Auteurs : Priscille LANEYRIE - Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
L’année 2009 n’a pas été très favorable aux ports de la Basse-Normandie, tant pour le transport de voyageurs que celui des marchandises. La baisse touche la quasi-totalité des trafics. Concernant les aéroports, le bilan général de l’année 2009 affiche également une évolution négative.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : dans les ports de Basse-Normandie, - 15 % enregistré en 2009 pour le trafic de marchandises et - 6 % pour le trafic de voyageurs.
Tous trafics confondus, et malgré la baisse de trafic annuel constatée en 2009 (baisse de 10 % pour l’ensemble des ports nationaux), le port de Caen-Ouistreham se maintient, pour la 4e année consécutive, à la 10e place du classement général des ports français, avec un trafic de marchandises de 3,25 millions de tonnes en 2009, soit - 11 % par rapport à 2008. Cette baisse vient dans la continuité des premières difficultés relevées en 2008.
Entre Caen et les écluses de Ouistreham, le port amont comptabilise 403 344 tonnes de marchandises transportées en 2009, soit une baisse de plus de 37 % par rapport à l’année précédente.
Le trafic concerne majoritairement les céréales (42 %), la ferraille (20 %) et les engrais (14 %). Vient ensuite le sel, qui comptabilise cette année près de 10 % du tonnage du port amont ! Les conditions météorologiques de l’hiver 2009 auront au moins bénéficié au port de Caen-Ouistreham qui, sur un an, a multiplié par huit le tonnage de sel manutentionné.
Alors que les trafics agro-alimentaires s’étaient maintenus en 2008, ils chutent en 2009 : aucun trafic de nourritures animales et baisse de moitié de celui des engrais.
Les autres marchandises éprouvent également des difficultés importantes liées en partie à la conjoncture économique.
Ce contexte de crise associé à la chute de la construction immobilière ont sûrement influé sur la baisse de plus de 60 % du trafic du bois exotique. La tempête de janvier 2009 qui a sévi en Gironde a également eu pour conséquence d’augmenter le stock de bois disponible, ayant pu impacter ainsi les volumes à l’import. Globalement la filière bois souffre du ralentissement dans le domaine du bâtiment. Par contre, le marché de la rénovation vient soutenir l’activité, les effets des mesures prises dans le Grenelle de l’environnement pouvant également commencer à s'y faire sentir.
Le trafic de ferraille (- 20 %) quant à lui, subit la crise du secteur automobile et les fluctuations du cours de l’acier.
Dans le port aval de Caen-Ouistreham, le trafic de marchandises baisse en 2009 (- 5 %), mais reste relativement soutenu avec 2,85 millions de tonnes transportées, et notamment près de 10 % de poids lourds en moins.
Le transport de véhicules particuliers diminue plus légèrement (- 3 %), confirmant l’impact sur les mouvements de voyageurs des difficultés économiques liées notamment à la disparité livre / euros. Le port de Caen-Ouistreham repasse ainsi en 2009 sous la barre symbolique du million de voyageurs.
Le port de Cherbourg termine l’année sur une baisse de 6,5 % du trafic passagers.
L’augmentation de capacité des trajets vers l’Irlande, avec l’exploitation d’une ligne directe sans transiter par la Grande- Bretagne, s’est traduite par une progression du trafic de passagers (+ 2,5 %) et des véhicules utilitaires (+ 13 %). Toutefois, ceci n’a pas suffit à compenser la perte enregistrée de passagers transportés vers les îles britanniques (- 9 %).
Il est à noter que le nombre de passagers excursionnistes a diminué de près de 20 %. Cette baisse s’explique par la diminution du tourisme de court séjour.
Par contre, la promotion des atouts de Cherbourg avec sa gare transatlantique et son terminal croisière se voit récompensée par des résultats records avec 25 escales et 86 544 passagers, contre 28 escales en 2008 mais seulement 62 500 passagers.
Une baisse d’un peu plus de 21 % a été enregistrée sur le fret transmanche en 2009 dans le port de Cherbourg. Ce fret dessert la Grande-Bretagne et l’Irlande. Alors que les échanges avec la Grande-Bretagne diminuent, l’attractivité des lignes de trafic vers l’Irlande se confirme (+ 6 %).
Le trafic de marchandises, autre que le fret transmanche, a vu son tonnage limité à 30 000 tonnes, en baisse de plus de 75 % par rapport à 2008.
Les trafics de sables, graviers et enrochements, qui totalisaient 236 000 tonnes en 2007, sont tombés à 92 600 tonnes en 2008 puis à 4 200 tonnes en 2009. Ceci s’explique par l’arrêt de l’exportation des matériaux de carrières.
Les trafics de marchandises spécialisées (éoliennes, explosifs et nucléaire), de moindre tonnage, sont en hausse.
Depuis 2009, la gestion du port de Cherbourg a été confiée, à la société créée par Louis Dreyfus Armateurs et la CCI de Cherbourg-Cotentin, dans le cadre d’une délégation de service public. Elle a pour objectif de redynamiser le port, avec notamment le projet de terminal charbonnier en 2010.
Le port de Granville affiche des évolutions positives en 2009, tant pour le trafic de marchandises que pour celui des voyageurs.
L’activité ferraille, qui a augmenté de moitié entre 2008 et 2009, est pour beaucoup dans la croissance du trafic marchandises du port de Granville (+ 8 %). Après l’accalmie du second semestre 2008, la reprise des cours en 2009 et la prime à la casse ont sûrement permis le soutien de la filière. Le trafic de sables et granulats reste stable.
Le trafic de voyageurs a profité des beaux jours du printemps et de l’arrière saison, permettant ainsi d’afficher une hausse de 22 % par rapport au nombre de passagers transportés en 2008.
Par contre, la baisse à Granville s’est faite ressentir sur la filière pêche avec une baisse en tonnage de 11 % sur les coquillages.
Après une année 2007 exceptionnelle, le trafic marchandises du port de Honfleur a poursuivi sa baisse amorcée en 2008 (- 19 %). Les transports les plus affectés concernent les produits forestiers (- 13 %), le trafic de sables et granulats (- 37 %) et en premier celui des engrais (- 74 %). Par contre, le transport de vrac liquide progresse (+ 62 %).
Le trafic aérien de passagers commerciaux a globalement diminué de 11,5 % en 2009 en Basse-Normandie. Ce résultat global cache toutefois une disparité entre les aéroports.
Les aéroports de Caen-Carpiquet et de Cherbourg-Maupertus affichent une baisse quasi équivalente (- 16,5 %).
Pour l’aéroport de Caen-Carpiquet, cette baisse peut s’expliquer par plusieurs facteurs : une diminution du nombre de déplacements professionnels par voie aérienne, les mauvaises conditions météorologiques de la fin d’année ayant entrainé l’annulation de plusieurs vols. A noter que ne sont pas comptabilisés dans ces chiffres le nombre de passagers qui a voyagé à bord de la soixantaine d’avions officiels à l’occasion de la commémoration du 65ème anniversaire du Débarquement.
En octobre 2009, la liaison directe Paris Orly-Cherbourg a été suspendue. Jusqu’alors sous la gestion de la Chambre de Commerce et d’Industrie, l’aéroport de Cherbourg-Maupertus a été pris en charge, à partir du 1er octobre par la société SNC Lavalin, sous délégation de service public, l’objectif étant le développement de l’activité de vol d’affaire et de vol charter.
Deauville - Saint-Gatien affiche un recul de son trafic moindre par rapport aux autres aéroports bas-normands (- 5 %).
En 2009, le parc d’automobiles neuves augmente de 20 % en Basse-Normandie avec l’immatriculation de plus de 44 600 voitures particulières (+ 11 % au niveau national). La répartition est équilibrée sur chacun des départements. Les avantages liés aux primes à la casse et bonus-malus écologiques sont à l’origine de cette croissance. La diminution annoncée de ces avantages a également accru les ventes de véhicules particuliers neufs en fin d’année.
Par contre, alors qu’en 2008 en Basse-Normandie, et contrairement aux chiffres nationaux, les véhicules utilitaires neufs affichaient une légère hausse, le recul régional de 2009 se chiffre à - 13 % (- 6 % pour le Calvados, - 25 % pour l’Orne), pour un niveau national de - 19 %.
Enfin, dans la continuité de la baisse enregistrée en 2008, les immatriculations de véhicules industriels diminuent de 32 % dans la région, baisse équivalente au niveau national.
