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Synthèse régionale

La Basse-Normandie dans la tourmente

Auteur : Magali LANSON-DURANCEAU - Insee

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En 2012, les difficultés économiques rencontrées au niveau national (ralentissement de la demande internationale, diminution des investissements, baisse du pouvoir d'achat des ménages...) sont perceptibles en Basse-Normandie. L’activité se contracte dans les principaux secteurs, ce qui a pour effet immédiat d’accroître le nombre de demandeurs d’emploi dans la région.

Une activité en recul dans de nombreux secteurs

En 2012, le chiffre d’affaires de l’industrie n’a progressé que de 2 %. Pourtant, après la récession de 2008-2009, l’activité des entreprises industrielles bas-normandes était repartie à la hausse. La croissance annuelle du chiffre d’affaires dépassait alors 7 %. L’industrie automobile et ses équipementiers ont été très impactés et affichent même un recul de leur chiffre d’affaires. A l’opposé, les industries agroalimentaires et pharmaceutiques tirent leur épingle du jeu.

Dans la construction, l’année 2012 restera marquée par un net repli de l’activité. Les autorisations de construire reculent de 14 %. Les ventes de logements neufs reculent également. Ceci a cependant pour effet de détendre un peu le marché immobilier et donc les prix à la vente.

Cette baisse d’activité générale frappe de plein fouet les petites structures telles que les entreprises artisanales. En fin d’année 2012, 44 % des artisans enregistrent des difficultés de trésorerie, un niveau jamais atteint depuis 15 ans. La baisse d’activité se répercute également sur les secteurs des services tels que le transport : l’activité des ports bas-normands est en repli en 2012. Par ailleurs, à la recherche d’économies, les entreprises ont également réduit leur recours à des prestataires et les activités de services aux entreprises ralentissent dans la région.

En réponse à cette activité économique morose, les entreprises bas-normandes réduisent leurs effectifs. De fin 2011 à fin 2012, 5 200 emplois salariés ont été détruits dans la région, dont 3 900 emplois permanents. Construction, industrie, services marchands, transport et commerce sont touchés. Seuls les secteurs de l’hébergement et de la restauration, de l’information et de la communication, et des services immobiliers créent des emplois cette année.

Ces destructions d’emploi ont pour effet mécanique immédiat d’augmenter le nombre de demandeurs d’emploi. Fin décembre 2012, 101 180 Bas-Normands sont demandeurs d’emploi. C’est un niveau jamais atteint, en progression de 6,6 % sur un an. Le chômage touche ainsi 9,7 % de la population active régionale au 4e trimestre 2012. Les hommes et les seniors sont les plus touchés par la dégradation du marché du travail. Mais cette hausse du chômage depuis quelques années a fait grossir les rangs des chômeurs de longue durée : les demandeurs d’emploi de plus de trois ans représentent aujourd’hui 10,1 % des chômeurs, soit autant que le niveau record des années 1999 à 2001.

Dans ce contexte difficile, le nombre de créations d’entreprises (hors auto-entrepreneurs) est en berne. Il recule de 10,4 % en Basse-Normandie. Dans le même temps, les défaillances d’entreprises progressent de 1,3 %. En revanche, comme une réponse à la hausse du chômage, les créations d’auto-entreprises reprennent en 2012 (+ 7 %). La possibilité de créer sa propre activité ou de disposer d’un revenu complémentaire, à faible coût, est ainsi fortement plébiscitée.

Des conditions climatiques qui ont impacté le tourisme et l’agriculture

Aux conditions économiques difficiles s’ajoutent des conditions climatiques peu favorables au tourisme en 2012. Humidité et fraîcheur marquent une grande partie du printemps et de l’été. Les campings bas-normands sont les plus touchés (- 8 % de nuitées), en raison de la désaffection des touristes britanniques et néerlandais (- 20 %). Moins touchée, la fréquentation des hôtels recule de 2,3 %. Si la fréquentation étrangère reste stable grâce aux clients extra-européens (USA, Japon), les touristes français, par contre, sont moins nombreux.

En revanche, l’activité des aéroports bas-normands continue de croître grâce au développement des lignes régulières et des charters au départ de Caen-Carpiquet, Deauville - Saint-Gatien et Cherbourg-Maupertus.

Autre secteur sensible aux conditions climatiques, l’agriculture affiche un résultat mitigé en 2012. Si le climat a été favorable aux céréales à paille, aux oléagineux et à la pousse d’herbe, il a contrarié les récoltes de maïs, de betteraves et de pommes. Du côté de l’élevage, la hausse des prix internationaux des céréales a conduit à un accroissement des charges d’alimentation dans les exploitations.

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Bilan économique 2012 en Basse-Normandie - Mai 2013