Date de mise à jour : 31/05/2013
J. Calchera, P. Ceyssat, L. Vernet, Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt
En 2012, la météo a été plus clémente pour les cultures d'hiver que pour celles de printemps. Les prix exceptionnels des productions végétales ont assuré de bons résultats économiques. La conjoncture a été beaucoup plus difficile pour les producteurs laitiers. Pour les autres exploitations d'élevage, la bonne tenue des cours a généralement permis de compenser le recul de la production. Toutefois, le renchérissement de l'énergie et la hausse du coût de l'alimentation animale pèsent sur le revenu des exploitations agricoles auvergnates.
En 2012, les rendements des cultures d'hiver sont bien meilleurs que ceux de l'année précédente. Le printemps doux et humide a en effet permis un bon développement cultural. Les récoltes se sont aussi déroulées dans d'assez bonnes conditions climatiques. Les rendements en céréales se situent ainsi 4 à 5 quintaux à l'hectare (q/ha) au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Pour le colza, malgré une progression de 4 q/ha sur un an, ils se situent juste à la moyenne quinquennale.
À l'inverse des cultures hivernales, celles de printemps ont offert des rendements médiocres, plus faibles qu'en 2011. Leur croissance s'est bien déroulée jusqu'à mi-juillet, l'absence de pluie a ensuite provoqué un stress hydrique, accentué par les fortes chaleurs de mi-août. À 83 tonnes par hectare, le rendement de la betterave se situe légèrement en dessous de la moyenne quinquennale. Ceux du maïs (89 q/ha en maïs grain) sont globalement faibles et hétérogènes. En tournesol, le résultat est proche de la moyenne des cinq dernières années (28 q/ha). L'excès d'eau a fortement perturbé la culture et la récolte des lentilles en Haute-Loire, sur l'ensemble de la zone d'appellation.
Enfin, la production fourragère de 2012 est globalement proche de la normale.
Les prix de vente moyens des productions céréalières et oléagineuses entre juillet et décembre sont en nette hausse par rapport à l'année précédente. Les cours moyens du blé et du maïs ont ainsi bondi de 36 % et 27 %. Le colza et le tournesol se sont aussi vendus plus chers, de respectivement + 12 % et + 29 % par rapport à 2011.
Dans un contexte de prix à la production moins favorable qu'en 2011, la collecte de lait de vache ralentit (-1 %). En 2012, le prix moyen du lait s'établit à 0,327 euro/litre. Il est en repli de 3 % par rapport à l'année précédente, en raison du décrochage intervenu au second semestre. Le troupeau de vaches laitières auvergnat se réduit encore. La baisse est plus marquée dans la région qu'au niveau national (-1,5 % contre − 0,6 %).
Avec un peu moins de 210 000 têtes, le nombre de bovins viande exportés se replie de 13 % mais représente toujours un cinquième des exportations françaises. Les broutards mâles, surtout exportés par le Cantal et l'Allier, constituent les deux tiers des ventes. La demande à l'export vers l'Italie, la Turquie et les pays du Maghreb ainsi que la demande intérieure qui s'est raffermie jusqu'à la fin de l'été ont permis de soutenir très fortement les cours en 2012. Ces derniers sont, en moyenne, très supérieurs à ceux de 2011 : ils s'accroissent de 12,4 % à 21,4 % selon les catégories. Ceux des femelles progressent aussi, de + 17 % à + 22,9 %.
Pour les veaux de boucherie, la filière bien structurée permet de maintenir les cours de 2012 à des niveaux élevés. Ils dépassent de 2,2 % ceux de 2011 et de 4,3 % la moyenne quinquennale.
En regard d'une offre nationale limitée et d'un recul des importations, la production ovine régionale a bénéficié de conditions favorables. En 2012, le cours moyen des agneaux d'herbe est supérieur de 3,2 % à celui de 2011 et dépasse de 5,4 % la moyenne quinquennale. Celui des agneaux de bergerie est en repli par rapport à l'année précédente et à la moyenne 2007-2011 (− 5,3 % et − 1,1 %).
La conjoncture a également été bénéfique au marché porcin. Le plafonnement de l'offre en Europe, la demande intérieure bien présente ainsi que le maintien des exports vers la Russie, la Chine et les pays d'Asie du sud-est ont permis de stabiliser les cours à des niveaux élevés. Ces derniers sont donc supérieurs de 10,9 % à ceux déjà élevés de l'an passé et de 14 % à la moyenne des cinq dernières années.
| Postes | Evolution 2012/2011 |
|---|---|
| Souce : INSEE - Agreste | |
| Energie et lubrifiants | 7,8% |
| Carburants | 19,9% |
| Combustibles | 8,7% |
| Engrais et amendements | 4,3% |
| Engrais simples | 4,4% |
| Engrais simples azotés | 4,5% |
| Ammonitrates | 3,1% |
| Engrais simples phosphatés | 4,1% |
| Engrais ternaires | 4,4% |
| Aliments des animaux | 6,0% |
| Aliments simples | 7,7% |
| Céréales et sous-produits | 3,6% |
| Maïs | 0,6% |
| Luzerne déshydratée | 10,2% |
| Pulpes de betterave | -1,8% |
| Aliments composés | 5,3% |
| Aliments pour gros bovins | 6,4% |
| Aliments pour veaux | 2,4% |
| Aliments pour porcins | 6,1% |
| Aliments pour volailles | 5,8% |
Pour la troisième année consécutive, les exploitations agricoles doivent faire face à une augmentation des coûts de production. En 2012, l'indice des prix d'achat des moyens de production agricoles1 (IPAMPA) augmente de 4,5 % en Auvergne, soit sensiblement au même rythme qu'en France. La hausse est cependant moins vive qu'en 2011 (+ 11,3 %). Elle est surtout provoquée par l'augmentation du coût de l'énergie et des lubrifiants (+ 7,8 %) et de l'alimentation animale (+ 6,0 %). Celle des engrais et amendements est plus mesurée (+ 4,3 %).
1L'IPAMPA permet de suivre l'évolution des prix des biens et des services utilisés par les agriculteurs dans leur exploitation agricole.
La hausse du coût des consommations intermédiaires liée au renchérissement du prix des matières premières, notamment des produits pétroliers, pèse sur le revenu de la plupart des exploitations agricoles auvergnates d'élevage en 2012. Le résultat courant avant impôts (RCAI) par actif non salarié des moyennes et grandes exploitations se replierait de 23 200 euros en 2011 à 22 700 euros en 2012 pour l'ensemble des exploitations de la région. Ce niveau de revenu serait inférieur de 38 % au revenu national de la même catégorie d'exploitations.
Celui des exploitations de grandes cultures passerait de 40 300 euros à 66 000 euros, bénéficiant de la conjoncture exceptionnelle de 2012.
Le revenu des producteurs laitiers continuerait de se dégrader ; il s'établirait à 16 000 euros en 2012, en chute de 24 %. Plusieurs facteurs y contribueraient : un recul des livraisons de lait à l'industrie, un repli du prix moyen du litre de lait payé aux producteurs ainsi que l'augmentation du prix des aliments pour animaux.
Dans les exploitations auvergnates spécialisées en bovins viande, le revenu des éleveurs serait aussi en retrait, passant de 19 300 euros en 2011 à 16 000 euros en 2012.