L'accompagnement des personnes âgées dépendantes va devenir un enjeu sociétal majeur. En Auvergne, la population âgée ne pouvant effectuer seule tous les actes de la vie quotidienne devrait progresser de 18 % à 37 % entre 2010 et 2030 selon le scénario retenu. Cette hausse serait inférieure à celle projetée en France. Elle se déclinerait diversement dans les départements : la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme seraient les plus affectés. Le nombre de personnes potentiellement dépendantes augmenterait plus fortement aux âges avancés. Les Auvergnats ayant perdu leur autonomie seraient de plus en plus âgés. Parmi eux, la part des hommes augmenterait mais resterait nettement minoritaire. Face à cette demande sanitaire et sociale croissante, le nombre d'emplois liés à l'accompagnement des séniors dépendants devrait progresser, notamment les services d'aide ménagère, de garde à domicile ou de portage de repas dont le volume en équivalent temps plein augmenterait de 38 % d'ici 2020.
Martine CAUWET, Insee Auvergne
La prospective sur la dépendance des personnes âgées dépend essentiellement de la progression attendue du nombre de séniors. Elle doit aussi tenir compte de l'évolution des facteurs sanitaires et sociaux qui, à chaque âge, influent sur le risque de dépendance. En Auvergne, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus potentiellement dépendantes progresserait de 29 % entre 2010 et 2030 si la part de l'espérance de vie sans incapacité dans l'espérance de vie restait stable (scénario intermédiaire du groupe de travail national sur les perspectives démographiques et financières de la dépendance, voir méthodologie). Cette croissance serait inférieure à celle projetée en France (+ 39 %). Ainsi, selon ce scénario, près de 10 500 Auvergnats supplémentaires auraient besoin d'être aidés par un tiers pour réaliser les actes de la vie courante comme s'habiller, se laver, se nourrir...
Le nombre de personnes potentiellement dépendantes augmenterait plus fortement aux âges avancés (+ 124 % pour les personnes âgées de 90 ans ou plus, contre seulement + 16 % pour les moins de 80ans).
La Haute-Loire (+ 36 %, soit + 2 200 personnes) et le Puy-de-Dôme (+ 35 %, + 5 200) seraient plus fortement concernés par l'accroissement du nombre de dépendants. En revanche, la hausse serait plus faible dans le Cantal (+ 24 %, + 1 100) et l'Allier (+ 19 %, + 2 000). Ces évolutions contrastées s'expliquent essentiellement par les rythmes différenciés de progression de la population âgée.
En effet, à moyen terme, le vieillissement de la population lié à l'avancement en âge des générations nées entre 1945 et 1975 n'impactera pas les départements avec la même intensité. La Haute-Loire, par sa proximité de l'agglomération stéphanoise, et le Puy-de-Dôme, du fait de son attractivité économique, ont bénéficié d'apports migratoires renforçant cette classe d'âge. La hausse future de la population âgée sera plus prononcée que celle attendue dans l'Allier et le Cantal qui, à l'inverse, ont vu leurs effectifs de baby-boomers se creuser fortement suite à un important déficit migratoire.
L'évolution de certaines pathologies et de leurs conséquences en termes d'incapacité est mal connue. À moyen terme, la progression de l'espérance de vie sans incapacité reste incertaine du fait de l'interaction possible de facteurs négatifs (progression des maladies chroniques invalidantes, éventuelles difficultés d'accès au système de santé...) et positifs (meilleur contrôle des facteurs de risque, progrès thérapeutiques notamment pour la maladie d'Alzheimer...).
Ces incertitudes conduisent à prendre en compte des hypothèses plus ou moins favorables qui offrent ainsi une fourchette d'évolution. Le scénario « optimiste » s'inscrit dans l'idée que les facteurs de réduction du risque de dépendance joueraient un rôle prépondérant. Il envisage que tous les gains d'espérance de vie se traduisent par des années supplémentaires passées sans incapacité majeure. Dans cette hypothèse, la durée de vie avec dépendance resterait stable en nombre d'années alors que l'espérance de vie augmenterait ; la part d'espérance de vie avec dépendance diminuerait donc. Entre 2010 et 2030, ce scénario conduirait à une augmentation de 18 % de la population dépendante âgée de 60 ans ou plus. Selon l'hypothèse « pessimiste », envisageant au contraire que la durée de vie en dépendance modérée augmente (les taux de dépendance par sexe et âge restent identiques sur la période de projection), la population âgée dépendante augmenterait de 37 %. Ces différents scénarios influent donc sur l'ampleur des hausses projetées. Ils ne remettent pas en cause la hiérarchie des dynamiques départementales.
| Variation 2010-2030 (en %) | ||||
| Tranches d'âge | Population de 60 ans ou plus | Population de 60 ans ou plus potentiellement dépendante | ||
|---|---|---|---|---|
| Scénario pessimiste | Scénario intermédiaire | Scénario optimiste | ||
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||
| 60-69 ans | + 18,6 | + 17,3 | + 9,8 | + 0,6 |
| 70-79 ans | + 39,7 | + 29,8 | + 19,4 | + 6,5 |
| 80 ans ou plus | + 41,7 | + 43,2 | + 36,1 | + 25,2 |
| dont 90 ans ou plus | + 144,0 | + 130,5 | + 123,7 | + 110,2 |
| Ensemble | + 31,2 | + 37,1 | + 29,2 | + 18,0 |
L'étude de l'évolution de la population des personnes âgées dépendantes à l'horizon 2030 fait apparaître trois grandes sous-périodes corrélées aux grands événements démographiques du siècle précédent.
De 2010 à 2020, le nombre de dépendants devrait s'accroître rapidement avec l'entrée en dépendance des générations issues du pic de natalité qui a suivi la première guerre mondiale. La croissance annuelle moyenne de la population âgée potentiellement dépendante s'échelonnerait de + 1,2 % dans l'Allier et + 1,4 % dans le Cantal à + 1,8 % en Haute-Loire et dans le Puy-de-Dôme.
Les années 2020-2025 devraient se caractériser par un ralentissement avec l'arrivée aux grands âges des générations creuses nées entre les années 1935 et 1945. Cette période fut marquée notamment par la grande récession, puis par un déficit de naissances découlant du manque d'hommes tués lors de la Grande Guerre et enfin par le second conflit mondial. Autant d'éléments qui ont pesé sur la natalité et qui devraient conduire à ralentir la hausse du nombre de personnes âgées dépendantes.
Dans l'Allier et le Cantal, celle-ci serait respectivement trois fois et deux fois plus faible que sur la décennie précédente. Dans les deux autres départements auvergnats, la progression s'effectuerait à un rythme une fois et demie plus faible que celui de la période précédente. À partir de 2025, les premières générations du baby-boom atteindront progressivement leur 80e anniversaire. Les départements connaîtraient alors un nouvel accroissement de personnes âgées dépendantes qui devrait se rapprocher de celui attendu entre 2010 et 2020.
En Auvergne comme en France, le vieillissement de la population s'accentuera inéluctablement mais à âge donné, la probabilité d'être en situation de dépendance ne devrait pas s'accroître, bien au contraire. Les progrès de la médecine, l'amélioration des conditions de vie, les politiques de prévention de la dépendance sont autant d'éléments qui concourent aux gains d'espérance de vie en bonne santé et devraient conduire au recul de l'âge d'entrée en dépendance. En 2030, la perte d'autonomie interviendrait autour de 83,4 ans, contre 81,8 ans aujourd'hui en moyenne. La prise en charge de personnes dépendantes de plus en plus âgées est donc un élément important à prendre en compte dans la réflexion sur les politiques futures dans ce domaine.
| en % | ||||||
| Tranches d'âge | 2010 | 2030 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Ensemble | Hommes | Femmes | Ensemble | |
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||||
| 60-69 ans | 3,0 | 2,2 | 2,6 | 2,9 | 2,0 | 2,4 |
| 70-79 ans | 7,4 | 6,9 | 7,1 | 6,6 | 5,7 | 6,1 |
| 80 ans ou plus | 21,9 | 27,8 | 25,8 | 20,6 | 27,4 | 24,8 |
| dont 90 ans ou plus | 42,7 | 57,3 | 54,0 | 39,2 | 53,4 | 49,5 |
| Ensemble | 8,1 | 11,2 | 9,8 | 8,2 | 10,9 | 9,7 |
De manière générale, les femmes sont plus souvent concernées par la perte d'autonomie que les hommes, d'une part parce que la prévalence de la dépendance est plus forte chez les femmes (elles sont en effet davantage touchées par les maladies neurodégénératives ou ostéoarticulaires qui engendrent le plus d'incapacités), d'autre part parce qu'elles vivent plus longtemps. D'ici 2030, les disparités hommes/femmes liées à la dépendance devraient s'atténuer du fait d'une progression plus rapide de l'espérance de vie masculine. En Auvergne, le nombre d'hommes dépendants devrait ainsi s'accroître de 38 % d'ici 2030, tandis que celui des femmes augmenterait de 24 %. Ces évolutions nécessiteront probablement d'adapter l'offre de soins, dont les hommes ne sont pas les principaux bénéficiaires actuellement.
Malgré la réduction des écarts, les taux de dépendance se différencieraient toujours nettement en 2030, atteignant 20,6 % pour les hommes et 27,4 % pour les femmes au-delà de 80 ans. Les femmes constitueraient encore la majeure partie de la population âgée dépendante en 2030 (62 % contre 65 % en 2010).
Sous l'effet de la hausse du nombre de personnes âgées dépendantes, les besoins en emplois liés à la dépendance devraient augmenter. En Auvergne, entre 2010 et 2020, si rien ne changeait en matière de politique publique, que cette dernière soit tournée vers la prise en charge à domicile ou en institution, et si seule la population âgée dépendante évoluait dans le temps, le besoin supplémentaire d'emplois serait de 7 000 équivalents temps plein (ETP), soit une hausse de 34 %. Le nombre d'emplois nécessaires à l'accompagnement des personnes âgées en perte d'autonomie devrait fortement progresser entre 2010 et 2015, pour ensuite se ralentir entre 2015 et 2020. Sur l'ensemble de la période, la progression de ce type d'emplois serait plus importante dans la Haute-Loire (+ 42 %) et le Puy-de-Dôme (+ 36 %) qui sont plus impactés par la hausse du nombre potentiel de dépendants. Le besoin supplémentaire d'intervenants professionnels serait moins important dans le Cantal (+ 31 %) et l'Allier (+ 27 %).
En Auvergne, selon l'hypothèse tendancielle retenue, le nombre d'emplois d'ici 2020 devrait augmenter plus vite pour les aides à domicile que dans les établissements d'hébergement : + 38 % contre + 30 %. En maintenant constants les taux de recours actuels aux professionnels et le temps moyen passé par ceux-ci au domicile des personnes âgées dépendantes, le nombre d'intervenants professionnels à domicile devrait représenter 12 700 équivalents temps plein en 2020.
Sur la période 2010-2020, toutes les catégories de personnel progresseraient au même rythme. Les besoins générés en Auvergne seraient de 2 140 emplois supplémentaires pour les personnels non soignants (aide ménagère, auxiliaire de vie sociale, garde à domicile...). Pour les personnels soignants, 800 emplois d'infirmiers, 260 d'aides soignants et 150 autres professionnels paramédicaux devraient être nécessaires. Toutefois, cette estimation du besoin d'emplois supplémentaires dans le maintien à domicile doit être considérée comme une estimation basse des besoins à satisfaire. En effet, cet exercice prospectif ne prend pas en compte l'action des aidants non professionnels (membres de la famille, amis, voisins...).
Ces aidants, très souvent familiaux, constituent un socle souvent indispensable au maintien à domicile des personnes âgées. Or, la modification des configurations familiales (familles recomposées, diminution du nombre d'enfants), le développement du travail féminin, la plus grande mobilité géographique des jeunes laissent envisager des inflexions dans la nature de l'aide des enfants à leurs parents âgés. La moindre disponibilité des aidants familiaux pourrait dès lors entraîner un recours accru à des services d'aides à domicile. Le développement de soutiens leur permettant de concilier vie personnelle et accompagnement d'un proche en perte d'autonomie, mais également la prévention de la détérioration de leur propre état de santé devrait être un enjeu important dans les années à venir.
| en équivalent temps plein | ||
| Catégorie de personnel | Effectifs en 2020 (ETP) | Évolution 2010-2020 |
|---|---|---|
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), projections d'emploi ; Drees, EPHA 2007, SSIAD2008 | ||
| Emplois en institution | 15 040 | + 3 490 |
| dont infirmier(ère) | 1 390 | + 320 |
| dont aide soignant(e) | 4 490 | + 1 040 |
| dont autre personnel médical et paramédical | 630 | + 150 |
| dont personnel éducatif, pédagogique, social et d'animation | 1000 | + 230 |
| dont agent de service hospitalier ou agent de service | 4 340 | + 1 010 |
| dont personnel des services généraux et personnel d'encadrement | 3 190 | + 740 |
| Emplois à domicile | 12 720 | + 3 550 |
| dont infirmier(ère) | 2 920 | + 800 |
| dont aide soignant(e) | 930 | + 260 |
| dont autre professionnel paramédical | 550 | + 150 |
| dont aide ménagère, aide à domicile, garde à domicile, portage de repas | 7 550 | + 2 140 |
| dont autres | 780 | + 200 |
| Ensemble des emplois en institution et à domicile | 27 760 | + 7 040 |
Dans l'Allier, les mouvements migratoires des trente dernières années ont réduit les générations des baby-boomers. Dans ce département déjà fortement marqué par le vieillissement de sa population, la croissance de la population âgée devrait en conséquence être atténuée. À moyen terme, l'Allier ferait ainsi partie des départements français où la progression de la population âgée en perte d'autonomie serait l'une des plus modérées. Entre 2010 et 2030, selon le scénario intermédiaire, elle progresserait de 19 %, soit près de 2 000 personnes supplémentaires. Selon les autres scénarios, l'augmentation de la population âgée en perte d'autonomie serait comprise entre 8 % et 26 % soit des bornes inférieures de 10 et 20 points aux moyennes auvergnate et nationale.
Dans l'Allier, à partir de 75 ans, la part des personnes potentiellement dépendantes est identique à la moyenne nationale. Sur la période, le taux de dépendance diminuerait à chaque âge, mais surtout aux âges élevés. Selon le scénario intermédiaire, à l'horizon 2030, 53 % des femmes de 90 ans ou plus et 39 % des hommes du même âge seraient potentiellement dépendants, soit quatre points de moins qu'en 2010. Malgré cette baisse des taux, l'accompagnement de la dépendance à des âges de plus en plus élevés restera l'un des principaux défis à relever.
Comme en tendance nationale, c'est parmi la population de 90 ans ou plus que le nombre de personnes âgées potentiellement dépendantes augmenterait le plus : celui-ci devrait doubler. Ainsi en 2030, dans l'Allier, 31 % des dépendants devraient avoir 90 ans ou plus contre 18 % en 2010. L'âge moyen des dépendants potentiels passerait de 82,0 ans à 83,5 ans.
De 2010 à 2020, l'augmentation du nombre de personnes potentiellement dépendantes nécessiterait la création de 1 600 emplois (équivalents temps plein), soit une hausse de 27 %. Plus de la moitié (54 %) de ces nouveaux emplois concerneraient l'aide à domicile. Si l'évolution du taux de recours à un professionnel et le temps moyen d'intervention par personne dépendante étaient constants dans le temps, la création de 870 nouveaux emplois serait nécessaire pour prendre en charge la dépendance à domicile.
| variation 2010-2030 (en %) | ||||
| Tranches d'âge | Population de 60 ans ou plus | Population de 60 ans ou plus potentiellement dépendante | ||
|---|---|---|---|---|
| Scénario pessimiste | Scénario intermédiaire | Scénario optimiste | ||
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||
| 60-69 ans | + 12,3 | + 11,0 | + 4,4 | − 3,8 |
| 70-79 ans | + 28,3 | + 18,5 | + 8,9 | − 3,0 |
| 80 ans ou plus | + 29,3 | + 31,6 | + 25,0 | + 14,9 |
| dont 90 ans ou plus | + 125,8 | + 112,9 | + 106,7 | + 94,1 |
| Ensemble | + 22,1 | + 26,2 | + 18,9 | + 8,6 |
| en % | ||||||
| Tranches d'âge | 2010 | 2030 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Ensemble | Hommes | Femmes | Ensemble | |
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||||
| 60-69 ans | 3,2 | 2,4 | 2,8 | 3,1 | 2,2 | 2,6 |
| 70-79 ans | 7,4 | 7,0 | 7,1 | 6,5 | 5,7 | 6,1 |
| 80 ans et plus | 21,7 | 27,6 | 25,6 | 20,4 | 27,3 | 24,7 |
| dont 90 ans ou plus | 43,0 | 57,1 | 53,7 | 39,2 | 53,0 | 49,1 |
| Ensemble | 8,5 | 11,5 | 10,2 | 8,4 | 11,2 | 9,9 |
Le Cantal, à l'instar des départements ruraux ayant une population déjà très âgée, afficherait une progression contenue du nombre de personnes dépendantes. De 2010 à 2030, selon le scénario intermédiaire, leur nombre augmenterait de 24 %, contre 39 % au niveau national. En termes d'effectifs, ce serait près de 1 100 personnes âgées dépendantes supplémentaires qui devraient être accompagnées. Selon que l'on retient les hypothèses optimiste ou pessimiste en matière d'évolution de la dépendance, l'augmentation de la population âgée en perte d'autonomie serait comprise entre 13 % et 31 %, soit des progressions inférieures de 5 et 6 points à celles attendues en Auvergne. En 2030, selon le scénario intermédiaire, 10 % des Cantaliens de 60 ans ou plus seraient potentiellement dépendants, soit le taux le plus haut des départements auvergnats. Toutefois, ce taux de dépendance élevé reflète essentiellement le vieillissement marqué de la population cantalienne. En effet, dans le Cantal, à partir de 85 ans, les taux de dépendance sont à chaque âge similaires à la moyenne nationale et devraient diminuer avec la même intensité.
En 2010, 54 % des Cantaliens âgées de 90 ans ou plus sont en situation de dépendance. En 2030, cette proportion passerait à 47 %. Malgré cette baisse, l'accompagnement de la dépendance à des âges de plus en plus élevés, dans un contexte de population éparse pouvant éprouver des difficultés à accéder aux services de proximité, restera l'un des principaux défis à relever. La hausse du nombre de personnes âgées dépendantes résulterait essentiellement de l'augmentation des 90 ans ou plus : + 113 % selon le scénario intermédiaire. Ils représenteraient alors 32 % des personnes âgées dépendantes contre 19 % en 2010. L'âge moyen des personnes dépendantes passerait de 82,2 ans en 2010 à 83,8 ans en 2030. Il serait le plus élevé des départements auvergnats.
Dans le Cantal, un peu moins de 900 emplois supplémentaires en équivalent temps plein (ETP) seraient nécessaires pour faire face à l'accroissement de la population potentiellement dépendante d'ici 2020. Ainsi, le volume d'emplois serait en hausse de 31 % par rapport à 2010, pour atteindre 3 800 ETP. La moitié des nouveaux emplois concerneraient l'aide à domicile.
| variation 2010-2030 (en %) | ||||
| Tranches d'âge | Population de 60 ans ou plus | Population de 60 ans ou plus potentiellement dépendante | ||
|---|---|---|---|---|
| Scénario pessimiste | Scénario intermédiaire | Scénario optimiste | ||
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||
| 60-69 ans | + 21,8 | + 21,9 | + 14,0 | + 4,3 |
| 70-79 ans | + 33,2 | + 22,6 | + 13,0 | + 1,2 |
| 80 ans ou plus | + 32,4 | + 35,7 | + 29,1 | + 18,8 |
| dont 90 ans ou plus | + 144,8 | + 118,1 | + 113,3 | + 98,7 |
| Ensemble | + 28,5 | + 31,2 | + 23,7 | + 13,1 |
| en % | ||||||
| Tranches d'âge | 2010 | 2030 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Ensemble | Hommes | Femmes | Ensemble | |
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||||
| 60-69 ans | 3,2 | 2,0 | 2,6 | 3,1 | 1,8 | 2,4 |
| 70-79 ans | 7,2 | 7,5 | 7,4 | 6,3 | 6,2 | 6,2 |
| 80 ans et plus | 21,8 | 28,1 | 25,9 | 20,7 | 28,2 | 25,3 |
| dont 90 ans ou plus | 43,8 | 56,2 | 53,8 | 31,8 | 53,1 | 46,9 |
| Ensemble | 8,5 | 11,9 | 10,4 | 8,3 | 11,4 | 10,0 |
La Haute-Loire serait le département auvergnat le plus confronté à l'augmentation de la dépendance. D'une part, la vague de migrations de familles et de sexagénaires en provenance de l'aire urbaine stéphanoise joue un rôle d'accélérateur du vieillissement. D'autre part, à chaque âge, les taux de dépendance sont supérieurs à la moyenne nationale. Ils sont aussi les plus élevés d'Auvergne. De 2010 à 2030, selon que l'on retient les hypothèses optimiste ou pessimiste en matière d'évolution de la dépendance, l'augmentation de la population âgée en perte d'autonomie serait comprise entre 25 % et 44 %. Selon le scénario intermédiaire, la population âgée dépendante altiligérienne augmenterait de 36 %, contre 29 % en Auvergne et 39 % au niveau national. Ainsi, près de 2 200 personnes âgées dépendantes supplémentaires résideraient en Haute-Loire.
En deux décennies, le taux de dépendance diminuerait nettement aux âges avancés. Selon le scénario intermédiaire, à l'horizon 2030, 54 % des femmes de 90 ans ou plus et 41 % des hommes seraient potentiellement dépendants, soit 4 points de moins qu'en 2010. Parallèlement, le nombre de personnes âgées de 90 ans ou plus progressera très fortement, de telle sorte que la population potentiellement dépendante de cette tranche d'âge devrait être multipliée par 2,4 entre 2010 et 2030 (scénario intermédiaire). Dès lors en 2030, 30 % des dépendants devraient avoir 90 ans ou plus contre 17 % en 2010. L'âge moyen des dépendants potentiels passerait de 82,0 ans à 83,4 ans. Faire face à l'accompagnement de la dépendance à des âges de plus en plus élevés sera un défi important à anticiper.
De 2010 à 2020, l'augmentation du nombre de personnes potentiellement dépendantes nécessiterait la création de 1 600 emplois (équivalents temps plein), soit une hausse de 42 %. Ce serait la hausse la plus importante en Auvergne. Cependant, contrairement aux autres départements de la région, moins de la moitié (40 %) de ces nouveaux emplois concerneraient l'aide à domicile. Si l'évolution du taux de recours à un professionnel et le temps moyen d'intervention par personne dépendante étaient constants dans le temps, la création de 640 nouveaux emplois serait nécessaire pour prendre en charge la dépendance à domicile.
| variation 2010-2030 (en %) | ||||
| Tranches d'âge | Population de 60 ans ou plus | Population de 60 ans ou plus potentiellement dépendante | ||
|---|---|---|---|---|
| Scénario pessimiste | Scénario intermédiaire | Scénario optimiste | ||
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||
| 60-69 ans | + 30,8 | + 27,7 | + 19,2 | + 8,7 |
| 70-79 ans | + 45,3 | + 34,4 | + 23,7 | + 10,5 |
| 80 ans ou plus | + 49,5 | + 50,9 | + 43,5 | + 32,3 |
| dont 90 ans ou plus | + 161,3 | + 146,9 | + 139,8 | + 125,4 |
| Ensemble | + 40,2 | + 44,4 | + 36,2 | + 24,5 |
| en % | ||||||
| Tranches d'âge | 2010 | 2030 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Ensemble | Hommes | Femmes | Ensemble | |
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||||
| 60-69 ans | 2,8 | 2,2 | 2,5 | 2,6 | 2,0 | 2,3 |
| 70-79 ans | 7,5 | 6,9 | 7,2 | 6,6 | 5,6 | 6,1 |
| 80 ans et plus | 21,9 | 28,6 | 26,4 | 20,5 | 28,4 | 25,4 |
| dont 90 ans ou plus | 43,9 | 58,2 | 55,0 | 40,5 | 54,1 | 50,4 |
| Ensemble | 7,9 | 11,4 | 9,9 | 7,9 | 11,0 | 9,6 |
L'attractivité démographique du Puy-de-Dôme, en amplifiant les effectifs des générations nées après guerre, joue un rôle d'accélérateur du vieillissement. Selon que l'on considère les hypothèses optimiste ou pessimiste en matière d'évolution de la dépendance, l'augmentation de la population âgée en perte d'autonomie serait comprise entre 24 % et 44 %, soit des bornes plus élevées (+ 6 points) que celles attendues en Auvergne. Entre 2010 et 2030, selon le scénario intermédiaire, la population potentiellement dépendante progresserait de 35 % (soit près de 5 200 personnes supplémentaires), en léger retrait par rapport à la moyenne nationale (+ 39%).
À l'horizon 2030, 9,5 % des Puydômois de 60 ans ou plus seraient potentiellement dépendants selon le scénario intermédiaire, soit le taux le plus bas des départements auvergnats. La faiblesse de ce taux n'est que relative. Elle résulte d'une plus faible représentation du quatrième âge dans la population âgée. À partir de 75 ans, le Puy-de-Dôme se distingue en effet par des taux de dépendance supérieurs à la moyenne nationale. De 2010 à 2030, compte tenu des hypothèses de projection, ces derniers diminueraient notamment aux âges les plus élevés. Toutefois, selon le scénario intermédiaire, les écarts avec la moyenne française ne se réduiraient pas. Ils tendraient même à s'accentuer entre 75 ans et 90 ans. Contrairement aux autres départements de la région, le taux de dépendance global de la population de 60 ans ou plus ne serait donc pas orienté à la baisse. Dans un avenir proche, le Puy-de-Dôme pourrait envisager d'initier les actions nécessaires pour faire face à l'accompagnement de la dépendance à des âges de plus en plus élevés. Le nombre de personnes potentiellement dépendantes de 90 ans ou plus serait multiplié par 2,3 selon le scénario intermédiaire. En 2030, 50 % des Puydômois de 90 ans ou plus seraient dépendants. Ils représenteraient alors 29 % des personnes âgées dépendantes contre 17 % en 2010. L'âge moyen des personnes en perte d'autonomie passerait de 81,6 ans en 2010 à 83,2 ans en2030.
Dans le Puy-de-Dôme, le nombre d'emplois devrait augmenter de plus de 36 % entre 2010 et 2020 pour faire face à l'accroissement de la population potentiellement dépendante. Ils représenteraient alors environ 11 300 équivalents temps plein. Comme dans le reste de l'Auvergne, plus de la moitié (52 %) des nouveaux emplois, soit un peu moins de 1 600, concerneraient l'aide à domicile.
| variation 2010-2030 (en %) | ||||
| Tranches d'âge | Population de 60 ans ou plus | Population de 60 ans ou plus potentiellement dépendante | ||
|---|---|---|---|---|
| Scénario pessimiste | Scénario intermédiaire | Scénario optimiste | ||
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||
| 60-69 ans | + 17,0 | + 16,5 | + 8,9 | − 0,4 |
| 70-79 ans | + 47,5 | + 38,3 | + 27,1 | + 13,3 |
| 80 ans ou plus | + 50,8 | + 51,1 | + 43,5 | + 31,9 |
| dont 90 ans ou plus | + 156,9 | + 141,8 | + 134,7 | + 120,5 |
| Ensemble | + 34,7 | + 43,9 | + 35,4 | + 23,6 |
| en % | ||||||
| Tranches d'âge | 2010 | 2030 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Ensemble | Hommes | Femmes | Ensemble | |
| Source : Insee, Enquête Handicap-Santé (2008-2009), Omphale 2010 | ||||||
| 60-69 ans | 3,0 | 2,1 | 2,5 | 2,8 | 1,9 | 2,4 |
| 70-79 ans | 7,4 | 6,8 | 7,1 | 6,7 | 5,6 | 6,1 |
| 80 ans et plus | 22,2 | 27,4 | 25,8 | 20,6 | 26,8 | 24,5 |
| dont 90 ans ou plus | 42,6 | 57,6 | 54,3 | 39,1 | 53,5 | 49,6 |
| Ensemble | 7,7 | 10,7 | 9,4 | 8,1 | 10,6 | 9,5 |

Insee Auvergne la Lettre n° 82 - Juin 2012

Visualiser les pyramides des âges départementales pour les années 2010 à 2030 selon les différents scénarios.