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L'influence de PSA Sochaux se concentre dans le « Nord Franche-Comté »

Sylviane LE MARRE

Résumé

Fin 2007, le site de PSA de Sochaux (y compris le centre de Belchamp et les intérimaires) induit, directement ou indirectement, 23 550 emplois salariés. L'ensemble des ménages auxquels appartiennent ces salariés correspond à une population de 68 000 personnes. Les emplois de l'usine de Sochaux sont surtout concentrés dans le « Nord Franche-Comté », les trois quarts étant répartis dans sept communes principales, dont Sochaux. Fin 2007, PSA Sochaux emploie aussi 1 000 intérimaires qui influent sur l'inscription territoriale de l'établissement. Quant au centre technique de Belchamp, il génère 1 700 emplois et 4 900 personnes lui sont liées de manière plus ou moins proche.

En préambule

Mesurer l'inscription territoriale.

Sommaire

Publication

20 400 salariés liés à PSA Sochaux

Fin 2007, PSA Sochaux emploie 11 800 salariés (hors intérim et Belchamp) mais son influence sur l'emploi local dépasse le personnel présent sur le site. Le constructeur automobile influe aussi, en partie, sur les effectifs de ses fournisseurs, sous-traitants et prestataires de services. Ces emplois indirects concernent 2 400 salariés répartis dans les 54 établissements fournisseurs répertoriés. Ces fournisseurs fabriquent des sièges pour l'automobile (à Montbéliard ou Magny-Vernois), des pièces en matière plastique, divers équipements automobiles (à Valentigney et Audincourt). Ils font aussi du découpage-emboutissage ou du transport, comme à Étupes (1).

L'activité de PSA Sochaux crée en outre 6 200 emplois induits. Ces derniers découlent des dépenses de consommation des salariés directs et indirects et de leurs familles (alimentation, habillement, services, investissements en logement... ; cf. méthodologie). Par cet intermédiaire, l'usine de Sochaux contribue à la vie du tissu économique local, puisque 2,3 emplois directs et indirects génèrent un emploi induit. Au total, elle engendre donc, directement ou indirectement, 20 400 emplois salariés (hors intérim). Sur dix emplois générés, six relèvent des effectifs propres à l'établissement sochalien et trois sont induits. L'emploi indirect, quant à lui, est moindre, compte tenu de la taille importante de PSA comparée à celle de ses fournisseurs (2). Il représente 12% des emplois au lieu de travail.

68 000 personnes liées à l'activité de PSA Sochaux

Répartition de l'effet global généré par PSA Sochaux
Effectif
Sources : INSEE, DRIRE et PSA Sochaux (données 2007)
Emplois au lieu de travail (nombre de salariés) Site de Sochaux 20 400
Intérim 1 450
Centre de Belchamp 1 700
Total 23 550
Population au lieu de résidence (nombre d'habitants) Site de Sochaux 58 800
Intérim 4 300
Centre de Belchamp 4 900
Total 68 000

L'ensemble des ménages auxquels appartiennent ces 20 400 salariés correspond à une population de 58 800 personnes résidentes. Avec les intérimaires et le site de Belchamp, l'effectif passe à 68 000 individus. Toutes ces personnes représentent 17% de la population du territoire étudié.

Graphique 1 : Emploi et population liés à l'activité de PSA Sochaux

(1) Hormis le transport, il s'agit essentiellement d'activités industrielles ; la restauration, le nettoyage ou le gardiennage ayant été exclus du champ d'étude.

(2) L'effet indirect ne prend en compte que les fournisseurs en lien direct avec l'établissement automobile. Il est donc incomplet par rapport à la réalité car les fournisseurs directs font aussi appel à des sous-traitants de rang 2 exclus du champ d'étude.

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La « zone d'emploi » de Montbéliard : principale aire d'influence de PSA Sochaux

L'aire d'influence de PSA Sochaux s'étend surtout au « Nord Franche-Comté » et à quelques communes alsaciennes limitrophes. La « zone d'emploi » (3) de Montbéliard concentre, à elle seule, les trois quarts de la population et 88% des salariés (au lieu de travail) liés à l'établissement sochalien. Outre l'unité de production de PSA, de nombreux fournisseurs y sont en effet implantés.

Une forte concentration dans la zone d'emploi (*) de Montbéliard

Répartition de l'emploi salarié et de la population globale liés à PSA Sochaux par zone d'emploi
Zones d'emploi (*) Emploi salarié global au lieu de travail Population globale au lieu de résidence
Nombre Part dans la zone d'étude (en %) Nombre Part dans la zone d'étude (en %)
* Les communes du périmètre comprises dans les zones d'emploi
Sources : INSEE, DRIRE et PSA Sochaux (données 2007)
Belfort 1 520 7,4 10 020 17,0
Besançon 30 0,1 230 0,4
Lure-Luxeuil 800 3,9 4 570 7,8
Montbéliard 18 020 88,3 43 500 74,0
Morteau 5 0,0 70 0,1
Revermont 0 0,0 5 0,0
Vesoul 10 0,0 100 0,2
Franche-Comté 20 385 99,9 58 495 99,5
Alsace 30 0,1 295 0,5
Total 20 415 100,0 58 790 100,0

Carte 1 : Un poids déterminant des salariés directs dans l'emploi global

Au sein de l'aire d'influence, 39% de la population liée à PSA Sochaux résident dans 11 communes principales, toutes proches de Sochaux. Montbéliard, qui est la première d'entre elles, en héberge 9%. Elle est suivie d'Audincourt et de Belfort. Parmi les familles des salariés directs et indirects, deux personnes sur dix habitent à Montbéliard, Audincourt, Belfort et Héricourt. Valentigney et Seloncourt accueillent, à elles deux, un salarié indirect (et leurs familles) sur dix. Enfin, la population « induite » rejoint, en proportion, les populations directes ou indirectes dans trois de ces 11 communes de résidence, à savoir Héricourt, Bavans et Voujeaucourt.

Graphique 2 : 39% de la population globale liée à PSA Sochaux se concentrent dans 11 communes

Du fait surtout de la taille importante du site sochalien, la concentration des emplois au lieu de travail est plus forte que celle au lieu de résidence. Sept communes rassemblent les trois quarts de l'emploi global (direct, indirect et induit) au lieu de travail. La première d'entre elles, Sochaux, ville d'implantation de l'usine PSA, rassemble 58% de l'emploi total généré par le constructeur automobile. Il s'agit en réalité de l'ensemble des salariés directs de l'établissement sochalien. Les six autres communes (Montbéliard, Étupes, Valentigney, Belfort, Audincourt et Magny-Vernois) concentrent 17% de l'emploi global mais surtout 80% de l'emploi indirect. Elles accueillent en effet de nombreux fournisseurs de PSA.

Carte 2 : Une forte concentration de l'emploi global au lieu de travail sur Sochaux et les communes avoisinantes

(3) Il s'agit plus précisément des communes du périmètre appartenant à la zone d'emploi de Montbéliard. Seules 25 communes sur 225 que compte la zone d'emploi sont exclues du périmètre d'étude.

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Une influence d'intensité variable selon les communes

L'inscription territoriale de PSA Sochaux n'a pas la même intensité sur l'ensemble du territoire. Dans certaines grandes communes de résidence (Bavans, Sochaux, Voujeaucourt, Béthoncourt et Grand-Charmont), au moins trois habitants sur dix sont liés à PSA. À l'inverse, dans d'autres villes importantes comme Belfort, 3e commune d'accueil en volume, cette proportion est beaucoup plus faible (5%).

Des concentrations très fortes dans la population de certaines communes

Répartition des différents effets de la population par commune de résidence (population globale supérieure ou égale à 500 personnes)
Principales communes de résidence Population globale concernée par l'activité de PSA Sochaux
Total dont population directe dont population indirecte dont population induite Part dans la population communale (en %)
Sources : INSEE, DRIRE et PSA Sochaux (données 2007)
Montenois 790 460 40 290 54
Arcey 580 370 20 190 43
Bavans 1 370 810 120 440 38
Sochaux 1 330 840 100 390 31
Voujeaucourt 1 000 590 60 350 30
Bethoncourt 1 840 1 140 150 550 29
Exincourt 930 580 70 280 29
Bart 550 320 40 190 29
Grand-Charmont 1 380 870 120 390 28
Vieux-Charmont 700 440 50 210 28
Étupes 920 490 130 300 28
Fesches-le-Châtel 590 360 70 160 27
Séloncourt 1 330 630 240 460 23
Héricourt 2 250 1 330 160 760 22
Audincourt 3 020 1 680 440 900 21
Chatenois-les-Forges 570 370 30 170 21
Montbéliard 5 070 3 120 500 1 450 19
L'Isle-sur-le-Doubs 620 410 30 180 18
Hérimoncourt 680 360 100 220 18
Valentigney 1 970 1 030 340 600 17
Mandeure 830 360 200 270 17
Beaucourt 670 320 150 200 13
Lure 810 310 270 230 10
Belfort 2 390 1 400 370 620 5

Au sein des petites communes (moins de 1 000 habitants), les écarts sont aussi marqués. Dans certaines d'entre elles (Mignavillers, Bretigney, Coisevaux et Saint-Ferjeux), plus de la moitié de la population est liée, directement ou indirectement, aux activités du constructeur automobile. Si la taille réduite de ces villes ne leur permet pas de peser dans le périmètre global étudié, elle reflète en revanche une « dépendance » locale très forte vis-à-vis de PSA et des activités qu'il génère.

Une influence non négligeable de PSA Sochaux dans les communes de petite taille

Nombre et répartition des salariés et de la population liés à PSA Sochaux selon la taille des communes de l'aire d'influence
Communes Salariés liés à PSA Sochaux au lieu de travail Salariés liés à PSA Sochaux au lieu de résidence Population liée à PSA Sochaux au lieu de résidence
Taille Nbre Nbre Part parmi les salariés de la commune (au 31.12.2006) (en %) Nbre Part parmi les actifs occupés de la commune (2006) (en %) Nbre Part dans la population communale (2006) (en %)
Sources : INSEE, DRIRE et PSA Sochaux (données 2007)
Moins de 500 habitants 270 950 17 2 880 11 9 270 15
De 500 à moins de 1 000 habitants 68 1 030 13 2 520 12 7 930 16
De 1000 à moins de 5 000 habitants 59 15 245 33 6 900 14 20 640 17
De 5 000 à moins de 10 000 habitants 8 665 5 2 080 12 6 230 13
10 000 habitants et plus 5 2 525 5 5 445 12 14 720 13
Ensemble 410 20 415 16 19 825 13 58 790 15

Carte 3 : De fortes disparités parmi les petites communes

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Une majorité d'ouvriers parmi les salariés directs

Parmi les salariés directs de PSA Sochaux, 65% sont ouvriers et 15% sont cadres. Comme les cadres, les ouvriers se concentrent autour de Montbéliard et de Belfort. Cependant, leur zone de résidence est plus étendue. En effet, grâce à un service de bus mis à disposition gratuitement par PSA, ils n'hésitent pas à s'éloigner de Sochaux-Montbéliard pour aller vivre plus loin de leur lieu de travail, vers l'ouest notamment. Ce service de transport est pratique pour les ouvriers qui travaillent avec des horaires fixes, contrairement à de nombreux cadres. Leur choix résidentiel dépend donc principalement du coût du foncier, et éventuellement du temps de transport sur leur lieu de travail.

Carte 4 : Les ouvriers et les cadres de PSA Sochaux habitent surtout autour de Montbéliard et de Belfort

La main-d'œuvre de PSA est plus âgée qu'en moyenne dans l'industrie régionale : 35% des effectifs ont 50 ans ou plus (contre 25% dans l'industrie régionale) et 4% ont moins de 25 ans (11% dans l'industrie régionale). Les salariés âgés de 50 ans ou plus sont majoritaires dans 30% des communes comptant des salariés directs.

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1 000 missions d'intérim chez PSA Sochaux, fin 2007

Le recours au travail temporaire est très développé dans le secteur automobile (4). Il permet d'adapter les effectifs aux fluctuations de l'activité et peut donc modifier l'inscription territoriale de PSA Sochaux. Fin 2007, 1 000 intérimaires travaillent dans l'établissement sochalien. Ces effectifs doivent être réintégrés aux emplois indirects. Comme les salariés directs de PSA, les intérimaires résident essentiellement dans le Doubs. Ils sont tous ouvriers (contre deux tiers pour l'ensemble des salariés directs). En revanche, la population intérimaire est plus jeune que le personnel qu'elle côtoie. Les deux tiers d'entre elle ont moins de 25 ans (4% pour les salariés de PSA, hors intérim).

Les activités de PSA « induisent » aussi 450 emplois pour assurer la consommation du personnel intérimaire et de leurs familles. Au total, familles comprises, 4 300 personnes vivent ainsi dans un ménage dépendant, directement ou non, de l'intérim lié à PSA Sochaux. La moitié de ces personnes habite dans seulement sept communes (Montbéliard, Belfort, Audincourt, Béthoncourt, Valentigney, Héricourt et Grand-Charmont). Montbéliard et Belfort en abritent chacune 10%. Les intérimaires résident essentiellement dans les mêmes communes que la population globale (hors intérim) liée à PSA Sochaux.

4 300 personnes supplémentaires liées aux effets de l'intérim
Emploi global au lieu de travail Population globale
Sources : INSEE et PSA Sochaux (données 2007)
Hors intérim 20 400 58 800
Intérim 1 500 4 300
Total 21 900 63 100

(4) É. DEROO, P. PERRON (INSEE), F. DEVOUGE (DRTEFP), Un recours élevé à l'intérim en Franche-Comté, INSEE Franche-Comté, L'essentiel, septembre 2005, n°82.

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4 900 personnes liées au centre technique de Belchamp

Étroitement lié à l'usine de Sochaux, le centre technique de Belchamp compte 1 200 salariés (hors intérim) fin 2007. Ce site étant dédié à l'expérimentation des véhicules du groupe (laboratoires, bancs d'essai...), un tiers de ses effectifs est composé de cadres et d'ingénieurs. En revanche, il emploie peu d'intérimaires et ne génère pas d'emplois indirects, les fournisseurs étant en relation avec l'établissement de Sochaux. Les familles des salariés du centre regroupent 3 400 personnes. Elles « induisent » 500 emplois salariés qui correspondent à une population de 1 500 individus (en comptant les conjoints et les enfants). Au total, l'inscription territoriale du centre de Belchamp concerne donc 4 900 personnes.

L'aire d'influence de ce site porte surtout sur la « zone d'emploi » de Montbéliard puisque neuf salariés (directs et induits) sur dix y travaillent et 78% de la population concernée y résident. Cette population se concentre dans quelques communes : Montbéliard (9%), Valentigney, Belfort, Audincourt (4% chacune), Héricourt, Voujeaucourt (3% chacune), Montenois, Seloncourt, Étupes, Bavans, Grand-Charmont, Exincourt (2% chacune) et Mandeure (1%).

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Encadré 1 : Les enjeux de l'étude

Par la Préfecture de région - secrétariat général pour les affaires régionales (SGAR)

Affiner la connaissance du territoire : un enjeu pour les politiques publiques

La connaissance fine du territoire est une condition nécessaire à la définition d'une action publique ciblée et pertinente. La présente étude concourt à cet objectif en apportant la mesure de la population et des emplois liés à l'établissement sochalien de Peugeot. L'étude s'inscrit dans un objectif d'ensemble de veille continue d'un secteur économique stratégique en Franche-Comté, la filière automobile. Les principales actions de l'État auxquelles participe cette veille sont les suivantes.

L'État aux côtés de la filière automobile

1 - Accompagner la dynamique de compétitivité de la filière automobile en Franche-Comté

En lien avec les acteurs économiques et les collectivités territoriales, l'État accompagne la filière « automobile-transport » à travers un contrat d'aide à la compétitivité (CAC). Celui-ci décline une stratégie de développement de la compétitivité. Son objectif est de « promouvoir les initiatives collectives de développement économique, la synergie avec l'emploi et la formation, en privilégiant les initiatives favorables à l'innovation ». Le CAC précise en outre les outils et les aides susceptibles d'être mobilisés. Parmi les actions conduites en 2008 peuvent être citées :

  • positionnement marché-diversification : action suivie par la DRIRE et pilotée par la CCI du Doubs. Des diagnostics stratégiques ont été conduits auprès de 160 entreprises afin de les accompagner vers une diversification de leur marché et de leurs produits ;
  • positionnement stratégique des entreprises de l'automobile : action suivie par la DRIRE et pilotée par l'Agence d'intelligence économique de Franche-Comté. L'objectif est d'accompagner les entreprises dans une démarche de définition d'objectifs stratégiques et de plan d'intelligence économique.

Le pôle de compétitivité « Véhicule du futur » reçoit également le soutien de l'État. Étendu sur les territoires alsacien et franc-comtois, le pôle se fixe pour objectif d'inscrire la filière dans une stratégie de développement de solutions pour les véhicules et les mobilités du futur. En 2009, l'État poursuivra son engagement auprès du pôle.

2 - Le Pacte automobile pour répondre aux difficultés conjoncturelles de la filière

Face à la situation de crise que connaissent les entreprises du secteur automobile, des mesures spécifiques ont été mises en place aux niveaux national et local. Au niveau national, le plan de relance du 9 février 2009 apporte un soutien ciblé aux entreprises avec notamment :

  • le fonds de garantie pour les prêts octroyés aux équipementiers et sous-traitants ;
  • le fonds de modernisation des équipements automobiles ;
  • le soutien à l'innovation de la filière automobile ;
  • la diffusion des pratiques d'excellence permettant d'améliorer les performances industrielles et la compétitivité.

En Franche-Comté, les mesures nationales couplées à des actions locales (notamment l'EDEC : engagement de développement de l'emploi et des compétences) composent le plan automobile régional. Adapté aux enjeux locaux, ce plan répond aux objectifs suivants :

  • maintenir l'activité des entreprises ;
  • maintenir les emplois dans la filière ;
  • contribuer à maintenir le niveau de rémunération des salariés ;
  • développer les compétences et accompagner les salariés et les personnes en perte d'emploi.

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Encadré 2 : Les études sur l'inscription territoriale d'un établissement automobile

Plusieurs directions régionales de l'INSEE ont publié récemment des études sur l'inscription territoriale d'un établissement automobile. En Île-de-France, une étude est parue sur deux constructeurs automobiles : Renault à Flins et PSA Peugeot-Citroën à Poissy. L'INSEE d'Aquitaine a publié une étude sur l'activité de Ford Aquitaine Industries. La direction régionale d'Alsace a analysé l'inscription territoriale de PSA Mulhouse (cf. Pour en savoir plus). Cette étude peut être comparée, sur certains points, à celle réalisée par l'INSEE Franche-Comté sur PSA Sochaux.

L'établissement de PSA Mulhouse emploie 9 500 salariés (hors intérim) fin 2007, alors que celui de Sochaux en compte 11 800. Les salariés de 50 ans ou plus représentent 28% des salariés de l'établissement mulhousien, légèrement moins qu'à Sochaux (35%). En revanche, les ouvriers sont un peu moins nombreux parmi les salariés de PSA Sochaux (66%) qu'à Mulhouse (85%). La présence plus importante de cadres et d'ingénieurs explique cette différence. Contrairement au site de Mulhouse, celui de Sochaux exerce en effet des activités de recherche et développement.

La population globale (intérim compris), liée aux activités de PSA Mulhouse, s'élève à 45 000 personnes sur le territoire étudié en Alsace et à 63 100 sur le territoire d'étude franc-comtois. Les zonages ne sont toutefois pas comparables. L'analyse alsacienne porte sur les communes concernées par l'établissement mulhousien et ses activités dans certaines zones d'emploi. Aucun seuil n'a été appliqué à ce territoire. L'étude franc-comtoise a retenu dans son périmètre les communes où la part de la population globale liée, directement ou pas, à PSA Sochaux est supérieure à 2% de la population communale. Moins de 4% de la population présente sur le territoire alsacien étudié sont concernés contre 15% dans l'étude franc-comtoise. Par conséquent, l'influence de l'établissement sochalien est plus forte parce qu'elle porte sur un territoire plus réduit. En gardant un territoire sans sélection, elle se rapprocherait de celle de Mulhouse (3%).

Dans les deux études, une zone d'emploi est prépondérante pour l'accueil de la population globale. Il s'agit de celle de Mulhouse en Alsace et de celle de Montbéliard en Franche-Comté. L'effet direct, c'est-à-dire les salariés travaillant chez PSA et leurs familles, est primordial dans l'effet global dans les deux cas. La population globale se concentre aussi dans quelques communes du périmètre étudié. Cette concentration est un peu plus forte pour les communes alsaciennes où sept communes rassemblent 40% de la population globale, alors qu'il faut 11 communes franc-comtoises pour atteindre cette proportion.

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Encadré 3 : L'automobile en Franche-Comté

En 2008, 40 000 salariés travaillent dans la filière automobile franc-comtoise, qui est la première filière industrielle de la région. Composé d'activités variées nécessaires à la fabrication d'une automobile, son champ est plus vaste que celui du secteur automobile. Ce dernier regroupe les constructeurs, les carrossiers, les fabricants de remorques et les équipementiers. Le secteur automobile régional, cœur de la filière, compte 23 800 salariés fin 2006, soit 9% des effectifs nationaux. Ce taux situe la Franche-Comté au 3e rang des régions métropolitaines, après l'Île-de-France et le Nord-Pas-de-Calais. De fin 1989 à fin 2006, les effectifs francs-comtois du secteur automobile baissent deux fois plus qu'en métropole (respectivement - 28 et - 14%). Malgré ces pertes, l'industrie automobile reste le premier secteur industriel de Franche-Comté. Fin 2006, il représente 23% des effectifs industriels régionaux. À la forte baisse d'effectifs depuis une vingtaine d'années, vient s'ajouter, depuis quelques mois, une crise économique qui touche l'ensemble du secteur et de la filière.

Créé en 1912, le site PSA de Sochaux est l'établissement-phare de la construction automobile franc-comtoise. Ses effectifs salariés le hissent à la tête des établissements de l'entreprise PSA (16%). En 2007, 20 400 salariés (au lieu de travail) et 58 800 personnes sont liées de près ou de loin à PSA Sochaux. L'inscription territoriale de PSA Sochaux diffère de la filière automobile car elle n'intègre pas les fournisseurs de pièces en relation indirecte avec le constructeur. En revanche, elle est plus large que le secteur automobile. Ce dernier n'intègre ni les fournisseurs de pièces en relation directe avec le constructeur (hors équipementiers), ni les fournisseurs hors pièces, ni les prestataires directs de services. De surcroît, dans l'inscription territoriale de PSA Sochaux, les emplois induits sont estimés à partir de la consommation des ménages des salariés du constructeur et des établissements fournisseurs au sens large. La population liée aux ménages des salariés (de PSA, des établissements fournisseurs et induits) est aussi prise en compte. Ces deux approches n'existent ni dans la filière et ni dans le secteur.

Graphique 3 : L'automobile en Franche-Comté

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