En 2006, le recours des ménages aux services à la personne est plus important en Auvergne qu'au niveau national. Ainsi, avec 24 000 personnes, ce secteur est surreprésenté dans l'emploi salarié de la région (5,2 % contre 4,6 % au niveau national). Ce constat lié essentiellement à une population vieillissante devrait s'amplifier d'ici à 2020. Le nombre de ménages utilisateurs augmenterait de 5 à 10 % selon les départements auvergnats. La forme d'emploi majoritaire du secteur relie salarié et particulier-employeur, avec ou sans intermédiation des organismes agréés. Parmi ces établissements, 76 % relèvent de la sphère de l'économie sociale. Les services à la personne se caractérisent par un salariat âgé et principalement féminin ainsi que par l'omniprésence du temps partiel.
Alain Batifoulier, Marylène Gauvin, Hélène Langin
L'Auvergne fait partie des trois régions françaises les plus âgées avec le Limousin et la Corse. En 2006, la moitié de la population auvergnate a plus de 42 ans contre 38 ans au niveau national, un habitant sur cinq a plus de 65 ans contre un sur six au plan hexagonal. Le vieillissement de la population, défi démographique auquel doit faire face la région, induit mécaniquement une hausse de la demande de services pour accompagner la dépendance. Parallèlement, l'évolution des modes de vie et des comportements culturels, tels que l'organisation et l'intensité des liens familiaux ou encore le partage des rôles conjugaux et parentaux, modifie l'articulation entre vies privée et professionnelle. Ainsi émerge également une demande pour la garde d'enfants, le soutien scolaire, les tâches ménagères, les travaux d'entretien du logement.
En 2006, les ménages auvergnats font plus souvent appel aux intervenants du secteur qu'au niveau national. Ce constat s'observe surtout dans le Cantal et l'Allier, départements dans lesquels la part des seniors de plus de 74 ans - principaux utilisateurs de ces services - dépasse 12 % de la population.
Au sein des recours, le besoin d'aides ou de services des populations âgées ou handicapées augmente avec l'âge et la dépendance tandis que la demande de services de « confort » croît en fonction du niveau de revenus. Corrigés des effets de structure d'âge, sexe et mode de cohabitation (notamment un nombre plus élevé de ménages d'une seule personne), les taux de recours dans tous les départements auvergnats se rapprochent de la moyenne nationale. Cependant le recours des ménages de Haute-Loire est faible, en dépit d'un âge médian de la population élevé. Cette demande moindre s'explique par une structure de revenus, moins favorable à l'emploi de personnels salariés. En 2006, les 10 % des ménages altiligériens les plus aisés disposent d'un niveau de vie supérieur à 28 481 € par unité de consommation.
Ce seuil caractérisant la population la plus favorisée est inférieur respectivement de 2 %, 4 % et 12 % à celui duCantal, de l'Allier et du Puy-de-Dôme. Il apparaît que compte tenu de la structure plus âgée de la population auvergnate par rapport à la moyenne nationale, les ménages ont eu recours aux services à la personne en s'appuyant sur les aides publiques mises en place depuis le début des années 2000, pour accompagner et financer pour partie l'augmentation de la dépendance des seniors et leur maintien à domicile : prestation spécifique dépendance et aide personnalisée à l'autonomie.
En 2006, la moitié de la population auvergnate a plus de 42 ans contre 38 ans au niveau national, et un habitant sur cinq a plus de 65 ans. Ces derniers sont presque aussi nombreux que les jeunes de moins de 20 ans (22 %). En France, la part des personnes de plus de 65 ans est plus faible (17 %) et demeure inférieure à celle de moins de 20 ans.
D'ici à 2020 sous l'hypothèse du maintien des comportements démographiques récents, le vieillissement des générations nombreuses d'après guerre, l'allongement de l'espérance de vie et le maintien à domicile de plus en plus fréquents, expliqueraient l'essentiel de la croissance du nombre de ménages. Ce phénomène se traduirait par une forte augmentation du nombre de couples vivant sans enfant et de personnes, notamment des femmes, occupant seules leur logement. Couplée à l'hypothèse d'une stabilité des taux de recours des ménages aux services à la personne, les ménages utilisateurs augmenteraient de 5 à 10 % selon les départements (cf. encadré 1).
Entre 2010 et 2020, une hausse de 4,9 % des ménages utilisateurs serait attendue dans l'Allier et de 6,5 % dans le Cantal. La croissance serait plus soutenue dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire (+ 10,2 et + 9,6 %). Dans tous les départements, la demande d'aide à la vie quotidienne, représentée majoritairement par les travaux ménagers, concernerait huit interventions sur dix et les aides à la famille fléchiraient d'environ 1 %.
En 2020, dans l'Allier les ménages utilisateurs seraient à 51 % des ménages de plus de 74 ans qui consommeraient plus de 54 % des services. Cette demande représenterait 70 % des services rendus aux personnes fragilisées et 55 % des aides à la vie quotidienne.
Dans le Cantal la projection présente un scénario voisin. Les ménages utilisateurs seraient à 49 % des seniors qui consommeraient alors 53 % des services offerts. Leur demande se structurerait comme celle des seniors de l'Allier.
Dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, seulement quatre ménages sur dix utilisateurs de services en 2020 auraient plus de 74 ans. En raison de la structure moins âgée de la population du Puy-de-Dôme, le poids de leur demande d'intervention serait le plus faible de la région (44 %). Toutefois cette consommation s'organiserait comme celles des autres départements, atteignant 63 % des aides spécifiques aux publics fragiles et 46 % des aides à la vie quotidienne.
En Haute-Loire, eu égard à la répartition des revenus moins favorable à ce type de dépenses et à la structure de la population plus jeune, la demande des seniors concernerait un peu moins de la moitié des interventions réalisées (47 %). Cette demande de services rassemblerait 65 % des services d'assistance spécifique aux personnes âgées handicapées ou dépendantes et 49 % des aides à la vie quotidienne.
Deux sources ont été utilisées pour réaliser ces projections à l'horizon 2020 : les revenus fiscaux de 2006 de la Direction générale des Impôts et les données de l'enquête 2008 de la DARES (Direction de l'Animation, de la Recherche, des Études et des Statistiques du Ministère du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique) sur les utilisateurs de services à la personne. Les données fiscales renseignent le nombre de ménages utilisateurs et les taux de recours associés, c'est-à-dire les proportions de ménages utilisateurs de services à la personne. Ces deux éléments sont détaillés selon les variables sociodémographiques suivantes : âge, sexe et mode de cohabitation. Les données issues de l'enquête DARES définissent les recours des ménages selon le type de service consommé : services à la famille, services d'aide à la vie quotidienne puis services aux personnes âgées ou handicapées, ainsi que le nombre total de recours. Ces données sont également détaillées selon les mêmes caractéristiques sociodémographiques (âge, sexe et mode de cohabitation).
Les projections réalisées définissent un nombre de ménages. Ensuite, l'application des taux de recours de la source fiscale permet de calculer un nombre de ménages utilisateurs de services à la personne. Enfin, la répartition par activités issue de l'enquête DARES permet d'obtenir le nombre de recours associé pour les services à la famille, les services d'aide à la vie quotidienne et les services aux personnes âgées ou handicapées, ainsi que le nombre total de recours.
Ces projections de ménages sont fondées sur différents scénarios d'évolution des composantes démographiques. Dans cette étude, le scénario dit « central » qui prolonge les comportements sociodémographiques récents a été privilégié. Ce scénario utilise des hypothèses du maintien des comportements de fécondité, de mortalité et de migration, déterminées sur la base des évolutions nationales de référence. Ce scénario central a été calé sur les projections régionales, elles-mêmes calées sur les projections nationales.
Défini en 2005 par le « plan Borloo I », le secteur des services à la personne rassemble des activités réalisées au domicile des particuliers visant à améliorer les conditions de vie ou de confort des ménages bénéficiaires (cf. encadré II). Un même service comme le ménage, pour un couple d'actifs ou une personne âgée, renvoie à des besoins et des prestations tout à fait différents.
Le champ des services à la personne retenu ici repose sur la liste des 21 activités définies par la Loi du 26 juillet 2005 de soutien au secteur dite « Plan Borloo I ». Aux côtés des emplois familiaux, définis légalement depuis 1991, exercés au domicile des ménages : activités ménagères (ménage, repassage, préparation des repas...), assistance aux personnes âgées, handicapées et dépendantes, livraisons de repas, garde d'enfants et soutien scolaire, petits travaux de bricolage, prestations « hommes toutes mains », le « Plan Borloo I » associe de nouvelles activités : assistance informatique ou administrative à domicile, gardiennage, soins esthétiques à domicile, livraison de courses.
Les services à la personne étudiés ici sont exclusivement exercés au domicile des bénéficiaires et excluent les activités médicales (soins médicaux à domicile).
Le secteur mixe ainsi des services « de commodité » et des services d'aide ou d'accompagnement de la vie. Les premiers sont d'autant plus accessibles aux ménages qu'ils bénéficient de revenus élevés. Les seconds s'adressent à des publics très jeunes ou fragilisés (enfants, personnes âgées, dépendantes ou handicapées) et leur mise à disposition est le plus souvent encadrée et soutenue par des politiques sociales. Les ménages utilisateurs de services à la personne peuvent employer directement des salariés - en recourant éventuellement à des organismes mandataires qui prennent en charge leur recrutement et ses formalités administratives - ou s'adresser à des organismes prestataires (cf. encadré III). En Auvergne, la forme d'emploi majoritaire est celle qui relie salarié et particulier employeur.
En 2006, parmi l'offre de services à la personne, celle des organismes agréés auvergnats est principalement duale. Elle combine des services « ménagers » : ménage proprement dit, repassage, commissions, préparation (ou livraison) des repas à domicile et des services plus spécialisés à destination des publics fragilisés : personnes âgées, dépendantes ou handicapées, qui nécessitent systématiquement l'obtention d'un agrément qualité (cf. Annexe II). Une spécialisation se dessine selon l'organisme prestataire. En effet, fin 2006, les entreprises privées ont une offre encore limitée dans les activités requérant un agrément « qualité » et s'orientent vers une offre de services de « confort » accessibles à des populations financièrement aisées.
Au niveau départemental, la gamme de services offerts par les organismes prestataires s'adapte aux besoins de la population, à sa localisation et à sa solvabilité.
Dans le Cantal, département le plus âgé et le plus rural de la région, les services proposés concernent en premier lieu l'aide à la mobilité et aux transports des personnes âgées ou handicapées, puis les services ménagers, et enfin les services à domicile d'assistance proprement dite aux personnes en difficulté. L'offre en Haute-Loire est plus diversifiée. Elle inclut aussi bien les services de la vie quotidienne (activités ménagères et préparation-livraison des repas) que les services de garde d'enfant et d'assistance aux personnes âgées ou handicapées.
Comme dans la Haute-Loire, l'offre du Puy-de-Dôme est ternaire. Elle repose d'abord sur des services à la vie quotidienne, ensuite sur l'assistance aux personnes âgées et enfin sur la garde d'enfant. Mais des services visant des ménages plus aisés sont également assez bien représentés : livraisons de courses et dans une moindre mesure, bricolage, jardinage et assistance administrative à domicile. L'offre dans l'Allier couvre les mêmes services que dans le Puy-de-Dôme bien que les services de garde d'enfants soient moins souvent proposés. Dans ces deux départements, où résident les ménages disposant des plus hauts revenus, les activités de services à la vie quotidienne sont plus souvent offertes que les services nécessitant un agrément qualité à destination des publics fragiles.
| en % | ||||
| Année 2006 | Sphère économie sociale | Sphère publique | Sphère privée | |
|---|---|---|---|---|
| Source : ANSP, Insee, DADS 2006 | ||||
| Allier | Établissements | 66,7 | 22,2 | 11,1 |
| Salariés | 89,7 | 9,2 | 1,1 | |
| Cantal | Établissements | 95,6 | 0,1 | 4,3 |
| Salariés | 99,0 | 0,2 | 0,8 | |
| Haute-Loire | Établissements | 92,9 | 1,4 | 5,7 |
| Salariés | 93,9 | 1,1 | 5,0 | |
| Puy-de-Dôme | Établissements | 60,8 | 24,3 | 14,9 |
| Salariés | 48,2 | 45,4 | 6,4 | |
| Auvergne | Établissements | 76,4 | 13,7 | 9,9 |
| Salariés | 71,2 | 24,4 | 4,4 | |
| France | Établissements | 66,5 | 14,8 | 18,7 |
| Salariés | 68,2 | 26,2 | 5,6 | |
L'organisation du secteur repose sur trois modalités distinctes de l'offre de services.
Les services rendus dépendent aussi de l'implantation géographique des établissements, de leur sphère d'appartenance (cf. encadré IV) et de leur degré d'organisation qui influe sur le nombre de leurs salariés.
Dans le Cantal et la Haute-Loire, neuf établissements sur dix sont des associations agréées de la sphère de « l'économie sociale ». Dans ces départements de tradition rurale, ces associations, implantées pour certaines d'entre elles depuis les années cinquante, sont encore en 2006 la référence sur le secteur. Elles organisent l'offre en assurant majoritairement des services ménagers ainsi que des aides et assistance aux publics fragiles, services nécessitant un agrément qualité. La diversité des types d'établissements est plus forte dans le Puy-de-Dôme et l'Allier. Les associations agréées représentent seulement six organismes sur dix. Le tiers restant regroupe les établissements publics (respectivement 24 et 22 % des établissements) et les entreprises privées (respectivement 15 et 11 %).
Bien que la structure de l'emploi salarié des organismes agréés auvergnats se démarque peu de la moyenne nationale, elle masque la situation distincte du Puy-de-Dôme vis-à-vis des autres départements.
Dans l'Allier, le Cantal et la Haute-Loire, les organismes agréés de l'économie sociale assurent au moins 90 % de l'emploi des salariés. Alors que dans le Puy-de-Dôme, les établissements publics occupent 45 % des salariés, soit presque autant que ceux de l'économie sociale. En 2006, l'emploi des organismes privés est encore peu important dans tous les départements auvergnats. L'organisation de ce secteur privé apparaît plus avancée dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire que dans l'Allier et le Cantal.
Les organismes éligibles à l'agrément pour l'ensemble des activités de services à la personne sont les associations de la loi de 1901, les associations intermédiaires, les entreprises, les communes, les centres communaux et intercommunaux d'action sociale et les établissements publics de coopération intercommunale compétents, certains organismes publics ou privés bénéficiant d'une autorisation administrative liée à leurs activités spécifiques d'action sociale ou de soutien des familles et enfin les organismes ayant passé convention avec un organisme de sécurité sociale au titre de leur activité d'action sociale.
Les trois sphères des organismes agréés de services à la personne, définies pour les besoins de l'étude, reposent sur les statuts juridiques de ces établissements.
En 2006, avec un poids de 5,2 % de l'emploi salarié total en Auvergne contre 4,6 % en moyenne nationale, le secteur des services à la personne emploie 24 045 salariés. Cette surreprésentation se vérifie dans tous les départements, même si elle est plus marquée dans l'Allier et le Cantal. Le Puy-de-Dôme concentre près de la moitié des emplois salariés régionaux, l'Allier près d'un tiers. Le Cantal et la Haute-Loire occupent respectivement 11 % et 14 % des effectifs régionaux.
Toutefois l'accès de la population à ces services n'est pas uniforme. Si le Puy-de-Dôme et le Cantal comptent, comme en France, pour 1 000 habitants 18 salariés du secteur, ils sont 15 en Haute-Loire et 20 dans l'Allier.
| Année 2006 | salariés au lieu de travail | |
|---|---|---|
| Note de lecture : en raison de la multi-activité de certains salariés sur plusieurs départements, le chiffre régional est inférieur à la somme des départements. | ||
| Sources : Insee, DADS ; ANSP ; CNAV, Déclarations Cesu DNS Paje - 2006 | ||
| Allier | Nombre de salariés | 6 996 |
| Part dans l'emploi salarié | 6,1 % | |
| Cantal | Nombre de salariés | 2 666 |
| Part dans l'emploi salarié | 5,5 % | |
| Haute-Loire | Nombre de salariés | 3 334 |
| Part dans l'emploi salarié | 4,9 % | |
| Puy-de-Dôme | Nombre de salariés | 11 244 |
| Part dans l'emploi salarié | 4,9 % | |
| Auvergne | Nombre de salariés | 24 045 |
| Part dans l'emploi salarié | 5,2 % | |
| France | Nombre de salariés | 1 075 154 |
| Part dans l'emploi salarié | 4,6 % | |
L'activité de services à la personne en Auvergne représente 8 291 emplois salariés mesurés en « équivalent temps plein » (ETP). Ces emplois sont majoritairement issus de contrats entre salariés et particuliers employeurs (52 % des ETP contre 54 % au niveau national). Aussi, le poids de l'emploi des organismes agréés prestataires (48 %) est-il supérieur de deux points à la moyenne nationale.
Deux réponses distinctes à la demande des ménages se dessinent au sein de la région.
Dans le Cantal et l'Allier, les besoins des ménages sont assurés à plus de 60 % par des emplois directs de particuliers employeurs.
Dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, l'organisation du secteur rend possible une prise en charge majoritaire du service par les organismes agréés qui assurent respectivement 51 et 59 % du service rendu mesuré en nombres d'heures travaillées. En 2006, dans ces départements, le service rendu par habitant est le plus élevé. Il atteint 10 heures 25 pour les puydômois et 10 heures 10 pour les altiligériens, alors qu'il ne représente que 9 heures 35 dans l'Allier et seulement 8 heures 10 dans le Cantal, pour respectivement 9 heures 55 en Auvergne et 9 heures 40 en France.
Compte tenu des répartitions de revenus distinctes entre les départements, le service rendu repose également sur les politiques sociales de prise en charge de la dépendance mises en place depuis le début des années 2000. En 2006, dans le Cantal, 80 % des interventions s'adressent aux personnes âgées. Elles s'appuient principalement sur l'aide personnalisée à l'autonomie (APA) versée par le Conseil général et sur les aides ménagères à domicile mises à disposition par les caisses de retraites. En Haute-Loire, 66 % des heures effectuées concernent également cette population. Elles atteignent respectivement 60 % et 45 % dans l'Allier et le Puy-de-Dôme.
En Auvergne, la forme d'emploi majoritaire est celle qui relie salarié et particulier employeur, avec ou sans intermédiation : elle concerne 72 % des salariés, résultat proche de la moyenne nationale.
Les particuliers employeurs, comme les organismes agréés prestataires, embauchent plus souvent des femmes, ce qui est encore plus net en Auvergne, avec 3 points au-dessus de la moyenne nationale. Ainsi, neuf intervenants du secteur sur dix sont des femmes.
Les salariés auvergnats du secteur sont plus âgés que leurs homologues métropolitains : 56 % d'entre eux ont plus de 44 ans contre 52 % au niveau national. Cette caractéristique se vérifie quel que soit l'employeur. Seule la structure par âge des employés en Haute-Loire se rapproche de la moyenne nationale. Il convient de noter toutefois la présence d'intervenants plus jeunes et un emploi masculin plus important pour les organismes auvergnats agréés que pour les particuliers employeurs. Près de 11 % des salariés auvergnats des organismes agréés sont des hommes alors que les particuliers employeurs n'en emploient que 6,3 %.
Les conditions d'emploi apparaissent peu attractives pour les intervenants dans un secteur où la situation de multi-employeurs et le temps partiel caractérisent les emplois.
Ainsi, en 2006, 60 % des salariés auvergnats travaillent au moins pour deux employeurs (contre 45 % au niveau national). Plus d'un salarié sur quatre cumule des contrats de travail répartis entre plus de quatre employeurs. Près de la moitié des salariés des organismes agréés sont également salariés de particuliers employeurs. Ces caractéristiques sont relativement homogènes au sein des quatre départements. Dans tous les départements, près d'un salarié sur trois travaille également hors du secteur. Ce taux de multi-activités est légèrement supérieur à celui enregistré au niveau national (+ 2 points).
L'omniprésence du temps partiel caractérise les contrats de travail. À l'exclusion de la sphère publique, la situation la plus fréquente pour les salariés repose sur un volume d'heures travaillées inférieur à une heure par jour de contrat. Pour les particuliers employeurs, près de huit salariés sur dix sont dans cette situation. Dans l'Allier et le Cantal, un salarié sur quatre effectue une vacation inférieure à une demi-heure par jour de contrat.
Les salariés des organismes agréés sont seulement 21 % à effectuer des vacations de moins d'une heure par jour de contrat. Cependant les conditions d'emploi ne sont pas semblables entre employeurs agréés.
Ainsi, sept intervenants sur dix des établissements publics travaillent plus de 3 heures par jour de contrat. Ils ne sont que quatre dans ce cas dans les entreprises privées et trois seulement dans les associations de l'économie sociale.
En Auvergne, comme en France, un intervenant travaille en moyenne 12 heures hebdomadaires. Ce volume d'heures travaillées est plus élevé dans le Puy-de-Dôme et surtout en Haute-Loire. Ce temps d'intervention est réduit de deux heures dans l'Allier et le Cantal.
L'offre de travail hebdomadaire des particuliers employeurs est moins conséquente. Elle représente 9 heures en moyenne dans la région. Les conditions d'emploi de leurs salariés sont assez semblables dans chaque département. Les temps travaillés sont inférieurs à la moyenne régionale de 3 et 5 % dans l'Allier et le Cantal. Ils sont plus élevés de 6 % en Haute-Loire.
En revanche, l'offre de travail des organismes agréés est plus différenciée.
Par rapport à un temps de travail moyen hebdomadaire de 21 heures en Auvergne, les organismes agréés du Puy-de-Dôme proposent des plages hebdomadaires d'intervention supérieures de 9 %.
En Haute-Loire, la demande des associations frôle les 25 heures. Dans l'Allier et le Cantal, les associations ne proposent que des vacations moyennes hebdomadaires de 16 heures et 17 heures.
Les salariés du secteur possèdent également des contrats de travail extérieurs au secteur. En 2006, ces activités connexes représentent 3 447 emplois mesurés en équivalent temps plein. Toutes activités confondues (y compris activités hors services à la personne), les salariés auvergnats de services à la personne réalisent quasiment un mi-temps (49 %) comme au niveau national.
En Haute-Loire et dans le Puy-de-Dôme, le temps travaillé global de ces employés est plus élevé (respectivement 56 % et 51 %), alors qu'il atteint seulement 42 et 44 % dans le Cantal et dans l'Allier.
| Année 2006 | Activités de services à la personne | Activités globales y compris activités hors services à la personne |
|---|---|---|
| Champ : salariés des services à la personne au lieu de travail. | ||
| Sources : Insee, DADS ; ANSP ; CNAV, Déclarations Cesu DNS Paje - 2006. | ||
| Allier | 2 060 | 3 065 |
| Cantal | 771 | 1 115 |
| Haute-Loire | 1 402 | 1 869 |
| Puy-de-Dôme | 4 058 | 5 689 |
| Auvergne | 8 291 | 11 738 |
| France entière | 373 554 | 519 989 |
Dans l'Allier et le Puy-de-Dôme, là où la gamme de services offerts est la plus diversifiée, l'éventail des salaires est le plus large mais il est moins ouvert qu'au niveau national. Dans ces départements le salaire horaire médian atteint 9,60 € . Il est identique à son homologue national mais plus élevé que son équivalent auvergnat (9,50 €). Dans le Cantal le salaire médian est similaire au salaire régional. En Haute-Loire, les conditions de rémunérations médianes sont les moins attractives (9,30 €), et comme au niveau national, 25 % des salariés du secteur touchent moins de 9 €.
Enfin, sur la France entière, les 25 % des salariés les mieux payés perçoivent une rémunération horaire brute supérieure à 11 € contre 10,50 € en Auvergne. L'écart à la situation nationale est plus faible dans le Puy-de-Dôme et l'Allier (− 4 % et − 5 %) que dans le Cantal et la Haute-Loire (− 6 %).
Les femmes et les salariés de moins de 35 ans perçoivent en moyenne un salaire horaire moins élevé. Les intervenants sont moins bien payés par les particuliers employeurs après 55 ans, alors que leur rémunération horaire augmente à partir de 45 ans dans les organismes agréés. Cette situation est identique au niveau national.
La sphère publique est la plus rémunératrice, sauf dans l'Allier où le salaire horaire moyen versé par les particuliers employeurs est le plus élevé.
En Auvergne, les entreprises privées, rémunèrent le moins leurs salariés. En France, ce sont les associations de l'économie sociale qui sont dans cette situation.
Quel que soit le niveau géographique, la répartition des salaires horaires est plus égalitaire dans les associations de l'économie sociale. En Auvergne, selon les départements, 70 à 73 % des contrats de ces établissements agréés rémunèrent l'intervenant entre 1 et 1,2 SMIC horaire.
Dans la sphère publique auvergnate représentée principalement dans le Puy-de-Dôme, la distribution du salaire horaire est plus ample. Moins de la moitié des salaires horaires se situent entre 1 et 1,2 SMIC (1 sur 3 sur la France entière).

Insee Auvergne la Lettre n° 65 - Novembre 2010