Auteur : Alain MENARD - Insee de Basse- Normandie
L’économie française
connaît
un net recul de son activité en 2009 : le PIB
baisse de
2,6 %, après une augmentation de 0,2 % en
2008. La contraction
de l’activité est sévère,
surtout à la fin 2008 ainsi qu’au 1er trimestre
2009. Malgré une légère
amélioration au printemps, le décrochage
n’est cependant pas résorbé fin 2009.
La consommation des ménages progresse de 0,6 %
à
laquelle contribuent les achats d’automobiles. Quant
à l’investissement, il diminue fortement
(- 7,1 %), autant du côté des
ménages que des
entreprises. Ces dernières déstockent massivement
réduisant le PIB de 1,9 points sur
l’année.
La
Basse-Normandie n’échappe pas
à la
mauvaise conjoncture nationale. La crise pèse sur
l’emploi salarié. Le
secteur marchand non agricole
perd 6 000 salariés en 2009, soit une baisse de
1,8 % (- 2,2 % pour la France). En 2008, le
recul
s’expliquait par la
chute de l’emploi intérimaire. Les destructions
d’emploi, en 2009, concernent des postes de travail
permanents. Hors intérim, les pertes d’emplois en
2009 (5 400) sont le double de celles de 2008. Ce
phénomène concerne notamment
l’industrie.
Face à la crise, la politique de
l’emploi est
fortement mobilisée en 2009. Le nombre de
bénéficiaires de mesures spécifiques
augmente de 10,5 %, soit 5 800 personnes de plus
qu’en 2008.
La mise en œuvre du Plan Jeunes permet une augmentation de
5,1 % du nombre d’emplois aidés dans le
secteur
marchand. Les embauches en contrat Initiative Emploi sont
multipliées par 4 en un an. Après une baisse en
2008, les aides allouées aux secteur non marchand suivent
une forte hausse (+ 30,5 %), liée
à la
progression des contrats d’Accompagnement dans
l’Emploi. Les actions de formation reprennent : plus
de 18
000 demandeurs d’emplois ont intégré
une formation en 2009, soit une augmentation de 8,4 % par
rapport
à l’année
précédente.
Le chômage continue
à augmenter. Plus de 55 000
demandeurs d’emploi (1) sont inscrits
à Pôle emploi à la fin de
l’année 2009, soit 6 800 de plus que fin 2008.
Même si elle est moins forte qu’au plan national
(+ 18,8 %), la croissance du chômage
(+ 13,5 %) confirme la
reprise de 2008. Elle concerne tous les territoires de la
région, et n’épargne aucune
catégorie de chômeurs. Les hommes et les seniors
sont les plus affectés. La crise économique
impacte le chômage de longue durée : de
nombreux
demandeurs comptabilisent plus de 12 mois d’inscription. Leur
nombre augmente de 40,4 % par rapport à
l’année précédente.
La création d’entreprises
suit une forte hausse en
2009 (+ 90,9 %), qui s’explique par la mise
en place
du
statut d’auto- entrepreneur. Un peu moins des deux
tiers
(61 %) des nouvelles entreprises bas-normandes ont
opté pour ce
statut. Le secteur tertiaire concentre à lui seul quatre
créations sur cinq.
En 2009, le volume total des échanges du commerce
extérieur diminue de
16,6 % par
rapport
à
l’année précédente. Comme
pour l’ensemble du territoire français, les
exportations bas- normandes reculent
(- 16,5 %). Il en est de
même des importations (- 16,7 %) . Les
exportations
de
l’agroalimentaire baissent légèrement
(- 2 %). Ce secteur renforce cependant sa part
relative au
sein des
exports ; cela s’explique notamment par
l’effondrement de la mécanique et des
matériels de transport (équipements automobiles
et automobiles).
La construction accuse un net recul en
2009 (24 % de logements mis en
chantiers en moins par rapport à 2008). Cette baisse, plus
importante qu’au niveau national (- 17 %),
s’explique pour moitié par celle de la
construction de maisons individuelles. Le Calvados est le
département de la région le plus
touché (- 33 %). Quant aux emplois dans ce
secteur,
ils
résistent mal à la crise. A la baisse
d’emplois intérimaires succède celle de
l’emploi salarié permanent, qui avoisine les
- 3 %.
L’activité de l’industrie
bas-normande
se dégrade en 2009. Le chiffre d’affaires des
entreprises industrielles baisse de 17 %, après une
pause en
2008. Cette chute de l’activité joue
défavorablement sur l’investissement
(- 6,4 %), et
affecte sévèrement l’emploi industriel.
Les effectifs, hors intérim, dans l’industrie
baissent de 3,5 % en 2009, cependant moins qu’en
France (- 4,9 %), du fait d’un recours
important au
chômage
partiel.
En 2009, le chiffre d’affaires de l’automobile
se
contracte de 25 %, notamment chez les
équipementiers. Comme
ailleurs, cette atonie se répercute sur l’emploi,
le secteur perdant au total plus de 1 000 emplois permanents en deux
ans.
Les industries agroalimentaires
résistent. D’une
part, le chiffre d’affaires des entreprises baisse de
façon mesurée (- 4 %), avec
cependant
une
décrue plus marquée dans l’industrie du
lait (- 7 %). Et d’autre part,
l’emploi
salarié permanent affiche une légère
augmentation (+ 1 %) sur l’année
2009.
Le bilan de l’emploi en 2009 est mitigé pour le
tertiaire. Dans le commerce,
la baisse des effectifs
salariés permanents (- 1,1 %) affecte
surtout le
commerce de
gros, d’automobiles, et de détail
spécialisé (meubles et autres
équipements du foyer). Dans les services
(- 0,6 %),
certaines activités telles les transports et
l’entreposage ou l’immobilier, font les frais
d’une mauvaise conjoncture.
Les transports sont aussi dans la
tourmente. Le trafic de marchandises
des ports bas- normands recule de 15 %, et celui des
voyageurs
de 6 %.
Le trafic aérien de passagers connaît
également quelques turbulences (-
11,5 %).
L’artisanat souffre
également.
L’année 2009 est encore perçue par les
artisans comme une année difficile, malgré une
très légère remontée de
l’activité en fin de période,
après un premier semestre synonyme de morosité.
Il est vrai que très peu d’artisans ont investi
durant l’année, et les intentions
d’embauches se font rares. Seul le secteur de
l’alimentaire présente un bilan positif de son
activité, avec une reprise des mouvements
d’emplois et des investissements fin 2009.
L’agriculture affiche un bilan
différent selon les
activités. Côté
végétaux, si les semis en colza, betteraves et
féveroles gagnent en superficie, la sole
dédiée aux céréales
à paille reste stable, avec plus d’orge et moins
de blé. Côté élevage, les
tensions sur le prix du lait provoquent le recul du troupeau de vaches
laitières
(- 2,4 %).
L'année 2009 est plutôt correcte pour la fréquentation
touristique. Les hôtels
connaissent une baisse limitée de leur
fréquentation (- 1,2 %), moins importante
qu'au
niveau
national (- 5 %). Si les français y sont
plus
nombreux que
l'année précédente, cela ne suffit pas
à compenser la diminution de la fréquentation
étrangère. La saison est très bonne
pour les campings : la
fréquentation augmente de 5,1 %, autant
grâce aux
touristes français qu'étrangers.
(1)
Demandeurs
d'emploi de
catégorie A
(voir encadré Méthode dans
l'article sur le chômage).
