Auteur : Jérôme MARAJDA (Insee Haute-Normandie)
En 2010, le produit intérieur brut (PIB) de la région Haute-Normandie est estimé à 47 milliards d'euros, en progression de + 1,4 % en volume sur l'année, hausse de même ampleur que le PIB national (+ 1,5 %).
Même si l'économie haut-normande croît à nouveau, sa progression relativement modérée ne compense pas le recul de l'activité induit par la crise économique survenue au printemps 2008, recul le plus fort de toutes les régions métropolitaines (− 4,0 % en 2009). Ainsi le décrochage de l'économie régionale n'est pas encore résorbé, l'activité en 2010 n'ayant pas retrouvé son niveau de 2008. La Haute-Normandie reste parmi les régions les plus affectées par la crise, avec en 2010 un PIB en volume inférieur de 2,7 % à son niveau de 2008.
En 2010, trois régions génèrent presque la moitié (46,5 %) du PIB national en volume, les autres régions moins de 5,0 % chacune. Créant 2,4 % de la production nationale, la Haute-Normandie se situe dans une position médiane pour sa contribution, au 13e rang des régions métropolitaines. Plus une région compte d'habitants ou d'emplois, plus elle peut générer un PIB important. Aussi, pour annuler l'effet taille d'une région, on peut rapporter le PIB d'une région à sa population ou à ses emplois. En 2010 en Haute-Normandie, le PIB par habitant s'élève à 25 600 € par an en valeur, niveau proche de la moyenne des régions de province (25 900 €), situant la région au 9e rang métropolitain. Le PIB par emploi situe la Haute-Normandie plus favorablement encore, au 5e rang, estimé à 66 200 € en valeur en 2010, contre 65 500 € pour les régions de province.
En 2010, près de trois quarts de la valeur ajoutée haut-normande est produite par le secteur tertiaire, les activités marchandes du tertiaire en produisant un peu moins de la moitié, les non-marchandes un quart. L'industrie en génère un cinquième, moitié plus qu'en moyenne nationale. La Haute-Normandie montre ainsi un profil atypique, beaucoup plus industriel, avec un secteur tertiaire marchand nettement moins développé qu'en moyenne nationale. En 2010, elle est la deuxième région métropolitaine la plus industrielle, juste après la Franche-Comté. En particulier, le secteur de la cokéfaction et du raffinage est très présent dans la région. Les autres secteurs producteurs de biens intermédiaires sont aussi plus représentés, mais dans une moindre mesure (chimie et pétrochimie, énergie, métallurgie, produits minéraux, etc.). Cependant, cette spécialisation industrielle induit une certaine fragilité du tissu productif face aux variations conjoncturelles.
En 2010, en Haute-Normandie les contributions des grands secteurs à la croissance de la valeur ajoutée restent de même sens et de même ampleur qu'en France. Cette croissance repose essentiellement sur la reprise du secteur tertiaire, surtout marchand. La production dans l'industrie reste stable, mais se replie dans la construction.
| Unité : % | ||||
| Haute-Normandie | Province | France | rang | |
|---|---|---|---|---|
| source: Insee - comptes régionaux base 2005 | ||||
| agriculture | 1,3 | 2,4 | 1,8 | 18 |
| industrie | 19,4 | 14,6 | 12,8 | 2 |
| construction | 6,9 | 6,7 | 6,0 | 6 |
| tertiaire, dont : | 72,3 | 76,3 | 79,5 | 20 |
| - marchand | 47,9 | 51,4 | 57,0 | 18 |
| - non marchand | 24,4 | 24,9 | 22,5 | 16 |
| Ensemble | 100,0 | 100,0 | 100,0 | |
Lecture : En 2010 en Haute-Normandie, l'industrie a généré 19,4% de l'ensemble de la valeur ajoutée produite (en euros courants).
Pour la contribution realtive de ce secteur, la Haute-Normandie se situe au 2e rang des régions métropolitaines.
Source : Insee - Comptes régionaux base 2005
Lecture : En 2010 l'indice de spécificité industrielle de la Haute-Normandie s'élève à 152. Autrement dit, la contribution sectorielle de l'industrie à l'ensemble de la valeur ajoutée produite (en euros courants) en 2010 dans la région est supérieure de 52 % à la contribution moyenne nationale.
La valeur ajoutée est égale à la valeur des biens et services produits diminuée de celle des biens et services utilisés pour la production, dite de « consommation intermédiaire ».
Le produit intérieur brut (PIB) est un indicateur économique mesurant l'activité productive. Il est égal à la somme des valeurs ajoutées, augmentée des impôts sur les produits (TVA, droits de douanes, taxes spécifiques, etc.) et diminuée des subventions sur les produits.
Le secteur tertiaire marchand rassemble les activités du commerce, du transport, des services aux entreprises et aux particuliers, les activités immobilières et financières. Il se distingue du tertiaire non-marchand (éducation, santé, action sociale, administration, ...).
Le secteur des biens intermédiaires recouvre des activités produisant des biens le plus souvent destinés à être réincorporés dans d'autres, ou détruits avec leur utilisation pour produire d'autres biens (énergie, produits minéraux, chimie, métallurgie, composants électriques et électroniques, etc.)
Les données 2008 sont définitives, celles de 2009 semi-définitives.
Les données de 2010 sont provisoires.
Le PIB par habitant est le rapport du PIB en valeur par la population moyenne de chaque année.
Le PIB par emploi est le rapport du PIB en valeur par l'estimation annuelle d'emploi (source ESTEL)
Pour les valeurs ajoutées par branche, les montants sont exprimés en valeur (euros courants)