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La CREA dans sa diversité territoriale

Auteurs : Julien DELAMARE, Jérôme FOLLIN, Nadine POULLAIN (Insee Haute-Normandie)

Résumé

Dans le cadre de la réflexion liée à l'élaboration de son Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), la CREA souhaite développer la connaissance de son territoire pour mieux en définir les enjeux d'aménagement et de développement. Ce diagnostic, réalisé en collaboration par l'INSEE et la CREA, permet de mieux appréhender la diversité des territoires qui composent cette communauté d'agglomération.

Huitième structure intercommunale française, la CREA totalise près de 500 000 habitants, soit plus du quart de la population haut-normande. La présence de sept communes de plus de 20 000 habitants complète l'influence de la ville de Rouen, qui constitue le pivot de l'armature urbaine de l'agglomération.
Le découpage du territoire en sept secteurs permet de rendre compte de la diversité interne de la communauté d'agglomération et de la complémentarité entre ces secteurs.
La ville de Rouen constitue de loin le premier pôle d'emplois. Secteur le plus jeune, il se caractérise aussi par la diversité sociale de sa population et par une mobilité résidentielle importante, permise par un habitat locatif développé. Le Plateau Est, en croissance démographique régulière, et le secteur Seine-Austreberthe ont une fonction surtout résidentielle. Le Plateau Nord combine cette même vocation résidentielle (pour des populations favorisées) avec une fonction de pôle d'emploi très dynamique. Enfin, les secteurs de la Rive gauche, d'Elbeuf et de la Vallée du Cailly ont en commun un profil socio-démographique relativement équilibré. Leur parc d'habitat social est assez important et leur économie locale bien développée.

Sommaire

Publication

La CREA, 8e structure intercommunale du territoire français

La communauté d'agglomération de Rouen - Elbeuf - Austreberthe (CREA) a été officiellement créée le 1er janvier 2010 par regroupement des anciennes communautés d'agglomération rouennaise et d'Elbeuf - Boucle de Seine et des communautés de communes de Seine-Austreberthe et de Le Trait - Yainville. Avec 70 communes et près de 500 000 habitants, c'est la plus importante communauté d'agglomération française et la 8e structure intercommunale si on tient compte des communautés urbaines. Elle concentre plus du quart de la population de Haute-Normandie.

La CREA est composée de communes de tailles très diverses. Plus de la moitié de la population de la communauté est concentrée dans les sept principales communes, comprenant toutes plus de 20 000 habitants : Rouen (109 000 habitants), Sotteville-lès-Rouen (30 000), Saint-Étienne-du-Rouvray (28 000), Le Grand-Quevilly (26 000), Le Petit-Quevilly (22 000), Bois-Guillaume-Bihorel (21 000) et Mont-Saint-Aignan (20 000). A l'opposé, les "petites" communes (de moins de 5 000 habitants) regroupent à peine 15 % des habitants mais elles couvrent les deux-tiers de la superficie du territoire.

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Population des communes de la CREA

Population des communes de la CREA

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Le territoire de la CREA est principalement urbain au sens de la continuité du bâti : plus de la moitié des communes sont urbaines, celles-ci regroupant 90 % de la population. Le reste du territoire est composé de communes rurales mais sous forte influence urbaine, qui peuvent être qualifiées de "périurbaines" 1 : c'est le cas de la quasi-totalité du secteur de Seine-Austreberthe et de la moitié environ des communes des plateaux Est et Nord.

En matière d'occupation des sols, les espaces " artificialisés " (zones urbanisées) couvrent 28 % du territoire de la CREA. 35 % de l'espace est occupé par les terres agricoles, 33 % par les forêts. Le reste de l'espace correspond à des surfaces en eau.

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La ville de Rouen, pivot de l'armature urbaine de la CREA

L'armature urbaine du territoire de la CREA repose sur des pôles de tailles et surtout de statuts divers 2. Bien qu'elle soit de taille relativement faible en tant que commune centre de l'agglomération, la ville de Rouen se situe sans conteste en haut de la " hiérarchie " urbaine de la CREA. Elle concentre 22 % des habitants du territoire et surtout 36 % des emplois. Elle possède également un niveau d'équipement de gamme supérieure sans équivalent parmi les autres communes du territoire.

La commune d'Elbeuf peut être considérée comme un pôle complémentaire, de deuxième rang, contribuant à équilibrer au sud l'armature urbaine de la CREA. Sa taille démographique la place en deçà de certaines grandes communes de l'agglomération rouennaise, mais Elbeuf dispose d'un niveau d'équipement important qui lui permet de rayonner sur un ensemble de communes assez nombreuses 3.

D'autres communes ont une importance significative dans le territoire de la CREA sans jouer un rôle de pôle à part entière. Il s'agit en premier lieu des villes moyennes de Sotteville-lès-Rouen, Saint-Étienne-du-Rouvray,Le Grand-Quevilly, Le Petit-Quevilly, Bois-Guillaume-Bihorel et Mont-Saint-Aignan, dont le nombre d'habitants (compris entre 20 000 et 30 000), d'emplois ou d'équipements est important, mais qui rayonnent assez peu sur les communes voisines. Leur niveau élevé d'équipement répond essentiellement aux besoins de la population en présence ou de celle des communes très proches.

Dans la partie "périurbaine" à l'ouest du territoire, les communes du Trait et de Duclair jouent plutôt un rôle de pôle local, grâce à une offre d'emplois non négligeable et surtout une gamme d'équipements intermédiaires bien présente.

Dans la partie "périurbaine" à l'ouest du territoire, les communes du Trait et de Duclair jouent plutôt un rôle de pôle local, grâce à une offre d'emplois non négligeable et surtout une gamme d'équipements intermédiaires bien présente.

Les autres communes du territoire sont plus petites et essentiellement résidentielles, sauf certaines qui possèdent un statut de pôle d'emploi local (Cléon, Tourville-la-Rivière, Yainville).

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L'armature urbaine de la CREA

L'armature urbaine de la CREA

1 non urbain au sens de la densité du bâti, mais sous forte influence des communes urbaines proches (notamment en termes de lieu de travail)

2 En tenant compte à la fois du poids démographique et économique des principales communes, de leur niveau d'équipement et de l'étendue géographique de leur rayonnement, on peut distinguer plusieurs niveaux dans la hiérarchie urbaine de la CREA. Pour une analyse plus détaillée, voir dossier d'Aval - janvier 2010 " l'aire d'influence du pôle Rouen-Elbeuf : éléments de diagnostic territorial ", page 11

3 On peut noter que la commune de Barentin, située à proximité immédiate de la CREA au nord-ouest, bénéficie d'un statut de pôle très comparable à celui d'Elbeuf

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DYNAMIQUES DÉMOGRAPHIQUES

Les ménages en augmentation malgré le ralentissement démographique

L'histoire démographique récente de la CREA se caractérise par une croissance relativement faible de la population. Après une expansion assez forte jusqu'au début des années 1970, la population augmente faiblement depuis 1975 : 16 000 habitants supplémentaires, soit + 3 % d'augmentation seulement sur les trois dernières décennies. Cette forte inflexion au détour des années 1970 s'explique par le retournement du solde migratoire de la CREA, devenu déficitaire. Depuis les années 2000, la population stagne.

Entre 1999 et 2008, le nombre d’habitants de la CREA a augmenté d’un millier seulement, alors que le nombre de ménages 4 a crû de 16 000. Cette augmentation relativement forte du nombre de ménages résulte de la diminution du nombre de personnes par ménage (vieillissement, décohabitation, etc). Ainsi, même en période de croissance démographique faible, le besoin de construction de nouveaux logements reste significatif.


4 ensemble des personnes qui habitent le même logement

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Les plateaux, premiers bénéficiaires de la croissance démographique

Cette tendance globale recouvre des dynamiques internes bien différenciées. Ce sont les plateaux (Nord et Est) qui ont bénéficié des plus fortes croissances au sein de la CREA, grâce à des soldes migratoires favorables. Depuis 1962, ils ont gagné chacun 25 000 habitants environ sur une augmentation de 91 000 globalement pour la CREA. Le secteur de Seine-Austreberthe a lui aussi bénéficié d'une expansion démographique régulière mais qui reste assez limitée en nombre d'habitants (8 000 supplémentaires depuis 1962). Le secteur d'Elbeuf a connu une croissance régulière jusque dans les années 1980, la tendance étant plutôt à la stagnation depuis 1990.

Les autres secteurs de la CREA ont connu des retournements de tendance assez nets. Rouen a retrouvé la croissance démographique depuis les années 1990 après une période de fort recul. A l'inverse, la Rive gauche et la Vallée du Cailly, après des périodes de croissance significative, voient leur population diminuer depuis deux ou trois décennies. Le solde naturel de ces deux territoires est relativement élevé mais leurs soldes migratoires sont nettement déficitaires.

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Tous les secteurs en déficit migratoire, sauf le Plateau Est

Depuis les années 2000, le Plateau Est est le seul secteur à conserver un solde migratoire (tout juste) positif, mais son solde naturel est faible. Tous les autres secteurs sont en situation de déficit migratoire. Celui-ci se creuse dans la Vallée du Cailly, alors qu'il tend à s'atténuer sur la Rive gauche. La population du Plateau Nord n'augmente plus depuis peu : ce secteur est désormais en déficit migratoire et son solde naturel est le plus faible, signe d'un vieillissement relativement prononcé. Seine-Austreberthe présente également aujourd'hui un déficit migratoire.

Si les tendances démographiques récentes se prolongeaient (fécondité, mortalité, migrations), la CREA retrouverait, après la stagnation des années 2000, une croissance de population dans les 15 ou 20 années à venir, mais à un rythme très faible (de l'ordre de + 0,05 % par an). Certains secteurs conserveraient une augmentation sensible, le Plateau Est en premier lieu, mais également le Plateau Nord, le secteur d'Elbeuf, voire la Rive gauche. La Vallée du Cailly continuerait de perdre des habitants.

Un découpage de la CREA en sept secteurs

Dans le cadre de l'élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) et du Programme Local de l'Habitat (PLH), notamment pour les phases de concertation, un découpage interne de la CREA en sept secteurs a été retenu. Ce découpage constitue également le zonage de référence pour cette publication (voir carte page intercalaire).

Les secteurs de Rouen (commune) et de la Rive gauche dépassent tous deux les 100 000 habitants et représentent la partie la plus urbaine et la plus dense de la CREA. Quatre secteurs ont en commun un poids démographique très proche, d'environ 50 000 habitants : Elbeuf et la Vallée du Cailly, plutôt urbains, et les secteurs Plateau Nord et surtout Plateau Est, plus résidentiels. Le secteur de Seine-Austreberthe, enfin, le moins peuplé des sept secteurs (28 000 habitants), est essentiellement résidentiel.

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Evolution de la population des ménages entre 1968 et 2008 dans la CREA

Evolution de la population des ménages entre 1968 et 2008 dans la CREA

Sources : Insee, Recensement de la population 1968 à 1990 dénombrements, Recensement de la population 1999 à 2008 exploitations principales.

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Variation annuelle moyenne des ménages dans la CREA

Variation annuelle moyenne des ménages dans la CREA

Sources : Insee, Recensement de la population 1968 à 1990 , Omphale 2010.

Note de lecture : l'effet "réduction de la taille des ménages" correspond à l'augmentation du nombre de lçogements nécessitée uniquement par la baisse du nombre de personnes par ménages ; l'effet " démographique" , complémentaire du premier effet, correspond à l'augmentation du nombre de logements répondants à la croissance du nombre d'habitants.

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Variation* de la population entre 1999 et 2008

Unité : %

Variation* de la population entre 1999 et 2008

Sources : Insee, Recensement de la population 1968 à 1990 , exploitations principales.

* taux annuels moyen de variation (en %)

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Evolution de la population entre 1962 et 2008

Unité : %

Evolution de la population entre 1962 et 2008

Sources : Insee, Recensement de la population 1962 à 1990 , dénombrements - recensement de la population 1999 et 2008 exploitations principales.

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Contributions de chaque secteur à la croissance démographique (1962 - 2008)

Contributions de chaque secteur à la croissance démographique (1962 - 2008)

Sources : Insee, Recensement de la population 1962 à 1990 , dénombrements - recensement de la population 1999 et 2008 exploitations principales.

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POPULATION

Rouen, secteur le plus jeune, Plateau Nord le plus âgé

Comme tout territoire structuré par un pôle urbain important, en particulier universitaire, la CREA se caractérise par une surreprésentation de la catégorie des jeunes adultes (20 à 30 ans).

Parmi les secteurs géographiques qui composent la CREA, la commune de Rouen est le territoire le plus jeune. La proportion d'enfants y est relativement faible mais les jeunes adultes y sont particulièrement nombreux. La proportion de personnes vivant seules y est logiquement plus élevée (plus de la moitié des ménages). A l'inverse, le Plateau Nord est le plus âgé, avec 24 % de personnes de 60 ans ou plus et des populations adultes (25 à 45 ans) moins présentes. Le Plateau Est et Seine-Austreberthe sont davantage habités par des familles, avec une proportion de personnes de 45 à 60 ans et d'enfants plus importante. Les secteurs d'Elbeuf, de la Rive gauche et de la Vallée du Cailly présentent des profils semblables, avec la répartition de leurs populations entre classes d'âges la plus équilibrée.

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Pyramides des âges de la CREA

Pyramides des âges de la CREA

Sources : Insee, Recensement de la population 2008

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Le Plateau Nord, territoire le plus "aisé"

L'histoire du peuplement de l'agglomération de Rouen (zones de périurbanisation privilégiée, localisation des logements sociaux...) a induit des différences de composition sociale entre les secteurs de la CREA. Le Plateau Nord apparaît nettement comme le secteur le plus favorisé du point de vue social : 32 % des personnes sont cadres ou professions intermédiaires, soit dix points de plus qu'en moyenne dans la CREA, et les revenus y sont les plus élevés. Le Plateau Est présente dans une moindre mesure, un profil semblable.

La ville de Rouen est le secteur qui présente les écarts les plus marqués dans sa population, résultat caractéristique des villes de cette taille. Elle abrite une proportion élevée de cadres et de professions intermédiaires mais aussi une part importante de bas revenus, en lien avec l'importance du parc d'habitat social mais aussi la présence de nombreux étudiants. La proportion de retraités y est particulièrement faible : 20 % contre plus de 25 % dans chacun des autres territoires de la CREA.

Tableau 1 : Données socio-démographiques des secteurs de la CREA

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Moins de disparités dans les secteurs d’Elbeuf, de la Rive gauche et de la Vallée du Cailly

Les profils sociodémographiques des secteurs d'Elbeuf, de la Rive gauche et de la Vallée du Cailly se ressemblent fortement. La composition de leurs populations en termes de catégories sociales est assez équilibrée et les revenus de leurs habitants y sont relativement peu élevés mais plus homogènes que dans les autres secteurs.

Revenus par unité de consommation

Afin de comparer les ménages entre eux et tenir compte de leur composition, on leur affecte un nombre d'unités de consommation. Le premier adulte compte pour une unité, toutes les autres personnes de 14 ans ou plus comptent pour 0,5 chacune, enfin les enfants de moins de 14 ans comptent pour 0,3.

Le revenu annuel médian par unité de consommation est celui qui sépare la population des ménages fiscaux en deux parties égales (la moitié des ménages ont un revenu supérieur, l'autre un revenu inférieur)

Le premier décile (D1) est, de manière équivalente, le revenu au-dessous duquel se situent 10 % des ménages.

Le neuvième décile (D9) est le revenu au-dessus duquel se situent 10 % des ménages.

Revenus annuels par unité de consommation en 2009 (en €)

Unité : %

Revenus annuels par unité de consommation en 2009 (en €)

Source : Insee-DGFiP, revenus fiscaux localisés des ménages

Part de la population* vivant avec un bas revenu

Unité : %

Part de la population* vivant avec un bas revenu

Source : Insee, recensement de la population 2008 exploitation principale et exploitation complémentaire ; Cnaf 2010

* population potentiellement éligible aux allocations CAF

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HABITAT

Les logements locatifs, peu présents sur les plateaux et Seine-Austreberthe

Globalement, le parc de logements de la CREA présente les grandes caractéristiques des territoires très urbains : une majorité d'appartements, un parc locatif important (notamment son segment social), un nombre moyen de personnes par logement relativement faible.

Toutefois, les secteurs géographiques de la CREA se différencient nettement quant à la structure de leur habitat. La répartition entre les logements en immeubles collectifs (appartements) et individuels (maisons) est équilibrée dans la majorité des secteurs (Elbeuf, Rive gauche, Vallée du Cailly et Plateau Nord). Mais les appartements sont très majoritaires à Rouen (84 % des logements), les maisons dans Seine-Austreberthe (84 %) et sur le Plateau Est (73 %).

Le parc de logements individuels (avec de nombreux propriétaires) est dominant sur les plateaux et Seine-Austreberthe, alors que l'habitat locatif est largement prépondérant dans la ville de Rouen (70  %, dont 50 % pour le parc locatif privé). Le parc est plus équilibré, entre logements collectifs et individuels, sur le Plateau Nord (nombreux propriétaires) et dans les secteurs d'Elbeuf, de la Rive gauche et de la Vallée du Cailly (parc social très implanté).

Type de logement selon les secteurs en 2008

Unité : %

Part de la population* vivant avec un bas revenu

Source : Insee, recensement de la population 2008 exploitation principale

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Le parc social, fortement concentré sur Rouen et la Rive gauche

Le parc de logements sociaux de la CREA est fortement concentré sur certaines parties du territoire : 39 % sur la Rive gauche, 19 % sur la ville de Rouen, 17 % dans la Vallée du Cailly et 11 % dans le secteur d'Elbeuf. Les autres territoires comptabilisent 14 % des logements sociaux de la CREA.

À une échelle plus fine, on peut noter que 70 % du parc social est concentré dans 10 communes. Aux premiers rangs de celles-ci figurent Rouen (avec 11 000 logements sociaux), Le Grand-Quevilly (7 800), puis cinq communes offrant chacune de l'ordre de 3 000 à 4 000 logements sociaux (Saint-Étienne-du-Rouvray, Sotteville-lès-Rouen, Canteleu, Le Petit-Quevilly et Elbeuf).

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Les constructions nouvelles, principalement à Rouen et dans les communes les plus urbaines

Le rythme de construction de logements dans la CREA est relativement faible, en lien avec la stagnation démographique au cours de la dernière décennie. Les nouvelles constructions restent fortement concentrées sur la ville de Rouen (le quart des constructions de la période 2000 - 2010) et dans les communes proches, ainsi que dans l'agglomération d'Elbeuf. Les constructions dans les zones périurbaines ne sont pas négligeables, notamment en termes de consommation d'espace, mais restent sans commune mesure avec le nombre de constructions dans les communes les plus urbaines.

Répartition des logements sociaux

Répartition des logements sociaux

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Logements construits entre 2000 et 2010

Logements construits entre 2000 et 2010

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Une majorité de constructions d'appartements dans la plupart des secteurs

Rapporté au parc existant, le "taux d'effort" de construction est à peu près le même dans tous les secteurs géographiques (de l'ordre de 9  % sur la période 2000 - 2010), sauf sur le Plateau Est où il est deux fois plus élevé. Sur une période plus récente (2008 - 2010), les nouveaux logements sont majoritairement des maisons individuelles dans les secteurs d’Elbeuf, de la Rive gauche et surtout de Seine-Austreberthe. Dans tous les autres secteurs, y compris sur les plateaux, l'effort de construction porte d'abord sur des appartements.

Statut d'occupation des résidences principales en 2008

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Statut d'occupation des résidences principales en 2008

Source : Insee, recensement de la population 2008 exploitation principale

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Taux de construction 2000 à 2010 par rapport au parc de 1999

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Taux de construction 2000 à 2010 par rapport au parc de 1999

Source : Insee, recensement de la population 1999 - sit@del2 en date de prise en compte

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Logements construits durant les années 2008 à 2010

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Logements construits durant les années 2008 à 2010

Source : MEDDTL SOeS, Sit@del2 (logements autorisés en date réelle)

SCoT ? PLH ?

Le SCoT (schéma de cohérence territoriale) est un document de planification et de stratégie intercommunale instauré par la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) du 13 décembre 2000. Il succède au schéma directeur. Son but est de définir l'évolution d'un territoire sur le long terme (15 ans) ainsi que de décrire un projet d'aménagement respectant le principe de développement durable. Il met en cohérence les politiques sectorielles centrées sur les questions d'habitat, de déplacement, de développement économique et commercial, d'environnement et d'urbanisme. Les plans locaux de l'habitat (PLH), les plans de déplacement urbain (PDU) et les plans locaux de l'urbanisme (PLU) doivent être compatibles avec le SCoT.

Le PLH (programme local de l'habitat) est le principal dispositif en matière de politique du logement au niveau local. Il est le document essentiel d'observation, de définition et de programmation des investissements et des actions en matière de politique du logement à l'échelle. Il vise à définir une politique cohérente répondant quantitativement et qualitativement aux besoins en logements, en assurant une offre de logement équilibrée et diversifiée entre les communes et entre les quartiers. Les objectifs du PLH prennent en compte les options d'aménagement du SCoT et en particulier l'équilibre des logements sociaux sur le territoire.

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MOBILITÉS RÉSIDENTIELLES

Quatre ménages sur dix ont déménagé en cinq ans

Les 485 000 habitants de la CREA se répartissent dans 215 000 ménages environ. La mobilité résidentielle de ces ménages est très importante : 87 000 ménages (soit 40 %) ont changé de résidence depuis cinq ans, dont 57 000 qui sont restés dans la CREA (27 000 dans la même commune). Le tiers de ces déménagements se fait vers des territoires extérieurs à la CREA (voir plus loin).

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Les déménagements "périphériques", nettement minoritaires

Les mobilités résidentielles internes à la CREA concernent surtout la partie la plus urbaine du territoire, Rouen et la Rive gauche : ces secteurs sont impliqués dans près de 80 % des flux internes à la CREA 5. Les déménagements "périphériques", comme les départs de Rouen ou de la Rive gauche vers les plateaux ou vers Seine-Austreberthe, sont en revanche très minoritaires.

Mobilités résidentielles sur 5 ans

Unité : %

Mobilités résidentielles sur 5 ans

Source : Insee, recensement de la population 2007

Tableau 2 : Les changements de résidence des ménages de la CREA

La ville de Rouen connaît l'intensité la plus forte en termes de mobilités : sur cinq ans, 34 % des ménages la quittent et 38 % sont des nouveaux arrivants. Le Plateau Nord connaît également une rotation importante (26 % et 28 %). Les autres secteurs sont plus "stables" (avec des taux de l'ordre de 15 % à 20 %).

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L'agglomération prend naissance au cours du XIXe siècle avec le développement des activités industrielles, portuaires (métallurgie, chimie, papier, textile) et l'intégration de la Seine à la ville (amélioration quais, ponts, navigation de la Seine). L'urbanisation se limite alors pour l'essentiel à la vallée de la Seine, aux vallées affluentes du Cailly et du Robec, et au méandre de la Rive gauche.

L'arrivée du chemin de fer à Rouen et l'implantation de la gare rive droite, en dehors de l'enceinte des boulevards, a favorisé le développement d'un important quartier de maisons. Rive gauche, deux gares (Saint-Sever / Rouen-Orléans) sont implantées ainsi qu'un atelier de réparation, permettant à ce secteur de connaître une croissance démographique particulièrement forte ; Saint-Sever, Sotteville-lès-Rouen et Petit-Quevilly formant un même ensemble.

La croissance urbaine s'accompagne de la recherche de matériaux de construction ; gravières, sablières et briqueteries se multiplient. Au cours de la première moitié du XXe siècle, la construction de logements a gagné les coteaux rive droite (Mont aux Malades, Mont Fortin…), les communes de la Rive gauche se sont étoffées et s'est amorcée l'occupation des plateaux ruraux. Le creusement du bassin Saint-Gervais en 1920 permet à Rouen de redevenir un grand port français, et d'assoir ainsi son économie et son développement. Au début du XXe siècle, Rouen comptait 120 000 habitants (180 000 habitants au total dans l'agglomération). À la veille de la seconde guerre mondiale, l'ensemble rouennais compte 250 000 habitants, dont 40 % Rive gauche, soulignant dès lors l'importance démographique de ce secteur.

L'incendie de 1940 et les bombardements de 1944 touchent le cœur de la ville, atteignant la Seine et ses quais. La Reconstruction donne la priorité à la remise en service du port de Rouen qui retrouve son trafic dès 1947, et un Plan est élaboré donnant les grandes lignes directrices pour réaménager le territoire. Rouen connaît en cette période de Reconstruction, une situation difficile en matière de logements ; certains quartiers sont anciens, insalubres et sans confort.

Dans les années 1960, la Reconstruction approche de son terme, mais les besoins en logements restent considérables. La conquête des plateaux rive droite et l'extension des quartiers Rive gauche, préfigurent le visage actuel de l'agglomération. Canteleu, Les Sapins (Rouen) et la Grand Mare (Rouen/Bihorel) sont retenus pour l'implantation d'importants programmes de logements collectifs. De grands ensembles collectifs sont également construits Rive gauche : à Sotteville-lès-Rouen, Grand-Quevilly et Saint-Etienne-du-Rouvray, ainsi qu'à Elbeuf (Le Puchot). Sur les plateaux, les petites communes (Bonsecours, Mesnil-Esnard…) voient se multiplier des maisons individuelles sous la forme d'ensembles pavillonnaires.

Les années 1980-1990 voient la réalisation de grands travaux : l'opération du Champs de Mars et de la place Saint-Marc, l'opération Saint-Sever (centre commercial et tertiaire, etc). Dans les années 1990, commence la rénovation des grands ensembles collectifs édifiés dans les années 60, et qui se poursuit encore aujourd'hui.

Sur le plan démographique et de l'habitat, Rouen renoue avec une croissance positive depuis 10 ans et compte désormais 110 000 habitants. L'agglomération (sens Insee) 6 avec 460 000 habitants est importante.

5 chaque mobilité est comptabilisée à la fois au lieu de résidence actuelle et au lieu de résidence antérieure : les «implications» cumulées de tous les secteurs s'élèvent donc à 200 %

6 agglomération ou unité urbaine : commune ou ensemble de communes présentant une zone bâtie continue (pas plus de 200 mètres entre les constructions) et qui compte au moins 2000 habitants.

Evolution de l'urbanisation de la CREA à l'échelle des quartiers

Evolution de l'urbanisation de la CREA à l'échelle des quartiers

Seine-Austreberthe, déficitaire dans les changements de résidence

Rouen est le seul secteur dans lequel le solde de ces mouvements est nettement excédentaire. Les autres secteurs sont à peu près à l'équilibre, hormis Seine-Austreberthe qui présente un déficit assez marqué, contrairement à la plupart des territoires plutôt résidentiels.

Tableau 3 : Soldes migratoires des ménages sur 5 ans

Dans le système des mobilités résidentielles internes à la CREA, la fonction de Rouen est la plus caractéristique. La ville "échange" en permanence des familles contre des personnes seules. Sur 5 ans, la moitié des couples avec enfants quittent la ville, tandis que la moitié des personnes seules sont de nouveaux arrivants (essentiellement des jeunes).

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Elbeuf et la Rive gauche, secteurs les plus équilibrés

Le Plateau Est et Seine-Austreberthe ont un fonctionnement de type périurbain : ils "perdent" des personnes seules mais accueillent des familles. Le Plateau Nord et la Vallée du Cailly ont un profil inverse. Les secteurs d'Elbeuf et de la Rive gauche présentent les profils les plus équilibrés dans leurs échanges de ménages avec les autres secteurs.

Tableau 4 : Les départs de la CREA sur 5 ans

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Un déficit migratoire avec les agglomérations du sud et de l'ouest

Sur cinq ans, près de 30 000 ménages ont quitté la CREA. Ce chiffre est élevé mais reste inférieur aux flux inverses, à savoir près de 32 000 ménages venus s'installer.

Ces départs s'effectuent en majorité vers les autres régions françaises, en particulier du sud et de l'ouest du territoire national. En effet, la CREA enregistre un déficit migratoire avec quasiment toutes les agglomérations du sud et de l'ouest, en particulier Lyon, Marseille, Toulouse, Rennes, Nantes, Bordeaux, Montpellier... Avec celles-ci, on comptabilise en général deux fois plus de départs que d'arrivées. La CREA enregistre un déficit avec Lille, bien que le déséquilibre soit moins marqué (environ 600 départs pour 400 arrivées). C'est avec cette agglomération que les échanges sont les plus nombreux. Les flux avec Caen sont un peu moins nombreux et complètement équilibrés.

En cinq ans, près de 6 000 ménages ont rejoint les territoires périurbains proches

Environ 12 000 ménages ont quitté la CREA pour d'autres territoires haut-normands. La moitié de ces déménagements internes à la région touchent des territoires voisins, aux premiers rangs desquels les pays d'Entre Seine et Bray et du Roumois. Chacun de ces territoires a accueilli en cinq ans autour de 2 000 ménages originaires de la CREA, en très grande majorité des couples (85 %), le plus souvent avec enfants. Les communautés de Seine-Eure et de Caux-Austreberthe constituent également un lieu de déménagement privilégié pour des ménages issus de la CREA (environ 800 ménages chacun), également une majorité de familles mais dans une proportion moins marquée. Les échanges avec la communauté d'agglomération havraise sont nombreux également, mais avec un solde au profit de la CREA, grâce essentiellement à l'arrivée de jeunes adultes (en particulier étudiants).

Tableau 5 : Mode de transport utilisé pour se rendre sur le lieu de travail

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TISSU ÉCONOMIQUE

Plus de 80 000 emplois à Rouen

La CREA occupe une place majeure dans le tissu économique régional. Avec 230 000 emplois, elle représente le tiers des emplois haut-normands. A l'intérieur du territoire de la CREA, la ville de Rouen constitue de loin le premier pôle d'emplois : plus de 80 000 postes de travail (tertiaires à 90 %), soit 36 % du total de la CREA. La Rive gauche constitue le deuxième pourvoyeur d'emplois du territoire, avec 57 000 unités (le quart des emplois de la CREA).

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La CREA, pôle d'emploi pour les territoires voisins

Le territoire de la CREA constitue un pôle d'emplois très structurant pour son environnement. Pour un nombre d'actifs (occupés) résidents de près de 200 000, la CREA offre "sur place" 230 000 emplois. Cet excédent se traduit par des flux quotidiens entrants deux fois plus nombreux que les "sorties" : 30 000 résidents travaillent en dehors de la CREA tandis que 60 000 actifs extérieurs ont leur emploi dans la CREA. Ces derniers viennent en premier lieu des territoires Entre Seine et Bray, le Roumois et la communauté de communes de Caux-Austreberthe.

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Les déplacements domicile - travail dans la CREA

Les déplacements domicile travail dans la CREA

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L'essentiel des déplacements domicile-travail entre Rouen et la Rive gauche

Les mobilités internes à la CREA, pour le travail, sont bien plus nombreuses que les échanges avec les territoires environnants. Ces flux internes sont particulièrement nombreux entre les zones les plus urbaines, en particulier entre Rouen et la Rive gauche, dans une orientation plutôt sud-nord 7.

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Les déplacements domicile - travail des secteurs géograophiques de la CREA

Les déplacements domicile - travail des secteurs géograophiques de la CREA

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Le recours à la voiture particulière, pour se rendre à son travail, est majoritaire dans tous les secteurs. Pour les rouennais, toutefois, quatre déplacements sur dix se font à pied ou en transport en commun. Le recours au mode collectif est très faible en Seine-Austreberthe, territoire le moins urbanisé, mais aussi dans le secteur d’Elbeuf.

Les structures économiques varient sensiblement entre les secteurs géographiques de la CREA. Les activités "présentielles 8" représentent 80 % des emplois de la commune de Rouen, 70 % sur les plateaux Nord et Est et 60 % dans la Rive gauche. Ce poids est inférieur à 60 % dans trois autres secteurs : Vallée du Cailly, Elbeuf et Seine-Austreberthe, secteurs où l'économie "productive 9" est plus présente. C'est dans le secteur Seine-Austreberthe que les activités "productives" sont les plus présentes en proportion, en particulier grâce aux emplois industriels des communes du Trait et de Yainville. Les plateaux, Nord et Est, sont dans une situation intermédiaire.


7 voir sur le sujet : Aval 81 - juin 2009 "diagnostic territorial contournement Est - liaison A13-A28 : état des lieux des déplacements domicile-travail"

8 activités qui correspondent à des besoins des populations résidentes : commerces, services, éducation, social, santé, services publics...

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Des fonctions économiques complémentaires entre territoires

Les structures économiques du bassin rouennais, analysées à un niveau plus fin, ressortent comme relativement déficitaires en fonctions métropolitaines supérieures 10, au regard d'autres agglomérations de même statut 11.

À l'intérieur de la CREA, les spécialisations respectives des différents territoires peuvent donner une image de diversification, voire de complémentarité. Le Plateau Nord se caractérise notamment par l'importance de certaines fonctions supérieures (conception-recherche, prestations intellectuelles). Le tissu économique du Plateau Est est davantage caractéristique de l'économie présentielle. La fonction "transport-logistique" caractérise fortement la Rive gauche. La ville de Rouen se démarque par le poids des emplois liés aux services publics et à la gestion. Les emplois de "fabrication" sont particulièrement présents dans le tissu local des secteurs d'Elbeuf, de la Vallée du Cailly et de Seine-Austreberthe.

Tableau 6 : Les emplois par sphère d'activité et "fonction économique" en 2008


8 activités autres que présentielles : industrie, services aux entreprises ne rentrant pas dans l'économie présentielle...

9 fonctions économiques caractéristiques des grandes villes : activités culturelles ou intellectuelles, recherche, enseignement supérieur,...

10 Pour une analyse plus détaillée, voir dossier d'Aval - janvier 2010 " l'aire d'influence du pôle Rouen-Elbeuf : éléments de diagnostic territorial ", page 21

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Le Plateau Nord, moteur de la création d'emplois dans la CREA

À l'instar des évolutions démographiques, la croissance de l'emploi dans la CREA s'avère très limitée sur une longue période. Entre 1982 et 2008, le nombre d'emplois s'est accru de 120 500 emplois, soit + 7 % seulement en 26 ans. La dernière décennie a toutefois donné des signes manifestes de reprise de l'emploi.

Un territoire a enregistré une croissance économique très importante : il s'agit du Plateau Nord, qui fournit à lui seul l'essentiel de la création nette d'emplois de la CREA entre 1982 et 2008. Ce territoire a même connu une expansion de 50 % de ses emplois entre 1990 et 2008. Il est également le seul à enregistrer une croissance significative de ses activités "productives" (industrie, services aux entreprises...). Dans les autres territoires, ces emplois productifs sont presque toujours en recul, plus ou moins compensés par le développement des activités présentielles.

Le Plateau Est a connu lui aussi un développement de l'emploi assez significatif, appuyé sur l'essor de l'économie présentielle, comme Seine-Austreberthe, mais dans une moindre mesure. Les autres secteurs géographiques sont en recul plus ou moins marqué, la montée des activités présentielles n'ayant pas tout à fait compensé le déclin des emplois productifs.

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La CREA dans sa diversité territorriale

Portrait synthétique des 7 secteurs géographiques du SCOt

Publication

La ville de Rouen est le plus jeune des sept secteurs de la CREA. Elle héberge une proportion importante de jeunes de 15 à 24 ans (en particulier des étudiants) mais aussi beaucoup de personnes âgées de 25 à 39 ans. La proportion de retraités y est particulièrement faible. Rouen se caractérise également par un niveau social en moyenne assez élevé (proportion de cadres importante, revenus élevés en moyenne) mais avec des écarts sociaux relativement marqués dans sa population (davantage de bas revenus, en lien avec l'importance du parc d'habitat social mais aussi la présence de nombreux étudiants). L'habitat est essentiellement collectif (84 % des logements), avec la moitié du parc en locatif privé. Rouen est le secteur connaissant les mobilités résidentielles les plus fréquentes.

La ville capitale régionale constitue un pôle d'emploi très important (environ 80 000 emplois), avec une part importante d'emplois publics ou liés à la gestion.

Les 7 secteurs géographiques de la CREA

Les 7 secteurs géographiques de la CREA

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La Rive gauche est le secteur le plus peuplé de la CREA, devant la commune de Rouen. Il connaît un recul démographique léger, mais régulier, depuis les années 1970, à cause d'un déficit migratoire qui reste élevé. Le profil sociodémographique des habitants est assez équilibré, bien que les ouvriers et employés soient sur-représentés et que les revenus soient un peu inférieurs à la moyenne des autres secteurs. Le parc de logements est lui aussi relativement équilibré, notamment entre maisons individuelles et immeubles collectifs ; le parc social est toutefois très développé, à l'inverse du segment locatif privé. La Rive Gauche constitue un pôle d'emplois fort, avec une spécificité dans les activités logistiques et de transport.

Le secteur d'Elbeuf présente lui aussi un profil sociodémographique intermédiaire et équilibré. La part des cadres y est assez faible et celle des ouvriers plutôt élevée. Les revenus sont un peu plus faibles que la moyenne mais assez homogènes également. L'habitat est bien partagé entre maisons individuelles et appartements. Le parc social est assez présent, mais moins important que dans la Rive gauche ou dans la Vallée du Cailly. L'économie du secteur d'Elbeuf se caractérise par le poids de l'industrie mais aussi de la distribution.

A l'image de la Rive gauche et du secteur d'Elbeuf, la Vallée du Cailly se caractérise par une structure de population et d'habitat plutôt équilibrée. Les revenus sont un peu inférieurs à la moyenne mais assez concentrés, les ouvriers et les employés sont un peu plus présents. L'habitat est bien diversifié entre immeubles collectifs et maisons individuelles, le parc social étant en proportion le plus développé (avec celui de la Rive gauche). La population est en recul depuis 1990, le fort excédent des naissances sur les décès ne parvenant pas à combler un déficit migratoire très marqué. L'industrie occupe une place importante dans le tissu économique local.

Emploi au lieu de travail dans les secteurs géographiques de la CREA

Emploi au lieu de travail dans les secteurs géographiques de la CREA

Source : Insee, recensement de la population 2008

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Le Plateau Est constitue un secteur résidentiel type. Il connaît une croissance démographique soutenue, s'appuyant sur un excédent migratoire important (mais en baisse ces dernières années). Les habitants sont d'un niveau social plutôt favorisé et le taux de chômage est particulièrement faible. La population est plus qu'ailleurs composée de familles, habitant très majoritairement des maisons individuelles, le plus souvent en tant que propriétaires. L'emploi est peu développé au regard du nombre d'actifs résidents ; il repose en grande partie sur les activités constitutives de l'économie résidentielle.

Le Plateau Nord présente des caractéristiques moins "typées" que le Plateau Est. Il a lui aussi enregistré une forte croissance démographique depuis plusieurs décennies mais son solde migratoire est devenu négatif récemment. Ses habitants sont en moyenne les plus favorisés des sept secteurs de la CREA (CSP, revenus). Ce secteur héberge beaucoup d'étudiants mais aussi une part importante de retraités. L'habitat est équilibré entre maisons individuelles et appartements et le parc locatif privé est bien représenté. Le Plateau Nord est devenu un pôle d'emplois important de la CREA marqué par le poids des emplois tertiaires supérieurs.

Le secteur de Seine-Austreberthe a une fonction plutôt résidentielle. Il est faiblement doté en emplois, en grande partie industriels avec un faible taux de chômage. Ce territoire est essentiellement habité par des familles, avec une proportion d'ouvriers relativement élevée. La proportion de maisons individuelles y est la plus forte et le parc locatif privé peu développé. Pour un territoire plutôt résidentiel, la croissance démographique de Seine-Austreberthe est relativement faible, en raison d'un déficit migratoire récent.

Tableau 7 : Les secteurs de la CREA en quelques chiffres

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Aval n°120 - octobre 2012

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