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Bilan 2011 - Emploi

L'emploi se contracte

Auteur : Michel MOISAN - Insee

L’emploi repart à la baisse. Fait notable, ce ne sont pas des pertes d’effectifs dans l’industrie qui expliquent cette fois le recul, mais la mauvaise santé de la construction. L’emploi dans le commerce est lui aussi en baisse, alors que dans les services, les situations sont contrastées.

Sommaire

Publication

En 2011, les effectifs salariés dans le secteur marchand non agricole ont baissé de 0,3 % en Basse-Normandie. Cela représente un millier d’emplois perdus. La reprise modérée de l’emploi qui avait accompagné la sortie de la récession, en 2010 (+ 0,5 %) semble déjà loin. En revanche, en France, la croissance de l’emploi se poursuit, même si c’est à un rythme ralenti : + 0,4 % en 2011 contre + 0,9 % en 2010.

La construction en première ligne

En Basse-Normandie, la baisse de l’emploi est imputable à la chute des effectifs dans la construction et dans certains secteurs des services, alors que les effectifs industriels sont quasi stables. C’est une situation inédite. Le secteur de la construction en Basse-Normandie ne s’est toujours pas remis de la crise immobilière de 2008. En 2011, ses effectifs salariés ne profitent pas de la reprise d'activité et ont à nouveau reculé fortement : - 2,4 % (sans compter les intérimaires), contre - 0,8 % en France. En trois ans, le secteur bas-normand aura perdu 2 340 emplois permanents. Conséquence de la contraction de l’emploi dans le bâtiment, les activités immobilières sont également en recul : - 2,6 % de ses effectifs salariés (+ 0,1 % en France).

Les services marchands restent les plus porteurs de la croissance de l’emploi, mais, après le rebond de 2010, la morosité s’est installée. Globalement, l’augmentation des effectifs (hors intérim) est passée de + 1,7 % en 2010 à + 0,4 % en 2011. En fait, les situations sont très variables. Les transports et l’entreposage, sortis du rouge en 2010, replongent en 2011 avec un retrait des effectifs de près de 1 % (+ 0,3 % en France). Les secteurs de la communication et de l’information reculent aussi (- 2 %, contre + 2,1 % en France). En revanche, les services de soutien aux entreprises (conseil, assistance, services opérationnels divers) se renforcent, avec un accroissement des effectifs (+ 2,3 %, comme en France) qui dépasse même celui de 2010 (+ 1,5 %). Fin 2011, ce secteur offrait 750 emplois de plus qu’en 2010. Si les entreprises ont peu embauché en 2011, elles ont encore accru leur demande de soutien externe, favorisant l’embauche chez les prestataires.

Du côté des secteurs économiques les plus en prise avec la consommation finale des ménages, les situations sont contrastées. Les effectifs reculent dans le commerce (- 0,5 %), alors que la tendance est à la hausse en France (+ 0,7 %). La baisse des effectifs est plus prononcée dans les activités culturelles et de loisirs et les services à la personne (- 3,4 % en Basse-Normandie, - 2,6 % en France). Dans ce secteur plutôt féminisé, 600 emplois ont été perdus. Seuls les secteurs de la restauration et de l’hébergement s’en sortent bien, avec des effectifs salariés en progression de 2,4 % en 2011 (+ 1,5 % en France). Ce secteur s’affirme d’ailleurs comme celui ayant le plus fortement crû ces dix dernières années en Basse-Normandie, avec une croissance proche de 20 % sur cette période.

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L’emploi industriel se maintient

Après avoir baissé régulièrement depuis 10 ans, et notamment en 2008 et 2009 en raison de la crise mondiale, les effectifs industriels se stabilisent en 2011. On observe d’ailleurs le même phénomène en France. Profitant d’une nette reprise de l’activité en 2010 et 2011, les industriels ont stoppé les réductions d’effectifs pour ne pas mettre en péril leur capacité à satisfaire la demande. Certains secteurs ont même continué d’accroître les embauches d’intérimaires. Cet arbitrage a permis aux industriels d’augmenter leur production tout en gagnant en productivité et en confortant leurs marges d’exploitation.

Les secteurs industriels les plus touchés par le recul de l’emploi entre 2008 et 2010 sont aussi ceux qui ont stoppé le plus notablement les baisses d’effectifs en 2011. Ainsi le secteur de l’électronique et du matériel électrique recule "seulement" de 1,6 %, après s’être effondré en 2008, 2009 et 2010. En dix ans, ce secteur aura quand même perdu presque un emploi sur cinq. La fabrication de matériels de transport (automobile, construction navale) affiche quant à elle une modeste croissance des effectifs (+ 0,7 %), tout comme des secteurs traditionnels encore puissants en Basse-Normandie, tels que la métallurgie et la mécanique. En revanche, dans l’agroalimentaire, les effectifs baissent légèrement : - 1,2 %, un peu plus qu’en France (- 0,7 %).

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Dans la Manche, l’emploi résiste grâce à l’industrie et à la construction

Le rebond de l’emploi dans la Manche en 2010 (+ 1 %) est stoppé net. En 2011, l’emploi départemental reste stable grâce à la construction et à une industrie relativement préservée des soubresauts des marchés mondiaux. Les effectifs industriels progressent même de près de 1 % en un an. De plus, à rebours de la tendance dans les autres départements bas-normands et en France, la construction affiche aussi un certain dynamisme (+ 0,6 %). Ensemble, l’industrie et la construction ont offert près de 400 emplois nouveaux dans la Manche en un an. Mais c’est dans le tertiaire que le bât blesse. L’emploi dans les services stagne, les gains d’emplois (environ 200) étant annihilés par le recul de l’intérim. De même, les effectifs dans le commerce s'effritent notablement.

Dans le Calvados, après l’éclaircie, c’est à nouveau la grisaille : les effectifs baissent de 0,1 % en 2011 après avoir augmenté de 0,7 % en 2010. Dans ce département, c’est même la grosse déprime dans la construction, qui perd près de 4 % de ses effectifs, soit une purge de 620 emplois en un an, sans compter la perte d’emplois intérimaires. L’emploi industriel, lui, se maintient. La reprise de l’activité est apparue suffisamment solide pour stopper la réduction des effectifs. Mais, comme dans la construction, les intérimaires sont un peu moins nombreux en emploi en fin d’année qu’un an auparavant. Hors le secteur de l’intérim, les services marchands, tant vers les entreprises que vers les particuliers, restent tout de même le secteur offrant le plus d’emplois nouveaux dans le Calvados. En 2011, ces emplois nouveaux sont estimés à 360 (soit une croissance des effectifs de + 0,5 %). Le commerce reste également une valeur sûre, avec 230 emplois supplémentaires offerts en un an (+ 0,7 %), grâce notamment à l’implantation de nouvelles enseignes comme IKEA à Fleury-sur-Orne et à l’agrandissement des zones commerciales périphériques de Caen comme autour de Cora à Rots.

Dans l’Orne, tous les clignotants sont au rouge. Les effectifs baissent un peu dans le tertiaire et dans l’industrie. Mais la baisse d’emploi dans la construction, parmi les cinq plus fortes de la métropole (- 5,1 %) , explique à elle seule 40 % de la diminution de l’emploi salarié dans l’Orne en 2011. Les autres pertes d’emploi sont réparties entre les services (- 0,9 %), l’industrie (- 1 %) et le commerce (- 1,8 %). Le seul élément de satisfaction (toute relative) est le ralentissement des pertes d’emploi dans l’industrie. Le département avait en effet été lourdement frappé par le recul industriel en 2009 (- 6 %).

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Méthode

Les estimations de l’emploi salarié dans le secteur marchand non agricole au quatrième trimestre 2011 sont encore provisoires. Ces estimations donnent le nombre de personnes en emploi selon un concept d’emploi proche de celui du Bureau international du travail (BIT). Toutes les estimations sont corrigées des variations saisonnières.

Une version provisoire des estimations trimestrielles est disponible 45 jours après la fin d’un trimestre et une version révisée 70 jours après la fin de ce trimestre. Les estimations trimestrielles locales sont calées sur les estimations nationales publiées dans la collection "Informations Rapides" de l’Insee.

Toutes les données sont disponibles selon la nouvelle nomenclature d’activité (NAF rév.2).

Le "secteur marchand non agricole" regroupe l’ensemble des secteurs d’activité, excepté l’agriculture, la pêche, les services administrés (éducation, santé, action sociale, administration publique).

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