Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010, qui s'appuie essentiellement sur les échanges mutuels de population active entre communes voisines, met en relief la structuration urbaine du territoire. En Auvergne, sept grandes aires urbaines structurent fortement l'espace régional. En relais trois moyennes aires et seize petites complètent ce maillage. L'Auvergne est une terre de contrastes. La part de la population vivant dans les territoires sous l'influence des villes est moins élevée qu'au niveau national. Cependant, la réalité urbaine y est marquée : deux tiers des Auvergnats vivent dans une grande aire urbaine. L'étalement des grandes aires urbaines auvergnates se poursuit au même rythme qu'au niveau national. Résultat de cette extension spatiale mais aussi de la densification des espaces déjà sous influence urbaine, la population de l'espace des grandes aires urbaines s'accroît en Auvergne de près de 108 000 habitants entre 1999 et 2008.
Vincent Vallès, Insee Auvergne
Travailler en ville et habiter en périphérie plus ou moins lointaine : telle est la situation d'un nombre croissant de Français et d'Auvergnats. En Auvergne comme sur l'ensemble du territoire métropolitain, on assiste en effet depuis trois décennies à une concentration des emplois dans certains pôles et à une augmentation continue des distances entre lieux d'habitat et lieux d'emploi.
Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010 identifie ces villes capables de polariser leur environnement par les emplois qu'elles proposent et établit les limites du périmètre sur lequel leur influence est dominante. Fondé sur une approche économique de la ville, il associe aux agglomérations de plus de 1 500 emplois, qui ne sont pas elles-mêmes sous l'influence d'une ville plus importante, une couronne regroupant les communes dont une proportion élevée de la population active (au moins 40 %) travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. Cette approche fonctionnelle du territoire permet d'apprécier l'influence des villes au-delà de leurs limites physiques définies par la continuité du bâti. Suivant le nombre d'emplois présents sur le pôle, on distingue les grandes aires urbaines (voir encadré) des moyennes et des petites.
Dans la délimitation 2010, on dénombre sur le territoire français 241 grandes aires urbaines, 131 moyennes aires et 420 petites aires. En Auvergne, 26 aires structurent l'espace dont sept grandes aires urbaines (Clermont-Ferrand, Vichy, Montluçon, Le Puy-en-Velay, Aurillac, Moulins, et Issoire) et trois moyennes (Thiers, Brioude et Saint-Flour).
La grande aire urbaine de Clermont- Ferrand se situe en tête de la hiérarchie urbaine auvergnate. Au cœur du Puy-de-Dôme, elle s'étend dans ses nouvelles délimitations, du nord au sud, d'Aigueperse à Coudes et d'ouest en est, d'Olby à Lezoux. Englobant 185 communes, elle recouvre 30 % de la superficie du Puy-de-Dôme soit 9 % de la superficie régionale.
Avec 459 250 habitants, elle se classe au 19e rang des grandes aires urbaines métropolitaines. Au sein de la région, elle occupe une place prépondérante puisque sa population est près de six fois plus importante que celle de l'aire vichyssoise qui la suit dans le classement régional. Un rapport d'une telle ampleur entre les deux aires les plus peuplées d'une région ne se retrouve qu'en Midi-Pyrénées, le poids démographique de l'aire toulousaine étant 10 fois supérieur à celui de l'aire tarbaise.
En Aquitaine, Basse-Normandie, Rhône-Alpes, Bourgogne et Limousin ce rapport oscille entre 3 et 4. Dans toutes les autres régions métropolitaines il est inférieur à 2.
Avec celle de Clermont-Ferrand, l'armature urbaine auvergnate s'appuie sur cinq grandes aires urbaines qui jouent toutes un rôle de commandement local affirmé. De taille homogène, ces dernières sont regroupées entre les 100e et 130e places nationales. L'aire urbaine de Vichy, avec 82 400 habitants, prend la 105e place. Montluçon avec 79 900 habitants occupe la 108e position. Celles du Puy-en-Velay (73 400 habitants), d'Aurillac (65 200) et de Moulins (61 100) sont respectivement à la 114e, 125e et 130e position. Grâce à son tissu de grandes aires urbaines l'Allier se singularise au niveau national. Avec l'Oise, c'est le seul département à disposer d'une structuration urbaine équilibrée autour de trois grandes aires urbaines de population équivalente.
Dans la hiérarchie régionale, l'écart entre ces cinq grandes aires urbaines et celle d'Issoire est conséquent. Moins peuplée, la grande aire urbaine d'Issoire (26 400 habitants) occupe le 214e rang parmi les 241 grandes aires urbaines nationales.
| Type d'aire | Nom de l'aire | Nombre de communes de l'aire | Population de l'aire | Part de la population vivant dans le pôle (en %) | Densité de population de l'aire (en hab./km2) | Nombre d'emplois de l'aire |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Champ : aires centrées sur une ville auvergnate ; les 2 communes de la Nièvre (1 450 habitants) faisant partie de la grande aire urbaine de Moulins sont prises en compte dans ce tableau. En revanche les 15 communes auvergnates (25 456 habitants) faisant partie des aires de Saint-Étienne, Saint-Amand-Montrond, Digoin et Bort-les-Orgues ne sont pas prises en compte. | ||||||
| Source : Insee, Recensement de la population 2008 | ||||||
| Grandes aires | Clermont-Ferrand | 185 | 459 250 | 57 | 190 | 199 454 |
| Vichy | 37 | 82 361 | 79 | 138 | 30 811 | |
| Montluçon | 39 | 79 857 | 74 | 95 | 31 918 | |
| Le Puy-en-Velay | 50 | 73 381 | 52 | 91 | 31 448 | |
| Aurillac | 52 | 65 153 | 53 | 66 | 29 347 | |
| Moulins | 39 | 61 122 | 62 | 54 | 28 433 | |
| Issoire | 30 | 26 371 | 57 | 111 | 13 017 | |
| Moyennes aires | Thiers | 7 | 18 233 | 77 | 120 | 8 828 |
| Brioude | 16 | 13 849 | 53 | 53 | 6 669 | |
| Saint-Flour | 17 | 12 869 | 51 | 39 | 6 771 | |
| Petites aires | Ambert | 9 | 11 240 | 67 | 48 | 4 662 |
| Brassac-les-Mines | 6 | 10 172 | 100 | 196 | 3 375 | |
| Commentry | 3 | 7 954 | 96 | 174 | 3 492 | |
| Sainte-Sigolène | 2 | 7 898 | 100 | 137 | 3 528 | |
| Yssingeaux | 2 | 7 344 | 94 | 84 | 3 661 | |
| Saint-Pourçain-sur-Sioule | 3 | 6 051 | 84 | 107 | 3 578 | |
| Gannat | 1 | 5 868 | 100 | 159 | 2 626 | |
| Saint-Éloy-les-Mines | 3 | 5 823 | 100 | 118 | 2 424 | |
| Mauriac | 5 | 5 421 | 87 | 58 | 2 702 | |
| Courpière | 1 | 4 523 | 100 | 142 | 1 886 | |
| Langeac | 2 | 4 373 | 100 | 87 | 1 932 | |
| Saint-Georges-de-Mons | 3 | 4 240 | 94 | 65 | 2 779 | |
| La Monnerie-le-Montel | 2 | 3 864 | 100 | 169 | 1 599 | |
| Varennes-sur-Allier | 1 | 3 750 | 100 | 156 | 2 165 | |
| Dompierre-sur-Besbre | 1 | 3 216 | 100 | 70 | 1 982 | |
| Lapalisse | 1 | 3 175 | 100 | 96 | 1 731 | |
En dehors de l'influence des sept grands pôles urbains, 19 moyens ou petits pôles offrant de 1 600 emplois (La Monnerie-le-Montel) à 8 400 emplois (Thiers) structurent l'espace régional. Ces pôles possèdent leur propre dynamique et proposent des emplois occupés en partie par des actifs résidant dans les communes environnantes.
Ces communes forment une couronne relativement étendue autour de Thiers, Saint-Flour, Brioude et Ambert qui sont au centre d'une aire de plus de 10 000 habitants. Autour des autres pôles, la couronne est bien plus réduite. Pour ceux situés à proximité d'une grande aire urbaine, elle se limite au mieux à une seule commune. En Auvergne plus de 7 % de la population et 8 % des emplois se concentrent dans les petits pôles ou dans leur couronne, soit deux points de plus que la moyenne nationale.
Dans la hiérarchie urbaine auvergnate les petites aires prennent ainsi une place significative que l'on observe aussi dans sept autres régions : Corse, Champagne-Ardenne, Aquitaine, Poitou-Charentes, Basse-Normandie, Bourgogne et Franche-Comté.
Au-delà des couronnes, certaines communes sont partagées entre les influences de plusieurs pôles. On distingue les communes multipolarisées des grandes aires urbaines qui sont sous les influences conjointes de plusieurs grands pôles urbains des autres communes multipolarisées par des pôles de plus petite taille. Les communes sous influence partagée de plusieurs pôles sont moins présentes en Auvergne.
En France métropolitaine, il y a quasiment autant de communes multipolarisées que de communes faisant partie d'une couronne.
En Auvergne, les communes multipolarisées sont deux fois moins nombreuses que celles des couronnes. Elles sont présentes là où le réseau des aires urbaines est dense, entre les aires de Clermont- Ferrand, Vichy, Issoire et Thiers ainsi que dans l'Allier entre les aires de Vichy, Moulins, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Varennes-sur-Allier, Lapalisse et Dompierre-sur-Besbre. Les communes multipolarisées assurent une cohésion territoriale entre ces différentes aires qui conservent néanmoins chacune leur autonomie.
Ainsi au cœur de la région, sur un axe Moulins-Brioude apparaît un espace continu dominé par une activité essentiellement urbaine. Il en est de même en Haute-Loire entre le Puy-en-Velay et Saint-Étienne.
En Auvergne comme sur l'ensemble du territoire métropolitain, la polarisation mise en évidence par le nouveau zonage en aire urbaine est marquée. En 2008, 1 011 400 Auvergnats vivent dans un pôle ou une couronne et 127 300 dans une commune multipolarisée. Les pôles et l'espace sous leur influence regroupent 60 % des communes, 85 % des Auvergnats et 87 % des emplois. L'importance des territoires sous l'influence des villes est cependant moins prononcée qu'au niveau national. En France métropolitaine hors aire urbaine de Paris, les aires et les communes multipolarisées représentent 79 % des communes, rassemblent 94 % de la population et 95 % des emplois. Avec la Corse et le Limousin, l'Auvergne se classe parmi les trois régions où la part de la population vivant dans une commune isolée hors influence des pôles est la plus prononcée.
| Auvergne | France métropolitaine hors aire urbaine de Paris | France | ||
|---|---|---|---|---|
| Population en 2008 | Population en % | Population en % | Population en % | |
| Source : Insee, Recensement de la population de 2008 | ||||
| 1- Espace des grandes aires urbaines | 911 756 | 67,9 | 78,3 | 82,6 |
| Grandes aires urbaines | 867 660 | 64,7 | 71,9 | 77,4 |
| Grands pôles urbains (au moins 10 000 emplois) | 519 423 | 38,7 | 52,3 | 59,2 |
| Couronnes des grands pôles urbains | 348 237 | 26,0 | 19,6 | 18,3 |
| Communes multipolarisées des grandes aires urbaines | 44 096 | 3,3 | 6,4 | 5,2 |
| 2- Espace des autres aires | 143 704 | 10,7 | 9,2 | 7,5 |
| Moyennes aires | 45 079 | 3,4 | 4,2 | 3,6 |
| Moyens pôles (de 5 000 à moins de 10 000 emplois) | 28 032 | 2,1 | 3,5 | 3,0 |
| Couronnes des moyens pôles | 17 047 | 1,3 | 0,7 | 0,5 |
| Petites aires | 98 625 | 7,3 | 5,0 | 4,0 |
| Petits pôles (de 1 500 à moins de 5 000 emplois) | 90 606 | 6,8 | 4,7 | 3,7 |
| Couronnes des petits pôles | 8 019 | 0,6 | 0,3 | 0,3 |
| 3- Autres communes multipolarisées | 83 232 | 6,2 | 6,6 | 5,2 |
| 4- Communes isolées hors influence des pôles | 203 171 | 15,1 | 5,9 | 4,7 |
| Ensemble | 1 341 863 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| dont ensemble des aires | 1 011 364 | 75,4 | 81,1 | 85,0 |
| en hab/km2 | |||
| Auvergne | France métropolitaine hors aire urbaine de Paris | France | |
|---|---|---|---|
| Source : Insee, Recensement de la population de 2008 | |||
| 1- Espace des grandes aires urbaines | 110 | 168 | 204 |
| Grandes aires urbaines | 122 | 198 | 239 |
| Grands pôles urbains (au moins 10 000 emplois) | 655 | 646 | 819 |
| Couronnes des grands pôles urbains | 55 | 69 | 72 |
| Communes multipolarisées des grandes aires urbaines | 37 | 62 | 64 |
| 2- Espace des autres aires | 78 | 99 | 66 |
| Moyennes aires | 60 | 103 | 81 |
| Moyens pôles (de 5 000 à moins de 10 000 emplois) | 245 | 195 | 117 |
| Couronnes des moyens pôles | 27 | 30 | 30 |
| Petites aires | 91 | 96 | 57 |
| Petits pôles (de 1 500 à moins de 5 000 emplois) | 115 | 127 | 64 |
| Couronnes des petits pôles | 27 | 22 | 22 |
| 3- Autres communes multipolarisées | 24 | 32 | 32 |
| 4- Communes isolées hors influence des pôles | 16 | 20 | 15 |
| Ensemble | 52 | 95 | 101 |
| dont ensemble des aires | 113 | 178 | 194 |
L'étendue des territoires qui échappent à l'influence des grands pôles urbains, des moyens ou des petits ne doit pas occulter une réalité urbaine importante. En 2008, 65 % des Auvergnats vivent dans une grande aire urbaine. Ce ratio est inférieur de 7 points à la moyenne des autres régions de province.
Cet écart conséquent ne signifie pas pour autant une nette sous-représentation de ce type d'espace. Hors Île-de-France la moyenne métropolitaine est en effet tirée vers le haut par la forte urbanisation présente dans les trois régions les plus peuplées : Nord- Pas-de-Calais (88 % de la population réside dans une grande aire urbaine), Provence-Alpes-Côte-d'Azur (88 %) et Rhône-Alpes (84 %). Hors ces trois régions, 66 % de la population de province réside dans une grande aire urbaine soit la même part que celle constatée en Auvergne. Dans les régions limitrophes Limousin et Bourgogne, 60 % de la population vit dans une grande aire urbaine.
L'Auvergne se démarque du niveau national par la façon dont se répartit sa population au sein des grandes aires urbaines. Les Auvergnats sont proportionnellement moins nombreux à vivre dans les grands pôles urbains, c'est-à-dire les espaces les plus densément peuplés et les plus urbanisés. Quatre Auvergnats sur dix résident dans un grand pôle urbain alors qu'ils sont plus de la moitié dans les autres régions métropolitaines. En revanche, signe d'une périurbanisation plus accentuée, les couronnes des grands pôles concentrent 26 % de la population auvergnate contre 20 % au plan national.
À égalité avec la Bretagne, l'Auvergne est la région française où le poids démographique des couronnes des grands pôles urbains est le plus fort. Elle se place ainsi parmi les régions où au sein des grandes aires urbaines la population s'équilibre le mieux entre le pôle et sa couronne. En Auvergne, quatre habitants sur dix d'une grande aire urbaine résident dans la couronne contre moins de trois en métropole.
L'étalement des grandes aires urbaines auvergnates se poursuit au même rythme qu'au niveau national. De 1999 à 2008, la superficie de l'espace des grandes aires urbaines (grandes aires urbaines et communes multipolarisées des grandes aires urbaines) s'est étendue de 40 % en Auvergne, contre 39 % en France métropolitaine. Cette croissance spatiale ne doit pas être assimilée à l'augmentation des espaces réellement urbanisés (une large partie des communes des couronnes des grandes aires urbaines peut être non construite).
Elle constitue cependant un indicateur de l'évolution de l'espace dont les populations sont attirées par les grandes villes pour leurs activités professionnelles. Selon cet indicateur, l'Auvergne se retrouve en milieu de classement des régions métropolitaines à égalité avec Rhône-Alpes (+ 41 %) mais devant le Limousin ou la Bourgogne (+ 30 %).
| Grandes aires urbaines | Population 2008 dans le périmètre 2010 | Population 1999 dans le périmètre 1999 | Variation de la population entre 1999 et 2008 | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Totale | Due à l'effet densification* | Due à l'effet extension* | |||
| * « L'effet extension » est la croissance liée à l'évolution du périmètre de la grande aire urbaine, à population constante (celle de 1999). « L'effet densification » est la croissance de la population entre 1999 et 2008 à périmètre constant, celui de 2010. | |||||
| Source : Insee, Recensements de la population 1999 et 2008 | |||||
| Clermont-Ferrand | 459 250 | 405 461 | + 53 789 | + 24 040 | + 29 749 |
| Vichy | 82 361 | 73 564 | + 8 797 | + 1 102 | + 7 695 |
| Montluçon | 79 857 | 78 812 | + 1 045 | − 265 | + 1 310 |
| Le Puy-en-Velay | 73 381 | 62 653 | + 10 728 | + 2 405 | + 8 323 |
| Aurillac | 65 153 | 58 270 | + 6 883 | + 761 | + 6 122 |
| Moulins | 61 122 | 59 241 | + 1 881 | − 1 123 | + 3 004 |
| Issoire | 26 371 | 22 572 | + 3 799 | + 1 775 | + 2 024 |
| Communes auvergnates de l'aire stéphanoise | 21 615 | 14 282 | + 7 333 | + 2 516 | + 4 817 |
En Auvergne, en 2008, on dénombre 107 900 habitants de plus qu'en 1999 dans l'espace des grandes aires urbaines. D'une part, la population s'est accrue de 35 400 personnes dans les limites de 1999 des grandes aires urbaines et de leurs communes multipolarisées.
C'est l'illustration de la densification des territoires les plus urbains. D'autre part, 72 500 habitants ont été gagnés par l'extension géographique de l'espace des grandes aires urbaines, rendant ainsi compte de l'étalement urbain. Sur la période, en Auvergne, les deux tiers (67 %) de la croissance démographique de l'espace des grandes aires urbaines sont donc liés à l'extension territoriale et seulement un tiers à sa densification. En France métropolitaine la contribution respective de ces deux effets sur le dynamisme démographique de l'espace des grandes aires urbaines est plus équilibrée : 56 % pour l'effet extension, 44 % pour l'effet densification.
En Auvergne, l'expansion territoriale concerne toutes les grandes aires urbaines. Dans leur délimitation 2010, chacune s'est agrandie en intégrant des communes qui étaient en 1999 soit multipolarisées, soit isolées hors influence des pôles. La grande aire urbaine de Clermont-Ferrand se développe concentriquement en absorbant essentiellement des communes multipolarisées.
Au nord, s'appuyant sur l'agglomération riomoise et ses 12 600 emplois qui est incluse dans sa couronne, elle étend son influence dominante sur des communes autrefois multipolarisées par Clermont-Ferrand et Vichy. Ce mouvement traduit une progression de l'influence clermontoise au détriment de la métropole vichyssoise.
Il en est de même à l'est où la zone d'influence clermontoise entre directement en contact avec celle de Thiers en absorbant dans sa couronne le bassin de Lezoux. Au sud, la grande aire urbaine d'Issoire arrive à bloquer l'influence dominante de Clermont-Ferrand.
Dans ce secteur, l'extension de la couronne clermontoise se limite au secteur de Champeix. Ailleurs, la progression de l'influence clermontoise se combine avec celle d'Issoire. Elle se traduit par une augmentation des communes multipolarisées par ces deux grands pôles urbains. Entre les délimitations de 1999 et 2010, la grande aire urbaine de Clermont-Ferrand a intégré 49 communes supplémentaires. Sa population a progressé de 53 800 habitants dont 56 % par extension et 44 % par densification. En Auvergne, seule la grande aire urbaine d'Issoire bénéficie d'une telle dynamique démographique favorable cumulant extension et densification.
Pour les autres grandes aires urbaines, la densification est plus mesurée et seule l'extension engendre une augmentation de population. Limitée au sud par l'influence clermontoise, la grande aire urbaine de Vichy s'est étendue au nord en direction de Varennes-sur-Allier et Saint-Pourçain-sur-Sioule qu'elle borde désormais. Au cœur de leur département, les grandes aires urbaines d'Aurillac et du Puy-en-Velay progressent le long des grands axes de communication. Avec celle de Clermont-Ferrand, ces trois grandes aires urbaines auvergnates se distinguent au niveau national par une extension marquée de leur couronne.
En revanche pour les grandes aires urbaines de Montluçon (+ cinq communes) et de Moulins (+ six communes), l'effet de l'extension spatiale sur la croissance démographique reste bien plus limité. Parallèlement les communes déjà intégrées dans ces aires urbaines en 1999 ont perdu de la population entre 1999 et 2008. Ainsi, globalement, sur cette période, la population est stable pour l'aire de Montluçon et en faible croissance pour celle de Moulins. En France, cette situation caractérise les grandes aires urbaines du quart nord-est du territoire ainsi que celles plus proches de Roanne, Nevers et Châteauroux.
En 1999, la grande aire urbaine de Saint-Étienne s'étendait déjà sur le nord-est de la Haute-Loire ; elle se rapproche maintenant de celle du Puy-en-Velay, en absorbant trois communes et en rejoignant la petite aire de Sainte-Sigolène. Ainsi, dans la délimitation 2010, 10 communes auvergnates regroupant 21 600 habitants appartiennent à l'aire urbaine stéphanoise. Par ailleurs l'agglomération de Monistrol-sur-Loire (12 600 habitants et 4 200 emplois en 2008) n'a pu préserver son autonomie. Petit pôle en 1999, elle fait désormais partie intégrante des communes multipolarisées des grandes aires, préfigurant ainsi l'extension de la métropole stéphanoise sur le territoire auvergnat.

Insee Auvergne la Lettre n° 77 - octobre 2011