Malgré le désir de la personne âgée de demeurer à domicile, des événements peuvent survenir, tel le décès du conjoint ou la nécessité de bénéficier d’un environnement médicalisé, qui l’oblige à intégrer un établissement d’hébergement. L’augmentation du nombre de personnes dépendantes très âgées amènera une modification de la nature et du nombre d’emplois dans ces établissements d’hébergement.
Huit places d’hébergement sur dix se trouvent dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), qui permettent l’accueil de personnes âgées nécessitant une assistance journalière et permanente. L’EHPAD assure un ensemble de prestations comprenant le logement, les repas, les soins d’hygiène et médicaux, des animations... Il devient donc le nouveau domicile de la personne âgée.
Selon les études de l’Agence Régionale de Santé (cf. bibliographie), 12 % des personnes âgées de 75 ans et plus en Poitou-Charentes en 2007 résident dans un établissement. Les résidents ont en moyenne 85 ans et 3 résidents sur 10 ont atteint ou dépassé 90 ans. Les hommes, moins nombreux que les femmes, sont un peu plus jeunes : 81 ans contre 86 ans. D’une part ils entrent plus tôt en établissement (la moitié des hommes présents sont entrés avant 80 ans contre 83 ans pour les femmes), et d’autre part l’espérance de vie des femmes est supérieure à celle des hommes. Les études montrent que les personnes âgées intègrent un établissement d’hébergement plus tard qu’auparavant (l’âge moyen d’entrée était de 83 ans et 5 mois en 2007, soit 3 mois de plus qu’en 2003) et qu’elles sont plus souvent dépendantes : 76 % des résidents sont dépendants, contre 68 % seulement en 2003.
Concernant les évolutions du personnel de ces établissements d’hébergement, selon les prévisions d’évolutions du nombre de places et les évolutions des taux d’encadrement dans les établissements d’accueil élaborées par l’Agence Régionale de Santé (cf. méthodologie), leur nombre augmenterait de 22 % (en ETP) dans les établissements de la région entre 2010 et 2020, soit environ 17 500 ETP en 2020.
L’âge moyen des résidents augmentant, l’encadrement médical des EHPAD devra sans doute être renforcé. Le nombre d’ETP en infirmiers diplômés d’état et en aides-soignants devraient augmenter de 23 % d’ici 2020. En revanche, les personnels d’encadrement, de direction ou de services généraux devraient augmenter plus faiblement, d’environ 20 %, si on conserve les mêmes structures d’emplois qu’aujourd’hui.
Les évolutions seront différentes selon les départements. En effet, les prévisions de créations de places d’EHPAD visent à réduire les inégalités territoriales. Ainsi, le département des Deux-Sèvres verrait le nombre d’ETP augmenter de 8 % entre 2010 et 2020. En effet, il présente un taux d’équipement largement supérieur à la moyenne nationale (153 lits pour 1 000 habitants en 2008 contre 121 lits au niveau métropolitain). Il ne devrait donc se créer que peu de places d’ici 2020. La Vienne a connu un phénomène de rattrapage en nombre de lits proposés ces dernières années et dépasse également le niveau national (133 lits pour 1 000 habitants). L’évolution du nombre d’ETP devrait être de 18 %. En revanche, les départements de Charente et surtout Charente-Maritime (110 lits pour 1 000 habitants) sont actuellement moins équipés et devraient bénéficier d’un effort lors des prochaines années. Ce surcroît du nombre de lits s’accompagnera d’une augmentation du nombre d’emplois dans les établissements. Ainsi, l’augmentation du nombre d’ETP devrait atteindre 23 % en Charente et 36 % en Charente-Maritime.
Or, ces recrutements supplémentaires, avec un besoin de professionnalisation accru, s’ajouteront aux importants besoins de remplacement des personnels partant en retraite. Un des enjeux essentiels de demain portera donc sur la formation de ces professionnels.
Décimal n°315 - Février 2012