Lionel Cacheux , Yves Frydel (Insee-Alsace)
Les quelque 330 400 jeunes de 15 à 28 ans, résidant en Alsace en 2009, pèsent sur la démographie et l'économie régionale. L'Alsace est une région jeune. L'offre universitaire proposée dans la région attire de nombreux étudiants, qui vivent avant tout dans les villes. Les jeunes quittent plus tôt qu'il y a dix ans le domicile parental, sont plus souvent et plus vite propriétaires de leur logement, poursuivent des études plus longues. Dans le même temps, un plus grand nombre de jeunes peinent à entrer dans la vie active. La part des jeunes, cadres ou exerçant des professions intermédiaires, a sensiblement progressé.
En 2009, 330 400 jeunes âgés de 15 à 28 ans résident en Alsace. Ils représentent 18 % de la population régionale. L'Alsace se situe ainsi au troisième rang des régions
les plus jeunes de métropole, hors Île-de-France, la population des 18 à 24 ans étant plus représentée dans la région.
Par ailleurs, la proportion de jeunes dans la région est supérieure de deux points à celles des régions allemandes et suisses voisines.

| Alsace | France métropolitaine | ||
|---|---|---|---|
| Effectifs | Part dans la population (en %) | Part dans la population (en %) | |
| Source : Insee, RP2009 exploitation complémentaire lieu de résidence | |||
| 15 à 17 ans | 68 200 | 3,7 | 3,7 |
| 18 à 24 ans | 167 600 | 9,1 | 8,8 |
| 25 à 28 ans | 94 600 | 5,1 | 4,9 |
| Ensemble | 330 400 | 17,9 | 17,4 |
Les jeunes alsaciens constituent une population très urbaine, 60 % d'entre eux vivant dans une agglomération d'au moins 10 000 habitants. Celle de Strasbourg en particulier regroupe à elle seule un jeune sur trois ce qui la place, à côté de Toulouse ou Grenoble, parmi les agglomérations les plus jeunes de métropole.

Près de 45 000 jeunes se sont installés en Alsace durant la période 2002-2007. Parmi eux, 12 500 habitaient à l'étranger auparavant, notamment en Turquie et en Allemagne.
Dans le même temps, 8 000 jeunes lorrains sont arrivés en Alsace, soit un quart des 15-28 ans résidant dans une autre région française cinq ans auparavant.
| Région de résidence antérieure | Part (en %) |
|---|---|
| Source : Insee, RP2007 exploitation complémentaire au lieu de résidence | |
| en Alsace | 86,6 |
| dans une autre région dont : | 9,6 |
| Lorraine | 2,4 |
| Franche-Comté | 1,1 |
| Île-de-France | 1,1 |
| Rhône-Alpes | 0,8 |
| à l'étranger dont : | 3,8 |
| Turquie | 0,5 |
| Allemagne | 0,4 |
| Maroc | 0,3 |
| Algérie | 0,3 |

Avant l'âge de 18 ans, la mobilité des jeunes est à la fois faible et étroitement liée à celle de leurs parents.
Si le solde migratoire est globalement positif chez les jeunes, il ne l'est réellement que pour ceux âgés de 18 à 24 ans. Le gain pour cette tranche d'âge est de 500 jeunes par an, parmi
lesquels 300 sont étudiants et 180 actifs en emploi. On retrouve parmi ces derniers beaucoup de personnes n'ayant pas de diplôme du supérieur et qui occupent des postes d'employés.
Après 25 ans, davantage de jeunes quittent la région qu'il n'y en arrive. L'Alsace perd notamment 200 jeunes chaque année qui partent exercer un emploi de cadre dans une autre région.

À 18 ans, 41 % des étudiants alsaciens ne résident plus chez leurs parents (25 % de l'ensemble des jeunes de cet âge) pour, entre autres motivations, se rapprocher de leur lieu d'études. Parmi les étudiants de 18 à 21 ans, six sur dix vivent seuls, les trois quarts d'entre eux dans un logement d'une pièce.
Les étudiants encore domiciliés chez leurs parents vivent pour près de la moitié dans l'une des trois agglomérations universitaires de Colmar, Mulhouse ou Strasbourg (12 000 jeunes).
Les distances au lieu d'études se rallongent pour ceux qui résident hors de ces pôles universitaires. Ainsi, en restant chez leurs parents, trois jeunes sur dix étudient à plus de vingt
kilomètres de leur lieu de résidence.
Moins de 8 % des étudiants de 18 à 24 ans vivent en couple, pour 19 % de l'ensemble des jeunes de cette tranche d'âge.
Les jeunes quittent le domicile parental plus tôt qu'il y a dix ans. Le nombre de jeunes accédant aux études supérieures n'y est sans doute pas étranger. Les jeunes hommes restent en
moyenne deux ans de plus chez leurs parents que les jeunes filles. En 2009, parmi ceux âgés de 18 à 24 ans, six jeunes hommes sur dix vivent encore chez leurs parents. Même parmi ceux qui
occupent un emploi, et qui disposent donc d'une relative autonomie financière, la part reste la même.
Les femmes au même âge sont plus nombreuses (55 %) à avoir quitté le domicile parental. Elles vivent deux fois plus souvent en couple (24 % pour 12 %), la plupart
du temps avec un homme un peu plus âgé.
| 1999 | 2009 | |||
|---|---|---|---|---|
| Part vivant chez les parents | Part vivant en couple | Part vivant chez les parents | Part vivant en couple | |
| Source : Insee, RP1999 et RP2009 exploitations complémentaires lieu de résidence | ||||
| 18 à 24 ans | 54,8 | 20,5 | 52,1 | 18,5 |
| Hommes | 63,6 | 13,0 | 59,5 | 12,4 |
| Femmes | 46,2 | 28,0 | 45,0 | 24,4 |
| 25 à 28 ans | 19,7 | 57,9 | 17,7 | 54,6 |
| Hommes | 27,0 | 49,8 | 24,4 | 46,7 |
| Femmes | 12,3 | 66,1 | 11,3 | 62,3 |
En dix ans, la part des jeunes propriétaires de leur logement a sensiblement augmenté pour atteindre 22 %.
En revanche, l'accès à la propriété est en recul pour les familles monoparentales. Seuls 11 % des jeunes parents isolés ont fait l'acquisition de leur logement, soit six points de
moins qu'en 1999. Ces familles ont également moins souvent accès qu'auparavant à un logement social. Plus de la moitié réside dans le parc locatif privé.

L'acquisition de la résidence principale se fait le plus souvent après la formation du couple. Au cours des années 1990, l'achat immobilier arrivait généralement une fois devenu parent.
Aujourd'hui, l'opération est réalisée bien plus tôt. Ainsi, un couple sans enfant sur quatre a choisi d'investir dans un logement pour moins d'un sur cinq il y a dix ans. Un grand nombre a
d'ailleurs préféré s'éloigner des agglomérations pour acheter une maison : plus de la moitié des jeunes ménages propriétaires occupe ainsi un logement individuel.
Les jeunes accédant à la propriété investissent majoritairement dans un logement d'au moins trois pièces : 48 % des personnes seules, 90 % des couples sans enfant et 98 %
des couples avec enfant(s).
En 2009, 63 000 alsaciens de 15 à 17 ans sont scolarisés dans un établissement d'enseignement secondaire. L'Alsace fait partie des régions où les jeunes effectuent les trajets les
plus courts pour se rendre au lycée.
Ces établissements sont implantés dans les pôles régionaux où les jeunes sont nombreux. Ainsi, deux jeunes sur trois résident à moins de huit kilomètres de leur lycée et seul un jeune sur
dix parcourt plus de vingt kilomètres pour s'y rendre. C'est le plus souvent le cas des lycéens et des apprentis habitant l'extrémité Sud de la région ou dans la haute vallée de la Bruche.


En 1999, l'Alsace se classait parmi les régions où la part des jeunes âgés de 20 ans inscrits dans un établissement d'enseignement était la plus faible. Plus généralement, le taux de
scolarisation des jeunes après 15 ans s'est longtemps situé parmi les plus faibles de métropole, les jeunes quittant souvent le système éducatif au cours du second degré. L'orientation,
après le collège, vers des filières courtes d'enseignement professionnel ou d'apprentissage, était également fréquente dans la région. Depuis une dizaine d'années, les taux de scolarisation
en Alsace se rapprochent de la moyenne métropolitaine, elle-même en léger recul. De plus en plus de jeunes alsaciens obtiennent le baccalauréat (à 20 ans, 57 % étaient bacheliers
en 1999, 61 % en 2009) et poursuivent des études supérieures. Le nombre de jeunes étudiants a ainsi sensiblement augmenté dans la région et atteint aujourd'hui 67 000. La
scolarisation après 18 ans reste néanmoins très inférieure à celle des régions Île-de-France, Midi-Pyrénées ou Bretagne.

En dix ans, le niveau de diplôme des jeunes en emploi a augmenté. Par le passé, les filières courtes (CAP, BEP) préparaient à une entrée rapide dans la vie active. Aujourd'hui, la scolarité
se poursuit plus souvent jusqu'au baccalauréat ou au-delà.
La part des jeunes en emploi âgés de 25 à 28 ans et titulaires d'un diplôme du supérieur a augmenté de dix points. Les femmes en emploi dans cette tranche d'âge sont aujourd'hui plus de la
moitié à posséder un diplôme de l'enseignement supérieur.
Chaque année, environ 2 000 jeunes de 17 à 20 ans quittent l'école sans diplôme. Malgré une augmentation globale du niveau de formation, beaucoup de jeunes alsaciens restent en
situation d'échec scolaire. En 2009, 10,4 % des jeunes de 18 à 21 ans ne sont plus scolarisés et n'ont pas de diplôme.
Des jeunes présents plusieurs années dans le système éducatif se réorientent éventuellement, mais n'obtiennent pas forcément un diplôme. En 2009, un jeune âgé de 25 à 28 ans sur six a
quitté l'école sans diplôme, une proportion restant supérieure à la moyenne métropolitaine, malgré l'évolution enregistrée au cours des dix dernières années. C'était en effet le cas de
près d'un jeune sur cinq en 1999.

| Nombre de jeunes sans diplôme en Alsace | Part dans la population (en %) | ||
|---|---|---|---|
| Alsace | France métropolitaine | ||
| Source : Insee, RP2009 exploitation complémentaire lieu de résidence | |||
| 15 à 17 ans | 2 200 | 3,2 | 3,2 |
| 18 à 21 ans | 10 100 | 10,4 | 10,6 |
| 22 à 24 ans | 9 600 | 13,6 | 13,1 |
| 25 à 28 ans | 14 800 | 15,6 | 14,2 |
| Ensemble | 36 700 | 11,1 | 10,6 |
L'environnement familial dans lequel vit le jeune joue un rôle important sur son parcours scolaire. Le niveau de diplôme et la catégorie sociale des parents influent sur les formations suivies par leurs enfants, voire sur leur emploi futur. Les jeunes en situation d'échec scolaire sont plus souvent issus de familles où les deux parents sont au chômage. Les enfants appartenant à une famille monoparentale où le parent travaille ne le sont pas plus que les autres.
Les agglomérations de Mulhouse et de Strasbourg où le chômage est le plus élevé, en particulier dans les zones urbaines sensibles, concentrent à elles seules la moitié des jeunes ayant quitté l'école sans diplôme. Celle de Mulhouse est encore plus concernée, un jeune de 25 à 28 ans sur quatre y résidant n'ayant pas de diplôme. Dans un contexte de recul de l'industrie, le chômage y est le plus important de la région, notamment parmi les jeunes.
En Alsace, 14 500 jeunes de 15 à 28 ans sont en apprentissage et partagent leur temps entre un établissement de formation et une entreprise. Ils représentent 9,4 % des jeunes
inscrits dans un établissement d'enseignement, soit un point de plus que dans l'ensemble des régions de métropole. C'est moins que dans les régions Pays de la Loire, Poitou-Charentes,
Centre et Bourgogne où la part des apprentis dépasse 10 % des jeunes scolarisés.
Néanmoins, la région se situe au deuxième rang des régions où la part des apprentis âgés de 15 à 17 ans est la plus élevée. L'apprentissage occupe une place très importante depuis de
nombreuses années.
Cependant, depuis la fin des années 1990, le profil des apprentis a changé, comme au niveau métropolitain.
D'une part, les établissements formant des apprentis accueillent de moins en moins de jeunes peu diplômés. Le nombre d'apprentis sans diplôme a ainsi diminué de 20 %. Ceux-ci ne
représentent que quatre apprentis sur dix en 2009 pour six sur dix en 1999.
D'autre part, l'apprentissage dans l'enseignement supérieur a fortement progressé au cours des années 2000 dans la région. Le nombre de jeunes formés en alternance dans des filières de
niveau BTS, licence professionnelle, master ou ingénieur y a plus que triplé en dix ans. Aujourd'hui, 7,2 % des étudiants suivent un cursus en apprentissage, proportion voisine du
niveau métropolitain.
En 2009, 187 000 jeunes de 18 à 28 ans sont actifs, c'est-à-dire travaillent ou sont à la recherche d'un emploi. À l'âge de 18 ans, 30 % des alsaciens sont en activité, trois
points de plus que l'ensemble des régions métropolitaines. Jusqu'à 25 ans, le taux d'activité croît continuellement. À cet âge, neuf jeunes sur dix sont actifs, ce qui correspond
au niveau d'activité de la population régionale âgée de 25 à 54 ans. Le taux d'activité des jeunes de 25 à 28 ans se situe quant à lui au niveau de la moyenne métropolitaine.
Le taux d'activité des hommes est supérieur d'environ dix points à celui des femmes, et ce, à tout âge. Avant 25 ans, ceci s'explique par le fait que les femmes poursuivent plus souvent des
études supérieures.

En 2009, 36 000 jeunes déclarent être à la recherche d'un emploi, soit un actif de 18 à 28 ans sur cinq dans la région. La situation de l'emploi s'est dégradée pour les jeunes en dix ans, le chômage ayant augmenté de cinq points. Les plus jeunes ont été les plus touchés par la crise économique. Ainsi, en 2009, 23 % des actifs de 18 à 24 ans déclarent être au chômage pour 14 % des 25-28 ans. Moins expérimentés et moins diplômés que leurs aînés, ils ont plus de difficultés à trouver un emploi dans un marché du travail devenu plus sélectif.
| 1999 | 2009 | |||
|---|---|---|---|---|
| Effectifs | % des actifs | Effectifs | % des actifs | |
| Source : Insee, RP1999 et RP2009 exploitations complémentaires lieu de résidence | ||||
| 18 à 24 ans | 15 400 | 17,1 | 23 500 | 23,0 |
| 25 à 28 ans | 10 000 | 10,6 | 12 200 | 14,4 |
| Ensemble | 25 400 | 13,8 | 35 700 | 19,1 |
Le niveau de diplôme conditionne de plus en plus l'insertion professionnelle. Parmi les jeunes non diplômés de 25 à 28 ans dans la région, un sur trois est en recherche d'emploi.
C'est deux fois plus que parmi ceux titulaires d'un CAP ou d'un BEP, trois fois plus que les titulaires d'un baccalauréat et quatre fois plus que les diplômés du supérieur.
La part des jeunes non diplômés à la recherche d'un emploi a augmenté de douze points depuis 1999. Parmi ceux âgés de 18 à 24 ans, plus de quatre sur dix se déclarent au chômage. La
proportion de jeunes diplômés du supérieur à la recherche d'un emploi a crû elle aussi, de trois points depuis dix ans.
| Niveau de diplôme | 18 à 24 ans | 25 à 28 ans |
|---|---|---|
| Source : Insee, RP2009 exploitation complémentaire au lieu de résidence | ||
| Sans diplôme | 43,0 | 32,8 |
| CAP et BEP | 24,0 | 16,6 |
| Baccalauréat | 18,2 | 12,1 |
| Diplôme du supérieur | 11,9 | 8,6 |
| Ensemble | 23,0 | 14,4 |

Bien qu'en forte augmentation, le chômage des jeunes de 18 à 28 ans demeure en 2009 inférieur à celui de l'ensemble des jeunes de métropole. Comparé aux régions voisines, la part du
chômage des jeunes dans la région (19 %) est au même niveau qu'en Franche-Comté et inférieur à la Lorraine (21 %).
Le chômage des jeunes alsaciens titulaires d'un diplôme du supérieur est parmi les plus faibles de métropole. À l'inverse, les jeunes sans diplôme peinent plus qu'ailleurs à trouver un
travail. La baisse des emplois industriels ainsi que la situation économique des régions voisines y ont notamment contribué. De plus, les emplois frontaliers sont peu accessibles aux jeunes
non qualifiés, en particulier vers la Suisse, la barrière de la langue étant un autre élément d'explication.
Entre 18 et 24 ans, les jeunes actifs occupent souvent des emplois à durée limitée. Près d'un sur deux est lié par un contrat à durée déterminée, un contrat aidé, un contrat
d'apprentissage ou bien travaille en intérim. Par ailleurs, un sur cinq exerce son activité à temps partiel. Pour certains il s'agit d'un travail d'appoint (étudiants notamment),
d'un stage en entreprise ou d'un contrat d'apprentissage. Pour les autres, ce sont les premiers emplois qui sont ainsi fréquemment exercés à durée déterminée ou à temps partiel.
Passé cet âge, le contrat sans limite de durée s'impose. Parmi les actifs en emploi âgés de 25 à 28 ans, huit sur dix sont en contrat à durée indéterminée, proportion voisine de celle
observée pour leurs aînés. C'est aux mêmes âges que l'emploi à temps plein est le plus fréquent (près de 90 %).
Parmi les jeunes, les emplois sont plutôt occupés par des hommes ou par des femmes selon les métiers ou les secteurs d'activité.
Les hommes sont plus présents dans les métiers liés à l'information et la communication, les femmes dans les activités des finances et de l'assurance. Plus d'une jeune femme sur trois
exerce un emploi dans les secteurs de la fonction publique, de l'enseignement, de la santé ou du social.
L'industrie en Alsace, emploie 18 % des jeunes âgés de 25 à 28 ans, soit quatre points de plus que pour l'ensemble des régions de France de province. En raison de la baisse du nombre
des emplois dans l'industrie au cours des dix dernières années, les jeunes y sont toutefois moins présents que ne l'étaient leurs aînés.
Depuis 1999, la part des cadres ou des professions intermédiaires a augmenté de huit points parmi les jeunes alors que celle des ouvriers a diminué dans les mêmes proportions.
En 2009, 13 % des jeunes actifs de 25 à 28 ans sont cadres pour 15 % au niveau métropolitain. Cet écart est dû en partie à la concentration du nombre de cadres en Île-de-France,
où le quart des jeunes travailleurs ont ce statut. L'Alsace est, derrière Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes, la région de France de province où la part de jeunes cadres est la plus élevée.
Les femmes de 25 à 28 ans, plus diplômées que leurs homologues masculins, sont 12 % à avoir un statut de cadre pour 14 % des hommes. En revanche, un tiers de ces jeunes femmes
exercent une profession intermédiaire, pour un quart des hommes.
| catégorie socioprofessionnelle | Alsace | France métropolitaine | ||
|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Hommes | Femmes | |
| Champ : Jeunes âgés de 25 à 28 ans | ||||
| Source : Insee, RP2009 exploitation complémentaire au lieu de résidence | ||||
| Agriculteurs exploitants | 0,4 | 0,1 | 1,2 | 0,2 |
| Artisans, commerçants, chefs entreprise | 2,8 | 1,5 | 3,8 | 1,8 |
| Cadres, professions intellectuelles supérieures | 14,2 | 11,6 | 16,2 | 14,1 |
| Professions Intermédiaires | 24,6 | 33,3 | 25,4 | 33,6 |
| Employés | 14,9 | 44,6 | 16,4 | 43,6 |
| Ouvriers | 43,1 | 8,9 | 37 | 6,7 |
| Ensemble | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
Dans un contexte de hausse globale de la population régionale entre 1999 et 2009, le nombre de jeunes quant à lui, a légèrement diminué. En faisant l'hypothèse que la fécondité et les
comportements migratoires restent les mêmes au cours des deux prochaines décennies, le nombre de jeunes diminuerait de 6 000 à l'horizon 2030 pendant que la population alsacienne
augmenterait de 160 000 habitants. Entre 2009 et 2030, la baisse de population serait même la plus forte parmi celle âgée de 18 à 24 ans. Leur part dans l'ensemble de la population
alsacienne diminuerait d'un point.
Après la Corse et la Lorraine, l'Alsace serait la région de métropole où la part des jeunes dans la population diminuerait le plus. Cette part ne serait plus que de 16,3 %, valeur
légèrement en dessous de celle de l'ensemble des régions métropolitaines (16,5 %).
| 1999 | 2009 | 2030 (p) | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Effectifs | Part dans la population (en %) | Effectifs | Part dans la population (en %) | Effectifs | Part dans la population (en %) | |
| (p) projection selon le modèle Omphale 2010 | ||||||
| Source : Insee, RP1999 et RP2009 exploitations complémentaires au lieu de résidence - Omphale 2010 | ||||||
| 15-17 ans | 68 000 | 3,9 | 68 200 | 3,7 | 68 300 | 3,4 |
| 18-24 ans | 157 800 | 9,2 | 167 600 | 9,1 | 163 500 | 8,2 |
| 25-28 ans | 106 100 | 6,1 | 94 600 | 5,1 | 92 600 | 4,7 |
| Ensemble | 331 900 | 19,2 | 330 400 | 17,9 | 324 400 | 16,3 |
La Région Alsace développe depuis la fin de l'année 2010 le Projet Régional pour la Jeunesse "Priorité Jeunesse", avec une vingtaine d'actions permettant de renforcer, enrichir et
mettre en synergie les dispositifs régionaux existants et d'investir de nouveaux champs d'intervention.
Ce projet, qui s'adresse à tous les jeunes de 15 à 28 ans, s'articule autour de trois priorités - l'orientation, l'inclusion sociale et professionnelle, l'engagement volontaire et citoyen
des jeunes - qui sont autant d'étapes-clés dans le parcours de chaque jeune vers l'autonomie.
La mise en oeuvre de cette Politique Jeunesse, transversale par nature, s'opère de manière volontairement souple et non figée, dans un processus d'évaluation permanent, l'objectif étant
d'intégrer les évolutions démographiques, économiques, sociales, pour répondre avec efficience et justesse aux besoins et attentes des jeunes où qu'ils se trouvent sur le territoire.
C'est ce souci d'agir de manière éclairée, au plus près des réalités, qui a conduit la Région Alsace à engager, dans le cadre d'un partenariat avec l'Insee, cette étude spécifiquement
dédiée aux 15-28 ans, aux enseignements particulièrement riches et divers.
La population active regroupe les actifs ayant un emploi et les chômeurs.
Les actifs ayant un emploi, ou actifs occupés, sont les personnes qui déclarent exercer une profession, que celle-ci soit salariée ou non, à temps plein ou à temps partiel.
Sont également considérés comme ayant un emploi, les apprentis et stagiaires rémunérés, les personnes aidant un membre de leur famille dans son travail (même sans rémunération),
les chômeurs exerçant une activité réduite, les étudiants et retraités occupant un emploi.
Les chômeurs au sens du recensement, sont les personnes de 15 ans ou plus, qui déclarent ne pas avoir d'emploi et en rechercher un, qu'elles soient ou non inscrites à
Pôle Emploi.
La définition du chômage au sens du recensement diffère de celles du Bureau international du travail (BIT) et de Pôle emploi.
Un étudiant est ici une personne âgée de 15 à 28 ans, inscrite dans un établissement d'enseignement et ayant un diplôme au moins équivalent au baccalauréat.
Dans cette étude, un jeune est considéré comme étant sans diplôme même s'il est titulaire du brevet des collèges.
Les résultats du recensement de la population de 2009 sont issus des enquêtes annuelles de recensement réalisées entre 2007 et 2011.
Le recensement repose sur une collecte d'informations annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans.
Sur cette période, l'ensemble des habitants des communes de moins de 10 000 habitants et 40 % de la population des communes de 10 000 habitants ou plus sont enquêtés.
L'exploitation statistique des données recueillies auprès de ces personnes permet de décrire la population et les logements.
Le recensement est placé sous la responsabilité de l'État. Les communes - ou les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) - préparent et réalisent les enquêtes de
recensement et reçoivent, à ce titre, une dotation financière de l'État. L'Insee a pour mission d'organiser et de contrôler la collecte des informations. Il recueille ensuite
l'information collectée, exploite les questionnaires et diffuse les résultats.
Les projections de population se fondent sur un modèle propre, baptisé Omphale 2010.
Ce modèle est basé sur les populations de la région Alsace au 1er janvier 2007 par sexe et âge, issues du recensement de la population. Il applique, pour chaque sexe et âge, des
quotients d'émigration entre zones de départ et zones d'arrivée, ainsi que des quotients de fécondité et de mortalité. Les divers quotients sont déterminés en ne prenant en compte que les
tendances de fécondité, de mortalité et de migrations observées par le passé.
Ces projections ne peuvent donc s'assimiler à des prévisions : les hypothèses retenues ne sont pas probabilisées.
Le scénario central
Les projections commentées ont été élaborées avec les hypothèses du scénario dit "central" :
- la fécondité de chaque région est maintenue à son niveau de 2007 ;
- la mortalité de chaque région baisse au même rythme qu'en France métropolitaine où l'espérance de vie atteindrait 83,1 ans pour les hommes et 88,8 ans pour les
femmes en 2040 ;
- les quotients migratoires entre régions, calculés entre 2000 et 2008, sont maintenus constants sur toute la période de projection. Ils reflètent les échanges de
population entre régions. En ce qui concerne les échanges avec l'étranger, l'hypothèse métropolitaine (solde migratoire de +100 000 personnes par an) est ventilée au prorata du
nombre d'immigrants par région. Ces projections sont ensuite calées sur la nouvelle projection de population métropolitaine centrale publiée par l'Insee en octobre 2010.

avril 2013 - n°42
Télécharger le document (pdf, 2 Mo)