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Un nombre de personnes âgées dépendantes de plus en plus important...

«Je viens de voir maman, je ne suis pas sûr qu’elle pourra rester encore longtemps toute seule dans sa maison. Il va peut-être falloir réfléchir à une solution... Moi, je ne peux pas y aller tous les jours...»

Avec le vieillissement inéluctable de la population, ces paroles vont être prononcées de plus en plus fréquemment en France. Comment éviter qu’une perte progressive d’autonomie ou une maladie neuro-végétative se transforme en calvaire, non seulement pour la personne âgée concernée mais également pour ses proches ? À quelles conditions la personne désireuse de choisir son lieu de vie le peut-elle vraiment ?

Le terme de dépendance des personnes âgées, apparu en France en 1973, désigne un état d’incapacité ou le besoin d’être aidé par un tiers pour réaliser les actes de la vie courante comme s’habiller, se laver, se nourrir, etc.

Plusieurs démarches ont été initiées à l’occasion du grand débat national sur la dépendance qui a eu lieu au premier semestre 2011. Différents groupes de travail nationaux ont été constitués pour organiser la réflexion et la prospective sur la dépendance des personnes âgées (cf méthodologie). Ces travaux ont permis de dégager différents scenarios. Selon l’hypothèse «optimiste» tout gain d’espérance de vie se ferait intégralement en bonne santé. Un tel scénario amènerait une augmentation de 25 % de la population dépendante âgée de 60 ans et plus entre 2010 et 2030, soit un peu plus de 54 400 personnes âgées dépendantes en Poitou-Charentes à l’horizon 2030. Dans l’hypothèse «pessimiste», envisageant que les gains d’espérance de vie se feraient sans changement sur les taux de dépendance, la population âgée dépendante augmenterait de 47 % d’ici 2030, soit un effectif projeté de 65 700 personnes âgées dépendantes.

Entre ces deux hypothèses «extrêmes», l’hypothèse intermédiaire consiste à considérer que la part de l’espérance de vie sans incapacité dans l’espérance de vie restera stable. Cette hypothèse intermédiaire entrainerait une augmentation de 38 % du nombre de personnes âgées dépendantes dans la région, soit un effectif projeté de 61 000 personnes en 2030.

Ces différents scénarios influent donc sur l’ampleur des évolutions projetées mais ne remettent pas en cause la dynamique d’accroissement du nombre de personnes dépendantes. Par la suite, l’étude se focalisera sur les résultats issus du scénario intermédiaire.

... dû au vieillissement attendu de la population

L’accroissement du nombre de personnes âgées trouve sa source dans le vieillissement de la population. Ainsi, la région Poitou-Charentes devrait compter près de 690 000 personnes de 60 ans et plus à l’horizon 2030, ce qui représente une augmentation de 42 % par rapport à 2010 (contre 39 % au niveau national). Si aujourd’hui, les personnes âgées d’au moins 60 ans ne représentent que 26 % de la population de Poitou-Charentes, elles seront 35 % en 2030. Le nombre de picto-charentais très âgés, ayant atteint ou dépassé 80 ans, devrait dépasser 182 000, soit 50 % de plus qu’en 2010. Quant au nombre de centenaires, il devrait tripler d’ici 2030, passant de 1 000 à 3 000 en 20 ans. Ce vieillissement trouve son origine dans l’avancée en âge des générations du baby-boom des années 1945-1975. Ce phénomène est amplifié par l’augmentation simultanée de l’espérance de vie, masculine et féminine. Un troisième facteur joue en faveur du vieillissement en Poitou-Charentes, celui de la forte attractivité démographique du littoral notamment pour les retraités.

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