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Projections démographiques.
Plus de 1 500 000 Bas-normands en 2040

Auteurs : Dominique Tacon et Magali Lanson Duranceau 
Insee de Basse-Normandie

Repères

  • La Basse-Normandie comptera 1 573 400 habitants en 2040 si les tendances actuelles sur la fécondité, la mortalité et les migrations se maintiennent.
  • La part des plus de 80 ans doublerait pour atteindre 11,8 % en 2040.
  • Un solde migratoire positif portera la croissance de la population bas-normande. Les seniors constitueront l’essentiel des nouveaux arrivants.
  • Après 2020, le solde naturel deviendra négatif, le nombre de décès l’emportant sur le nombre de naissances.
  • Le vieillissement déjà marqué de la population bas-normande s’accentuera au cours des prochaines décennies. L’âge moyen des Bas-normands passera de 40,4 ans en 2007 à 45,9 ans en 2040.

Sommaire

Publication

En 2040, la Basse-Normandie comptera 1 573 400 habitants (soit 2,1 % de la population française) si les tendances démographiques actuelles se maintiennent. L’arrivée de personnes âgées et le départ des étudiants et jeunes actifs devraient perdurer et modifier la structure de la population bas-normande. Seules des évolutions majeures de la fécondité, de la mortalité ou des migrations pourraient endiguer un vieillissement programmé de la population bas-normande.

Entre 2007 et 2040, la population bas-normande augmenterait donc d’un peu plus de 110 000 individus, soit un rythme annuel de croissance de + 0,22 % (contre + 0,29 % entre 1990 et 2007). C’est deux fois moins rapide que l’évolution nationale sur la même période (+ 0,41 %).

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La part de population française à vivre en Basse-Normandie devrait rester stable

L’écart entre la croissance démographique de la région et celle du reste de la France devrait se maintenir dans les années à venir si les tendances passées se confirment.

D’une part, la population régionale augmente toujours moins fortement que la population française sur la période de projection. D’autre part, le désavantage régional en terme de rythme de croissance s’améliore très peu.

En effet, entre 2007 et 2020, la population française augmenterait chaque année de + 0,5 % et la population régionale de + 0,3 % (l’écart est alors de - 0,2 point). Entre 2030 et 2040, la population française progresserait toujours de + 0,32 % par an, tandis que la population bas-normande devrait se développer à hauteur de + 0,15 % (soit un écart de - 0,17 point).

Cette relative atonie démographique concerne aussi six autres régions de la moitié nord de la France, dont la Haute-Normandie. Elle permettra quand même à la Basse-Normandie de maintenir sa 17ème place des régions en termes de population.

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Une progression démographique alimentée par les migrations

Deux facteurs peuvent contribuer à l’accroissement de la population : le jeu des migrations et l’excédent des naissances sur les décès.

Sur l’ensemble de la période 2007-2040, les entrées sur le territoire bas-normand seraient supérieures aux sorties : en moyenne, le jeu des migrations apporterait environ 2 750 personnes supplémentaires par an. Le solde migratoire serait positif tout au long de la période et deviendrait l’unique moteur de la croissance démographique dès 2020. Il se renforcerait également au cours du temps : ainsi, de 2007 à 2020, le solde migratoire contribuerait à hauteur de + 0,18 % par an à la croissance de la population, puis il s’élèverait à + 0,23 % entre 2020 et 2030, pour finir à près de + 0,27 % entre 2030 et 2040. Ainsi, entre 2030 et 2040, la région accueillerait environ 4 200 personnes de plus qu’elle n’en perdrait chaque année. Les seniors constituent l’essentiel des arrivants.

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Départs de jeunes, arrivées de retraités

Avec celles des jeunes, les migrations des seniors caractérisent les mouvements de population les plus importants dans la région.

De 5 à 18 ans, le solde migratoire régional est positif : les enfants accompagnent des parents venant s’installer en Basse-Normandie. De 19 à environ 30 ans, le solde migratoire est négatif, les étudiants et jeunes diplômés s’en vont pour acquérir des connaissances ou une première expérience en tant que jeunes actifs en dehors de la région. Puis des actifs expérimentés arrivent en région à partir de 30 ans et jusqu’en fin de vie active. Enfin, aux alentours de 65 ans, de nombreux retraités viennent s’installer dans la région. Parmi eux, environ un sur cinq est né dans la région. Au delà de 75 ans, le nombre de migrants est faible et la contribution du solde migratoire à l’essor démographique peu significative.

L’essentiel des entrées sur le territoire régional proviendrait d’Île-de-France, puis en second lieu de Haute-Normandie. Si cette dernière connaît la même progression démographique que la Basse-Normandie, l’Île-de-France est en revanche en plus nette progression. Les individus quittant l’Île-de-France pour vivre en Basse-Normandie seraient donc de plus en plus nombreux.

De plus, le vieillissement de la population constaté au niveau national a un effet supplémentaire sur les migrations de personnes entre 55 et 75 ans. Celles-ci seraient proportionnellement plus nombreuses dans la population francilienne. Elles seront donc également plus nombreuses à quitter l’Ile-de-France pour la Basse-Normandie. Entre la première période de projection (2007-2012) et la dernière période (2037-2042), les migrations de Franciliens de 55 à 75 ans vers la Basse-Normandie passeraient de 17 000 à 20 000.

De manière opposée, les vagues d’émigrants vers les régions Bretagne et Pays de la Loire auraient tendance à se tasser car elles concernent plutôt les tranches d’âge les plus jeunes, donc des populations dont la part baisse peu à peu au cours du temps.

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Après 2020, plus de décès que de naissances

Second facteur de développement démographique, l’excédent des naissances sur les décès devrait contribuer à l’augmentation de la population bas-normande jusqu’au début des années 2020. Passée cette date, le solde naturel deviendra négatif et pèsera de plus en plus sur la croissance de la population. Entre 2030 et 2040, l’excédent des décès sur les naissances devrait ainsi ramener le taux de croissance annuel moyen de la population à 0,15 %, alors qu’il aurait été de 0,27 % avec un solde naturel nul.

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Moins d’actifs et deux fois plus d’octogénaires

D’autres régions de France métropolitaine ont déjà entamé ou devraient subir ce déclin démographique naturel au cours des 30 prochaines années : Limousin, Auvergne, Bourgogne, Aquitaine, Poitou-Charentes, Corse... Toutes se caractérisent par une moyenne d’âge de leur population actuelle supérieure à la moyenne nationale (39,3 ans) et un vieillissement de la population qui devrait s’accentuer d’ici à 2040. La moyenne d’âge des Bas-normands devrait ainsi passer de 40,4 ans en 2007 à 45,9 ans en 2040. Dans le même temps, l’âge moyen de la population de France métropolitaine atteindrait 43,7 ans.

La structure actuelle de la population bas-normande et les mouvements migratoires prévisibles d’ici à 2040 contribueront, ensemble, à son vieillissement. La part des plus jeunes et des classes d’âge actives devrait diminuer de 12,1 points, passant de 76,5 % en 2007 à 64,4 % en 2040. Dans le même temps, les plus de 80 ans feraient plus que doubler en voyant leur poids progresser de 5,4 % en 2007 à 11,8 % en 2040.

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Décembre 2010 - n° 208

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