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460 000 salariés dans les activités marchandes non agricoles

Dans les pays de l’OCDE, 15 % des emplois disparaissent et se créent chaque année en moyenne(1), entraînant le développement de certains secteurs d’activité et le recul d’autres. Au sein même de chaque secteur, l’introduction de nouvelles technologies fait disparaître des métiers, en recompose d’autres ou en génère des nouveaux. Les flux de créations-destructions d’emplois sont permanents et s’accélèrent même dans les périodes de crise économique telle que celle connue en 2008-2009. Ceci nécessite de la part des salariés des mobilités professionnelles.

Les mobilités professionnelles recouvrent plusieurs types de changements. Ce sont des changements de poste avec ou sans changement d’établissement (mobilité interne), avec ou sans changement d’entreprise (mobilité externe). Elles peuvent aussi traduire une élévation du niveau de qualification (mobilité ascendante) et/ou de rémunération et à l’inverse une diminution (mobilité descendante) du niveau de qualification et de salaire. Elles peuvent aussi s’accompagner de mobilités géographiques plus ou moins longues. Ces mobilités dépendent de la situation professionnelle initiale (niveau de qualification, spécialité professionnelle exercée, taille d’entreprise...) et de facteurs sociodémographiques (genre, âge, niveau de diplôme, situation familiale...) de chaque individu.

Les mobilités professionnelles impliquant un changement de métier sont l’objet principal de cette étude (cf. méthodologie). Entre 2007 et 2008 en Poitou-Charentes, 70 000 mobilités professionnelles ont été réalisées, impliquant 15 % des 460 000 salariés en emploi dans le secteur marchand non agricole.

Pour que les mobilités professionnelles des individus se réalisent efficacement, plusieurs mécanismes doivent s’opérer. La capitalisation et la validation des expériences professionnelles successives sont essentielles pour que soient confortées et identifiées les compétences acquises par les salariés. Le développement de la formation tout au long de la vie y contribue aussi en approfondissant et en renouvelant les connaissances et en développant ainsi les capacités des individus à s’adapter à l’évolution de leur emploi, voire à un changement de métier. L’accent doit aussi être mis sur une responsabilisation plus forte des individus par rapport à leur évolution professionnelle et à leur «employabilité». L’existence avérée de marchés locaux du travail fait de l’appariement entre l’offre et la demande d’emploi une problématique forcément territoriale. L’enjeu des pouvoirs publics et des entreprises est d’adapter la main d’œuvre et les compétences locales propres à chaque territoire aux spécialisations économiques du tissu productif et des entreprises qui y sont implantées.

Au sein de la population picto-charentaise, 700 000 personnes ont entre 16 et 64 ans et sont en âge de travailler selon les critères internationaux (illustration 1).

graphique : Population de 15 à 64 ans par type d'activité en 2008

En 2008 selon le recensement de la population, 600 000 salariés travaillent en Poitou-Charentes. Le secteur marchand non agricole est globalement le plus affecté par les mutations économiques et les effets de la crise 2008-2009 (-18 000 emplois, dont près de 8 000 dans l’industrie). Les salariés de ces secteurs sont donc les plus concernés par les mobilités professionnelles qui accompagnent les restructurations économiques.

Entre fin 2009 et mi 2011, la reprise de l’activité économique a permis de recréer globalement près d’un tiers des emplois détruits dans la région au cours de la crise de 2008-2009. Ce rattrapage partiel ne s’est pas réalisé à l’identique : tandis que les activités de services marchands, hormis les intérimaires, ont plus que compensé leurs pertes, les activités industrielles, hormis l’intérim, ont à peine redémarré. En revanche, les effectifs de travailleurs intérimaires, majoritairement affectés aux secteurs de la construction et de l’industrie, ont progressé, accroissant la flexibilité externe de l’emploi.

Les états Généraux de l’Emploi en Poitou-Charentes

Organisés par la Préfecture de Poitou-Charentes avec l’appui de la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) les premiers états généraux de l’emploi en Poitou-Charentes ont eu lieu le 27 septembre 2010 à Poitiers.

Ces états Généraux de l’Emploi visaient à faire converger les énergies au service de la création d’emplois et d’une offre de formations adaptées. Ces premières rencontres ont rassemblé les divers acteurs que sont les élus, les chefs d’entreprises, les syndicats, ..., avec pour objectif d’actionner tous les leviers possibles au profit des habitants du territoire régional.

Trois enjeux ont été identifiés :

  • Accompagner les entreprises des secteurs en tension (Recrutement)
  • Adapter les compétences des salariés aux mutations économiques (Formation)
  • Donner une chance à chacun, une richesse pour le territoire (Insertion)

Afin de relever ces défis, le rôle majeur des mobilités professionnelles a été mis en avant par l’État. Ces mobilités professionnelles doivent donc faire l’objet d’une observation et d’une analyse minutieuse dans le contexte humain et économique propre à chaque territoire, afin d’optimiser leur efficacité au service des actifs en emploi et des entreprises. C’est à ce titre que cette étude a été menée en partenariat par l’Insee et l’ARFTLV.

Voir www.emploi-poitou-charentes.fr/

Plusieurs mutations ont traversé l’emploi au cours des 50 dernières années

«Jusqu’au début des années 1960, la main-d’œuvre est très majoritairement masculine, plutôt ouvrière et peu qualifiée. Souvent, seul le chef de ménage exerce une activité hors du domicile. C’est le règne de la grande entreprise industrielle marquée par une organisation du travail de type fordiste ou taylorien, avec essentiellement des contrats de travail à durée indéterminée et à temps plein.

Aujourd’hui, l’emploi apparaît plus «éclaté», qu’il s’agisse des statuts et des situations d’activité entre l’emploi et le chômage, des durées et rythmes de travail, des modes de rémunération ou des unités productives. Au cours de ces cinquante dernières années, l’emploi s’est féminisé, tertiarisé et urbanisé, il est devenu plus qualifié mais aussi moins jeune. Les contraintes associées au travail ont progressivement changé de nature avec la montée des flexibilités : moins de fatigue physique mais davantage de stress au travail».

Voir Une photographie du marché du travail en 2009 - Insee Première 1331

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