Date de mise à jour : 31/05/2013
Daniel GRAS et Anna MESPOULHÈS, Insee
Après deux ans d'embellie, l'emploi salarié marchand replonge en 2012. Il recule à un rythme plus soutenu en Auvergne qu'en France métropolitaine et atteint même son plus bas niveau en une décennie. Dans la région, 2 650 emplois nets ont ainsi été supprimés au cours de l'année. La construction et surtout l'intérim ont payé le plus lourd tribut même si les effectifs reculent dans tous les secteurs d'activité.
Le Puy-de-Dôme résiste un peu mieux que les trois autres départements à l'érosion de l'emploi.
En Auvergne, à la fin de l'année 2012, le niveau de l'emploi salarié des secteurs « principalement marchands » (276 900 salariés avec l'intérim) est inférieur à celui qu'a connu la région au plus bas de l'année 2009, après la crise financière. Après avoir progressé les deux années précédentes, l'emploi salarié auvergnat se replie de 0,9 % en 2012, tiré par la chute des effectifs intérimaires. La baisse est de moindre ampleur au niveau métropolitain (− 0,6 %). Hormis la Corse, Midi-Pyrénées et l'Île-de-France qui s'en sortent mieux, l'ensemble des régions métropolitaines a toutefois fait face à des pertes d'emplois.
| en % | |||||
| Secteur d'activité - NAF rév. 2, 2008 | Emploi salarié au 2012 T4 (en milliers) | Glissement annuel | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Auvergne | Auvergne | France métropolitaine | |||
| Note : données CVS. Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs. | |||||
| Source : Insee, estimations d'emploi. | |||||
| Industrie | 81,0 | -0,5 | -0,9 | ||
| Industrie agro-alimentaire | 13,1 | -0,9 | -0,9 | ||
| Energie, eau, déchets, cokéfaction et raffinage | 6,8 | 2,6 | 1,2 | ||
| Biens d'équipement | 5,6 | -1,7 | -0,8 | ||
| Matériels de transport | 2,9 | 0,1 | 0,3 | ||
| Autres branches industrielles | 52,5 | -0,8 | -1,8 | ||
| Construction | 29,6 | -2,4 | -1,0 | ||
| Tertiaire marchand | 166,3 | -0,9 | -0,5 | ||
| Commerce | 55,6 | -0,4 | -0,7 | ||
| Transports | 23,4 | -0,3 | -0,4 | ||
| Hébergement - restauration | 15,7 | -0,5 | 0,6 | ||
| Information - communication | 6,0 | 0,6 | 0,3 | ||
| Services financiers | 10,7 | 0,0 | 0,6 | ||
| Services immobiliers | 2,9 | -4,2 | -1,3 | ||
| Services aux entreprises | 29,7 | 1,0 | 1,1 | ||
| Services aux ménages | 14,3 | 0,3 | -0,8 | ||
| Intérim | 8,0 | -14,3 | -10,7 | ||
| Total | 276,9 | -0,9 | -0,6 | ||
La baisse des effectifs n'a pas été régulière. Après des pertes importantes au 1er trimestre (− 900 emplois), l'emploi s'est légèrement repris au 2e trimestre avant de rechuter durant l'été. Le dernier trimestre 2012 a été particulièrement morose, concentrant la moitié des pertes intervenues durant l'année (1 340). En métropole, l'emploi, qui avait légèrement progressé au 1er trimestre, n'a cessé de fléchir ensuite.
En 2012, la diminution de l'emploi n'épargne aucun secteur. Dans la construction, qui souffre toujours de perspectives dégradées, la baisse des effectifs se poursuit depuis 2009. En 2012, le nombre de salariés auvergnats dans ce secteur chute de 2,4 % par rapport à l'année précédente (− 730 emplois). Au niveau national, la perte est plus atténuée (− 1,0 %).
Le tertiaire marchand, qui soutient traditionnellement la croissance de l'emploi, perd des effectifs en 2012. Ceux-ci reculent plus fortement dans la région qu'en France (− 0,9 % contre − 0,5 %), notamment en raison d'une contraction de l'emploi intérimaire régional plus marquée. Les salariés intérimaires sont en effet comptabilisés dans les services quel que soit le secteur dans lequel ils effectuent leur mission. Face aux difficultés économiques, les entreprises réduisent sensiblement le recours aux missions intérimaires depuis la mi-2011. En 2012, ces emplois les plus flexibles ont chuté de 14,3 % dans la région. Sans commune mesure avec le recul de l'intérim, l'emploi salarié se replie aussi dans le commerce, le transport ou l'hébergement-restauration. Dans ce contexte, les postes créés dans les services aux entreprises et les services aux ménages n'ont pas permis, globalement, de préserver l'emploi tertiaire.
Dans l'industrie également, l'emploi salarié recule. Mais comme en 2011, ce secteur, particulièrement représenté en Auvergne, est moins sévèrement touché qu'en France (− 0,5 % contre − 0,9 %). Ce constat pourrait en partie s'expliquer par le rôle d'amortisseur joué par l'intérim en plus nette décroissance dans la région. Les pertes industrielles interviennent surtout au 4e trimestre 2012, après une relative stabilité au cours des trimestres précédents.
Les quatre départements auvergnats perdent des emplois en 2012. Dans l'Allier, le Cantal et la Haute-Loire, la baisse des effectifs s'accentue par rapport à 2011 tandis que le Puy-de-Dôme, jusqu'alors épargné, cède quelque 400 emplois.
| en % | |||||||
| Emploi salarié au T4 2012 (en milliers) | Glissement annuel | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Industrie | Construction | Tertiaire marchand | dont Commerce | dont Intérim | Total | ||
| Note : données CVS. Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs. | |||||||
| Source : Insee, estimations d'emploi. | |||||||
| Allier | 63,7 | -0,9 | -3,0 | -1,9 | -1,7 | -24,4 | -1,7 |
| Cantal | 24,6 | -2,8 | -3,2 | -1,3 | -2,1 | -11,4 | -1,9 |
| Haute-Loire | 39,9 | -0,5 | 0,2 | -3,0 | -0,3 | -17,7 | -1,6 |
| Puy-de-Dôme | 148,7 | -0,1 | -2,9 | 0,1 | 0,5 | -8,1 | -0,3 |
| Auvergne | 276,9 | -0,5 | -2,4 | -0,9 | -0,4 | -14,3 | -0,9 |
Dans l'Allier, le nombre de salariés recule de 1,7 %. L'emploi intérimaire y accuse une chute bien plus forte que dans les autres départements (− 24,4 %). La construction, durement frappée, perd 3,0 % de salariés. La situation de l'emploi cantalien reste préoccupante. Cette année encore, le département enregistre la plus forte baisse − 1,9 %. Les secteurs de l'industrie et du commerce y sont plus durement affectés qu'ailleurs. En Haute-Loire, le recul de l'emploi est un peu moins marqué (− 1,6 % pour l'ensemble des salariés). L'emploi dans le tertiaire marchand est à la peine : il enregistre la plus forte baisse (− 3,0 %), tiré par la plongée de l'intérim (− 17,7 %). Fait notable, ce département est le seul à bénéficier d'une croissance de l'emploi dans la construction (+ 0,2 %) malgré des évolutions trimestrielles chahutées. Dans le Puy-de-Dôme, la baisse de l'emploi salarié se limite à 0,3 %. L'intérim diminue un peu moins que dans les trois autres départements, et d'autres composantes du secteur tertiaire marchand, comme le commerce, sont créatrices nettes d'emploi. En outre, l'emploi industriel baisse beaucoup plus modérément qu'au plan national (− 0,1 % contre − 0,9 %).
Avertissement : Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.