Insee Auvergne
Situé au cœur d'un couloir nord-sud dynamisé par la périurbanisation clermontoise, le Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud bénéficie d'une position géographique stratégique. Ce territoire peuplé de 51 600 habitants en 2005 se singularise par une population en forte croissance, une attractivité grandissante auprès des ménages clermontois et une identité industrielle affirmée.
Le desserrement de l'habitat clermontois en faveur du Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud, observé entre 1990 et 1999, est confirmé par les résultats des enquêtes de recensement de la population 2004-2006. L'installation continue de jeunes familles rejaillit de façon notable sur la croissance démographique et le développement économique, mais de façon différenciée suivant les espaces. Les écarts se sont creusés entre le cœur du territoire et ses franges accentuant ainsi les risques de fracture démographique.
La périurbanisation entraîne aussi une amplification des mouvements pendulaires, qui se font en grande partie en direction de la capitale auvergnate. Ces navettes domicile-travail induisent des comportements individuels qui ne profitent pas toujours économiquement aux communes pavillonnaires, et notamment au secteur du commerce. Avec l'accès rapide et aisé de la population aux zones commerciales clermontoises, ce secteur connaît un dynamisme modéré tandis que les services et la construction progressent fortement depuis 1999.
L'activité économique du Scot est traditionnellement industrielle. Spécialisé dans le travail de l'aluminium et la production d'équipements automobiles, l'outil industriel est cependant fragilisé par une forte concentration dans une dizaine de grands établissements. Les incertitudes que fait peser le contexte international sur la filière aéronautique, dont les principaux établissements du Scot sont des sous-traitants privilégiés, assombrissent actuellement les perspectives économiques.
Centré sur le pôle urbain d'Issoire et situé aux portes de l'agglomération clermontoise, le Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud oscille entre dépendance et autonomie. Ce territoire présente une certaine diversité interne qui, schématiquement, peut se résumer par l'existence de cinq espaces, relativement indépendants, avec leur identité propre.
À deux pas de la métropole régionale, la bordure nord-ouest bénéficie de nombreuses arrivées de population générées par l'étalement urbain clermontois. Cette zone du Scot se développe autour d'une vocation résidentielle de plus en plus affirmée qui accroît sa dépendance vis-à-vis de l'agglomération voisine. La partie centrale du territoire fortement polarisée par Issoire forme un bassin résidentiel et d'emploi important qui parvient à conserver une certaine autonomie économique.
À l'est du Scot, l'espace rural situé en marge du Parc Naturel Régional du Livradois-Forez renforce son attractivité résidentielle.
Plus au sud, la zone située autour de Brassac-les-Mines forme un petit pôle industriel. Elle est source de nombreux échanges économiques avec l'autre partie du bassin minier située en Haute-Loire, en dehors du périmètre du Scot. Enfin, restée à l'écart de la dynamique migratoire, la partie sud-ouest autour d'Ardes-sur-Couze, moins facile d'accès, présente un caractère rural beaucoup plus marqué. Elle subit un vieillissement prononcé de sa population et cumule des handicaps à la fois démographiques et économiques.
Le territoire du Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud connaît une forte expansion démographique, qui s'est nettement accélérée au cours des dernières années. Au 1er janvier 2005, sa population est estimée à 51 600 habitants, soit 3 100 de plus qu'en 1999. Le Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud est aujourd'hui l'un des territoires auvergnats les plus dynamiques sur le plan démographique.
Entre 1999 et 2005, la population du Scot s'est accrue en moyenne de 1,1 % par an, soit huit fois plus vite que dans les années 1990-1999. Le Pays d'Issoire Val d'Allier sud est, en Auvergne, celui qui jouit de la plus forte expansion démographique après le Pays de la jeune Loire et ses rivières (arrondissement d'Yssingeaux). Fort de sa proximité avec l'agglomération stéphanoise ce dernier détient le record de croissance sur la période 1999-2005 : + 1,4 % par an en moyenne.
Souvent encouragés par une offre foncière attractive, de plus en plus de ménages choisissent d'habiter dans des communes alliant cadre rural, espace et proximité des centres urbains.
Avec l'intensification de ce phénomène, le Scot d'Issoire se trouve aujourd'hui entièrement englobé au cœur du vaste couloir généré par l'extension de la périphérie clermontoise, s'étendant de Vichy à Brioude. En 1999, le nord du Scot marquait encore la limite sud de cet étalement urbain. Parmi ses nouveaux habitants, le Scot compte un nombre important de militaires venus s'installer avec leur famille dans la région d'Issoire suite à l'implantation du 28e Régiment de Transmissions en 1998.
La forte attractivité résidentielle du Scot a permis à ce dernier d'entrer dans une phase de reprise démographique dès les années 1990. La croissance démographique est presque exclusivement alimentée par l'excédent migratoire.
Entre 1999 et 2005, le solde des arrivées et des départs s'est traduit, en moyenne, par un gain de 500 habitants par an.
C'est quatre fois plus que ce que l'on observait sur la période 1990-1999.
Parallèlement, l'installation de nouveaux ménages induit un rajeunissement de la population. Le solde naturel s'est équilibré progressivement grâce à un redressement continu de la natalité.
Signe d'un dynamisme démographique retrouvé, le nombre de naissances dépasse celui des décès depuis le début des années 2000. L'excédent naturel, encore modeste, pourrait donc se renforcer et soutenir la croissance démographique de la zone au cours des prochaines années.
Depuis 1999, selon les dernières estimations de population, la périurbanisation clermontoise à l'œuvre dans le nord du Scot a poursuivi son avancée vers le sud. C'est en effet aux franges de l'aire urbaine clermontoise que s'observent les taux de croissance les plus élevés parmi les communes recensées depuis 1999.
Toutefois, toutes les communes du Scot ne profitent pas de cette tendance. Les communes qui offrent le meilleur accès aux pôles urbains de Clermont-Ferrand et d'Issoire bénéficient de la plus forte poussée démographique, tandis que les zones rurales plus isolées continuent de perdre leurs habitants.
Au nord-ouest, avec une population en augmentation de 2,6 % chaque année depuis 1999, les communes situées dans le canton de Champeix sont le moteur du dynamisme démographique du Scot. La périurbanisation pose cependant question quant à la capacité de ces communes à adapter leurs équipements et leurs services au même rythme.
Le peuplement s'intensifie également dans la partie centrale du Scot et dans les communes situées à l'est. Ces dernières commencent à tirer profit de l'étalement urbain : elles gagnent des habitants alors qu'elles en perdaient majoritairement avant 1999.
À l'inverse des communes gagnées par l'extension périurbaine, les bourgades rurales plus isolées, comme celles du canton d'Ardes au sud-ouest, connaissent toujours des baisses de population.
Cette baisse est cependant moins importante que celle enregistrée entre 1990-1999. Certaines communes parviennent même à maintenir voire à gagner quelques habitants.
Toutefois, le risque d'un développement démographique à deux vitesses entre cette partie isolée et la zone « périurbaine » du Scot en forte croissance reste important.
L'arrivée de couples d'actifs fréquemment accompagnés de leurs enfants contribue à rajeunir la population du territoire.
Entre 1999 et 2005, les effectifs des moins 20 ans sont en forte progression : + 10 %, soit le double de celle observée dans le Puy-de-Dôme. Entre 20 et 39 ans, la baisse de la population est moins marquée que celle constatée au niveau régional et départemental.
Dans cette tranche d'âge, le déficit est surtout le fait du départ des étudiants et des jeunes à la recherche d'un premier emploi.
La population du Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud présente un profil comparable à celui de l'Auvergne mais un peu plus âgé que celui du Puy-de-Dôme. En 2005, 22 % de la population du Scot a moins de 20 ans soit la même proportion que dans le Puy-de-Dôme. En revanche, un quart des habitants du Scot a plus de 60 ans, contre 22 % des Puydômois.
Le Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud connaît une attractivité renouvelée.
Entre 1999 et 2005, l'augmentation des apports migratoires est essentiellement le fait de jeunes ménages actifs.
Entre 25 et 40 ans, l'excédent des arrivées sur les départs a triplé par rapport à la période 1990-1999. Ces familles s'installent avec leurs enfants qui ne sont, en général, pas encore en âge de quitter le domicile parental.
Le territoire peine encore à retenir ses jeunes âgés de 12 à 25 ans. Dans cette tranche d'âge stratégique pour l'avenir démographique et économique du Scot, les soldes migratoires (même s'ils se sont améliorés) restent négatifs.
Aujourd'hui, les enfants des premières vagues de familles arrivées dans les années 1990 atteignent progressivement l'âge adulte. L'avenir du Scot dépendra de la capacité du Pays d'Issoire - Val d'Allier sud à retenir ces jeunes devenus actifs en leur proposant des emplois qualifiés mais aussi des logements adaptés. L'offre d'emploi local, essentiellement axée sur des emplois industriels, risque de ne pas couvrir les attentes d'une population de plus en plus qualifiée.
Les forces vives du territoire sur lesquelles s'appuie le développement démographique du Pays pourraient donc être attirées par les emplois clermontois.
L'attractivité de la métropole régionale sur les jeunes devrait être accentuée par le manque de logements adaptés. L'habitat individuel en accession à la propriété prédomine alors que l'habitat locatif est actuellement peu présent.
L'arrivée de jeunes populations sur le territoire, contrairement à celles de seniors, est de nature à infléchir sensiblement l'ampleur des évolutions démographiques en cours. Le taux de croissance de la population du Scot dépendra donc du rythme auquel va se poursuivre la périurbanisation.
À l'horizon 2030, si les comportements migratoires observés sur la période 1990-2005 ne connaissent pas de changement profond, si la fécondité se maintient au niveau observé en 2005 et si l'espérance de vie continue de progresser (scénario de projection démographique tendanciel), le Scot comptera près de 65 000 habitants, soit 25 % de plus qu'en 2005.
Toutefois, certains changements de comportement, liés aux préoccupations environnementales et énergétiques et aux décisions politiques qui pourraient en découler, pourraient avoir des répercussions sur les hypothèses de migrations et remettre en cause la poursuite de l'étalement urbain. Ainsi, si le regain attractif observé depuis 1999 venait à s'estomper à partir de 2010 (scénario tendanciel attractivité basse), la population du Scot atteindrait 55 000 habitants en 2030, ce qui contiendrait la hausse par rapport à 2005 à + 7 %.
L'enjeu démographique pour le Scot est donc de l'ordre de 4 000 à 14 000 habitants supplémentaires d'ici 2030 suivant l'ampleur des migrations liées à l'étalement urbain. En outre, sauf si les futurs habitants venaient s'installer dans les espaces les moins attractifs, la « fracture démographique » déjà observée entre les communes gagnées par la périurbanisation et les espaces ruraux du sud-ouest devrait s'accentuer.
Dans le Scot comme sur l'ensemble du territoire national, la population des seniors va s'accroître avec l'avancement en âge des générations nées après 1945. Si les tendances démographiques observées sur la période 1990-2005 se prolongent (scénario de projection démographique tendanciel), 29 % de la population du Scot sera âgée de plus de 60 ans en 2030.
Dans le même temps, la part des moins de 20 ans se stabilisera autour de 22 %, limitant ainsi le vieillissement de la population.
Si les évolutions récentes se poursuivent, le Scot offrira d'ici quelques années un visage plus jeune que le département du Puy-de-Dôme.
Ainsi, si l'on compte 89 jeunes de moins de 20 ans pour 100 personnes de 60 ans ou plus dans le Scot en 2005, ce ratio chutera à 76 en 2030 contre 65 dans le Puy-de-Dôme et 57 en Auvergne.
L'accroissement du nombre de jeunes ne doit pas masquer celui du nombre des seniors. À l'horizon 2030, c'est en effet la population âgée qui devrait connaître les plus fortes augmentations.
Suivant le scénario tendanciel, le nombre de seniors de 60 ans ou plus devrait augmenter de 12 400 en 2005 à 18 500 en 2030, soit une hausse de près de 50 %.
Cette progression sera encore plus prononcée pour le quatrième âge. En 2030, dans le Scot, 4 300 habitants devraient avoir fêté leur 80e anniversaire contre 2 600 en 2005, soit une hausse de 65 %.
Suivant le scénario tendanciel, les personnes de 80 ans ou plus représenteront alors 7 % de la population du Scot, soit deux points de plus qu'en 2005. Ce constat constitue un véritable enjeu en raison de ses conséquences sociales et médicales.
Dans cette perspective, les capacités d'accueil et d'hébergement des personnes très âgées devront garantir une offre suffisante sur le territoire pour répondre aux besoins des populations concernées. Des solutions adaptées aux situations de dépendance et le développement de services spécifiques pourront aussi être envisagés.
Les revenus fiscaux des ménages du Scot sont très proches de la moyenne régionale. En 2005, la moitié des habitants du Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud vit dans un ménage qui déclare un revenu par unité de consommation supérieur à 15 300 euros. La mixité sociale est plutôt mieux représentée dans le Scot que dans la région et le département.
Dans le Scot d'Issoire, les habitants les plus aisés ont un revenu 3,9 fois supérieur à celui des plus modestes ; ce rapport atteint 4,6 en Auvergne et 5,4 en métropole.
De manière générale, les habitants les plus aisés résident à la périphérie d'Issoire et dans les communes les plus intensément gagnées par la périurbanisation. Comme en témoigne l'importance relative des salaires et bénéfices dans ces zones, il s'agit majoritairement de ménages actifs.
À l'inverse les habitants des espaces ruraux, dans lesquels les retraites représentent une part importante des revenus déclarés, se distinguent par de plus faibles ressources financières.
Ainsi les habitants de la communauté de communes d'Ardes déclarent en moyenne 4 000 euros de moins que les habitants des autres groupements intercommunaux. Dans le Scot, un foyer fiscal sur deux n'est pas imposable.
| Ensemble secteur privé et semi public | Hommes | Femmes | Ensemble des salariés | |
|---|---|---|---|---|
| Source : Insee - DADS au 31.12.2004 | ||||
| Salariés habitant le Scot | 13 860 | 7 820 | 6 040 | 16 380 |
| dont travaillant dans le Scot | 8 520 | 4 660 | 3 860 | 9 890 |
| dont travaillant hors du Scot | 5 340 | 3 160 | 2 180 | 6 490 |
| Part des salariés travaillant hors du Scot | 38,5 % | 40,4 % | 36,1 % | 39,6 % |
| Salariés travaillant sur le Scot | 11 370 | 6 620 | 4 750 | 13 480 |
| dont habitant hors du Scot | 2 850 | 1 960 | 890 | 3 590 |
| Part des salariés venant travailler dans le Scot | 25,1 % | 29,6 % | 18,7 % | 26,6 % |
| Solde des navettes entrées-sorties | - 2 490 | - 1 210 | - 1 290 | - 2 900 |
| Ensemble secteur privé et semi public | 15-24 ans | 25-49 ans | 50-70 ans | Ensemble des salariés | |
|---|---|---|---|---|---|
| Source : Insee - DADS au 31.12.2004 | |||||
| Salariés habitant le Scot | 13 860 | 1 290 | 9 480 | 3 090 | 16 380 |
| dont travaillant dans le Scot | 8 520 | 780 | 5 800 | 1 940 | 9 890 |
| dont travaillant hors du Scot | 5 340 | 510 | 3 680 | 1 150 | 6 490 |
| Part des salariés travaillant hors du Scot | 38,5 % | 39,5 % | 38,8 % | 37,2 % | 39,6 % |
| Salariés travaillant sur le Scot | 11 370 | 1 130 | 7 860 | 2 380 | 13 480 |
| dont habitant hors du Scot | 2 850 | 350 | 2 060 | 440 | 3 590 |
| Part des salariés venant travailler dans le Scot | 25,1 % | 31,0 % | 26,2 % | 18,5 % | 26,6 % |
| Solde des navettes entrées-sorties | - 2 490 | - 160 | - 1 630 | - 710 | - 2 900 |
La zone d'emploi d'Issoire (cf. méthodologie page 12) dispose d'un tissu productif offrant plus de 21 400 emplois en 2005, soit 12,3 % de plus qu'en 1999.Ce dynamisme de l'emploi n'est pas pour autant un gage d'autonomie puisque les actifs qui habitent dans le Scot sont de plus en plus dépendants du pôle clermontois.
La population active résidente s'est accrue beaucoup plus rapidement que l'offre locale d'emplois au cours des dernières années.
Il en résulte un déséquilibre croissant sur le marché du travail : en 2004, le Scot d'Issoire propose 82 emplois pour 100 actifs salariés contre 92 en 1999.
La dissociation croissante entre la localisation de la main-d'œuvre et celle des emplois est compensée par des migrations domicile-travail de plus en plus intenses entre les territoires.
Les actifs du Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud travaillent de plus en plus fréquemment en dehors de leur zone de résidence. En 2004, ils ne sont qu'un quart à occuper un emploi dans la commune où ils vivent.
En revanche, 6 500 salariés résidant dans le Scot travaillent hors de son périmètre, soit 40 % des salariés de la zone. En 1999, cette proportion n'était que de 31 %. Sur la même période, le nombre de postes salariés offerts localement et occupés par des non-résidents reste stable, autour de 3 600. Lorsque leur profession s'exerce à l'extérieur, les salariés parcourent en moyenne 40 km pour se rendre à leur travail.
Dans le sens inverse, ceux qui viennent travailler dans le Scot parcourent un trajet deux fois plus court. L'intensification des flux journaliers soulève des enjeux environnementaux importants dans la mesure où l'essentiel des navettes s'effectue en voiture.
Les flux quotidiens d'actifs entre le Scot d'Issoire et les autres territoires auvergnats sont à replacer le long d'un axe sud-nord reliant Brioude, Issoire et Clermont-Ferrand. Dans ce jeu des navettes domicile-travail, le Scot accuse un net déficit avec l'agglomération clermontoise : 3 630 sorties pour 890 entrées.
Autour de ses frontières sud, les échanges avec la Haute-Loire sont plus équilibrés. Les actifs salariés du Scot qui partent travailler vers la métropole régionale sont aussi nombreux que ceux qui vont travailler dans la ville d'Issoire.
L'attraction clermontoise est particulièrement forte auprès des actifs habitant dans les zones pavillonnaires du nord et du nord-ouest du territoire, notamment ceux de la zone de Champeix. Sur dix salariés résidant dans cette zone, six exercent leur emploi hors du Scot, dont quatre dans l'agglomération de Clermont-Ferrand.
Les communes de la Haute-Loire représentent une autre destination d'importance vers laquelle se rendent quotidiennement plus de 1 000 actifs du Scot, dont 475 vers l'agglomération de Sainte-Florine et 275 vers Brioude. Dans le sens des entrées, 2 360 navettes (soit deux sur trois) s'effectuent en direction d'Issoire qui constitue encore un pôle d'emploi attractif.
Par le jeu des frontières du Scot qui l'isolent du reste du bassin minier, la commune de Brassac-les-Mines attire 380 salariés, principalement des Altiligériens résidant à Sainte-Florine, Brioude ou Lempdes-sur-Allagnon.
Le Scot accueille également des salariés en provenance de Clermont-Ferrand et du sud de sa couronne périurbaine.
Ceux-ci travaillent très majoritairement dans la zone d'Issoire.
L'analyse des déplacements domicile-travail par catégorie socioprofessionnelle permet de mieux cerner le profil des périurbains qui viennent s'installer dans le Scot. Il s'agit le plus souvent d'habitants aux revenus assez aisés.
Les salariés qui quittent le Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud pour aller travailler sont plus fréquemment des cadres ou des professions intermédiaires. Plus de la moitié d'entre eux (respectivement 54 % et 51 %) exercent leur activité en dehors du Scot, contre 40 % pour l'ensemble des salariés résidants.
À l'inverse, les employés et les ouvriers sont moins mobiles : seul un sur trois effectue une navette quotidienne en dehors du territoire. Du fait de la spécialisation industrielle de la zone, 46 % des salariés entrant dans le Scot occupent des postes d'ouvriers.
Toutefois, les cadres et les professions intermédiaires sont proportionnellement les plus nombreux à entrer dans le Scot pour y exercer un emploi. De ce point de vue, l'inadéquation entre emplois offerts et salariés résidants est notoire : 300 des 780 emplois de cadres du Scot (soit 38 %) sont pourvus par des actifs venant de l'extérieur, alors que parallèlement 560 cadres résidant dans le Scot partent chaque jour occuper un emploi à l'extérieur.
Fin 2007, le taux de chômage dans la zone d'emploi d'Issoire s'établit à 7,5 % de la population active, un taux proche du niveau métropolitain. Comme partout en France, la situation du marché du travail s'est améliorée depuis 1999. Le taux de chômage dans la zone d'emploi d'Issoire a baissé de trois points depuis 1999 mais reste, comme c'est le cas depuis des années, supérieur à la moyenne régionale.
Fin 2006, 1 900 personnes recherchaient un emploi dont une majorité de femmes (57 %), ces dernières étant pourtant moins nombreuses dans la population active. Le chômage de longue durée est un peu plus important dans la zone d'emploi d'Issoire qu'au niveau régional (33 % contre 31 %).
Ce résultat est essentiellement le fait des femmes, qui éprouvent plus de difficultés à s'insérer sur le marché local du travail qu'en moyenne en Auvergne. Ainsi dans la zone d'emploi d'Issoire, 34 % des chômeuses sont à la recherche d'un emploi depuis plus d'un an, contre 32 % dans la région.
Dans la zone d'emploi d'Issoire, les chômeurs peinent davantage qu'en moyenne nationale à retrouver un emploi durable. En moyenne au cours d'un trimestre en 2004, 4,5 % des demandeurs d'emploi ont déclaré avoir retrouvé un emploi pour une période supérieure à six mois contre 4,9 % au niveau national.
Le principal handicap de la zone d'emploi d'Issoire tient au fait que les emplois offerts correspondent de moins en moins au profil des actifs résidents. Ainsi, les chômeurs sont relativement surqualifiés par rapport aux postes de travail proposés.
La structure productive est plutôt défavorable à la sortie du chômage, puisque l'emploi est assez concentré chez quelques gros employeurs et que les autres établissements sont plutôt de faible taille. Cela réduit les chances pour les personnes ayant perdu leur emploi d'en retrouver un, notamment dans une période de contraction des effectifs.
À l'inverse, quelques facteurs favorisent l'accès à l'emploi durable.
Ainsi, la part élevée de chômeurs inscrits pour fin de CDD signale un recours important à ce mode de recrutement de la part des employeurs, et donc un marché du travail plus flexible.
En théorie, il est plus facile de trouver un emploi durable dans une zone spécialisée. Toutefois, la zone d'emploi d'Issoire tirerait véritablement parti de sa spécialisation si celle-ci était le fait d'un tissu plus dense d'entreprises, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Le Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud a toujours été marqué par une forte orientation industrielle. Avec 4 480 postes en 2006, l'industrie fournit encore 34 % des emplois salariés, contre 22 % au niveau régional.
La spécialisation de l'industrie est une caractéristique forte de l'économie locale : près de trois salariés de l'industrie sur quatre (soit 3 300 personnes) travaillent dans les secteurs de la métallurgie et transformation des métaux et de l'industrie des composants électriques. L'entreprise Alcan Rhénalu, leader européen de la transformation des alliages légers d'aluminium, est le premier employeur de la zone avec plus de 1 500 salariés.
Malgré la prépondérance de l'industrie, la tertiarisation de l'économie locale s'est nettement accentuée depuis 1999. En 2006, six salariés sur dix travaillent dans le commerce ou dans les services. Concernant ces derniers, les principaux secteurs employeurs sont l'éducation-santé-action sociale (2 400) et l'administration (1 700).
Les principaux sites de production se concentrent dans leur bastion historique, la plaine issoirienne. L'agglomération d'Issoire regroupe près de 8 900 emplois salariés et la quasi-totalité des établissements de plus de 100 salariés. Au sud du Scot, l'agglomération de Brassac-les-Mines, qui s'étend de part et d'autre de la frontière départementale, constitue le cœur du bassin minier et le deuxième centre économique du territoire, avec 2 900 salariés.
Ce pôle d'emploi comprend la commune de Sainte-Florine en Haute-Loire où est implanté le groupe Valéo, également présent à Issoire. L'établissement florinois assure la fabrication de systèmes de contrôle moteur et fournit plus de 750 emplois.
Cette activité élargit la dimension industrielle du territoire dans le secteur de l'industrie automobile.
La zone d'emploi d'Issoire qui s'étend au-delà des limites du Scot permet d'appréhender la réalité économique du bassin minier qu'elle intègre dans sa totalité. De par sa spécificité territoriale, celui-ci est source de nombreux échanges entre le Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud et le bassin de Brioude.
Malgré un contexte régional plutôt morose pour le secteur, l'industrie locale résiste à l'érosion de son emploi. La zone d'emploi d'Issoire présente toutefois des critères de fragilité : sa structure productive est à la fois l'une des plus spécialisées et des plus concentrées de France.
En 2005, les quatre principaux établissements de la zone d'emploi d'Issoire regroupent un tiers des effectifs salariés. Ce critère classe la zone d'emploi d'Issoire au 9e rang des zones d'emploi françaises. La concentration des emplois sur quelques activités dépendantes de grands groupes internationaux génère une dynamique positive mais crée aussi une vulnérabilité structurelle.
Le contexte économique international fait peser un risque accru sur la filière aéronautique dont dépendent les principaux sites industriels du Scot. Par exemple, une trop forte appréciation de l'euro pourrait inciter Airbus à délocaliser une partie de sa production dans des pays de la zone dollar et à trouver des sous-traitants dans cette zone. La fermeture éventuelle d'un établissement de ce secteur serait lourde de conséquences pour l'économie locale.
Face à la fragilisation de son appareil productif, le Scot doit s'efforcer de poursuivre sa diversification économique.
| Zone d'emploi | Région | Nombre d'établissements | Coefficient de concentration* | |
|---|---|---|---|---|
| Source : Insee - CLAP 2005 | ||||
| 1 | Roissy-en-France | Île-de-France | 2 341 | 42 % |
| 2 | Saint-Omer | Nord-Pas-de-Calais | 3 703 | 38 % |
| 3 | Dompierre-sur-Besbre | Auvergne | 816 | 37 % |
| 4 | Montbéliard | Franche-Comté | 5 881 | 36 % |
| 5 | Poissy | Île-de-France | 4 872 | 36 % |
| 6 | Briey | Lorraine | 2 042 | 36 % |
| 7 | Lagny-sur-Marne | Île-de-France | 4 686 | 35 % |
| 8 | Vallée-de-la-Bresle | Haute-Normandie | 1 646 | 34 % |
| 9 | Issoire | Auvergne | 2 394 | 33 % |
| 10 | Saint-Pourçain-sur-Sioule | Auvergne | 904 | 32 % |
| (*) Part des quatre plus gros établissements dans l'emploi salarié de la zone. Champ : ICS (sauf N32) en NES 114 sur les 348 zones d'emploi. | ||||
Au cours des dernières années, la zone d'emploi d'Issoire est celle qui a bénéficié du plus fort dynamisme économique en Auvergne. Les activités résidentielles liées aux besoins de la population montent en puissance et grignotent progressivement la suprématie industrielle.
Depuis le début des années 2000, la sphère industrielle ne joue plus un rôle moteur dans la croissance de l'emploi local comme c'était le cas auparavant. Entre 1999 et 2005, dans la zone d'emploi d'Issoire, le nombre de salariés dans l'industrie n'a progressé que de 3,6 %, soit quatre fois moins vite que l'emploi salarié total. L'arrivée de nouveaux habitants sur ce territoire favorise surtout le développement de l'emploi dans les services et la construction.
Dans la zone d'emploi d'Issoire, le taux de croissance de l'emploi salarié dans les activités de services (+ 23 % entre 1999 et 2005) est le triple de celui enregistré au niveau régional. Sur cette période les effectifs salariés dans le bâtiment connaissent aussi une progression remarquable : + 21 %, soit six points de plus que la moyenne auvergnate.
Malgré son développement récent, la sphère résidentielle occupe une place encore modeste dans l'économie du Scot d'Issoire - Val d'Allier Sud. Les services à la population rendus par le secteur privé représentent à peine plus du tiers des emplois en 2005. Si la dynamique de la construction a suivi celle de la démographie, l'évolution du commerce est plus modérée.
Dopée par l'arrivée nouveaux ménages, la construction est le secteur économique qui connaît le plus fort taux de création d'établissements, 15 % en 2006 contre une moyenne auvergnate de 11 %. Dans le commerce en revanche, le taux de création est passé de 12 % en 1993 à 9 % en 2006, alors qu'il a progressé dans la région entre ces deux dates.
Sur la période, le secteur a perdu 30 établissements dans le Scot, tandis que les services en ont gagné 200. Si la bonne accessibilité au pôle clermontois bénéficie au territoire d'un point de vue démographique, elle peut paradoxalement lui porter préjudice d'un point de vue économique. L'installation de nouveaux actifs travaillant à Clermont-Ferrand augmente l'évasion de certaines dépenses de consommation. L'enjeu pour le Scot pourrait résider dans le développement d'une offre commerciale encore plus adaptée aux besoins de ces habitants, notamment pour les produits d'équipement de la personne et du foyer.

INSEE Auvergne Les Dossiers n° 22E
Octobre 2008
Cette étude est le fruit d'un partenariat entre la Direction Départementale de l'Équipement du Puy-de-Dôme et l'Insee.