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Agriculture

Des spécificités régionales : une opportunité dans un contexte difficile

Kristina FRÉTIÈRE (DRAAF)

En 2009, la relative pénurie en matières premières agricoles n'est plus d'actualité. La crise économique affecte la demande. Les cours poursuivent donc leur chute entamée l'année précédente. Le revenu agricole moyen français chute de 32% en un an, il est au-dessous de son niveau du début des années 90. Presque tous les secteurs de production sont touchés, mais les filières AOC constituent un filet de sécurité en Franche-Comté.

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En 2009, l'agriculture franc-comtoise ne subit aucun accident climatique ni problème sanitaire majeur. La vaccination permet de contenir la circulation de la fièvre catarrhale ovine, maladie virale affectant les bovins et les ovins. Dans la région, un seul foyer a été détecté au cours de l'année, contre plus d'un millier à la fin 2008. En revanche, en 2009, l'agriculture française doit faire face à un retournement de conjoncture amorcé en 2008. Les cours mondiaux des matières premières agricoles, élevés en 2007 et début 2008, dynamisent l'offre. Ce qui provoque un afflux de produits laitiers sur des marchés touchés par la crise économique. Les cours mondiaux, effondrés en 2008, poursuivent leur tendance à la baisse. Les cours des céréales fléchissent également, dans un contexte mondial d'abondance. La situation est telle que la France met en place un plan de soutien exceptionnel à l'agriculture. À ce dernier, s'ajoutent des mesures spécifiques au lait, à l'élevage et aux fruits et légumes. L'Union européenne, de son côté, assouplit les règles de fonctionnement des instruments de gestion des marchés, et déclenche une aide à la filière laitière.

La Franche-Comté n'échappe pas à cette crise, mais son impact est variable selon les productions.

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Oléagineux : la meilleure production depuis dix ans

Dans la région, les surfaces mises en culture sont stables.

Les superficies déclarées en jachère se réduisent de 10%.

Suite à la suppression de l'obligation de jachère, elles avaient déjà diminué de moitié entre 2007 et 2008. Les cultures résistent bien à l'hiver, pourtant long et froid. Avril et mai sont propices au semis des cultures de printemps et à la croissance des plantes. Les céréales obtiennent de très bons rendements, la récolte s'accroît de 7% en un an.

La récolte d'oléagineux est supérieure à celle observée au cours des dix dernières années. Elle dépasse de plus de 20% celle de 2008. Ce résultat est la conséquence de surfaces mises en culture plus élevées, combinées à un rendement record en colza. Les cours des grandes cultures, qui s'étaient envolés fin 2007, reviennent progressivement à des niveaux plus habituels à partir du printemps 2008.

Le prix moyen d'apport du blé (1) perd 30% de sa valeur en un an, la baisse se faisant surtout ressentir au second semestre.

Les conditions météorologiques sont plutôt favorables au développement de la vigne. Elles sont même excellentes au moment des vendanges ; août et septembre sont secs et ensoleillés. La récolte s'avère de très bonne qualité. Mais le rendement est affecté par la grêle de juillet, par la sécheresse du mois d'août, et par l'épaisseur excessive des peaux des raisins. De plus, certains cépages ont souffert de coulures.

Au final, les volumes globaux sont en baisse de 10%. La production régionale de vins s'élèverait à 89 000 hl dont 76 000 hl en AOC.

(1) Établi trimestriellement par l'enquête de FranceAgriMer auprès des collecteurs.

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La Franche-Comté moins fortement touchée par la crise laitière

Dans la filière laitière française, la situation est très tendue (cf. encadré). La mauvaise conjoncture entraîne une réduction des livraisons. Pour la campagne 2009/2010, la France devrait encore un peu plus s'éloigner de son objectif de production déterminé par son quota. En Franche-Comté, la situation est dans l'ensemble moins difficile. Sur l'année civile 2009, les livraisons augmentent de 2% par rapport à 2008. Cette hausse est effective, malgré une productivité irrégulière des vaches observée par le contrôle laitier. En fonction de la pluviométrie, les croissances d'herbe sont en effet très inégales d'une zone à l'autre. Certaines exploitations peinent à combler leur déficit d'herbe et entament la ration d'hiver dès le début du mois d'août.

La Franche-Comté est plutôt préservée par son orientation fromagère et le positionnement commercial de ses produits, plutôt haut de gamme. La production française, quant à elle, subit la concurrence de fromages ingrédients, de râpés, et de fromages premier prix importés d'Allemagne, des Pays-Bas et de Belgique. La production régionale de comté est dynamique tout au long de l'année.

Les fabrications correspondantes atteignent un poids de près de 53 200 tonnes, soit une progression de 7% en un an. Mais les ventes annuelles, dont le volume s'élève à 46 736 tonnes, sont en retrait de 3% par rapport à 2008. Concernant le prix du comté, la moyenne pondérée nationale est élevée, supérieure à 6 000 €/t dès le mois de janvier 2009 et en progression régulière tout au long de l'année. Les stocks de comté, plutôt faibles en 2008, se reconstituent à partir d'avril. Au 31 décembre, ceux-ci s'établissent à 26 750 tonnes, un niveau comparable à celui de 2007. La production régionale de gruyère se replie de près d'un cinquième, après avoir bondi de 50% entre 2007 et 2008. En revanche, les fabrications d'emmental, dont le volume est de 26 300 tonnes, retrouvent un volume proche de celui de 2006, établi à 27 000 tonnes. Ces fabrications avaient nettement faibli en 2007 et surtout en 2008. Pour ces deux années, les quantités correspondantes étaient respectivement de 25 300 et 23 800 tonnes.

Les disparités sont toutefois fortes entre départements. Les livraisons laitières sont particulièrement dynamiques dans le Jura. Dans ce département, le lait à comté, qui bénéficie d'un prix plus attractif, représente environ les deux tiers de la collecte. À l'inverse, en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, les livraisons sont freinées par un prix du lait plus bas. Le prix du lait destiné aux AOC continue sa progression. Par contre, le prix du lait conventionnel chute en 2009, malgré une envolée fin 2007 et le maintien d'un niveau relativement élevé en 2008. Sa traditionnelle baisse du mois d'avril est particulièrement marquée cette année. Elle correspond à - 5,55 €/hl. En moyenne annuelle 2009, le prix du lait conventionnel, estimé à 30,7 €/hl, est nettement inférieur à celui de 2008 (36,2 €/hl). Il reste inférieur à celui de 2007 (31,3  /hl), mais il est supérieur à celui de 2006 (29,3  /hl).

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Le cours de la vache de réforme laitière : vers un retour à son niveau de 2005

Les éleveurs laitiers accentuent la mise à la réforme d'une partie de leur troupeau. Ainsi, en fin d'année 2009, l'effectif de vaches laitières, présentes dans les exploitations franc-comtoises, est de 198 000 têtes, soit 2,5% de moins en un an. Dans la région, les abattages de vaches, laitières et nourrices, sont particulièrement élevés en mars 2009 (+ 30% en 1 an). Cette période correspondant à la fin de la campagne laitière 2008/2009. Les abattages sont également plus importants après les vêlages, en novembre 2009 (+ 17% par rapport à novembre 2008).

En août 2008, le cours de la vache de réforme laitière, attei-gnait son cours le plus élevé depuis le début de la décennie (3,05 €/kg). La réforme massive des vaches laitières pèse alors sur les cours des gros bovins qui chutent dès l'automne 2008, pour se redresser en 2009, et revenir à un niveau comparable à ceux de 2005 (2,67 €/kg en moyenne annuelle contre 2,72 €/kg).

La situation est difficile pour les éleveurs porcins, malgré la baisse du coût de l'alimentation. Les cours (2) restent à des niveaux modestes. En moyenne annuelle, la cotation du porc E franc-comtois s'établit à 1,36 €/kg, soit 10 centimes de moins qu'en 2008.

La production ovine française reste très faible en 2009, d'où un soutien du cours de l'agneau. En Franche-Comté, le cours de l'agneau R s'établit à 4,81 €/kg (moyenne annuelle). Il faut remonter à 2001 pour trouver un cours supérieur (5,09 €/kg). Le volume régional d'ovins abattus en 2009 est de 600 tonnes. Il est en recul de plus d'un tiers par rapport à l'année précédente.

Les abattages francs-comtois correspondent à une masse totale de 33 900 tonnes et ils sont quasiment stables par rapport à 2008 (+ 0,7%).

(2) Les animaux abattus sont classés selon une grille européenne indiquant leur conformation (grille E U R O P : de E excellente à P médiocre).

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Le revenu national agricole fortement amputé

En 2009, pour l'ensemble des exploitations professionnelles françaises, et selon les estimations du compte prévisionnel de l'agriculture, le revenu net d'entreprise agricole par actif non salarié se réduirait, en un an, de 32%. Ce qui le ramène au-dessous de son niveau du début des années 90. Les plus pénalisés sont les éleveurs laitiers, pour lesquels le revenu chute de 54%. Cette forte diminution est due à une importante baisse du prix du lait et à une réduction de la collecte. Derrière les arboriculteurs, les agriculteurs spécialisés dans la culture de céréales et oléoprotéagineux, se placent au 3e rang des exploitants ayant subi les plus grosses baisses de revenu. Pour cette spécialité, la perte de revenu estimée au niveau national est de l'ordre de 51%. La baisse des coûts de production n'est pas parvenue à compenser la forte chute des prix. Cette diminution de revenu intervient après une réduction d'un tiers de celui-ci déjà réalisée en 2008. Il faut noter que ces chutes successives interviennent après un quasi doublement du revenu en 2007, lié alors à la flambée des cours des grandes cultures. L'évolution de revenu est plus favorable pour les éleveurs de bovins « viande » (+ 17%). Toutefois cette progression observée en 2009 succède à deux années de forte baisse (- 30% chaque année). Le revenu des éleveurs porcins s'améliore en 2009 mais reste à un niveau bas.L'activité laitière, très exposée à la crise, représente plus de 40% du chiffre d'affaires de la ferme franc-comtoise. Pour-tant, l'orientation fromagère et l'importance des filières AOC devraient assurer à la Franche-Comté une moindre perte de son revenu (3) agricole.

(3) Revenu agricole régional 2009 : donnée non encore disponible.

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