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Bilan 2011 - L'année 2011 dans la Manche

L’économie manchoise résiste

Auteur : Anne-Claire FRETAY - Insee

Contrairement à ses voisins bas-normands, le département de la Manche parvient à préserver ses emplois, grâce à la construction et à son industrie, alors que le secteur tertiaire rencontre des difficultés. Le taux de chômage progresse pourtant, mais demeure inférieur à la moyenne régionale. La situation se dégrade pour les seniors et les chômeurs de très longue durée. La filière touristique a souffert de la météo capricieuse de l’été 2011 et de la désaffection de la clientèle étrangère.

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La vigueur de l’économie de la Manche en 2010 s’essouffle en 2011. Avec 18 232 chômeurs inscrits en catégorie A fin 2011, la demande d’emploi s’accroît de 3,5 % en un an. Cette hausse est moins marquée qu’au plan régional (+ 4,1 %) et national (+ 5,5 %), mais reste supérieure à celle de 2010 (+ 2,3 %). De fait, le taux de chômage repart légèrement à la hausse. Il progresse de 0,2 point, comme en France métropolitaine, pour atteindre 8 % de la population active manchoise au 4ème trimestre 2011. Il demeure nettement inférieur aux taux régional (8,8 %) et national (9,4 %). En un an, la part des seniors dans la demande d’emploi départementale passe de 17,7 % à 20,5 %. Celui des chômeurs de très longue durée croît de 1,9 point, atteignant 17,8 % des demandeurs d’emploi, comme en Basse-Normandie. Enfin, le marché du travail reste toujours préoccupant pour les jeunes manchois de moins de 25 ans.

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L’industrie et la construction stabilisent l'emploi

Après une année 2010 favorable à l’emploi (+ 1 %), le nombre de salariés du secteur marchand non agricole stagne dans la Manche, qui résiste toutefois mieux que ses voisins bas-normands. La Manche dispose, en effet, de spécificités sectorielles, notamment dans l’industrie, qui lui permettent de mieux supporter la concurrence et les aléas de la conjoncture mondiale. L’industrie crée même 190 emplois en 2011, alors qu'elle en perd dans les autres départements bas-normands.

De même, la construction affiche un certain dynamisme, en créant 260 emplois en un an, grâce à une reprise de la production de logements. Comme dans l’ensemble de la région, la mise en chantier de logements dans la Manche renoue avec la croissance (+ 7 %), mais plus timidement que dans le Calvados (+ 9 %). Cette progression est essentiellement due à la construction de près de 600 logements collectifs.

L’activité des entreprises artisanales, dont une grande proportion appartient au secteur de la construction, s’améliore davantage dans la Manche que dans l’Orne ou le Calvados. Ces entreprises ont plus investi en 2011. Cependant, les difficultés de trésorerie persistent. L’agriculture manchoise affiche un bilan plutôt positif. En effet, stimulée par la hausse du prix du lait amorcée en 2010, la production de lait s’accroît. Les aléas climatiques n’ont pas trop nui aux rendements agricoles, assez voisins de leurs moyennes récentes. Le maïs a même bénéficié de l’été pluvieux pour afficher un excellent rendement.

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Situation fragile dans les services et le tourisme

Le secteur tertiaire manchois rencontre des difficultés en 2011. Si l’emploi dans les services marchands reste stable par rapport à 2010, les effectifs dans le commerce continuent à s’éroder. Du fait de la contraction des créations d’entreprises chez les auto-entrepreneurs, le nombre de créations diminue de 15,5 % en 2011. C’est la plus forte baisse des trois départements bas-normands. Les créations d’entreprises reculent dans tous les secteurs, surtout dans l’industrie et le commerce.

La météo estivale, pluvieuse, a plus affecté la Manche - dominée par le tourisme de plein air - que les autres départements bas-normands. La fréquentation des campings manchois baisse (- 3,4 %) tandis que celle des hôtels reste stable. La clientèle étrangère a, en particulier, fait défaut.

L’année 2011 est contrastée pour les ports et l’aéroport manchois. Le trafic passager baisse légèrement dans l’aéroport de Cherbourg. Du coté du transport maritime, le trafic du port de Cherbourg s’accroît, malgré l’arrêt de l’exploitation du Barfleur le 1er octobre. Le bilan du fret transmanche est défavorable, à la différence de celui du fret conventionnel grâce à la croissance du trafic de charbon. Le port de Granville quant à lui présente un trafic visiteurs et marchandises en hausse.

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