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Conjoncture nationale

Les prémices d'une reprise d'activité en fin d'année 2009

Par Catherine PERRIN (INSEE)

D'après INSEE, Une demande sans tonus en Europe, , Note de conjoncture, mars 2010.

Après la crise financière de 2008, l'ensemble des économies avancées connaît une profonde récession en 2009. L'activité reprend progressivement durant l'année et s'accélère nettement au quatrième trimestre. En France, la production industrielle rebondit en fin d'année, notamment dans l'industrie automobile. Mais l'activité, en repli de 2,2% en 2009, devrait progresser modérément début 2010. En 2009, plus de 357 000 emplois sont détruits et le taux de chômage atteint 9,6% au dernier trimestre.

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Une année de profonde récession

L'année 2009 est marquée par une profonde récession. Toutes les économies avancées sont touchées et leur activité est en repli de 3,5%. À partir du deuxième trimestre, et après deux trimestres de chute, le rebond de la demande des pays émergents permet au commerce mondial de se stabiliser. Il atténue également les effets de la crise dans les pays dont l'économie dépend fortement du commerce extérieur, comme l'Allemagne et le Japon. Ainsi, l'activité des économies avancées, après s'être stabilisée au deuxième trimestre, repart au troisième et accélère au quatrième (successivement + 0,1%, + 0,3% et + 0,8%). Ce sursaut est cependant freiné par l'atonie de la demande intérieure. Par ailleurs, comparée au fort recul enregistré en début d'année, cette reprise d'activité est d'une ampleur limitée.

En 2009, en raison de la récession mondiale, le commerce international se contracte fortement. Dans ce contexte, les exportations françaises reculent de 11,2% en 2009, contre - 0,6% l'année précédente. Celles-ci sont en nette diminution au premier trimestre (-;nbsp;7,3%). Les importations se replient également de façon importante. Elles chutent de 9,7%, après avoir augmenté de 0,6% en 2008. Ainsi, le commerce extérieur français ampute la croissance de 0,2 point en 2009.

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Fort recul de la production

Dans l'ensemble des branches, la production recule de 3,1% en 2009, après avoir progressé de 0,6% l'année précécente. Elle augmente toutefois de 0,6% au quatrième trimestre, notamment grâce à la reprise de la production manufacturière au second semestre. Cette dernière gagne 2,0% au troisième trimestre et 1,7% au dernier. La production est en nette progression dans l'industrie automobile, elle croît de 7,7% au troisième trimestre et de 3,7% au quatrième. Ce dynamisme est dû à une forte augmentation d'achats de véhicules par les ménages (+ 14,9% au quatrième trimestre). En effet, ces derniers ont anticipé ce type de dépenses, avant que les conditions d'attribution de la prime à la casse et du bonus-malus écologique ne soient moins avantageuses.

En France, l'activité progresse de 0,6% au 4e trimestre 2009. Elle était en fort recul au 1er trimestre (- 1,4%) et en légère croissance au cours des deux trimestres suivants (+  0,3% puis +  0,2%). Sur l'ensemble de l'année 2009, le PIB français recule de 2,2%, après une croissance de 0,3% en 2008.

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De nombreuses destructions d'emploi

Au niveau national, 357 600 postes sont supprimés en 2009. Cependant, grâce à une amélioration de la conjoncture, le recul de l'emploi marchand est moins important sur la deuxième partie de l'année (- 0,6% contre - 1,6% au premier semestre).

L'impact de la crise est particulièrement fort dans l'industrie. Dans ce secteur, 173 000 emplois sont détruits en 2009, soit deux fois plus que l'année précédente (- 82 300).

L'emploi intérimaire perd 152 500 postes au quatrième trimestre 2008 et au premier trimestre 2009. Il se stabilise au deuxième trimestre et rebondit au second semestre (+ 10,9%). Hors intérim, le recul de l'emploi dans le tertiaire marchand est plus modéré sur l'ensemble de l'année 2009 : une perte de 75 000 emplois au premier semestre et un gain de 7 300 au second.

En revanche, dans le secteur tertiaire non marchand, 76 400 emplois sont créés en 2009, soit deux fois plus que l'année précédente. Cette hausse s'explique par l'augmentation, dans le même temps, du nombre de bénéficiaires de contrats aidés (contrat d'accompagnement vers l'emploi - CAE, contrat d'avenir - CAV).

En France métropolitaine, depuis le second semestre 2008, le chômage repart à la hausse et retrouve son niveau de 1999. Ainsi, au quatrième trimestre 2009, la part de la population active au chômage est de 9,6% contre 7,8% un an plus tôt. Cette remontée du chômage est due à la poursuite de pertes d'emplois, malgré la reprise, et à un accroissement de la population active supérieur à ce qui était attendu.

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Tendance à la baisse de l'inflation sous-jacente

Le niveau élevé du chômage tempère la progression des salaires. Par ailleurs, la faiblesse de la demande contraint les entreprises à contenir les prix pour conserver leurs clients. Ces deux éléments entretiennent une tendance désinflationniste. Cependant, la hausse récente des prix des matières premières, et notamment du pétrole, viendrait limiter cette baisse en se diffusant progressivement aux prix à la consommation. En effet, depuis la fin de l'année 2008, les prix du pétrole ont doublé, partant d'un point bas à 40 $ le baril, et remontant aux alentours de 80 $ à la mi-octobre 2009. Par conséquent, la baisse de l'inflation sous-jacente (1) se poursuivrait, mais de façon modérée. Ainsi, de 1,6% en janvier 2010, elle s'établirait à +1,4% en juin 2010.

(1) L'inflation « sous-jacente » est mesurée en retirant à l'indice d'ensemble les prix de l'énergie, des produits frais, les tarifs publics et en corrigeant des mesures fiscales

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Ménages : stabilisation de la consommation et contraction des investissements

Les dépenses de consommation des ménages résistent bien à la crise. Elles progressent de 0,8% en 2009 après une évolution de + 0,9% l'année précédente. Stable au cours des trois premiers trimestres de 2009, la consommation des ménages augmente nettement au quatrième trimestre (+ 0,9%). Elle bénéficie notamment de l'effet des mesures de soutien au marché automobile. En 2009, les acquisitions de logements neufs se contractent fortement, notamment sous l'influence conjuguée des conditions difficiles de financement, des faibles gains de pouvoir d'achat et de forte hausse du chômage.

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Perspectives 2010 : une croissance fragile

Le PIB français progresserait modérément au premier semestre 2010 (+ 0,2% au premier trimestre puis + 0,3% au deuxième). Les entreprises relanceraient cependant quelque peu leurs projets d'investissement. Le rythme des destructions d'emplois, atténué depuis l'été 2009, faiblirait encore en début d'année suivante. Au deuxième trimestre 2010, le taux de chômage atteindrait 9,8% de la population active en France métropolitaine. La consommation des ménages, fragilisée par la faiblesse du pouvoir d'achat et le contrecoup de la prime à la casse, stagnerait globalement durant le premier semestre 2010.

En France et à l'étranger, l'activité pourrait toutefois être soutenue par un mouvement de reconstitution des stocks. À l'inverse, la demande intérieure française pâtirait davantage du contrecoup de la prime à la casse et d'un redressement plus lent du marché immobilier.

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