 + 0,33 + 0,05 + 0,17
2020-2030 + 0,24 + 0,38 + 0,17 + 0,21 + 0,07 + 0,17
2030-2040 + 0,18 + 0,32 + 0,06 + 0,13 + 0,12 + 0,19

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Des projections de population 2007-2040 établies selon une stabilité des principaux indicateurs démographiques

À partir des données issues du recensement de la population au 1er janvier 2007, l'INSEE a réalisé de nouvelles projections de population régionales et départementales. Le modèle utilisé (OMPHALE 2010) applique pour chaque sexe et âge, des quotients démographiques. Ces quotients ne prennent en compte que les tendances de fécondité, mortalité et migrations régionales observées par le passé. Ils n'intégrent pas les réactions complexes que ces tendances peuvent susciter (effet sur le marché foncier, impact des politiques publiques territoriales...) ni les facteurs exogènes. Ces projections ne peuvent pas être assimilées à des prévisions.

Les projections de population présentées dans cette étude sont élaborées à partir du « scenario central », retenu parmi les quatre variantes proposées par le modèle. Les hypothèses de ce scenario reposent sur une stabilité des principaux indicateurs démographiques.

La fécondité de la région est maintenue à son niveau de 2007, qu'il s'agisse de l'indice conjoncturel de fécondité global ou des quotients de référence par âge de la mère. En Franche-Comté, le nombre d'enfants par femme resterait de 2,1 sur toute la période de projection (2007-2040).

La mortalité de la région baisse au même rythme qu'en France métropolitaine. L'espérance de vie en Franche-Comté continuerait ainsi de progresser et atteindrait 83,1 ans pour les hommes et 88,7 ans pour les femmes.

Les quotients migratoires entre régions métropolitaines, calculés entre 2000 et 2008, sont maintenus constants sur toute la période de projection. Ils reflètent les échanges de population entre une région et chacune des autres, y compris celles d'outre-mer. En ce qui concerne les échanges avec l'étranger, l'hypothèse métropolitaine (+ 100 000) est ventilée au prorata du nombre d'immigrants par région. Ces projections sont ensuite calées sur la nouvelle projection de population métropolitaine centrale publiée par l'INSEE en octobre 2010. L'objectif est de faire coïncider, pour la métropole, la somme des projections régionales avec la projection métropolitaine. En Franche-Comté, le solde migratoire serait en moyenne de + 1 000 par an, entre 2007 et 2040.

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Une croissance démographique hétérogène selon les départements

La population augmenterait dans tous les départements de la région.

En 2040, le Doubs et la Haute-Saône seraient les départements les plus dynamiques sur le plan démographique, avec respectivement 577 600 et 263 000 habitants. La croissance serait plus atone dans le Jura et le Territoire de Belfort (respectivement 280 600 et 148 100 habitants).

Le vieillissement de la population est plus marqué dans les espaces ruraux. Ainsi, le solde naturel deviendrait négatif dès 2018 dans le Jura et dès 2025 en Haute-Saône. La composante migratoire devrait alors permettre de compenser le faible dynamisme naturel. Celle-ci est plus forte en Haute-Saône, dont l'espace rural bénéfice davantage de la proximité des principaux pôles d'emploi de la région.

Dans le Doubs et le Territoire de Belfort, la situation serait inverse. Les naissances resteraient plus nombreuses que les décès. En revanche, les sorties seraient excédentaires sur les entrées, en raison de la poursuite de la périurbanisation.

Décomposition du taux de croissance annuel moyen de la population franc-comtoise, entre 2007 et 2040, par département
Département Taux de croissance annuel moyen entre 2007 et 2040 (en %) Croissance annuelle due au solde naturel (en %) Croissance annuelle due au solde migratoire (en %)
Source : INSEE (Projections de population 2007-2040, scenario central)
Doubs + 0,32 + 0,35 - 0,03
Jura + 0,24 - 0,02 + 0,26
Haute-Saône + 0,31 + 0,03 + 0,28
Territoire de Belfort + 0,12 + 0,26 - 0,14
Franche-Comté + 0,28 + 0,20 + 0,08
La population franc-comtoise à l'horizon 2040
Population en 2007 Population en 2020 Population en 2030 Population en 2040
Source : INSEE (Estimations de population pour 2007 - Projections de population 2007-2040, scenario central pour 2040)
Doubs 520 129 550 300 565 800 577 600
Jura 258 885 269 200 275 200 280 500
Haute-Saône 237 195 251 000 258 000 263 000
Territoire de Belfort 142 444 145 600 147 000 148 100
Franche-Comté 1 158 653 1 216 100 1 246 000 1 269 200
France métropolitaine 61 795 298 65 961 600 68 531 800 70 734 100

La nature et la provenance des flux migratoires seraient également différents d'un département à l'autre. Le Doubs et le Territoire de Belfort attireraient toujours principalement les jeunes de 15 à 24 ans, grâce aux structures éducatives présentes à Besançon et Belfort. Les deux autres départements resteraient attractifs pour les familles.

Dans le Territoire de Belfort, seuls les flux avec le Haut-Rhin, département densément peuplé, seraient largement positifs.

La croissance démographique du Jura dépendrait de la poursuite de l'attractivité des départements limitrophes de Rhône-Alpes et de Bourgogne. Son excédent migratoire avec l'Ain, le Rhône, la Côte-d'Or et la Saône-et-Loire compenserait grandement le déficit migratoire avec le Doubs. L'Ain serait même le contributeur le plus important, avec un solde de + 4 300 individus à l'horizon 2040. En 33 ans, le Jura gagnerait près de 11 000 personnes au jeu des flux migratoires.

Le département de la Haute-Saône bénéficierait davantage de la poursuite de la périurbanisation de Besançon et Belfort. En effet, il gagnerait des habitants en provenance du Doubs et du Territoire de Belfort. Entre 2007 et 2040, c'est le département franc-comtois pour lequel les flux migratoires auraient le plus d'impact sur la croissance démographique.

Projection des flux migratoires des départements francs-comtois avec les départements français entre 2007 et 2042
Département Département d'échange entre 2007 et 2042 Flux entrant 2007-2042 Flux sortant 2007-2042 Solde migratoire 2007-2042
Note : 45 000 personnes migreraient de Haute-Saône vers le Doubs et 55 303 du Doubs vers la Haute-Saône entre 2007 et 2042. Les flux avec l'étranger ne sont pas comptabilisés dans ce tableau.
Source : INSEE (Projections de population 2007-2040, scenario central)
DoubsTotal 291 800 326 000 - 34 200
dont :
Haute-Saône 45 000 55 300 - 10 300
Jura 37 500 32 300 + 5 200
Territoire de Belfort 30 900 30 300 + 600
Rhône 7 800 12 400 - 4 600
Côte-d'Or 10 900 12 100 - 1 200
JuraTotal 166 700 155 800 + 10 900
dont :
Doubs 32 300 37 500 - 5 200
Ain 17 000 12 700 + 4 300
Côte-d'Or 14 500 12 900 + 1 600
Saône et Loire 9 400 13 100 - 3 700
Rhône 8 600 9 100 - 500
Haute-SaôneTotal 162 100 148 900 + 13 200
dont :
Doubs 55 300 45 000 + 10 300
Territoire de Belfort 23 000 15 300 + 7 700
Haut-Rhin 8 000 4 600 + 3 400
Côte-d'Or 7 300 7 000 + 300
Vosges 5 300 6 400 - 1 100
Territoire de BelfortTotal 112 800 127 800 - 15 000
dont :
Doubs 30 300 30 900 - 600
Haute-Saône 15 000 23 000 - 8 000
Haut-Rhin 13 700 10 900 + 2 800
Bas-Rhin 4 500 6 300 - 1 800
Rhône 2 200 2 900 - 700

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Le grand âge au cœur des problématiques de demain

En Franche-Comté comme ailleurs, le vieillissement de la population semble inéluctable du fait de l'arrivée progressive aux grands âges des générations nombreuses du baby-boom. En Franche-Comté, l'âge moyen évoluerait de 39,4 ans en 2007 à 44 ans en 2040. À cette même date, la région compterait 405 200 personnes de 60 ans ou plus, soit une progression de 60,4 % par rapport à 2007. En l'espace de 33 ans, leur part dans la population régionale bondirait de 21,8 % à 31,9 %.

La plus forte augmentation de population concernerait les Francs-Comtois âgés de 80 ans et plus, catégorie pour laquelle les besoins de prise en charge deviennent plus fréquents. Leur nombre, fixé à 55 600 en 2007, devrait s'établir à 128 600 en 2040. À cette date, ils représenteraient 10,1 % de la population régionale, contre 4,8 % actuellement. L'indice de vieillesse, défini comme le ratio du nombre de 75 ans ou plus sur les moins de 20 ans, ne cesserait de s'accroître. Alors qu'en 2007, la Franche-Comté compte 34 personnes âgées de 75 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans, la proportion pourrait être de 67 pour 100 en 2040. Cette part serait semblable à celle du niveau national. Le Jura et la Haute-Saône seront particulièrement concernés par cette problématique. Dans ces deux départements, l'indice de vieillesse pourrait atteindre respectivement 79 et 74 pour 100 en 2040.


Carte 2 : Part des 80 ans ou plus dans la population par département en 2040


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La population des 20-59 ans diminuerait légèrement sur 33 ans

En 2040, 576 700 personnes seraient âgées de 20 à 59 ans, contre 615 600 en 2007. Leur part, dans la population régionale, baisserait ainsi de 53 % à 45 %.

Par conséquent, le rapport entre le nombre de personnes d'« âge inactif » (moins de 20 ans et 60 ans ou plus), et celui des individus d'« âge actif » (de 20 à 59 ans), augmenterait nécessairement. En 2007, en Franche-Comté, on compte 88 personnes d'« âge inactif » pour 100 personnes d'« âge actif ». En 2040, la proportion serait de 120 pour 100 (115 au niveau national).


Graphique 1 : Pyramides des âges de la Franche-Comté en 2007 et 2040


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Les différents scenarii de projections

En dehors du «  scenario central », des variantes ont été constituées pour mesurer l'impact des évolutions de chaque composante.

Pour la fécondité, le scenario «  fécondité haute » fait converger la fécondité vers une valeur cible en 2015, correspondant à l'indice conjoncturel de fécondité de la région augmenté de 0,15 par rapport à sa valeur de 2007. Au-delà, la fécondité ainsi atteinte est maintenue.

Pour le scenario « fécondité basse », c'est la valeur de l'indice conjoncturel de fécondité de la région moins 0,15 qui sert de cible en 2015.

Pour la mortalité, le scenario « espérance de vie haute » fait évoluer l'espérance de vie de la région parallèlement à l'évolution métropolitaine du scenario correspondant. Ce dernier est établi selon des gains progressifs d'espérance de vie à la naissance. Au niveau national l'espérance de vie à la naissance serait de 90,6 ans pour les femmes et 84,9 ans pour les hommes en 2040. Les valeurs régionales seraient respectivement 88,0 et 84,4 ans. Pour le scenario « espérance de vie basse », fonctionnant selon le même principe, les valeurs métropolitaines s'élèveraient à 87,1 ans pour les femmes et 81,4 ans pour les hommes. Les valeurs régionales seraient respectivement de 86,6 et 81,3 ans.

Pour les migrations, le scenario sans migrations est une projection pour laquelle l'ensemble des échanges migratoires, entre régions et avec l'étranger, sont considérés nuls. Il constitue une variante intéressante pour appréhender leur impact sur les projections régionales. Les scenarii « migrations hautes » et « migrations basses » ventilent entre régions un solde avec l'étranger de respectivement + 150 000 et + 50 000 personnes. Pour ces deux scenarii, les échanges des DOM avec l'étranger évoluent dans les mêmes proportions par rapport à l'hypothèse centrale.

Les scenarii « population haute » et « population basse » rassemblent les variantes optimistes (respectivement pessimistes) de chacune des trois composantes précédentes.

Selon le scenario « population haute », la population franc-comtoise augmenterait de 16,4 % entre 2007 et 2040 pour atteindre près de 1 350 000 personnes. À l'inverse, selon une vision plus pessimiste, la population régionale n'augmenterait que de 2,9 %. Dans ce cas, 1 192 000 Franc-Comtois habiteraient dans la région.

Le scenario sans migrations apporte une vision de ce que serait la population sans aucun échange migratoire. La Franche-Comté n'apparaît pas comme une région très attractive. En effet, en 2040, la différence de résultats entre les projections issues du scenario central et celles issues du scenario sans migrations serait d'environ 10 000 personnes.


Graphique 2 : Évolution de la population franc-comtoise à l'horizon 2040


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Vers une répartition équilibrée de la population par âge

En revanche, grâce à une fécondité plus soutenue que dans les années quatre-vingt-dix, la population franc-comtoise âgée de moins de 20 ans resterait relativement stable au cours du temps : autour de 290 000. Sa part, dans la population régionale, diminuerait cependant mécaniquement de 25,1 % en 2007 à 22,6 % en 2040.

La forte augmentation de la population des plus âgés est transitoire et correspond au passage à ces âges des générations du baby-boom. Après 2035, la part des 60 ans ou plus devrait continuer de croître, mais plus modérément. Celle-ci dépendra alors davantage des gains d'espérance de vie. En Franche-Comté, entre 2007 et 2040, un homme devrait gagner plus de cinq ans d'espérance de vie et une femme un peu plus de quatre ans.

Espérance de vie à la naissance en 2007 et 2040, par sexe, en Franche-Comté et en France métropolitaine
Espérance de vie des hommes à la naissance (en années) Espérance de vie des femmes à la naissance (en années)
2007 2040 2007 2040
Source : INSEE (Projections de population 2007-2040, scenario central)
Franche-Comté 77,6 83,1 84,4 88,7
France métropolitaine 77,4 83,1 84,4 88,8

Après 2040, sous l'hypothèse d'une fécondité maintenue, la pyramide des âges se rapprochera de l'image d'une répartition équilibrée de la population. Les grands chocs démographiques du passé, tels la seconde guerre mondiale et le baby-boom, auront été absorbés.

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