Aller au contenu

Aller au menu principal

Liens transversaux haut

L'innovation dans les PMI haut-normandes
Une dynamique d'innovation relativement faible dans les petites structures industrielles

Auteurs : Bruno Blazevic, Jérôme Follin (Insee Haute-Normandie)

Résumé

L'innovation fait partie des principaux facteurs de compétitivité d'une région. Elle fait d'ailleurs l'objet d'une mobilisation particulière des acteurs publics en Haute-Normandie, se traduisant notamment par la création d'une agence régionale de l'innovation (Seinari). Étudiées sur le champ des petites et moyennes industries, les démarches d'innovation apparaissent un peu moins fréquentes en Haute-Normandie. Mais cette tendance est uniquement due au faible taux d'innovation dans les plus petites structures, les entreprises industrielles de taille moyenne étant même un peu plus innovantes qu'au plan national. La préoccupation environnementale est particulièrement présente dans les démarches d'innovation, tandis que le recours aux aides publiques est encore très minoritaire.

Sommaire

Publication

Dans le contexte de mondialisation croissante, l'innovation constitue l'un des principaux ressorts de la productivité et de la compétitivité économique. Elle devient un facteur primordial pour développer les emplois, ou au moins les préserver, et constitue à ce titre un enjeu prioritaire pour les décideurs régionaux. Sur le terrain de " l'économie de la connaissance ", la Haute-Normandie présente un profil assez nuancé. La recherche publique est relativement peu développée, notamment en termes de dépenses et de publications scientifiques. En revanche, la recherche privée (dépenses en Recherce & Développement, dépôt de brevets...) est assez dynamique au regard des autres régions, notamment dans les activités industrielles. Les 14 000 emplois correspondant à la fonction " conception-recherche " dans les entreprises privées ou structures publiques représentent 2 % de l'emploi régional et situent la Haute-Normandie dans la moyenne des régions.

Tableau 1 : Proportion d'entreprises innovantes entre 2006 et 2008 suivant le type d'innovation
Unité : %
Haute-Normandie France
Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales de 10 à 249 salariés
Source : Insee, enquête CIS2008
Innovation technologique
(en produits ou en procédés)
32,7 38,5
Innovation en produits
(biens ou services)
21,4 25,8
Innovation en procédés 26,2 28,1
Innovation en organisation 32,0 32,3
Innovation en marketing 15,1 19,4
Innovation au sens large
(existence d'au moins un type d'innovation)
46,3 51,2

Le concept d'innovation évolue et peut prendre des formes diverses (voir les définitions). Il couvre non seulement des enjeux liés à l'introduction de nouveaux produits ou procédés (innovation technologique) mais aussi la mise en oeuvre de méthodes de marketing ou d'organisation interne à l'entreprise.

Retour au sommaire

Près d'une PMI haut-normande sur deux innove

Dans l'univers des petites et moyennes industries haut-normandes, c'est près d'une entreprise sur deux qui déclare avoir mis en oeuvre, entre 2006 et 2008, au moins une de ces formes d'innovation (voir la méthodologie). Ce " taux d'innovation " de 46 % est un peu en retrait du taux moyen national. Si l'innovation en organisation est à peu près aussi fréquente qu'ailleurs, elle apparaît moins développée dans le domaine du marketing et dans sa composante technologique (produits et procédés).

Retour au sommaire

Un taux régional d'innovation technologique en retrait ...

Le taux global d'innovation place la Haute-Normandie en retrait de la moyenne nationale mais aussi de la plupart des six régions disposant de résultats sur leur industrie (voir la méthodologie). On note en particulier un " déficit " d'innovation technologique par rapport à des régions relativement industrialisées comme la Franche-Comté ou les Pays de la Loire (près de 40 % dans ces deux régions contre 33 % en Haute-Normandie).

Taux d'innovation suivant la région

Graphique : Taux d'innovation suivant la région

Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés)

Source : Insee, enquête CIS2008


L'innovation en produits est toutefois un peu plus " pure " en Haute-Normandie : elle correspond deux fois sur trois à des produits vraiment nouveaux sur le marché, cette proportion étant plus élevée que dans les autres régions. À l'inverse, une fois sur trois, le produit est nouveau pour l'entreprise mais déjà présent sur son marché : on peut alors parler d'une innovation " de rattrapage ", un peu moins fréquente dans la région.

La majorité des entreprises qui innovent déclarent en fait combiner plusieurs de ces quatre types d'innovation, voire les quatre simultanément. Ainsi, en Haute-Normandie, 15 % des PMI innovantes associent les quatre types d'innovation, un peu plus qu'au plan national (13 %) et que dans les autres régions concernées par l'extension d'enquête, mise à part la Corse. Parmi les entreprises innovantes, 18 % déclarent combiner trois types d'innovation et 26 % seulement deux. La part des entreprises qui innovent dans un seul type d'innovation atteint 39 %, le plus fréquemment en matière d'organisation.

Tableau 2 : Combinaisons d'innovations
Unité : %
Présence du type d'innovation en : Haute-Normandie France
Produits Procédés Organisation Marketing
Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales innovantes (de 10 à 249 salariés)
Source : Insee, enquête CIS2008
Note : les entreprises innovantes avec aucun type d'innovation présent sont celles ayant déclaré uniquement des activités d'innovation technologique en cours ou abandonnées.
non non oui non 20 16
oui oui oui oui 15 13
oui oui oui non 12 10
non oui oui non 9 8
non oui non non 9 9
oui oui non non 6 8
non non oui oui 5 6
oui non non non 5 8
non non non oui 5 4
oui non oui non 4 3
oui oui non oui 3 3
non non non non 2 1
non oui oui oui 2 4
oui non oui oui 1 3
oui non non oui 1 3
non oui non oui 1 1
Ensemble des entreprises innovantes 100 100

Retour au sommaire

... essentiellement dans les petites entreprises

Le taux d'innovation qui fait référence dans l'étude (part des entreprises qui innovent) correspond à une " propension " à innover mais ne tient pas compte de la taille des entreprises. Or, ce critère s'avère assez discriminant dans le comportement d'innovation. Sans surprise, les petites structures ont une fréquence d'innovation moins élevée que les unités plus importantes : si le taux d'innovation s'établit autour de 40 % pour les entreprises de 10-49 salariés, il dépasse 70 % dans la tranche 50-249 salariés. Les petites entreprises ont probablement, en moyenne, moins de capacités d'innovation mais surtout, pour les entreprises plus grandes, l'innovation constitue souvent un impératif de compétitivité voire de survie sur les marchés nationaux ou internationaux sur lesquels elles sont positionnées.

Proportion d'entreprises innovantes (au sens large) entre 2006 et 2008 suivant la taille en effectifs de l'entreprise

Graphique : Proportion d'entreprises innovantes (au sens large) entre 2006 et 2008 suivant la taille en effectifs de l'entreprise

Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés)

Source : Insee, enquête CIS2008


Part du chiffre d'affaires des entreprises innovantes (au sens large) entre 2006 et 2008 suivant la taille en effectifs

Graphique : Part du chiffre d'affaires des entreprises innovantes (au sens large) entre 2006 et 2008 suivant la taille en effectifs

Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés)

Source : Insee, enquête CIS2008


La prise en compte de cet " effet taille " nuance sensiblement le diagnostic qu'on peut porter sur l'innovation dans les PMI en Haute-Normandie. Les petites structures y sont moins innovantes qu'ailleurs mais la tendance est inverse pour les établissements de taille moyenne (50 à 250 salariés) dont la part est relativement importante dans la région. Ainsi, si le poids de chaque entreprise est appréhendé par son chiffre d'affaire, le poids de l'innovation apparaît un peu plus élevé dans l'ensemble des PMI haut-normandes qu'au plan national. Il est même un peu supérieur à ce qu'on observe dans toutes les régions concernées par l'extension d'enquête.

Tableau 3 : Part du chiffre d'affaires des entreprises innovantes (au sens large)
Unité : %
Haute-Normandie Nord-Pas-de-Calais Franche-Comté Pays de la Loire Provence-Alpes-Côte d'Azur France
Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés)
Source : Insee, enquête CIS2008
Note de lecture : En Haute-Normandie, 46 % des entreprises sont innovantes ; le chiffre d'affaires de ces entreprises représente 71 % du chiffre d'affaire de l'ensemble des entreprises, innovantes ou non.
74 % des entreprises de 50 à moins de 250 salariés sont innovantes et leur volume de chiffre d'afffaires représente 56 % du chiffre d'affaires de l'ensemble des entreprises, de 10 à 249 salariés, innovantes ou non.
Proportion d'entreprises innovantes 46 47 52 53 46 51
Part du chiffres d'affaires des entreprises innovantes 71 70 64 68 67 69
Entreprises de 50 à moins de 250 salariés :
Proportion d'entreprises innovantes 74 72 73 69 67 71
Part du chiffres d'affaires des entreprises innovantes 56 50 46 47 40 50

Tableau 4 : Combinaisons d'innovations (au sens large) suivant la taille en effectifs salaries

La propension à combiner différents types d'innovation est plus forte dans les entreprises de plus grande taille. En effet, 65 % des entreprises innovantes de 50 à moins de 250 salariés cumulent au moins deux types d'innovation, contre 56 % parmi celles de moins de 50 salariés. Par ailleurs, les parts respectives des entreprises associant les quatres types d'innovation vont du simple au double (22 % contre 11 %). Les plus petites, celles de 10 à moins de 20 salariés, peinent à cumuler plus de deux types d'innovation (un quart d'entre elles seulement, contre 35 % parmi les entreprises de 20 à moins de 50 salariés et 39 % parmi les plus grandes.

Retour au sommaire

L'innovation plus fréquente dans les grandes entreprises, positionnées sur des marchés de grande échelle...

Les comportements innovateurs sont plus fréquemment observés lorsque l'entreprise intervient sur un marché relativement large (national voire international). Une grande majorité des entreprises dont la couverture du marché dépasse les limites régionales ou nationales déclarent innover (59 % et 71 % respectivement). Ces parts sont équivalentes à celles observées en moyenne nationale. La Haute-Normandie " pêche " donc, en comparaison, par sa faible propension à innover parmi les entreprises dont le marché est de plus faible envergure (seulement une entreprise sur trois parmi celles dont le marché est local, soit 8 points de moins qu'au niveau national). Ce résultat est en cohérence avec la relative faiblesse du taux d'innovation des entreprises industrielles régionales de petite taille. La position sur un marché international prime en effet uniquement pour les plus grandes entreprises (69 % et 80 % pour respectivement celles comptant de 20 à moins de 50 salariés et celles ayant 50 salariés ou plus), les plus petites innovant pour seulement 44 % d'entre elles, soit moins qu'en moyenne générale.

Tableau 5 : Proportion d'entreprises innovantes entre 2006 et 2008 selon le type de marché
Unité : %
Haute-Normandie France
Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés)
Source : Insee, enquête CIS2008
Essentiellement local 33 41
Essentiellement national 59 59
Essentiellement international 71 71

Retour au sommaire

...ou appartenant à un groupe ou à un pôle de compétitivité

Les liens inter-entreprises peuvent être des facteurs d'initiative ou d'émulation pour initier des projets nouveaux d'innovation, dans le cadre d'une stratégie commune ou de ressources partagées. En Haute-Normandie comme dans le reste de la France, l'appartenance à un groupe ou à un réseau d'enseigne constitue en effet un facteur favorable de ce point de vue : 61 % des entreprises dans ce cas innovent, contre 39 % pour les autres.

De la même façon, l'appartenance à un pôle de compétitivité ressort comme un critère lié positivement au taux d'innovation (73 % contre 46 % pour les entreprises n'appartenant à aucun pôle). Les pôles de compétitivité s'apparentent en effet à des " clusters orientés R&D ", visant à créer des synergies autour de projets innovants et à développer une stratégie de réseau entre les entreprises, l'enseignement supérieur et la recherche.

Mais le taux relativement élevé observé dans les pôles de compétitivité peut être interprété dans une logique différente : la proportion d'entreprises appartenant à un pôle, sans aucune démarche d'innovation (un quart), peut être jugée trop élevée au regard de la raison d'être de ce dispositif. Sans doute s'explique-t-elle par une forte part d'adhésions récentes (l'enquête porte sur les années 2006 à 2008) ne s'étant pas encore traduites à court terme dans la participation à un projet innovant du pôle.

Tableau 6 : Proportion d'entreprises innovantes entre 2006 et 2008 selon l'appartenance à un groupe ou à un réseau d'enseigne
Unité : %
Haute-
Normandie
France
Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés)
Source : Insee, enquête CIS2008
Parmi celles appartenant à un groupe
ou à un réseau d'enseigne
61 65
Parmi celles n'appartenant ni à un groupe,
ni à un réseau d'enseigne
39 44

Retour au sommaire

Des comportements d'innovation variables selon les secteurs

Dans le champ des PMI, les secteurs d'activité qui présentent les meilleurs taux d'innovation (environ deux entreprises sur trois) sont l'industrie chimique ainsi que la fabrication informatique, électronique, optique et d'équipements électriques. Viennent ensuite, avec un taux d'innovation de l'ordre de 50 %, la fabrication de machines, équipements et matériels de transport, la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique et d'autres produits minéraux non métalliques, l'imprimerie et les industries agro-alimentaires. Les taux d'innovation les moins élevés concernent les secteurs de la métallurgie, de la réparation et installation de machines et d'équipements et des industries textiles de l'habillement, du cuir et de la chaussure.

Pour la plupart des secteurs, les taux d'innovation sont un peu en retrait de la moyenne nationale, le secteur de l'imprimerie faisant toutefois exception.

Le lien entre la propension à innover et le positionnement sur des marchés de grande échelle s'établit dans les secteurs d'activité les plus innovants. En effet, dans la chimie haut-normande, les comportements d'innovation sont particulièrement importants lorsque l'entreprise est présente sur un marché international : le taux d'innovation atteint alors 90 % (contre 68 % au niveau national). Dans le secteur de la fabrication informatique, électronique, optique et d'équipements électriques, 76 % couvrant un marché national sont innovantes. L'innovation est de même fortement présente dans la fabrication de machines, équipements et matériels de transport si le marché de l'entreprise est au moins national (80 % à l'international et 68 % sur le national). Il en est de même pour les industries agro-alimentaires (87 % et 72 %) ; malgré cela, le taux d'innovation dans ce secteur dépasse à peine la moyenne régionale en raison d'une forte part d'entreprises de petite taille (10 à moins de 20 salariés) faiblement enclines à innover (moins d'un tiers d'entre elles).

Tableau 7 : Proportions d'entreprises innovantes entre 2006 et 2008 suivant les principaux secteurs d'activité
Unité : %
Haute-
Normandie
France
Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés)
Source : Insee, enquête CIS2008
Industrie chimique 68 74
Fabrication informatique, électronique, optique, et d'équipements électriques 63 63
Fabrication de machines, équipements et matériels de transport 56 61
Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique ainsi que d'autres produits minéraux non métalliques 50 61
Travail du bois, industries du papier et imprimerie 49 46
Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 47 46
Métallurgie et fabrication de produits métalliques à l'exception des machines et des équipements 45 48
Fabrication de textiles, industries de l'habillement, industrie du cuir et de la chaussure 40 47
Réparation et installation de machines et d'équipements 30 39

Retour au sommaire

Des entreprises innovantes avec une préoccupation environnementale au premier plan

Les enjeux environnementaux sont particulièrement importants pour la Haute-Normandie, notamment pour son industrie. Cette préoccupation se retrouve dans les comportements d'innovation des PMI régionales. Celles-ci introduisent davantage qu'ailleurs la dimension environnementale dans leur processus d'innovation : 73 % d'entre elles contre 60 % au niveau national. Cette tendance générale se vérifie même pour la quasi-totalité des secteurs d'activité.

Part des entreprises mettant en oeuvre de l'innovation environnementale avec bénéfices générés lors du processus de production selon le bénéfice

Graphique : Part des entreprises mettant en oeuvre de l'innovation environnementale avec bénéfices générés lors du processus de production selon le bénéfice

Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés) mettant en oeuvre de l'innovation environnementale avec bénéfices environnementaux lors du processus de production

Source : Insee, enquête CIS2008


Part des entreprises mettant en oeuvre de l'innovation environnementale avec bénéfices générés lors de l'utilisation par le consommateur selon le bénéfice

Graphique : Part des entreprises mettant en oeuvre de l'innovation environnementale avec bénéfices générés lors de l'utilisation par le consommateur selon le bénéfice

Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés) mettant en oeuvre de l'innovation environnementale avec bénéfices environnementaux lors de l'utilisation du consommateur

Source : Insee, enquête CIS2008


La mise en oeuvre de l'innovation environnementale se réalise avec des bénéfices environnementaux qui touchent à 70 % le processus de production. Pour une grande majorité de ces entreprises innovantes, une priorité est affichée pour le recyclage des déchets, de l'eau ou de matières premières (63 %), la réduction de l'utilisation de matières, y compris emballage (54 %) et le remplacement de matières premières polluantes ou de produits dangereux (50 %).

Les bénéfices environnementaux lors de l'utilisation par le consommateur sont comme ailleurs moins observés (un cas sur deux environ), les réductions de consommation d'énergie étant l'apport le plus fréquent.

Ces innovations environnementales ont été introduites par les entreprises surtout en réponse aux réglementations ou taxes environnementales existantes (44 %) ou à venir (22 %), mais aussi pour une réduction des coûts (38 %). Elles ont également été réalisées pour se conformer au code de bonnes pratiques du secteur d'activité (31 %) ou à la demande des clients de l'entreprise (27 %). Les subventions ou incitations gouvernementales ont joué un rôle beaucoup plus faible (7 %) mais celles-ci ne s'appliquent pas quand il s'agit de mise aux normes.

Par ailleurs, la proportion d'entreprises, innovantes ou non, ayant instauré des procédures pour mesurer leur impact sur l'environnement est plus élevée en Haute-Normandie qu'au niveau national (21 % contre 12 % en moyenne nationale).

Retour au sommaire

Innover d'abord pour accroître son marché en améliorant ses produits

La décision d'innovation est principalement fondée sur la recherche d'un meilleur positionnement de l'entreprise sur son marché. Pour près de deux PMI innovantes sur trois, l'extension de la gamme de produits et l'amélioration de la qualité des produits existants sont affichées comme des motivations fortes. La réduction des coûts et la flexibilité de la production, objectifs plutôt liés aux innovations de procédé, voire d'organisation, sont également des motivations exprimées par les entreprises innovantes, mais dans des proportions moindres.

Pour les entreprises positionnées sur le marché international, les motivations sont plus fortement exprimées. En particulier, les objectifs d'accroissement de part de marché et d'élargissement de la gamme des produits sont encore plus affichés (76 % et 72 % d'entre elles respectivement). Celui de la conquête de nouveaux marchés géographiques est aussi fortement relevé (69 %) et davantage que dans les entreprises dont le marché est national et même local (58 % et 56 % respectivement). Parmi ces dernières, les motivations sont d'abord l'amélioration de la qualité des produits (71 %) et l'augmentation de la capacité de production (62 %).

Objectifs jugés d'importance dans la mise en ouvre de l'innovation technologique

Graphique : Objectifs jugés d'importance dans la mise en ouvre de l'innovation technologique

Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés) innovantes en technologie

Source : Insee, enquête CIS2008


Retour au sommaire

Coopérer pour innover

Comme en moyenne nationale, un peu plus de 4 entreprises sur 10 réalisent leur programme d'innovation technologique (produit ou procédé) dans le cadre d'une coopération. Cette coopération a presque toujours lieu avec des " partenaires de marché " (plus de 9 fois sur 10) : fournisseurs, clients ou consommateurs, concurrents ou autres entreprises du secteur d'activité, consultants, laboratoires ou organismes privés de R&D. Le partenariat peut aussi être mené de façon plus interne, avec d'autres entreprises du groupe ou du réseau d'enseigne (39 %). Les partenaires sont parfois aussi des structures institutionnelles (universités, établissements d'enseignement supérieur, organismes publics de R&D) ; ils sont présents dans une coopération sur quatre environ, un peu moins qu'en moyenne nationale.

Les PMI haut-normandes ont tendance à nouer des coopérations avec des partenaires plus éloignés qu'en tendance nationale. Les collaborations au sein de la région sont moins fréquentes (41 % contre 56 % en moyenne nationale) tandis que les partenariats au niveau national (80 % contre 73 %) et international (48 % contre 39 %) sont plus développés.

Coopération des entreprises pour leurs activités d'innovation technologique selon le partenaire

Graphique : Coopération des entreprises pour leurs activités d'innovation technologique selon le partenairee

Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés) innovantes en technologie ayant coopéré

Source : Insee, enquête CIS2008


Presque la moitié des coopérations en interne est réalisée au sein de la région, la proportion est encore plus forte lorsque le partenariat est noué avec une structure institutionnelle.

Les sources d'information utilisées pour l'innovation sont diverses. Quelles que soient les régions, les ressources internes (en particulier au sein du groupe) sont privilégiées. C'est le cas pour plus d'une PMI sur deux en Haute-Normandie. Les sources externes constituent également un apport significatif pour les entreprises innovantes. Celles émanant du " marché ", notamment des fournisseurs, clients ou consommateurs, sont les plus fréquemment utilisées (38 %). Le recours aux informations provenant des conférences ou expositions contribue également à l'innovation. En revanche, les organismes institutionnels (universités, établissements d'enseignement supérieur, organismes publics de recherche et développement, ...) représentent une part minime (2 %) des sources d'information déclarées par les entreprises pour leurs démarches d'innovation.

Retour au sommaire

Des moyens mis en oeuvre d'abord en interne

Pour s'engager dans un processus d'innovation technologique, les entreprises procédent pour les deux-tiers d'entre elles à de la R&D en interne et pour plus de la moitié à de l'acquisition de machines, équipements ou logiciels, ou à un recours à de la formation. La mise en oeuvre de R&D externe et l'acquisition de connaissances externes sont nettement moins fréquentes, en particulier dans la région.

Pour financer leurs dépenses d'innovation, les PMI haut-normandes ont principalement recours à des ressources internes (87 % d'entre elles). Cet autofinancement couvre 80 % des dépenses d'innovation. Les établissements financiers, principales sources de financement externe, ne sont mobilisés qu'une fois sur cinq et assurent 13 % du montant des dépenses d'innovation.

Tableau 8 : Proportion d'entreprises innovantes (concept réduit) selon la nature de l'investissement
Unité : %
Haute-
Normandie
France
Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés) innovantes en technologie
Source : Insee, enquête CIS2008
R&D interne 67 67
R&D externe 17 22
Acquisition de machines, équipements ou logiciels 54 55
Acquisition d'autres connaissances externes 10 15
Recours à de la formation 51 52
Mise sur le marché de biens ou services innovants 25 31
Autres activités d innovation 37 39

Retour au sommaire

Le recours aux aides publiques reste très minoritaire

Toujours en matière d'innovation technologique, les entreprises font également appel à des financements publics. En Haute-Normandie, 15 % des PMI industrielles ont eu recours à ces aides publiques, celles-ci couvrant 4 % des dépenses engagées pour l'innovation.

Part des dépenses d'innovation (concept réduit) suivant le contributeur

Graphique : Part des dépenses d'innovation (concept réduit) suivant le contributeur

Champ : ensemble des PMI mono ou quasi-monorégionales (de 10 à 249 salariés) innovantes en technologie

Source : Insee, enquête CIS2008


La mobilisation des financements publics est moins fréquente qu'en moyenne nationale (23 % des entreprises innovantes). Ce moindre recours s'observe à chaque niveau institutionnel (local, régional, national, européen) ainsi que dans l'allocation du Crédit Impôt Recherche (à peine une entreprise innovante sur 10). Cela étant, toutes les formes d'innovation ne peuvent pas être concernées par une aide publique, en particulier les innovations pour mise aux normes environnementales ou de sécurité. Il faut aussi rappeler que l'enquête porte sur les années 2006 à 2008 et que les aides publiques sont montées en charge depuis cette période.

Retour au sommaire