Auteur : Philippe Lemarinel, Direction régionale des entreprises, de la consommation, de la concurrence, du travail et de l'emploi
Pour la deuxième année consécutive, le nombre de demandeurs d’emploi est en augmentation : + 6 800 en 2009 après 7 200 l’année précédente. Les effets de la crise économique du printemps 2008 perdurent et se répercutent sur l’évolution du chômage : les seniors, les hommes mais également les chômeurs de longue durée sont les catégories les plus touchées. La situation des jeunes sur le marché du travail reste très préoccupante. L’exclusion se renforce à l’égard des bénéficiaires de minima sociaux (RSA) et des chômeurs de très longue durée (plus de deux ans d’inscription), dont le nombre repart à la hausse en 2009.
Avec 57 000 demandeurs d’emploi sans aucune activité, inscrits en catégorie A (voir encadré) à Pôle Emploi à la fin du mois de décembre, la Basse-Normandie enregistre, en 2009, une croissance du chômage de 6 800 personnes, soit une hausse relative (+ 13,5 %) moins forte qu’au niveau national (+ 18,8 %), avec un léger tassement au 2e semestre. Cette croissance du chômage en 2009 confirme la reprise de 2008. Sur les deux années cumulées, la région compte 14 000 chômeurs supplémentaires, alors qu’au cours des quatre années précédentes, leur nombre avait diminué de 17 700 personnes.
Si l’on considère l’ensemble des demandeurs d’emploi disponibles, avec ou sans activité réduite (catégories A, B, C, voir encadré), leur nombre a progressé de 11 700 personnes, soit + 15,4 %.
L’augmentation du chômage concerne l’ensemble des territoires régionaux. Elle est cependant plus marquée dans le Calvados (+ 14,3 %) et dans la Manche (+ 14,0 %) que dans l’Orne (+ 10,8 %), département qui avait été davantage touché en 2008. Dans les zones d’emploi, le chômage croît un peu moins vivement dans celle d’Alençon-Argentan et de l’Aigle-Mortagne.
Au quatrième trimestre 2009, le taux de chômage régional moyen s’élève à 9,1 % de la population active, contre 9,6 % pour la France métropolitaine.
L’augmentation du taux de chômage, moins forte en Basse-Normandie qu’en France, a pour effet de porter l’écart entre les deux à un demi-point en faveur de la région, après avoir été réduit à un dixième de point en 2008.
Comme l’année précédente, la hausse du chômage en 2009 concerne toutes les catégories de demandeurs d’emploi, quels que soient leur âge et leur sexe.
Elle est cependant nettement plus forte pour les hommes (+ 19,6 %) que pour les femmes (+ 7,0 %), en 2009. La croissance est également plus vive pour les seniors (+ 26,0 %) que pour les jeunes de moins de 25 ans (+ 11,0 %) et les adultes d’âge intermédiaire âgés entre 25 et 49 ans (+ 11,7 %). L’extinction progressive de la dispense de recherche d’emploi, de 2009 à 2011, ne permet plus d’atténuer l’effet chômage pour le public des seniors.
Malgré une progression relativement modérée, le chômage des jeunes est des plus préoccupants en Basse-Normandie. Leur part dans la demande d’emploi régionale (23,2 %) est supérieure de 3,7 points à la moyenne nationale. L’écart atteste les difficultés d’insertion professionnelle accrues des jeunes bas-normands.
Le chômage de longue durée (plus d’un an d’inscription) est directement impacté par le retournement de conjoncture du printemps 2008. Du fait de potentialités d’insertion réduites depuis plus de 18 mois, de nombreux demandeurs comptabilisent plus de 12 mois d’inscription. Ainsi, fin décembre 2009, les chômeurs de longue durée sont nettement plus nombreux qu’un an auparavant (+ 40,4 %). D’autre part, le chômage de très longue durée (plus de deux ans d’inscription), contenu en 2008 (- 15,4 %), progresse en 2009 (+ 21,3 %).
Fin 2009, près d’un demandeur d’emploi sur trois (32,6 %) est chômeur de longue durée en Basse-Normandie, soit une proportion équivalente à celle de la France (32,8 %).
Au mois de juin 2009, le Revenu de Solidarité Active a remplacé le Revenu Minimum d’Insertion et l’Allocation de Parent Isolé. Fin décembre 2009, la Basse-Normandie compte 32 100 bénéficiaires du RSA dont 19 000 sans activité, soit 2 000 de plus que celui des bénéficiaires du RMI, un an plus tôt.
La durée moyenne d’inscription à Pôle Emploi augmente de 27 jours en 2009, pour s’établir à 309 jours. Toutes les catégories d’âge sont concernées, mais davantage les jeunes (+ 30 jours) que les adultes d’âge intermédiaire (+ 23 jours) et les seniors (+ 18 jours). L’ancienneté du chômage varie fortement selon l’âge des demandeurs : de 179 jours pour les jeunes, elle passe à 310 pour les 25-49 ans et à 499 pour les plus de 50 ans.
Les Demandeurs d’Emploi inscrits en Fin de Mois à Pôle Emploi (DEFM) et disponibles pour occuper un emploi sont classés, depuis le début de l’année 2009, en trois catégories (A, B et C), qui se substituent aux anciennes catégories 1, 2, 3, 6, 7 et 8. Les nouvelles catégories, fondées sur l’exercice ou non d’une activité réduite au cours du mois de référence, se définissent comme suit :
- catégorie A : demandeurs d’emploi, tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi et n’ayant exercé aucune activité au cours du mois ;
- catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
- catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois).
L’indicateur officiel de suivi du chômage est la catégorie A (définition la plus proche du chômage au sens du BIT), mais la somme des trois catégories A+B+C fait également l’objet d’une publication mensuelle systématique.
