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L'année 2012 dans la Manche

L’économie de la Manche se défend face à la crise

Date de mise à jour : 23/05/2013

Auteurs : Anne-Claire FRETAY, Jean-Louis MURY - Insee

Résumé

Malgré l’ambiance maussade de l’année 2012, le département de la Manche limite ses pertes d’emploi grâce au secteur tertiaire et à une industrie bien ancrée et un peu moins exposée aux aléas conjoncturels. Le taux de chômage reste en deçà de la moyenne régionale, même si la demande d’emploi s’amplifie. L’hôtellerie bénéficie d’une fréquentation touristique en hausse due au retour de la clientèle étrangère. Cependant, la construction éprouve des difficultés et l’agriculture souffre des caprices du ciel et de la hausse du cours des matières premières.

Sommaire

Publication

En 2012, à l’image de ce qui s’observe en Basse-Normandie, la situation économique de la Manche s’érode. La demande d’emploi s’accentue. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A progresse de 8,8 %, soit deux fois plus vite qu’en 2011. Fin 2012, le département compte ainsi 19 800 chômeurs inscrits en catégorie A à Pôle emploi. La diminution des emplois précaires et de courte durée explique, en partie, ce phénomène. De fait, le taux de chômage s’accroît de 0,7 point, pour atteindre 8,8 % de la population active au 4e trimestre 2012. Il augmente toutefois moins rapidement que celui du Calvados (+ 1 point) ou de l’Orne (+ 0,9 point). De plus, il demeure inférieur aux taux régional (9,7 %) et national (10,2 %).

En un an, la situation des personnes de 50 ans et plus face au marché du travail s’est détériorée. Fin 2012, la part des seniors dans la demande d’emploi départementale s’élève à 21,7 %, contre 20,7 % en Basse-Normandie. À l’autre extrémité, les jeunes Manchois de moins de 25 ans peinent toujours à s’insérer sur le marché du travail.

Repli d’emploi limité grâce à l’industrie et aux services

En 2012, la Manche parvient à limiter les pertes d’effectifs salariés dans le secteur marchand non agricole (- 0,8 %), contrairement à ses voisins bas-normands (- 1,7 % dans le Calvados et - 3 % dans l’Orne). L’industrie manchoise parvient à préserver ses emplois grâce à des spécificités souffrant moins des soubresauts de la conjoncture mondiale (agroalimentaire, nucléaire, industries textiles spécialisées dans le luxe). Néanmoins, après les scandales dévoilés en début 2013 dans les plats préparés, des inquiétudes apparaissent dans l’agroalimentaire.

L’emploi dans les services est également peu impacté (- 0,3 %), même si le ralentissement de l’activité n’épargne pas le commerce (- 0,9 %). Après une année 2011 morose, la fréquentation des hôtels de la Manche progresse de 2,2 % grâce au retour de la clientèle étrangère (+ 14,5 %). Elle est, en particulier, en hausse dans la Baie du Mont Saint-Michel, à Cherbourg, Saint-Lô et Coutances. En revanche, l’été plutôt capricieux a été défavorable aux campings, avec une fréquentation en berne de - 8 %. Seul le Coutançais fait exception.

L’activité des entreprises artisanales de la Manche recule, comme dans l’ensemble de l’artisanat régional. Néanmoins, une amélioration en termes d’emplois et de trésorerie se fait sentir en milieu d’année, contrairement au reste de la Basse-Normandie. Les investissements, quant à eux, continuent à se dégrader.

Situations difficiles dans la construction, l’agriculture et le transport

Après une année 2011 plutôt dynamique, le secteur de la construction rencontre des difficultés, et réduit de 0,9 % ses effectifs salariés en 2012. Ce repli de l’emploi s’explique par le net recul des autorisations de construire, notamment dans le logement individuel. En 2012, la contraction des emplois dans la construction est, à elle seule, à l’origine des trois quarts des pertes d’emplois salariés dans la Manche.

L’agriculture manchoise a souffert d’une humidité exceptionnelle, surtout au second semestre. Les rendements et la qualité des cultures végétales en 2012 sont inférieurs à ceux de 2011, notamment en maïs (grain ou ensilage). Ce constat est également identique pour les légumes d’hiver : les arrachages ont été difficiles et la récolte de certains légumes, comme la carotte, est plus faible du fait de l’apparition de pourritures. Les éleveurs, quant à eux, ont pâti de la hausse des cours des céréales et des matières protéiques. Les livraisons de lait en 2012 sont moindres qu’en 2011, année record en terme de production laitière.

Comme dans l’ensemble des ports bas-normands, l’année 2012 est difficile pour les ports de Cherbourg et de Granville, le trafic passager et fret étant en repli. Seul le trafic à destination de l’Irlande présente un bilan positif. L’aéroport Cherbourg- Maupertus affiche, quant à lui, une forte augmentation de son trafic (+ 50 %).

Enfin, l’année 2012 se solde par une diminution de 3,1 % des créations d’entreprises dans la Manche, contre - 0,8 % en Basse-Normandie. Les créations d’auto-entreprises repartent à la hausse (+ 17 %) mais les créations de sociétés et d’entreprises individuelles, elles, s’effondrent (-21 %).

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Tableau de bord de l'année 2012 dans la Manche
Manche Basse-Normandie
Valeur Évolution 2012/2011 Valeur Évolution 2012/2011
*Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs.
(p) données provisoires
** y.c. auto-entrepreneurs
Sources: Insee, Direccte, Pôle Emploi, Dreal
Emploi salarié du secteur marchand non agricole (*) (au 4ème trimestre 2012) 101 100 -0,8% 313 100 -1,6%
dont :
Industrie 32 300 -0,2 % 87 400 -1,6%
Construction 13 300 -3,9% 34 800 -3,7%
Tertiaire marchand 55 500 -0,3% 190 900 -1,3%
      dont commerce 21 000 -0,9% 64 000 -0,9%
      dont interim 4 000 -6,0 % 12 600 -9,7%
Taux de chômage localisé (au 4ème trimestre 2012) (p) 8,8% +0,7 pt 9,7% +0,8 pt
Demandeurs d'emploi de catégorie A 19 800 +8,8% 66 300 +9,4%
Créations d'entreprises (**) 2 318 -3,1% 8 722 -0,8%
Logements autorisés 2 400 -13,6% 8 652 -13,8%
dont :
Logements individuels 1 981 -14,6% 5 318 -18,3%
Logements collectifs + résidences 419 -8,3% 3 334 -5,4%
Tourisme
Nuitées en hôtels (en milliers) 1 218 +2,2% 4 618 -13,8%
Nuitées en camping (en milliers) 1 169 -8,0% 2 413 -7,9%

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Les événements en 2012 dans la Manche

Février

  • La Brittany Ferries dont les pertes se creusent malgré un chiffre d’affaires en hausse, annonce qu’elle ne desservira plus le port de Cherbourg toute l’année pour le transport de passagers. Seuls deux navires rapides reprendront du service cet été sur les lignes Cherbourg-Poole et Cherbourg-Portsmouth.

Mars

  • La fonderie Cornille-Harvard à Villedieu-les-Poêles débute la fabrication de huit nouvelles cloches destinées à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
  • DCNS et Ports normands associés signent un accord pour implanter à Cherbourg une usine de production d’hydroliennes destinées à être déployées sous le raz Blanchard, au large de La Hague. Cette implantation entraînera la création de plusieurs centaines d’emplois directs.

Avril

  • La Cité de la mer à Cherbourg inaugure son espace consacré au Titanic et à l’émigration et célèbre son dixième anniversaire. Durant ces 10 ans, 2 500 000 visiteurs ont franchi l’entrée de la Cité de la mer.
  • Le groupement EDF-Alstom à qui l’État vient d’attribuer trois champs d’éoliennes offshore dont celui prévu au large de Courseulles-sur-Mer, choisit Cherbourg pour installer une usine destinée à la construction des mats et pâles et à l’assemblage des futures éoliennes.

Juin

  • Le groupe américain Aptar rachète l’entreprise Stelmi, spécialisée dans les composants en caoutchouc pour l’industrie pharmaceutique, dont les deux sites de production, basés à Granville et à Brécey emploient respectivement 280 et 230 salariés.
  • Le groupe agroalimentaire AIM, basé à Sainte-Cécile, investit 2,35 millions d’euros pour l’ouverture d’un atelier de découpe à Vire. L’effectif de 40 salariés devrait doubler avec la mise en place d’une deuxième équipe de production.

Juillet

  • Créée en 1925 à Tessy-sur-Vire, l’entreprise familiale de bâtiment et travaux publics Zanello intègre le groupe Ramery, autre entreprise familiale installée près de Lille.

Août

  • La mise en service des navettes d'accès au Mont-Saint-Michel fin avril a entraîné une fréquentation moindre du site et la baisse du chiffre d’affaires des commerces et musées.

Septembre

  • La métallerie SMSL, fondée à la fin des années 50 et implantée à Agneaux, est placée en liquidation judiciaire. Déjà en difficulté en 2010 elle fut sauvée par un projet porté par les salariés au prix d’un effectif passant de 234 à 67 salariés. 20 personnes ayant déjà quitté l’entreprise en juin suite à un nouveau plan social, les 46 salariés restants sont licenciés.

Novembre

  • La coopérative Les Maîtres laitiers inaugure une nouvelle usine à Sottevast. Cette usine automatisée, fruit d’un investissement de 160 millions d’euros sur trois ans, doit lui permettre d’augmenter les volumes de produits exportés et de faire face ainsi à la fin des quotas laitiers prévue en 2015.
  • EDF confirme la mise en service du réacteur nucléaire EPR à Flamanville en 2016 mais aussi une nouvelle hausse du coût de sa construction. Les travaux de génie civil arrivent à terme et 236 salariés locaux ont quitté le chantier.

Décembre

  • Bénéficiant d’une continuation d’activité de 3 mois après avoir été placée en liquidation en octobre, l’entreprise Picot SA, sous-traitant automobile installé à Coutances est reprise par un consortium constitué autour du directeur général mais 36 emplois sont supprimés sur un total de 163.
  • L’entreprise Les Tricots Saint-James est reprise par un groupe de cadres dirigeants. L’entreprise emploie 300 personnes sur son site de production de Saint-James.

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Définitions

Avertissement : Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Bilan économique 2012 en Basse-Normandie - Mai 2013