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Emploi

L'emploi salarié franc-comtois continue de se dégrader en 2009

Par Martine POTY (INSEE)

En 2009, l'impact de la crise économique sur l'emploi salarié en Franche-Comté est plus fort que dans l'ensemble du pays. En un an, la région perd 6 600 emplois salariés privés. Le recul s'amplifie fortement dans l'industrie et dans la construction. Aucun département franc-comtois n'est épargné. La baisse d'activité entraîne un recours élevé au chômage partiel et d'importants mouvements contrastés sur l'intérim. Les offres d'emploi se font plus rares.

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En 2009, le retournement économique, initié au printemps de l'année précédente, continue de pénaliser l'emploi régional. En un an, la Franche-Comté perd plus de 6 600 postes. En 2009, l'emploi salarié, principalement marchand, chute de 2,5%. Cette baisse est plus forte que celle enregistrée, dans le même temps, au niveau national (- 2,2%). Après s'être sans cesse dégradé depuis le deuxième trimestre 2008, l'emploi franc-comtois se stabilise au cours des trois derniers mois de l'année 2009. La baisse des effectifs touche principalement les secteurs de l'industrie et de la construction. Le repli est plus modéré dans le commerce. Seuls les services marchands semblent épargnés.

Le recul est particulièrement important dans l'industrie. Ce secteur perd 6 900 postes en un an, soit une baisse de 7,0%. Cette évolution dépasse très nettement celle enregistrée au niveau national (- 4,9%). Survenue en 2008, la crise économique marque un décrochage, accentuant fortement le repli de l'emploi industriel régional entamé en fin d'année 2001. Dans la région, aucun secteur industriel n'échappe à cette dégradation. La métallurgie, la fabrication de matières plastiques, le bois-ameublement, etc. font partie des activités ayant subi la plus grosse perte d'effectifs (- 9%), au même titre que la fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques et de machines (- 8,3%). La fabrication des matériels de transport est à peine moins touchée (- 6,5%). L'emploi est beaucoup moins affecté dans l'ensemble des activités concernant les industries extractives, la production et la distribution d'eau ou d'électricité et la gestion des déchets (- 0,5%). En revanche, la fabrication d'aliments, de boissons ou de produits à base de tabac parvient à maintenir ses effectifs (- 0,1%).

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Construction : les difficultés s'intensifient

En 2009, en Franche-Comté, la situation de l'emploi ne cesse de se dégrader dans le secteur de la construction. Le déficit d'emplois, observé l'année précédente, s'amplifie tout au long de l'année. En un an, le recul correspondant est de 4,1%, soit 0,7 point au-dessus de la moyenne nationale du secteur.

Après un premier trimestre assez difficile, les effectifs du commerce parviennent à se stabiliser sur la fin de l'année. Au final, sur l'année 2009, l'évolution est de - 0,8%, soit 0,9 point au-dessus de celle relevée au niveau national.

À l'opposé, l'emploi progresse dans les services marchands. Après un fléchissement enregistré au cours des trois premiers mois de 2009, celui-ci marque une reprise dès le deuxième trimestre et s'inscrit dans une hausse de 1,7% en fin d'année. Cette progression provient de la reprise de l'intérim effectuée en 2009. Après s'être très fortement contracté au cours de l'année précédente, le recours au travail intérimaire s'accroît à partir du deuxième trimestre 2009. Toutefois, les effectifs intérimaires présents en fin 2009 ne retrouvent pas leur niveau d'avant la crise.

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Aucun département franc-comtois n'est épargné

Avec plus ou moins de rigueur, le bouleversement économique frappe les quatre départements francs-comtois, dont trois sont considérablement impactés.

Le Jura, dont les effectifs ne totalisent pourtant qu'un cinquième de l'emploi salarié franc-comtois, concentre plus de 30% des suppressions de postes effectuées dans la région. Dans ce département, la baisse atteint 3,7% et tous les grands secteurs sont déficitaires. En un an, l'industrie perd près de 1 300 emplois, soit une baisse d'effectifs de 5,8%. Les suppressions concernent principalement la fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques et de machines et la fabrication d'autres produits industriels. La construction est également en forte baisse (- 5,2%), conséquence des effets de la crise dès le quatrième trimestre 2008. La baisse est générale dans l'ensemble des services, à l'exception du secteur de l'hébergement et de la restauration, ce dernier réussissant à créer une soixantaine de postes. Dans le commerce, l'amélioration de l'emploi constatée en fin d'année 2009 ne parvient pas à compenser la baisse relevée sur les trois premiers trimestres. Au final, en fin d'année 2009, ce secteur accuse un repli de 0,9%.

En 2009, dans le Territoire de Belfort, l'évolution de l'emploi s'aligne sensiblement sur celle du Jura (- 3,6%, soit 1 200 postes supprimés), avec une perte généralisée dans tous les secteurs d'activité. L'industrie, dont les effectifs augmentent dans ce département depuis le milieu de l'année 2007, perd de l'emploi dès la fin d'année 2008. L'effet s'accentue fortement en cours d'année 2009, avec un creux de vague au troisième trimestre, entraînant en fin d'année 2009 un déficit du nombre de salariés de 6,3%. Après une année 2008 relativement stable, la construction est en perte de vitesse (- 5,4%), avec un recul très important au cours des trois derniers mois de 2009. Le commerce et les services marchands ne sont pas épargnés et leurs effectifs sont en baisse respectivement de - 1,6% et - 1,9%. Les variations vont de - 4,4% dans les activités financières ou d'assurance à - 1,0% pour les activités scientifiques, techniques ou les services de soutien.

Comme dans le Jura et le Territoire de Belfort, en 2009, la crise ampute 3,4% de l'emploi en Haute-Saône. L'industrie accuse le choc avec une disparition de plus de 1 000 postes salariés en un an, dont une majorité se situant dans la fabrication d'autres matériels industriels et plus de 200 concernant la fabrication des matériels de transport. Avec une perte de 2,9% de ses emplois, le commerce est proportionnellement le deuxième poste déficitaire dans ce département. En un an, ce secteur subit la plus forte baisse départementale de la région. En revanche, la baisse observée dans la construction est la plus faible de la région (- 1,1%). Dans les services marchands, l'emploi régresse de 5,6% dans le secteur des transports et de l'entreposage, avec une chute particulièrement forte au cours des trois premiers mois de l'année 2009. À l'opposé, dans les activités d'hébergement et de restauration, l'emploi progresse de 5,7%, après avoir été en baisse l'année précédente.

Le Doubs paraît être un peu préservé. Dans ce département, la baisse globale de l'emploi est de 1,4% et n'atteint pas celle relevée en moyenne nationale. Pourtant, le Doubs est le département où le secteur de l'industrie connaît les pertes proportionnellement les plus importantes. Le recul atteint 8,0%, soit un déficit de 3 800 emplois. La fabrication des autres produits industriels et celle des matériels de transport totalisent à elles deux les trois quarts des suppressions d'emploi. Dans la construction, le repli déjà présent fin 2008, s'intensifie en 2009. L'emploi reste stable dans le commerce. En revanche, le Doubs est le seul département où les effectifs progressent dans les services marchands. L'emploi de nombreux intérimaires, en fin d'année, est à l'origine de ce constat.

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La durée moyenne des périodes de chômage partiel s'allonge

En 2009, le recours au chômage partiel est en très forte hausse. La persistance de la crise oblige de très nombreux établissements à recourir à ce dispositif. Leur nombre est multiplié par 5,5 en un an. Toutefois, le nombre de personnes touchées par cette mesure évolue proportionnellement moins rapidement que le nombre d'heures autorisées. En conséquence, la durée moyenne des périodes de chômage partiel s'allonge. Elle est de 91,1 heures par personne contre 38,6 heures en 2008. À partir de mai 2009, les entreprises ont la possibilité de recourir à l'activité partielle de longue durée (APLD) (1). Ce dispositif monte rapidement en puissance au cours de l'année, il totalise 103 demandes concernant 6 100 salariés.

En Franche-Comté, les demandes d'emploi enregistrées (2) progressent de 10,7% en un an. Cette évolution est proche de celle enregistrée au niveau national (+ 11,4%). Dans la région, le nombre d'inscriptions au chômage consécutives à un licenciement, économique ou autre, ou à une fin de convention de conversion, régresse de 1,9% alors qu'il progresse de 3,2% en moyenne nationale. Les inscriptions suite à une démission ou à la fin d'une mission d'intérim sont également moins nombreuses en 2009. En revanche, les reprises d'activité et les premières entrées sur le marché du travail sont à l'origine des inscriptions plus nombreuses de nouveaux demandeurs d'emploi (+ 35,9%).

(1) L'activité partielle de longue durée est un dispositif qui a pour objet le versement d'allocations complémentaires de chômage partiel aux salariés subissant une réduction d'activité en dessous de la durée légale ou conventionnelle du travail pendant une période de longue durée.

(2) Demandes de catégories A+B+C, soit les demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi.

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Des offres d'emploi en forte baisse

En 2009, les offres d'emploi collectées dans la région par Pôle emploi sont en très nette diminution (- 24,9%), soit 13 900 offres de moins que l'année précédente. Les offres d'emplois durables (plus de 6 mois) sont les plus impactées : elles reculent de 26,6% en un an. Les CDD et les missions de moins de 6 mois représentent 61,5% des offres collectées, soit 0,8 point de plus qu'en 2008.

En revanche, dans le même temps, le nombre de sortie des demandeurs d'emploi des fichiers de Pôle emploi augmente légèrement (+ 1%). Cette reprise est cependant moins forte que celle constatée en moyenne nationale (+ 3,4%). Les sorties pour absence au contrôle restent majoritaires et représentent 41,1% de toutes celles enregistrées par Pôle emploi. Elles progressent de 16% en un an. Par ailleurs, en 2009, les reprises d'emploi déclarées sont moins fréquentes (- 5,9%).

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