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56 % des jeunes formés en Poitou-Charentes accèdent rapidement et durablement à l’emploi

Alexandre Giraud, Tiffanie Mahé

Près des trois quarts des jeunes ayant terminé leur formation en Poitou-Charentes en 2004 sont en emploi en 2007. Ce taux s’écarte peu de la moyenne nationale mais certaines régions limitrophes intègrent plus facilement les jeunes. Dans la région, pendant cette période, c’est dans les secteurs de la construction et des activités immobilières que les jeunes ont accédé de manière rapide et durable à l’emploi. Comparé aux régions limitrophes, les jeunes résidant en Poitou-Charentes se retrouvent plus souvent au chômage et obtiennent moins fréquemment un CDI. Près d’un jeune sur trois quitte la région après sa formation, principalement pour les régions limitrophes ou l’Île-de-France. Ce sont même 80 % des titulaires d’un bac+5 ou plus qui quittent le Poitou-Charentes après la fin de leurs études, le plus fort taux des régions françaises.

72 % des jeunes accèdent à l’emploi à l’issue des trois années suivant leur formation en Poitou-Charentes

Si 56 % des jeunes formés en Poitou-Charentes accèdent rapidement et durablement à l’emploi, d’autres y accèdent après une période de chômage (12 %) ou après une période d’inactivité ou de formation (4 %). À la fin des trois années suivant leur formation initiale en Poitou-Charentes, 72 % des jeunes réussissent donc à atteindre un emploi durable (illustration 1). Ce taux reste proche de la moyenne nationale de 73 %, mais s’écarte fortement de régions limitrophes comme les Pays de la Loire où 77 % des jeunes formés dans cette région parviennent à un emploi à l’issue des 3 ans suivant l’obtention de leur diplôme (illustration 2).

graphique : Part des différentes trajectoires des jeunes formés en Poitou-Charentes carte : Part des étudiants en emploi 3 ans après la fin de leurs études

L’industrie des biens d’équipement, les activités financières, le commerce et les services aux particuliers intègrent, en proportion, davantage de jeunes

Parmi les jeunes sortis du système scolaire en 2004 et en emploi en Poitou-Charentes en 2007, 23 % sont dans le secteur de l’éducation-santé-action sociale et 17 % dans le secteur du commerce. Ces deux secteurs sont ceux qui accueillent le plus de jeunes dans la région. Mais, proportionnellement, ce sont les secteurs des industries des biens d’équipement, des activités financières, du commerce et des services aux particuliers qui recourent le plus à ces jeunes en Poitou-Charentes (illustration 3). Dans la région, l’industrie automobile, la construction et les IAA font relativement moins appel aux jeunes sortants de 2004 qu’en moyenne nationale. L’intégration des jeunes apparaît en revanche plus facile en Poitou-Charentes qu’au niveau national dans les secteurs du transport, des industries des biens d’équipement et des biens intermédiaires, et des activités financières. Toutefois, l’intégration de jeunes dans ces secteurs trois années après la fin de leurs études ne signifie pas qu’ils y ont travaillé durant l’intégralité de cette période de primo-insertion.

graphique : Part des jeunes ayant terminé leur scolarité en 2004 dans l'effectif total du secteur

Un accès rapide et durable à l’emploi des jeunes dans la moyenne nationale

En Poitou-Charentes 56,7 % des jeunes de la génération 2004 accèdent rapidement et durablement à l’emploi, une proportion proche de celle observée au niveau national. Mais pour les étudiants ayant suivi leur formation en Pays de la Loire, Bretagne, Rhône-Alpes ou Midi-Pyrénées, l’insertion sur le marché du travail est plus rapide et durable (illustration 4).

carte : Part des étudiants ayant eu un accès rapide et durable à l'emploi

En Poitou-Charentes, les jeunes ayant un bac+2 Santé-social, une licence professionnelle ou sortant d’une école de commerce accèdent plus facilement à l’emploi, et davantage qu’au niveau national. En effet 80 % des jeunes formés en Poitou-Charentes en écoles de commerces accèdent rapidement et durablement à l’emploi contre 75 % pour la France métropolitaine. Ils sont 85 % dans la région contre 73 % à l’échelle nationale pour les licences professionnelles et 95 % contre 92 % pour les bacs+2 Santé-social. À l’inverse, dans la région, les jeunes ayant simplement un bac général ou ceux titulaires d’un diplôme d’ingénieur ou d’un doctorat ont un accès moins rapide et durable à l’emploi qu’en moyenne nationale.

Les activités immobilières et la construction intègrent plus rapidement et plus durablement les jeunes

La part des jeunes sortants de 2004 ayant connu un accès rapide et durable à l’emploi est plus élevée dans certains secteurs. En Poitou-Charentes, dans les activités immobilières, 85 % des jeunes sortants de 2004 en emploi dans ce secteur se sont insérés de façon rapide et durable. Dans la construction, 80 % sont dans cette situation (illustration 5). Au niveau national, ce sont plutôt dans les activités financières et l’énergie que se trouvent les jeunes ayant accédé à l’emploi de manière rapide et durable.

graphique : Part des jeunes ayant eu un accès rapide et durable à l'emploi selon le secteur

Les jeunes travaillant en Poitou-Charentes occupent des métiers moins qualifiés que dans le reste de la France

Les jeunes ayant terminé leurs études en 2004 et en emploi dans le Poitou-Charentes sont plus souvent employés ou ouvriers que dans les autres régions. Parallèlement, ils occupent moins fréquemment des postes de cadres ou de professions intermédiaires qu’au niveau national. Dans la région, moins d’un jeune sur douze est cadre contre plus d’un sur neuf en Province et plus d’un sur quatre en Île-de-France (illustration 6).

graphique : Répartition par catégorie socioprofessionnelle des jeunes, 3 ans après la fin de leurs études

Une proportion de CDI inférieure à celle des autres régions

En Poitou-Charentes, 56 % des jeunes de la génération 2004 en emploi sont en CDI. Cette part est inférieure à celle observée au niveau national (60 %). Elle est la plus faible des régions limitrophes (illustration 7).

carte : Part des CDI chez les jeunes en emploi, 3 ans après la fin de leurs études

Cependant, la part de CDI chez les sortants de 2004 est supérieure au reste de la France dans les industries de bien de consommation (62 % de CDI dans la région contre 54 % en France et moins de 57 % pour les régions limitrophes). À l’inverse, dans les industries des biens d’équipement, l’énergie, les activités financières et immobilières et les services aux particuliers, la part des CDI reste sensiblement moins importante en Poitou-Charentes qu’au niveau de la France et des régions limitrophes.

28 % des jeunes formés en Poitou-Charentes n’accèdent pas à un emploi durable à l’issue des trois années suivant leur formation

Si 72 % des jeunes formés en Poitou-Charentes accèdent à un emploi dans les trois années ayant suivi leur formation, 28 % ne sont pas en emploi stable à la fin de cette période. Ainsi, 9 % sont touchés par un chômage persistant et récurrent, 9 % ont connu le décrochage de l’emploi, 8 % sont en formation ou reprise d’étude et 2 % connaissent une inactivité durable. La part des jeunes concernés par ces types de trajectoires est proche de la moyenne nationale (27 %). Si le taux de chômage persistant et récurrent diffère peu de celui de la France métropolitaine (9 % en Poitou-Charentes contre 8,5 % en métropole), il reste nettement supérieur à celui de régions limitrophes comme les Pays de la Loire (4,9 %) ou l’Aquitaine (6,4 %) (illustration 8).

carte : Chômage persistant chez les jeunes sortants de 2004

En matière de diplôme, les jeunes les plus concernés par le chômage persistant et récurrent sont les non-diplômés et les bacs généraux, avec respectivement 26 % et 10 % après trois ans. Des taux plus élevés qu’au niveau national. Les titulaires d’un bac général se retrouvent pour 31 % d’entre eux en formation ou en reprise d’étude, 3 ans après avoir quitté le système éducatif.

29 % des jeunes formés en Poitou-Charentes migrent vers une autre région après leur formation

29 % des jeunes formés en Poitou-Charentes migrent vers une autre région après leur formation (illustrations 9a et 9b). Ils s’installent majoritairement en Île-de-France (23 %) et dans les régions limitrophes (46 %) (illustration 10). Ces migrations peuvent s’expliquer en partie par un accès rapide et durable à l’emploi supérieur dans certaines régions limitrophes. Ainsi, 67 % des jeunes formés en Poitou-Charentes ayant migré vers les Pays de la Loire accèdent rapidement et durablement à l’emploi. Ils sont 64 % dans la région Centre et 62 % en Île-de-France, contre 54 % parmi ceux restés en Poitou-Charentes.

carte : Part des étudiants ayant changé de région 3 ans après la fin de leurs études carte : Part des étudiants ayant changé de région 3 ans après la fin de leurs études - Titulaires d'un bac+5 ou plus graphique : Régions d'accueil des jeunes formés en Poitou-Charentes

Un impact minime des migrations sur l’accès à l’emploi

En fait, l’impact des migrations sur l’accès à l’emploi est minime. Les différences d’insertion décrites plus haut sont en fait imputables au meilleur niveau de diplôme des migrants. En effet, plus le niveau de diplôme augmente, plus les jeunes quittent la région après leur formation pour trouver un emploi. 52 % des titulaires d’un bac+3 ou plus vont s’installer dans une autre région après la fin de leurs études, et 80 % des titulaires d’un bac+5 ou plus. Le Poitou-Charentes est la 1ère région en termes de départs d’étudiants fortement diplômés. Cependant, les jeunes à niveau de diplôme élevé n’étaient pour la plupart pas originaires du Poitou-Charentes : 38 % des jeunes ayant terminé leurs études de niveau bac+5 et plus en Poitou-Charentes avaient eu leur bac dans une autre région, et 72 % n’étaient pas dans la région en classe de 6e. À l’opposé, les jeunes les moins diplômés restent dans la région : seulement 15 % de ceux ayant un niveau inférieur ou égal au bac migrent après leur formation.

Méthodologie

L’enquête Génération 2004

Les résultats sont issus de l’enquête Génération 2004 du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications). Au printemps 2007, le Céreq a interrogé un échantillon national de 65 000 jeunes sortis de formation initiale en 2003-2004, dont 3 700 jeunes en Poitou-Charentes. Ces individus sont issus de tous les niveaux de formation et font partie des 705 000 jeunes qui, cette année-là, ont quitté pour la première fois le système éducatif. Cette enquête, qui s’inscrit dans le dispositif des «enquêtes générationnelles» du Céreq, succède à trois précédentes éditions auprès des jeunes sortis de formation initiale en 1992, en 1998 et en 2001. Son objectif est d’analyser les premières années de vie active.

L’enquête Génération permet de suivre, mois par mois, la situation des jeunes : emploi, chômage, inactivité, formation ou reprise d’études. À partir de ces données sur les trois années suivant la sortie du système scolaire, une typologie a été réalisée permettant de distinguer 8 types de trajectoire :

  • Accès rapide et durable à l’emploi : dans cette trajectoire, la plus grande partie des trois années a été consacrée à des périodes d’emploi et la plupart des jeunes composant cette catégorie n’a même jamais connu le chômage.
  • Accès différé à l’emploi après une période de chômage : il s’agit de jeunes qui sont en emploi 3 ans après avoir fini leurs études, mais qui ont connu au préalable une période de chômage
  • Accès différé à l’emploi après une période d’inactivité ou de formation : ces jeunes se retrouvent globalement en emploi 3 ans après la fin de leurs études, mais après avoir connu une période, plus ou moins longue, d’inactivité ou de formation
  • Chômage persistant ou récurrent
  • Décrochage de l’emploi
  • Inactivité durable
  • Formation ou reprise d’études de longue durée
  • Formation ou reprise d’études de courte durée

Comparaison avec les résultats du recensement de la population

Si les résultats présentés ici concernent les jeunes 3 ans après leur sortie du système scolaire en 2004, le recensement permet de décrire l’ensemble des jeunes en 2007. Ces deux populations présentent logiquement quelques différences. Ainsi, parmi les jeunes de 20 à 29 ans ayant terminé leurs études et qui travaillent, 68 % ont un CDI en Poitou-Charentes, contre 56 % pour les jeunes sortis en 2004. Ceci est vraisemblablement imputable au fait que tous les jeunes de 2007 sont en moyenne engagés depuis plus longue date dans l’emploi que la seule génération 2004. Quant à l’écart de proportion de CDI entre le Poitou-Charentes et la France métropolitaine, il reste inchangé avec 4 points d’écart en défaveur de la région.

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e.décim@l n°9
novembre 2010

Bibliographie

Partenaires

Cette étude a été rédigée à partir du rapport de stage de Tiffanie Mahé, étudiante à l’IUT de Niort. Les données ont été fournies par le Conseil régional du Poitou-Charentes et la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation , du travail et de l'emploi), qui ont financé une extension de l’enquête «Génération 2004».