Audrey Déjoie-Larnaudie
Insee dossier n° 28 - Juin 2010 - Retour au sommaire
En 2009, le chiffre d’affaires des entreprises industrielles champardennaises se contracte de 16,7 %, selon l’enquête réalisée par la Banque de France auprès de 401 unités répondantes. C’est la plus forte baisse observée depuis le début de la décennie. Amorcé en fin d’année 2008, le recul de l’activité s’est prolongé tout au long de l’année 2009, en surprenant par son intensité.
La diminution du chiffre d’affaires résulte d’une dégradation du volume de l’activité industrielle conjuguée à une baisse des prix de ventes, conséquence de la réduction des stocks et de la sauvegarde des débouchés.
La chute de l’activité touche tous les secteurs industriels, y compris le secteur agroalimentaire qui n’avait
pas connu pareille situation depuis son fort repli de 8,0 % entre 1999 et 2000. Branche phare de l’industrie
agroalimentaire champardennaise, le champagne n’échappe pas à la récession. Son chiffre d’affaires recule de
22 % sur un an, en raison d’un manque de dynamisme des marchés, en particulier à l’exportation.
Pour la deuxième année consécutive, les ventes s’effondrent dans l’industrie automobile (–25,7 % après
–10,2 % l’année précédente) entraînant la réduction des cadences de production.
Le repli de l’activité automobile s’est répercuté sur ses fournisseurs du secteur des biens intermédiaires.
Le chiffre d’affaires des biens intermédiaires diminue de 19,5 % en un an, touchant plus particulièrement
la métallurgie et la transformation des métaux. Les industries du bois et du papier, de la chimie et de la
transformation des matières plastiques, des composants électriques et des produits minéraux ont été également
impactés en 2009.
En dépit d’une baisse marquée de l’activité dans les équipements du foyer et l’imprimerie-édition, l’industrie
des biens de consommation résiste mieux que les autres secteurs (–3,9 %), grâce, notamment, à la branche de la
pharmacie-parfumerie.
Confrontées à une sous-utilisation de leur moyen de production, à des carnets de commandes peu remplis et
à des conditions de financement difficiles, les entreprises industrielles champardennaises ont fortement
réduit leurs dépenses d’investissements en 2009 (–27,5 %). Il faut remonter à l’année 1993 pour assister à
une contraction de cette ampleur (–26,1 %).
Comme en 1993, tous les secteurs réduisent fortement leurs investissements. Dans les biens intermédiaires,
les dépenses d’investissement ont été divisées par deux par rapport à l’année précédente, principalement dans
les branches les plus en difficulté comme la transformation des métaux, la métallurgie et l’industrie du bois.
Dans un contexte difficile, le secteur agroalimentaire réduit ses investissements de 12 %, après une année 2008
soutenue au cours de laquelle les entreprises avaient réalisé des programmes d’augmentation de leurs moyens de
production. De même, dans un climat d’affaires sans visibilité, le secteur automobile diminue ses dépenses
d’investissement pour la cinquième année consécutive.
Si cette situation devait perdurer, elle pourrait entraîner une perte de compétitivité des entreprises
champardennaises.
En revanche, bénéficiant de la bonne tenue de leur activité, certaines branches des biens de consommation,
telles l’édition, l’imprimerie et la pharmacie-parfumerie, ont renouvelé une partie de leur outil de production.

| Unité : % | ||
| Chiffre d'affaires | Investissements | |
|---|---|---|
| Source : Banque de France Champagne-Ardenne - Service des affaires régionales | ||
| Industries agroalimentaires | -13,4 | -12,4 |
| Biens de consommation | -3,9 | -14,8 |
| Biens d'équipement | -18,0 | -25,7 |
| Biens intermédiaires | -19,6 | -38,2 |
| Industrie automobile | -25,7 | -62,7 |
| Ensemble | -16,7 | -27,5 |
D’après « Les entreprises en Champagne-Ardenne - Bilan 2009 et perspectives 2010 » Étude réalisée par la Banque de France en janvier 2010 auprès de 401 entreprises industrielles répondantes implantées en Champagne-Ardenne.

Insee dossier n° 28 - Juin 2010
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