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Les indicateurs du développement durable en Haute-Normandie : les structures économiques sont prépondérantes

Auteur : Julien Delamare

Résumé

Le développement durable constitue un enjeu actuel majeur, particulièrement en Haute-Normandie. L'Arehn (Agence régionale de l'environnement de Haute-Normandie) travaille depuis 12 ans sur ce sujet et élabore un observatoire regroupant une batterie d'indicateurs régionaux sur le développement durable. Un important travail a été réalisé au niveau national entre l'Insee et le SOeS (service statistique du ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement) pour la mise à disposition d'indicateurs du développement durable destinés à éclairer cette problématique aux niveaux régional et départemental. Le choix des indicateurs s'appuie sur la stratégie nationale du développement durable (SNDD) d'août 2010 qui définit 9 défis du développement durable.

L'objectif de cette étude en partenariat entre l'Arehn et l'Insee de Haute-Normandie est une première démarche de sensibilisation et de mobilisation des décideurs régionaux. Elle répond à la nécessité de mieux positionner les enjeux du développement durable en Haute-Normandie.

Le poids important de l'industrie dans l'économie de la Haute-Normandie pénalise la région en matière de développement durable : impact sur le climat, consommation énergétique, risques industriels, production de déchets. La Haute-Normandie est ainsi la 1ere région qui émet le plus de gaz à effet de serre par habitant et la 2e par rapport à son PIB : presque deux fois plus que la moyenne de la métropole. La région est également une grosse productrice de déchets par habitant. Les entreprises haut-normandes produisent le plus de déchets dangereux par habitant : 3 fois plus que la moyenne de la Métropole en 2008. Elle est aussi la 2e région avec la plus forte densité de sites Seveso : ceux-ci se concentrent dans les zones industrielles de la vallée de Seine. Il faut cependant noter la part plus importante de l'investissement industriel haut-normand consacré à la protection de l'environnement : 8  %, soit la 4e région de métropole. Le secteur des éco-entreprises est dynamique, la Haute-Normandie compte la plus forte part d'emplois dans ce domaine.

Les caractéristiques de l'agriculture, à la fois plus intensive et, toutes proportions gardées, plus présente sur le territoire haut-normand que dans d'autres régions, pèsent également fortement, en particulier sur la biodiversité. L'agriculture biologique est peu développée : 0,5 % de la surface agricole en 2008 contre 2,1 % en Métropole. D'une façon générale, le territoire haut-normand se caractérise par une faible part de sa surface couverte par des sols naturels : 23 % contre 39 % du territoire métropolitain en 2008. Cela s'explique par la géographie de la région : il y a moins de zones non habitables ou non cultivables que dans d'autres régions. Les zones artificialisées couvrent 12 % du territoire. La Haute-Normandie est une région où l'urbanisation et la périurbanisation sont plus fortes qu'ailleurs.

Les indicateurs sociaux sont très contrastés : préoccupants en ce qui concerne les écarts de salaires entre hommes et femmes, l'espérance de vie, la mortalité prématurée, la formation et l'insertion des jeunes et la densité de médecins, mais bons en matière de logement social. La Haute-Normandie est une région où les jeunes sont nombreux, mais aussi plus souvent touchés par la précarité. Ils sont moins diplômés et leur insertion est plus difficile. Face à cette situation, l'effort régional en faveur de la formation continue est le plus élevé parmi les régions métropolitaines.

La stratégie nationale de développement durable a été adoptée par le Gouvernement pour la période 2010-2013 dans le cadre de la loi de programmation du Grenelle de l'Environnement. Des indicateurs ont été définis et répartis dans 9e défis sur les thèmes environnementaux, économiques et sociaux propres au développement durable. Ils permettent des comparaisons au niveau européen sur le développement durable. Cette classification en 9 défis a été utilisée dans cette publication pour comparer la Haute-Normandie avec les autres régions françaises. Le 9e défi (Défis internationaux du développement durable) n'a pas été repris car il ne permet pas de comparaisons interrégionales.

Sommaire

Défi 1 : Consommation et production durables

Défi 2 : Société de la connaissance

Défi 3 : Gouvernance

Défi 4 : Changements climatiques et énergies

Défi 5 : Transport et mobilité durables

Défi 6 : Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles

Défi 7 : Santé publique, prévention et gestion des risques

Défi 8 : Démographie, immigration, inclusion sociale

Publication

Défi 1 : Consommation et production durables

L'enjeu majeur est d'orienter les modes de production et de consommation vers une économie plus sobre en ressources naturelles, ainsi que limiter et valoriser les déchets.

Les entreprises haut-normandes produisent beaucoup de déchets

La Haute-Normandie est la 7e région la plus productrice de déchets ménagers par habitant, avec 398 kg de déchets collectés en 2007 (390 kg en métropole). Le taux de valorisation (matière et organique) des déchets ménagers et assimilés de la Haute-Normandie est de 35 % en 2006 contre 34 % 1.

Quantité d'ordures ménagères collectées par habitant en 2007

Graphique : Quantité d'ordures ménagères collectées par habitant en 2007

Source : SOeS d'après ADEME, Enquête collecte

Les entreprises haut-normandes produisent le plus de déchets dangereux par habitant : 226 kg par habitant en 2008 contre 74 kg. Concernant la production de déchets non dangereux par les entreprises industrielles, la région se situe au 3e rang sur 21 régions françaises avec 725 kg par habitant en 2006 contre 343 kg en métropole. Ces résultats sont à mettre en regard d'un tissu économique où la production industrielle reste importante.

En 2007, les industriels haut-normands consacrent 7,9 % de leurs investissements à la protection de l'environnement (soit 68 € par habitant contre 28 € au niveau national), ce qui place la Haute-Normandie au 4e rang sur 21 régions françaises 2.

Comme les autres régions du Nord de la France, la Haute-Normandie consomme moins d'eau potable : 82 m³ par habitant et par an, contre 100 m³, en 2007.

Fortement urbanisée, la Haute-Normandie se situe, en 2004, parmi les régions où la part des logements ni raccordés, ni équipés à un assainissement non collectif est faible (1,4 % contre 2,3 %).

La plus forte part d'emplois dans les éco-entreprises

Part de l'emploi des éco-entreprises dans l'emploi total en 2006

Graphique : Part de l'emploi des éco-entreprises dans l'emploi total en 2006

Source : Insee - Recensement de la population : exploitation complémentaire au lieu de travail

Répartition des emplois des éco-entreprises selon le secteur
Unité : %
Haute-Normandie France
métropolitaine
Rang de la
région
Source : Insee - Recensement de la population 2006 : exploitation complémentaire au lieu de travail
Enlèvement et traitement des ordures ménagères 29,5 38,8 21
Travaux d'isolation 24,9 11,6 1
Récupération de matières métalliques recyclable 12,4 11,9 11
Traitement des autres déchets 10,5 8,0 7
Récupération de matières non métalliques recyclable 10,4 11,1 14
Collecte et traitement des eaux usées 8,8 12,6 16
Autres travaux d'assainissement et de voirie 2,4 2,1 5
Gestion du patrimoine naturel 1,2 3,1 20
Rechapage de pneumatiques 0,0 0,9 17

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La part des emplois dans les éco-entreprises, en 2006, place la région au 1er rang des régions françaises (0,78 % contre 0,52 %.) Les principaux secteurs d'activité sont l'enlèvement et le traitement des ordures ménagères, les travaux d'isolation et la récupération de matières métalliques recyclables qui permettent à la Haute-Normandie d'occuper la 1ere place.

Les éco-entreprises sont « les entreprises qui produisent des biens et services capables de mesurer, prévenir, limiter ou corriger les impacts environnementaux tels que la pollution de l'eau, de l'air, du sol ainsi que les problèmes liés aux déchets, au bruit et aux éco-systèmes. Elles incluent les technologies, services et biens qui réduisent les risques environnementaux et minimisent la pollution et l'utilisation des ressources. »

L'agriculture biologique peu développée en Haute-Normandie

La Haute-Normandie consacre une part peu élevée de sa surface agricole utile à l'agriculture biologique : 0,5 % en 2008, à peine plus qu'en 2000, soit 4  133 hectares. C'est moins qu'en métropole qui passe de 1,3 % à 2,1 % pour la même période. La Haute-Normandie reste dans la moyenne des autres régions du Nord de la France qui ont des types de cultures laissant moins de place à l'agriculture biologique comme les cultures céréalières ou industrielles (lin, betteraves).

Part de l'agriculture biologique dans la surface agricole utilisée en 2008

Graphique : Part de l'agriculture biologique dans la surface agricole utilisée en 2008

Source : SOeS d'après Agence Bio et SSP

Défi 2 : Société de la connaissance

Les enjeux de ce défi concernent l'emploi, l'égalité salariale, le niveau et les efforts faits dans les domaines de la formation et de la recherche.

Des écarts de salaires femmes-hommes importants

La Haute-Normandie fait partie des régions où les écarts de salaires femmes-hommes sont les plus marqués : de -5,4 % pour les employés ; à − 24,1 % pour les 50 ans ou plus (respectivement -3,2 % et − 23,8 % en métropole).

Part des diplômés du supérieur parmi les 25-34 ans sortis du système scolaire en 2007

Graphique : Part des diplômés du supérieur parmi les 25-34 ans sortis du système scolaire en 2007

Source : Insee - Recensement de la population 2007 (exploitations principales)

Dépenses des Conseils régionaux en formation professionnelle continue par personne de 20-59 ans en 2009

Graphique : Dépenses des Conseils régionaux en formation professionnelle continue par personne de 20-59 ans en 2009

Source : DARES, Enquête auprès des Conseils régionaux; Insee, Estimation de population

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Pour les hommes comme pour les femmes, la Haute-Normandie se caractérise par une entrée un peu plus précoce dans l'emploi, 35 % des 15-24 ans ont un emploi en 2007 (contre 34 %),mais avec des seniors moins souvent en emploi, 34 % des 55-64 ans (contre 38 %)

La proportion de diplômés du supérieur parmi les 25-34 ans est moindre en Haute-Normandie : 34 % en 2007 contre 41 % en métropole soit le 17e rang sur 22. De plus, la part des 20-24 ans qui sont sortis sans diplôme du système scolaire est plus élevée : 15 % en Haute-Normandie en 2007 contre 13 %.

Face à cette situation, les dépenses du Conseil régional pour la formation professionnelle continue sont les plus élevées parmi l'ensemble des régions françaises : 88 € par personne âgée de 20 à 59 ans en 2009 contre 52 €. Cependant, pour l'apprentissage, les dépenses rapportées aux mêmes âges sont de 46 € contre 58 €.

Dépenses et R&D par habitant
Unité : € par habitant
Privé Public
Dépenses Rang de la
région
Dépenses Rang de la
région
Sources : MESR - DGESIP/DGRI - SIES Insee
Île-de-France 893 1 466 1
Midi-Pyrénées 806 2 313 3
Rhône-Alpes 512 3 244 4
Franche-Comté 507 4 69 18
Auvergne 390 5 113 10
Haute-Normandie 309 6 57 19
Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Corse 293 7 210 5
Centre 285 8 90 11
Bretagne 272 9 156 7
Alsace 253 10 193 6
Picardie 223 11 42 21
Aquitaine 209 12 116 9
Languedoc-Roussillon 204 13 395 2
Basse-Normandie 182 14 76 16
Pays-de-Loire 171 15 77 15
Champagne-Ardenne 163 16 48 20
Bourgogne 152 17 82 13
Lorraine 132 18 148 8
Poitou-Charentes 109 19 77 14
Limousin 103 20 71 17
Nord-Pas-de-Calais 72 21 84 12
France métropolitaine 400 213
France de province 287 155
Données de cadrage
Unité : %
Haute-Normandie France métropolitaine Rang de la région2
Sources : Insee - Comptes régionaux, Répertoire des entreprises et des établissements, SINE (Système d'Information sur les Nouvelles Entreprises), Estimations d'emplois, Clap, Lifi, État civil et Estimations de population
Économie
PIB par habitant en 2009 (en €) 26 600 29 900 8
Taux de création des entreprises en 20101 17,5 18,2 12
Taux de survie des entreprises après 5 ans en 2007 53,4 53,0 18
Emploi
Taux de chômage en 2009 10,5 9,6 5
Augmentation de l'emploi salarié entre 1990 et 2008 12,9 18,2 15
Taux de dépendance des emplois salariés à un siège ou tête de groupe situé en dehors du territoire en 2007 53,7 14,9 1
Part des effectifs employés par un groupe international en 2007 30,8 29,3 3
Démographie
Part des moins de 20 ans en 2009 25,7 24,6 4
Part des 20 à 64 ans en 2009 58,6 58,8 9
Part des 65 ans ou plus en 2009 15,7 16,7 18
Indice de vieillissement (rapport entre les «65 ans ou plus» et les «moins de 20 ans») en 2009 0,61 0,68 19
Espérance de vie des hommes en 2007 76,0 77,5 19
Espérance de vie des femmes en 2007 83,6 84,3 18
1 : y compris les auto-entrepreneurs
2 : parmi les 22 régions de France métropolitaine

Pour les dépenses en Recherche et Développement (R&D) par habitant, la Haute-Normandie se situe en position médiane au 11e rang sur 21 en 2007. La R&D en Haute-Normandie est avant tout portée par le secteur privé (à 84 % soit 309 € par habitant), et beaucoup moins par le secteur public (à 16 % soit 57 € par habitant). Seule la Franche-Comté présente un écart plus important entre la part du privé et celle du public.

Défi 3 : Gouvernance

La bonne gouvernance implique de connaître le niveau de la région en matière de parité en politique, les taux de participation aux élections, ainsi que l'implication des collectivités locales dans des démarches de développement durable de type Agenda 21.

Part des femmes en mandat politique ou syndical en 2007

Graphique : Part des femmes en mandat politique ou syndical en 2007

Source : Insee - Recensement de la population 2007 (exploitation complémentaire)

Les femmes moins présentes dans la vie publique

La parité femmes-hommes dans la vie publique est encore loin d'être atteinte en Haute-Normandie. Parmi les personnes en mandat politique ou syndical en 2007, 27 % sont des femmes contre 35 %. De même, la région n'a que 11 % de sénatrices en 2008 contre 22 %.

La Haute-Normandie se distingue assez peu pour le taux d'abstention aux différentes élections.

La part de sa population couverte par un Agenda 21 de proximité (reconnu par le Ministère en charge du Développement Durable) est de 16 % en 2010 pour la Haute-Normandie contre 15 % en métropole.

Un Agenda 21 de proximité : traduit la volonté d'une collectivité ou d'un groupement de collectivités d'engager un territoire et ses habitants dans une démarche d'amélioration continue, guidée par les principes fondateurs du développement durable.

Un Agenda 21 de proximité peut être reconnu par Ministère en charge du Développement Durable pour la qualité de ses projets stratégiques et la cohérence des politiques menées à l'échelon local.

Défi 4 : Changements climatiques et énergies

La lutte contre le changement climatique est un enjeu planétaire majeur. Dans le cadre du protocole de Kyoto, l'Union européenne s'est engagée à réduire de 8 % entre 1990 et 2012 ses émissions de gaz à effet de serre, l'objectif pour la France était la stabilisation, du fait de son niveau d'émission plus faible. Après le sommet de Copenhague, l'Union européenne s'engage à diminuer d'au moins 20 % ses émissions à l'horizon 2020. La France s'est fixé pour objectif de les diviser par 4 d'ici 2050.

2e région pour les émissions de gaz à effet de serre rapportées au PIB

La Haute-Normandie est la 2e région pour les émissions de gaz à effet de serre (GES) rapportées au PIB. Elles sont deux fois plus élevées qu'au niveau métropolitain. Cela est dû aux secteurs de l'industrie manufacturière et surtout de la production d'énergie. La production d'énergie représente 35 % des émissions de GES et l'industrie manufacturière 26 %,soit 61 % à eux deux ; alors qu'au niveau national, ce n'est que 32 % (12 % pour la production d'énergie et 20 % pour l'industrie).

De plus, la Haute-Normandie est la 1ere pour les émissions GES par habitant en 2000 : 20,4 tonnes eq CO2/hab contre 11 tonnes eq CO2/hab en métropole.

Part des émissions de gaz à effet de serre par secteur en 2000

Graphique : Part des émissions de gaz à effet de serre par secteur en 2000

Source : SOeS, d'après CITEPA

Emissions de gaz à effet de serre
Unité : Kg de eq CO2 par million d'€ de PIB
Émissions
GES
Rang de la région
Source : SOeS - Insee
Lorraine 1010 1
Haute-Normandie 931 2
Limousin 895 3
Corse 823 4
Poitou-Charentes 677 5
Basse-Normandie 671 6
Auvergne 669 7
Bourgogne 669 8
Nord-Pas-de-Calais 649 9
Champagne-Ardenne 630 10
Franche-Comté 611 11
Picardie 581 12
Pays-de-Loire 567 13
Midi-Pyrénées 538 14
Bretagne 531 15
Provence-Alpes-Côte-d'Azur 521 16
Centre 520 17
Aquitaine 517 18
Alsace 515 19
Languedoc-Roussillon 470 20
Rhône-Alpes 397 21
Île-de-France 145 22
France métropolitaine 458

Les énergies renouvelables : solaire, éolien, hydraulique et biomasse, n'utilisent pas le stock de ressources naturelles épuisables. Elles présentent en outre l'avantage, par rapport aux combustibles fossiles, d'émettre moins de gaz à effet de serre. Elles contribuent ainsi à la diversification et à la sécurité d'approvisionnement en énergie et leur développement constitue une voie privilégiée pour lutter contre le changement climatique.

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Depuis 2004, la production d'électricité renouvelable décolle

La Haute-Normandie est une importante consommatrice d'énergie par rapport au PIB qu'elle produit. Son intensité énergétique en 2008 est ainsi de 153 Tep par million d'euros de PIB (valeur 2000), la plus forte après la Lorraine, alors que la moyenne est de 99  Tep.

Cela tient au poids de l'industrie haut-normande qui utilise 43 % de l'électricité consommée dans la région en 2008, tandis que ce ratio n'est que de 24 % pour la métropole.

Intensité énergétique de l'économie en Haute-Normandie et en France métropolitaine entre 1990 et 2008

Graphique : Intensité énergétique de l'économie en Haute-Normandie et en france métropolitaine entre 1990 et 2008

Source : CGDD/SOeS

Part de la production d'électricité renouvelable dans la consommation totale d'électricité

Graphique : Part de la production d'électricité renouvelable dans la consommation totale d'électricité

Source : CGDD/SOeS

La part de l'énergie électrique renouvelable produite en Haute-Normandie est faible : 5,2 % contre 18 % en 2008. Cependant, cette part quasi-nulle jusqu'en 2004 se situe désormais en progression. Cette faible part est due à l'importance de la production électrique en Haute-Normandie (11 % de l'électricité produite en métropole en 2005, fait en partie lié à la présence de deux centrales nucléaires à Penly et Paluel).

Défi 5 : Transport et mobilité durables

Afin de minimiser les atteintes à l'environnement, il est nécessaire que le développement économique ne produise pas d'augmentation des flux de transports. Cela implique notamment le choix de modes de transports et de pratiques de mobilité plus économes en énergie et respectant l'environnement.

La Haute-Normandie est la 4e région qui utilise le plus ses réseaux ferrés ou fluviaux pour transporter ses marchandises : en 2008, 30 % de ses transports interrégionaux se font par rail ou voies fluviales, alors que ce taux est de 18 % en moyenne pour l'ensemble des régions.

En 2007, part des déplacements domicile travail effectués

Graphique : En 2007, part des déplacements domicile-travail effectués

Sources : Insee - Recensements de la population (exploitations principales)

Part du rail et des voies fluviales dans le transport interrégional de marchandises en 2008

Graphique : Part du rail et des voies fluviales dans le transport interrégional de marchandises

Source : CGDD/SOeS

La voiture reste prédominante dans les déplacements domicile-travail

La distance moyenne domicile-travail des navetteurs est de 25,4  km en Haute-Normandie contre 26,4  km en province (France métropolitaine hors Ile-de-France). Concernant la répartition des modes de transports pour les déplacements domicile-travail en 2007, les chiffres sont proches quelle que soit la région en dehors de l'Île-de-France. La Haute-Normandie est située dans la moyenne au 13e rang pour l'utilisation de la voiture, au 5e rang pour les transports en commun et au 21e rang pour les autres moyens de transports (comme vélo, marche, deux-roues). La bonne place des transports en commun est liée au poids des grandes et moyennes agglomérations dans la région, celles-ci ayant toutes développé un réseau urbain.

La Haute-Normandie est la 3e région pour le nombre de véhicules neufs particuliers et commerciaux immatriculés dans l'année pour 10 000 habitants : 615 contre 363 en 2009. 48 % de ces véhicules émettent moins de 120g de CO2 par Km, soit le même chiffre que l'ensemble des régions.

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Défi 6 : Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles

L'artificialisation du territoire engendre une perte de ressources naturelles et agricoles et une imperméabilisation des sols, généralement irréversible. Elle est souvent défavorable à la biodiversité. Elle concourt à l'augmentation des déplacements.

Les espaces naturels moins présents en Haute-Normandie

Au 17e rang pour la part de sa surface couverte par des sols naturels (23 % contre 39 %) en 2008, la Haute-Normandie dispose ainsi, toutes proportions gardées,davantage de surfaces agricoles ou artificialisées (respectivement 65 % et 12 % contre 51 % et 9 %). En 2010, la Haute-Normandie se situe au 18e rang pour la part de son territoire en parc naturel régional : 6,5 % contre 13,2 % Elle est 21e pour la part de la surface terrestre en Natura 2000 (3,4 % pour Haute-Normandie contre 13 %).

Entre 2000 et 2006, les espaces artificialisés gagnent du terrain sur les espaces naturels et surtout sur les espaces agricoles : solde de + 1 800 hectares (0,14 % du territoire contre 0,15 %).

La part de la surface toujours en herbe (zone de biodiversité) par rapport à la surface agricole utile totale en 2008 est plus faible avec 28 % en Haute-Normandie contre 34 %. Cette part est en baisse pour presque toutes les régions.

La part de la surface toujours en herbe par rapport à la surface totale du territoire en Haute-Normandie, supérieure à celle de la métropole en 1990 (24,6 % contre 20,9 %), tend à la rejoindre (en 2008 : 18,6 % contre 18,1 %).

La France a adopté une stratégie nationale pour la biodiversité en 2004 dont la finalité est de stopper la perte de biodiversité d'ici 2010. Les oiseaux communs sont suivis sur l'ensemble du territoire et constituent de bons marqueurs des pressions opérées sur les milieux.

La Haute-Normandie est au 16e rang sur les 21 régions de France continentale pour la variation de l'indice d'abondance des oiseaux communs, toutes espèces confondus entre 2001 et 2009. Cet indice a diminué de 7,6 % entre 2001 et 2009.

Répartition de la surface des sols par utilisation en Haute-Normandie et en France métropolitaine en 2008

Graphique : Répartition de la surface des sols par utilisation en Haute-Normandie et en France métropolitaine en 2008

Sources : SSP - Enquête TERUTI-Lucas

Evolution de la part de la surface toujours en herbe (zone de biodiversité) en Haute-Normandie

Graphique : Evolution de la part de la surface toujours en herbe (zone de biodiversité) en Haute-Normandie

Source : SSP, Statistique agricole annuelle

Variation de l'indice d'abondance des oiseaux communs en Haute-Normandie
Unité :  %
Variation 2001/2009 Rang de la
région
Source : Muséum National d'Histoire Naturelle (CRBPO)
Espèces spécialistes des milieux agricoles − 53,3 21
Espèces spécialistes des milieux bâtis − 13,8 16
Espèces spécialistes des milieux forestiers − 23,5 21
Espèces généralistes 5,7 13
Toutes Espèces confondues − 7,6 16

Indice de variation d'abondance : est calculé pour 65 espèces d'oiseaux par la variation annuelle du nombre d'individus pour l'ensemble des sites suivis. Les espèces sont regroupées selon leur spécialisation par rapport à 3 grands types d'habitats : les milieux forestiers, agricoles ou bâtis. Les autres espèces, qui ne présentent pas de biais de répartition entre les types d'habitats, sont classées parmi les espèces généralistes.

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Défi 7 : Santé publique, prévention et gestion des risques

Les enjeux stratégiques de ce défi sont de maintenir par la prévention le bon état de santé de la population, de préserver l'accès aux soins de qualité pour tous, d'accroître la capacité d'anticipation et de veille des risques sanitaires et enfin de réduire la vulnérabilité aux risques naturels et technologiques.

Une forte concentration de sites Seveso

Avec 6 établissements Seveso pour 1000  km2 en Haute-Normandie en 2008 contre 2 en moyenne, la Haute-Normandie est la 2e région ayant la plus forte concentration de sites Seveso après l'Ile de France. Il y a 31 sites Seveso « seuil bas » et 44 sites Seveso « seuil haut » dans la région. Ces sites se concentrent en vallée de Seine dans les zones industrielles du Havre, de Port-Jérôme et de Rouen-Elbeuf dans le secteur chimique essentiellement.

Sites Seveso « seuil haut » et « seuil bas » :

Les établissements Seveso, seuils haut et bas, sont les installations industrielles qui présentent le plus de risques pour la population qui réside autour de ces sites. Les entreprises sont classées « Seveso » en fonction des quantités et des types de produits dangereux qu'elles accueillent.

Les communes haut-normandes sont beaucoup moins soumises à un risque de mouvement de terrain dû à la sécheresse et autant à une inondation intérieure que l'ensemble de la métropole. Par contre, elles risquent plus d'être confrontées à un mouvement de terrain hors sécheresse que la moyenne. Les communes du littoral haut-normand ont le plus faible risque, après la Picardie, de subir une inondation marine.

Densité d'établissements SEVESO en 2008

Graphique : Densité d'établissements SEVESO en 2008

Source : MEEDDM (DGPR)

Taux de mortalité prématurée pour 1 000 personnes de moins de 65 ans en 2007

Graphique : Taux de mortalité prématurée pour 1 000 personnes de moins de 65 ans en 2007

Source : Inserm CépiDc - Insee

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Plus de décès prématurés et moins de médecins

Le taux de mortalité prématurée (c'est à dire pour les personnes âgées de moins de 65 ans) de la région est élevé : 2,3 décès pour 1  000 personnes de moins de 65 ans en 2007 contre 2,0. Cela place la Haute-Normandie au 8e rang des régions les plus touchées. Cette surmortalité est deux fois plus élevée pour les hommes (3,2 pour 1 000 dans la région contre 2,8) que pour les femmes (1,4 pour 1  000 dans la région contre 1,3).

La région dispose d'un accès correct aux équipements de santé de proximité (pharmaciens, médecins généralistes, kinésithérapeutes, dentistes et infirmiers) par rapport au temps de trajet en voiture. En 2007, seules 4,2 % des personnes en Haute-Normandie (contre 2,9 %) sont situées à plus de 20 minutes en voiture d'un de ces services de soin de proximité, cela place la région au 13e rang pour cet indicateur.

D'une façon générale, le nombre de professionnels médicaux rapporté à la population est plus faible. En particulier pour les médecins généralistes, la région est 20e avec une densité de 141 médecins pour 100 000 habitants en 2008 (163 en moyenne).

Densité de médecins généralistes en 2008

Graphique : Densité de médecins généralistes pour 100 000 habitants en 2008

Source : D.R.E.S.S - ADELI, Insee - Recensement de la population 2008 - (exploitation principale)

L'indicateur de développement humain

L'IDH-2 est une variante de l'IDH (Indicateur de développement humain), pour les pays développés. Il permet de comparer le niveau de développement humain des régions en se basant sur trois indicateurs phares : l'espérance de vie pour l'indice de santé, la part de diplômés pour l'indice d'instruction-diplôme et le revenu fiscal médian en parité de pouvoir d'achat pour l'indice de niveau de vie.

Un tableau comparatif de l'IDH-2 des régions françaises édité par l'ARF (l'Association des Régions de France) en relation avec l'Insee, sera consultable en ligne à compter du 1er septembre 2011 sur leur site : http://www.arf.asso.fr

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Défi 8 : Démographie, immigration, inclusion sociale

Pour appréhender l'objectif de cohésion sociale qui est central dans le concept de développement durable, il faut prendre en compte les inégalités de revenus et, en amont, les inégalités d'accès à l'emploi et à l'éducation.

Taux de pauvreté : il correspond à la proportion d'individus dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, c'est à dire à 60 % du niveau de vie médian soit 908  € courants par mois en 2007.

Taux de pauvreté en 2007

Graphique : Taux de pauvreté en 2007

Source : Insee, Revenus disponibles localisés

Part des jeunes (les 15 à 24 ans hors emploi et hors formation) non insérés
Unité : %
1999 2007 Rang de la
région
en 2007
Bretagne 9,6 10,4 1
Pays-de-Loire 10,2 11,0 2
Île-de-France 9,7 11,5 3
Rhône-Alpes 10,6 11,5 4
Midi-Pyrénées 11,5 11,8 5
Limousin 11,8 12,3 6
Auvergne 11,9 12,4 7
Aquitaine 13,3 13,2 8
Poitou-Charentes 13,1 13,3 9
Bourgogne 12,5 13,4 10
Franche-Comté 11,1 13,4 11
Alsace 10,6 13,4 12
Basse-Normandie 13,5 13,5 13
Centre 12,0 13,5 14
Lorraine 12,2 14,3 15
Provence-Alpes-Côte-d'Azur 14,7 15,1 16
Haute-Normandie 14,6 15,5 17
Champagne-Ardenne 14,4 15,9 18
Languedoc-Roussillon 15,4 16,7 19
Picardie 16,0 17,5 20
Nord-Pas-de-Calais 17,1 18,4 21
Corse 19,8 18,5 22
France métropolitaine 12,3 13,4

Source : Insee, recensements de la population ( exploitations principales)

Moins touchée par la pauvreté, sauf pour les jeunes

En 2007, le taux de pauvreté en Haute-Normandie est de 12,9 % contre 13,4 %., Il est plus faible pour la classe d'âge 65 ans ou plus : 6,7 % contre 9,3 %; alors qu'il a le même niveau pour les 18 à 29 ans avec 15,7 %.

Ainsi, la pauvreté touche un peu plus les jeunes en Haute-Normandie. En 2007, les parts des jeunes de 15-24 ans non-insérés et des personnes de moins de 18 ans vivant dans un ménage sans actifs occupés sont élevées : elles sont respectivement de 16 % et de 10 % contre 13 % et 9 %.

La Haute-Normandie connaît une forte densité de logements sociaux : 925 pour 10  000 habitants en 2008 contre 700 en moyenne. La part de bénéficiaires d'allocations à bas revenus est de 17 % en 2007 contre 16 %.

Densité de logements sociaux en 2009

Graphique : Densité de logements sociaux en 2009

Source : Insee, Estimations de population, SOeS, Enquête sur le parc locatif social

En 2006, les salariés handicapés sont plus nombreux parmi l'ensemble des salariés en Haute-Normandie que dans les autres régions : 2,9 % contre 2,3 %. La valeur maximale se situe à 3 %.

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Une économie sociale peu développée mais en plein essor

L'économie sociale (soit les mutuelles, associations et fondations à but non lucratif, et les coopératives) est un secteur important dans la région (8,6 % des emplois) mais moins présent qu'ailleurs. La Haute-Normandie est avant-dernière pour la densité des postes salariés de l'économie sociale pour 10  000 habitants avec 295 postes contre 356 en 2008. Néanmoins, l'emploi se développe plus vite que dans le reste de l'économie : entre 2005 et 2008, il a augmenté de 9,9 % en équivalent temps plein contre 5,8 % pour l'ensemble des secteurs.

Enjeux du développement durable en Haute-Normandie

Au regard de ce panorama de la Haute-Normandie, les défis à relever sont multiples : développement et aménagement durable des territoires, réduction des risques et des nuisances, renforcement de la cohésion sociale et de l'inclusion sociale, sensibilisation des citoyens. Les politiques publiques régionales ont pour objectif de les relever. Le Schéma régional d'aménagement et de développement du territoire (SRADT), le Contrat de Projets État-Région 2007-2013, le Programme opérationnel régional FEDER, le Fonds social européen (FSE) sont les principaux outils au service du développement durable du territoire haut-normand. Les collectivités haut-normandes ont également un rôle important à jouer en s'engageant dans des démarches territoriales de développement durable. C'est dans cet objectif qu'une vingtaine de collectivités a choisi, ces dernières années, d'élaborer un « Agenda 21 local ». Cette nouvelle approche stratégique, à la fois participative, volontariste et pragmatique, connait en effet un développement positif dans notre région, prouvant ainsi qu'il est possible de mettre en cohérence les politiques publiques locales avec les orientations internationales et nationales en faveur d'un développement durable de nos sociétés.

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