Auteur : Jean-Pierre BELVEZET - Dreal
Après plusieurs années de baisse, les surfaces de locaux d’activité se stabilisent en 2011. La construction de logements neufs reprend même légèrement en Basse-Normandie alors qu’elle baisse en France, après le rebond enregistré l’année dernière. La reprise des ventes d’appartements neufs, alimentée par le marché calvadosien, se confirme également.
Avec près de 7 600 mises en chantier en 2011(1), la construction neuve de logements renoue avec la croissance (+ 7,5 %) après trois années de baisse consécutives. La reprise des autorisations constatée dès 2010 s’est en effet répercutée sur les ouvertures de chantier cette année. Leur maintien s’est prolongé tout au long de 2011, alimenté par des investisseurs ayant sans doute anticipé la réduction des avantages du dispositif Scellier.
La Basse-Normandie s’affiche ainsi comme une région où la construction de logements progresse en 2011, contrairement aux régions voisines : - 4 % en Haute-Normandie, - 7 % en Bretagne, - 12 % dans les Pays de la Loire et à la France (- 4 %). Toutefois, ces évolutions sont à nuancer car, tant en France que dans ces régions, la reprise avait été particulièrement marquée en 2010.
La reprise bas-normande est surtout tirée par l’activité du Calvados (+ 9 %). Elle provient essentiellement de la nette reprise de la construction de maisons individuelles en milieu diffus (+ 22 %), les maisons en lotissement affichant un niveau proche de celui de l’année précédente. La construction de logements collectifs calvadosiens est également repartie (+ 6 %) pour se rapprocher des 1 200 unités, soit un volume supérieur aux 800 à 1 000 logements observés au début des années 2000.
La progression est un peu moins franche dans la Manche, mais reste de bonne tenue (+ 7 %). L’individuel se maintient et c’est le collectif, avec près de 600 logements, qui entretient l’activité du bâtiment dans le département. Dans l’Orne, la reprise plus mesurée (+ 3 %) se concentre, comme dans la Manche, sur le collectif.
La Basse-Normandie fait partie des régions où l’essentiel de la construction de logements est constitué de maisons individuelles (près de 69 % des mises en chantier en 2011). C’est un peu moins qu’en Limousin, en Poitou-Charentes ou en Auvergne (entre 75 et 83 %), mais plus qu’en Haute-Normandie, en région Centre ou en Bretagne (entre 60 et 66 %). Même si cette proportion est moins élevée que dans la Manche ou dans l’Orne, la part de l’individuel reste importante dans le Calvados (61,5 %), département le plus urbanisé.
(1) Données en dates réelles (voir encadré)
La baisse continue depuis 2007 des surfaces mises en chantiers de locaux d’activité a été endiguée en 2011. Avec près de 600 000 m², l’année 2011 affiche même un léger regain (+ 6 %) par rapport aux 565 000 m² de 2010 (1 730 000 m² en 2007).
Ce rebond concerne notamment les locaux industriels, particulièrement touchés en 2010, les locaux commerciaux et les hébergements hôteliers. Les entrepôts, en revanche, ne confirment pas le sursaut enregistré en 2010, et les locaux agricoles continuent de reculer. Les surfaces de locaux accueillant des services publics confortent la reprise observée en 2010, les mises en chantier atteignant un niveau comparable en 2011.
L’embellie de 2011 tient à la croissance des surfaces mises en chantier dans le Calvados (+12 %) et dans l’Orne (+11 %), tandis qu’elles continuent de diminuer dans la Manche, à un rythme moins important (- 5 %).
La bonne tenue de la commercialisation d’appartements neufs(2) de 2010 s’est confirmée en 2011. Avec 1 380 ventes, l’activité progresse même légèrement (+ 2,1 %). Dans l’hexagone, après un regain nettement plus vigoureux en 2009, et une croissance encore vive en 2010, la commercialisation d’appartements a reculé en 2011 (- 9,1 %). Le poids de la Basse-Normandie s’est donc légèrement renforcé cette année, pour atteindre 1,5 % des ventes nationales.
L’activité a été portée par le Calvados, qui a concentré plus de huit ventes sur dix en 2011. Avec un peu plus de 200 ventes, la Manche enregistre un léger recul cette année et l’Orne reste sur la situation de 2010, avec un marché atone (une dizaine de ventes).
Les promoteurs ont poursuivi sur leur lancée de 2010 en mettant sur le marché de nouveaux biens. Les stocks constatés en fin d’année sont ainsi un peu plus élevés en 2011 (990 logements contre 860 fin 2010), mais loin des niveaux atteints en 2007 et 2008.
Après le pallier de 2009, les prix avaient particulièrement augmenté en 2010. Avec 3 442 €/m², ils se stabilisent en 2011 (+ 0,8 %). Le marché bas-normand ne suit donc pas la tendance nationale : le prix de vente des appartements a continué d’augmenter quasiment au même rythme qu’en 2010 (+ 5,6 %) alors même que les ventes ont diminué. La Basse-Normandie n’en demeure pas moins la 5ème région la plus chère, entre l’Aquitaine et le Poitou-Charentes.
Le maintien des prix bas-normands tient à la poursuite d’un double phénomène : d’une part, la concentration croissante des ventes dans le Calvados, où les prix sont plus élevés, et d’autre part, le poids grandissant des petits logements dans les ventes (61 % de T1 ou de T2 en 2011, contre 52 % en 2010). Ce phénomène se retrouve également dans les régions voisines, mais la proportion de T1-T2 n’atteint pas le niveau de la Basse-Normandie (entre 53 et 57 %).
(2) Source : Dreal de Basse-Normandie - Enquête sur la Commercialisation de Logments Neufs (voir encadré)
Après une légère hausse l’an dernier, les loyers du secteur privé(3) se maintiennent en 2011, avec une valeur au mètre carré qui s’établit à 11,2 € pour la Basse-Normandie. Stables à 12 €/m² dans le Calvados, les loyers se sont légèrement repliés, autour de 8,6 €/m², dans la Manche tandis qu’ils ont augmenté dans l’Orne (7,8 €/m²). En France, le prix des loyers au m² continue de progresser pour atteindre 12,5 €/m² en 2011. Les loyers bas-normands restent comparables à ceux de Haute-Normandie et demeurent plus élevés qu’en Pays-de-la-Loire, en Bretagne et en région Centre.
Construction neuve : les données proviennent des permis de construire collectés dans la base Sit@del 2. On distingue les logements et les locaux d’activité. Deux séries sont observées : les autorisations (permis de construire autorisés par les autorités compétentes) et les mises en chantier (début des travaux).
Avertissement : les données prises en compte dans la rédaction de ce bilan sont issues des séries en dates réelles, rattachant chaque événement (autorisation, mise en chantier) au mois au cours duquel il s’est effectivement produit et non à la date à laquelle il a été intégré dans la base. En conséquence, les données présentées dans ce Bilan ne sont pas comparables avec celles des éditions précédentes.
Commercialisation des logements neufs : l’Enquête sur la Commercialisation des Logements Neufs (ECLN) est réalisée auprès des promoteurs. Les résultats présentés ici concernent uniquement les données sur les logements collectifs. On distingue les ventes (logements réservés), les mises en ventes (logements proposés à la vente par les promoteurs) et les stocks (encours de logements disponibles à la vente qui n’ont pas trouvé acquéreur en fin de période).
Loyers du secteur privé : base Clameur (Connaître les Loyers et Analyser les Marchés sur les Espaces Urbains et Ruraux).
Loyers du secteur public : l’Enquête sur le Parc Locatif Social (EPLS) a été remplacée en 2011 par un Répertoire du Parc Locatif Social (RPLS). Le nouveau contour de l’interrogation, notamment sur la nature de la surface comptabilisée, ne permet pas de comparer les données de loyer entre les deux dispositifs.
