Insee Auvergne la Lettre n° 84 - Décembre 2012
La métropolisation d'un espace urbain entraîne une modification de ses caractéristiques internes ainsi que son positionnement dans son environnement proche.
Ainsi la concentration des emplois en est une des caractéristiques. C'est particulièrement vrai pour les emplois de CFM. Les fonctions stratégiques représentent une part de plus en plus importante des emplois sur ces territoires.
Mais cette concentration s'accompagne d'un phénomène de diffusion, des cœurs urbains vers les espaces périphériques. La progression de la présence des emplois des cadres des fonctions métropolitaines dans les territoires autres que les villes-centres en est une illustration. Ce phénomène concerne des espaces de plus en plus larges.
La métropolisation s'observe aussi par une intensification des relations entre les « îlots » constitutifs du territoire. En effet, une métropole n'est pas un espace continu de bâti mais elle est au contraire constituée de plusieurs espaces urbains entourés d'espaces moins densément peuplés.
Enfin, la structure fonctionnelle de l'emploi des CFM présente dans les grandes métropoles un profil spécifique, avec en particulier une surreprésentation de la conception-recherche et une sous-représentation de la gestion par rapport à la structure des aires urbaines de plus petite taille. Un phénomène de métropolisation entraîne donc une progression du poids de la conception-recherche et une baisse relative de celle de la gestion.
La métropolisation d'un espace urbain impacte aussi ses relations avec des territoires moins proches, tels que les grandes aires urbaines nationales, en particulier les métropoles.
Un territoire métropolitain est ainsi très attractif, spécialement pour les personnes occupant des emplois stratégiques, et cette attractivité ne concerne pas seulement les espaces périphériques à ce territoire mais l'ensemble des autres métropoles.
La connectivité est un autre point important de la métropolisation. En effet, les échanges entre les aires urbaines sont d'autant plus nombreux et intenses que ces territoires présentent un caractère métropolitain. La connectivité peut être abordée à travers les déplacements domicile-travail et les migrations résidentielles. Cette connectivité favorise une meilleure compétitivité des territoires et une capacité d'innovation plus importante.
Entre 1999 et 2008 la croissance des cadres des fonctions métropolitaines est plus forte dans l'aire urbaine clermontoise que dans celles de taille équivalente (+ 48,2 % contre + 40,5 %). Cet écart s'explique par deux composantes (voir encadré). D'une part, la structure initiale des emplois stratégiques sur ce territoire a favorisé le développement des CFM (effet structurel pour deux points). D'autre part, certaines fonctions ont connu une croissance plus marquée au sein de l'aire urbaine clermontoise (traduisant un effet géographique positif de six points).
Parmi les aires urbaines de 150 000 à 200 000 emplois, Clermont-Ferrand est celle dont l'évolution des CFM est la plus forte, seules deux autres (Angers et Caen) présentent un taux de croissance supérieur à l'ensemble des aires urbaines de 50 000 à 200 000 emplois. Clermont-Ferrand, comme Angers, profite à la fois d'un effet structurel et d'un effet géographique positifs.
Le but est de comprendre l'écart entre le taux de croissance des cadres des fonctions métropolitaines observé dans une aire urbaine et celui de l'ensemble des aires urbaines de taille comparable. Pour cela, on explique cet écart par deux composantes.
La première reflète l'effet structurel, elle permet de mesurer la partie de l'écart du taux de croissance due aux seules différences de structure. On analyse donc quel serait l'écart si les taux de croissance des CFM par fonction pour l'aire urbaine étudiée étaient les mêmes que pour l'ensemble des aires urbaines de référence.
La seconde est l'effet géographique qui permet de mesurer, après prise en compte des effets structurels, l'impact des différence de taux de croissance par fonction existant entre l'aire urbaine et l'ensemble des aires urbaines de taille comparable.
Pour mesurer ces effets on utilise un modèle économétrique de type structurel géographique.
| Aires urbaines | Emplois | CFM | Part des CFM (en % de l'emploi total) | Spécificité | Dynamique |
|---|---|---|---|---|---|
| Note de lecture : une fonction est dite spécifique si elle est relativement plus présente que dans l'ensemble de comparaison On considère que la dynamique est positive (resp. négative) si l'évolution des CFM entre 1999 et 2008 d'une aire est plus forte (resp. plus faible) que dans l'ensemble de comparaison Ensembles de comparaison : Clermont-Ferrand : aires urbaines de 50 000 à 200 000 emplois Vichy : aires urbaines de 20 000 à moins de 50 000 emplois Issoire et Thiers : aires de 5 000 à moins de 20 000 emplois | |||||
| Source : Insee, Recensement de la population 2008 | |||||
| Clermont-Ferrand | 199 600 | 15 700 | 7,8 | Conception-recherche | + |
| Vichy | 30 900 | 1 400 | 4,6 | Prestations intellectuelles | − |
| Issoire | 13 100 | 550 | 4,2 | Culture-loisirs, conception-recherche | + |
| Thiers | 9 000 | 300 | 3,3 | Commerce inter-entreprises, gestion | − |