Vincent Vallès, Insee
Mise à jour : 16 juin 2011
Au 1er janvier 2008 l'Allier est le 65e département français métropolitain par sa population et le 92e par son dynamisme démographique. Malgré le relèvement de l'attractivité depuis 1999 la population du département reste orientée à la baisse. Avec 342 807 habitants en 2008 contre 344 721 en 1999, l'Allier fait partie des neuf départements métropolitains qui perdent de la population sur la période récente.
Si le repli démographique observé dans ce département depuis le début des années soixante-dix n'est pas enrayé, il est néanmoins fortement atténué. De 1999 à 2008, l'Allier a perdu en moyenne 213 habitants chaque année soit 0,1 % de sa population, une baisse quatre fois plus faible que celle constatée entre 1990 et 1999. Cette évolution démographique moins défavorable est uniquement due à une inversion du solde migratoire. Depuis 1999, après trois décennies de déficit migratoire continu, les personnes qui viennent s'installer dans le département sont plus nombreuses que celles qui le quittent. L'excédent migratoire annuel est estimé à près de 700 personnes. De 1990 à 1999, les mouvements entre les entrées et sorties se soldaient chaque année par une diminution de 340 habitants. Toutefois, ce constat favorable doit être nuancé. Les mouvements migratoires du département se caractérisent toujours par des arrivées de personnes proches de la retraite et par un net déficit de jeunes entre 18 et 25 ans. Ainsi, ces mouvements tendent à accentuer le vieillissement de la population et donc à terme le déficit naturel. Contrairement à la région, le fort déficit naturel que connaît le département ne se résorbe pas. Entre 1999 et 2008, l'excédent des décès sur les naissances a entraîné une baisse annuelle de près de 910 personnes. Il induit une diminution de population de l'ordre de 0,3 % par an.
| Population municipale 2008 | Densité 2008 (hab/km2) | Variation de densité 1999-2008 (hab/km2) | |
|---|---|---|---|
| Source : Insee, recensements de la population | |||
| Allier | 342 807 | 46,7 | − 0,3 |
| Espace à dominante urbaine | 215 661 | 101,6 | − 0,3 |
| Pôles urbains | 157 598 | 440,1 | − 12,1 |
| Couronnes périurbaines | 58 063 | 32,9 | + 2,1 |
| Espace à dominante rurale | 127 146 | 24,4 | − 0,3 |
| Aires d'emploi | 34 270 | 100,4 | − 3,3 |
| Autres communes | 92 876 | 19,0 | 0,0 |
| Variation annuelle de la population | Taux de variation annuel dû au | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Absolue | Relative (en %) | Solde naturel | Solde migratoire apparent | ||
| 1999-2008 | 1999-2008 | 1990-1999 | 1999-2008 | 1999-2008 | |
| Source : Insee, Recensements de la population | |||||
| Allier | − 213 | − 0,1 | − 0,4 | − 0,3 | + 0,2 |
| Espace à dominante urbaine | − 66 | 0,0 | − 0,4 | − 0,2 | + 0,2 |
| Pôles urbains | − 480 | − 0,3 | − 0,4 | − 0,3 | 0,0 |
| Couronnes périurbaines | 414 | + 0,7 | − 0,2 | + 0,2 | + 0,5 |
| Espace à dominante rurale | − 147 | − 0,1 | − 0,5 | − 0,5 | + 0,4 |
| Aires d'emploi | − 127 | − 0,4 | − 0,6 | − 0,4 | 0,0 |
| Autres communes | − 20 | 0,0 | − 0,5 | − 0,5 | + 0,5 |
Tous les types d'espaces, y compris les plus urbanisés, sont touchés par le vieillissement de leur population et la faiblesse du bilan naturel. Les villes de Montluçon, Moulins et Vichy connaissent une baisse sensible de leur population, comme la plupart des villes de même taille des départements voisins. Au 1er janvier 2008, 39 492 habitants résident à Montluçon, 25 221 à Vichy et 19 760 à Moulins, soit une diminution annuelle de 0,5 %, 0,6 % et 1,1 % depuis 1999. Dans ces trois principaux pôles économiques le nombre de décès l'emporte sur celui des naissances. Le déficit migratoire de ces communes traduit pour partie l'étalement urbain. Les petites communes proches de ces centres urbains enregistrent à l'inverse les plus fortes progressions. Entre 1999 et 2008 la population des communes appartenant à une couronne périurbaine a augmenté en moyenne de 0,7 % alors qu'elle diminuait de 0,2 % entre 1990 et 1999. À Montluçon et Moulins l'augmentation constatée dans les communes périurbaines ne suffit pas à compenser la baisse dans les villes centres. Autour de Vichy le gain de population des communes périphériques équilibre tout juste la perte des communes de Vichy et Cusset.
L'évolution démographique des trois communautés d'agglomération (CA) est cependant meilleur que celui enregistré entre 1990 et 1999. Ainsi la CA Montluçonnaise (60 908 habitants en 2008) et la CA de Moulins (53 685 habitants) affichent une baisse annuelle de population respective de − 0,2 % et − 0,3 % entre 1999 et 2008, contre − 0,5 % et − 0,4 % lors de la décennie précédente. Dans la CA de Vichy Val d'Allier (75 195 habitants) la progression observée dans la dernière période + 0,1 % fait suite à une baisse de 0,2 % annuellement.
Éloignées des principaux pôles d'activité, les campagnes voient elles aussi leur population diminuer, avec néanmoins un rythme moins soutenu. Globalement dans ce type d'espace le bilan migratoire devenu légèrement positif annule une partie du déficit naturel. L'étalement urbain et l'avancée des zones résidentielles amplifient le dynamisme démographique de l'espace rural. Ainsi de 1999 à 2008, les communautés de communes du Pays de Marcillat en Combraille et de Sioule, Colettes et Bouble enregistrent des hausses annuelles supérieures à 0,6 %. Celles du Pays de Chevagnes en Sologne Bourbonnaise, du bassin de Gannat, du Pays d'Huriel et du Val de Cher connaissent, après vingt années de baisse continue, des hausses comprises entre 0,4 % et 0,5 % annuellement.