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Région de naissance, région de résidence : les mobilités des diplômés du supérieur

Arnaud Degorre, Direction régionale Picardie, Insee

Résumé

En 2012, en France, 15 millions de résidents sont titulaires d'un diplôme du supérieur ou en cours d'études supérieures. Les personnes disposant des niveaux de formation les plus élevés sont également les plus nombreuses à quitter, au cours de leur vie, leur région de naissance. Parmi les étudiants et diplômés du supérieur résidant en France, près d'un sur trois vit dans une région différente de celle où il est né, et près d'un sur huit est né à l'étranger. Leur répartition géographique est très variable : entre 25 et 34 ans, plus de la moitié des résidents franciliens est diplômée ou étudiante du supérieur contre moins d'un tiers des résidents corses.

L'Île-de-France se caractérise par des arrivées et des départs nombreux ; elle attire particulièrement les natifs des régions alentour et de l'étranger. Elle concentre ainsi plus du quart des diplômés du supérieur, quand moins d'un cinquième des diplômés résidant aujourd'hui en France y sont nés. Les régions du quart sud-est attirent de nouveaux arrivants tout en enregistrant peu de départs de leurs natifs. Celles du quart nord-est n'ont que peu de départs et encore moins d'arrivées. Sur la façade atlantique, les flux sont plus équilibrés et relativement intenses pour la partie méridionale.

Sommaire

Encadré

Publication

Le niveau de formation s'élève au fil des générations

En 2012, en France, 12,4 millions d'habitants âgés de 18 ans ou plus sont titulaires d'un diplôme supérieur au baccalauréat et 2,6 millions sont inscrits dans un établissement de l'enseignement supérieur.

L'élévation des niveaux de formation a été considérable au cours des dernières décennies : entre 1990 et 2012, le nombre d'adultes diplômés du supérieur ou en cours d'études supérieures a été multiplié par 2,5. De génération en génération, l'allongement progressif des parcours de formation a conduit à une place accrue des diplômés et étudiants du supérieur dans la population. En 2012, parmi les personnes résidant en France, ils représentent près de 45 % des personnes âgées de 25 à 34 ans contre un peu plus de 25 % des personnes âgées de 45 à 54 ans.

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Près d'un adulte francilien sur deux est diplômé du supérieur

Le poids de cette population est toutefois hétérogène à l'échelle régionale : parmi les personnes de 25 à 34 ans, la part des diplômés et étudiants du supérieur varie de moins de 36 % dans les départements d'outre-mer et en Corse à plus de 56 % en Île-de-France (figure 1a et 1b). En se fondant sur les contours des régions qui entreront en vigueur au 1er janvier 2016, cette part n'atteint pas 40 % dans les régions de Normandie, de Bourgogne Franche-Comté, de Nord - Pas-de-Calais Picardie et Centre-Val de Loire. Elle avoisine 45 % dans les régions Auvergne Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées et Bretagne.

Les contrastes territoriaux s'observent dans toutes les classes d'âge. Pour les résidents âgés de 65 à 74 ans, par exemple, les écarts sont déjà très marqués : les titulaires d'un diplôme du supérieur comptent pour 26 % en Île-de-France, 18 % en Provence - Alpes - Côte d'Azur et 9 % en Nord - Pas-de-Calais Picardie.

Au fil des décennies, les spécificités des régions évoluent peu, en dépit de l'élévation générale des niveaux de diplôme pour les plus jeunes. Ainsi, si l'on considère la population âgée de 25 à 34 ans, les régions où les diplômés et étudiants du supérieur pèsent le moins parmi leurs résidents en 1990 sont également celles où ils pèsent le moins en 2012 parmi les natifs de la région (figure 2). La persistance des écarts régionaux est à relier aux différences de parcours éducatifs selon les milieux sociaux, susceptibles de se reproduire de génération en génération (bibliographie). Elle découle aussi d'une géographie du capital humain liée à l'implantation des établissements d'enseignement supérieur, ainsi qu'à celle des entreprises au besoin de main d'œuvre qualifiée plus ou moins important. Ces implantations peuvent générer des flux de mobilité, à la fois internationale et interrégionale.

Figure 1a - Des contrastes plus marqués entre régions de résidence qu'entre régions de naissance
Régions selon les périmètres entrant en vigueur au 1er janvier 2016 Titulaires d'un diplôme du supérieur ou personnes en cours d'études supérieures parmi...
... l'ensemble des adultes ... les personnes âgées de 25 à 34 ans
Nombre selon la région de résidence Nombre selon la région de naissance Part selon la région de résidence (en %) Part selon la région de naissance (en %) Part selon la région de résidence (en %) Part selon la région de naissance (en %)
(*) l'identification des natifs d'une région et de leur mobilité résidentielle dépend du périmètre géographique retenu. Les éléments ici établis s'appuient sur les contours des régions qui entreront en vigueur au 1er janvier 2016.
Note : du fait des arrondis effectués à la centaine, la valeur pour la France entière peut très légèrement différer de la somme des valeurs pour les régions.
Source : Insee, recensement de la population 2012.
Île-de-France 3 842 500 2 798 200 42,1 39,5 56,7 51,9
Auvergne, Rhône-Alpes 1 833 400 1 522 700 30,6 31,6 46,9 48,6
Nord - Pas-de-Calais, Picardie 1 122 000 1 299 500 24,7 25,8 39,1 40,4
Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes 1 210 500 1 040 200 26,0 26,8 41,5 44,9
Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées 1 337 000 914 300 29,9 30,4 45,1 47,5
Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine 1 104 600 1 246 000 25,3 28,0 40,0 44,1
Provence - Alpes - Côte d'Azur 1 150 700 773 500 29,4 32,9 42,3 45,0
Pays de la Loire 738 000 698 100 26,4 26,8 43,1 46,2
Normandie 594 400 673 800 23,0 24,8 37,3 41,9
Bretagne 719 400 713 200 28,4 30,0 44,9 50,9
Bourgogne, Franche-Comté 528 400 609 100 23,8 27,6 38,9 44,3
Centre-Val de Loire 481 000 464 300 24,0 26,8 39,4 45,3
Corse 59 000 45 900 22,9 25,5 31,9 39,1
Guadeloupe 60 200 74 300 20,1 20,8 32,0 34,4
Martinique 64 100 80 900 21,5 21,4 35,9 36,8
Guyane 25 100 17 600 17,4 22,5 20,0 26,7
La Réunion 113 700 95 900 19,3 16,5 27,6 25,9
France entière 14 984 000 13 067 700 29,5 29,8 45,0 45,9
Figure 1b - Des contrastes plus marqués entre régions de résidence qu'entre régions de naissance
Régions selon les périmètres entrant en vigueur au 1er janvier 2016 Titulaires d'un diplôme du supérieur ou personnes en cours d'études supérieures parmi...
... les natifs de l'étranger ... les natifs d'une autre région française (*) ... les natifs de la région n'y résidant plus (*)
Nombre selon la région de résidence Part dans l'ensemble des diplômés résidant dans la région (en %) Nombre selon la région de résidence Part dans l'ensemble des diplômés résidant dans la région (en %) Nombre selon la région de naissance Part dans l'ensemble des diplômés nés dans la région (en %)
(*) l'identification des natifs d'une région et de leur mobilité résidentielle dépend du périmètre géographique retenu. Les éléments ici établis s'appuient sur les contours des régions qui entreront en vigueur au 1er janvier 2016.
Note : du fait des arrondis effectués à la centaine, la valeur pour la France entière peut très légèrement différer de la somme des valeurs pour les régions.
Source : Insee, recensement de la population 2012.
Île-de-France 783 200 20,4 1 244 700 32,4 983 700 35,2
Auvergne, Rhône-Alpes 203 300 11,1 564 800 30,8 457 400 30,0
Nord - Pas-de-Calais, Picardie 82 700 7,4 209 200 18,6 469 400 36,1
Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes 121 300 10,0 447 000 36,9 398 000 38,3
Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées 175 800 13,1 540 500 40,4 293 600 32,1
Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine 117 600 10,6 206 900 18,7 465 900 37,4
Provence - Alpes - Côte d'Azur 183 600 16,0 463 800 40,3 270 300 34,9
Pays de la Loire 47 900 6,5 287 100 38,9 295 000 42,3
Normandie 43 600 7,3 183 900 30,9 306 900 45,5
Bretagne 44 100 6,1 245 200 34,1 283 100 39,7
Bourgogne, Franche-Comté 43 900 8,3 170 600 32,3 295 200 48,5
Centre-Val de Loire 43 600 9,1 222 900 46,3 249 900 53,8
Corse 6 700 11,4 23 800 40,3 17 400 37,9
Guadeloupe 2 900 4,8 17 400 28,9 34 400 46,3
Martinique 2 900 4,5 16 500 25,7 36 100 44,6
Guyane 4 000 15,9 11 500 45,8 8 000 45,5
La Réunion 9 200 8,1 38 000 33,4 29 500 30,8
France entière 1 916 300 12,8 4 893 800 32,7 4 893 800 37,4

Figure 2 - Part des diplômés du supérieur et étudiants en 1990 et 2012 dans les régions de France métropolitaine hors Île-de-France, au sein de la population âgée de 25 à 34 ans

Figure 2 - Part des diplômés du supérieur et étudiants en 1990 et 2012 dans les régions de France métropolitaine hors Île-de-France, au sein de la population âgée de 25 à 34 ans

Lecture : la taille des bulles est proportionnelle au nombre de natifs de chaque région, âgés de 25 à 34 ans en 2012 et titulaires d'un diplôme du supérieur ou étudiants. Avec une part atteignant 29 % de résidents diplômés du supérieur en 1990 et 52 % de ses natifs en 2012 aux tranches d'âge ici retenues, l'Île-de-France se positionne en dehors de l'échelle de l'illustration.

Source : Insee, recensements de la population 1990 et 2012.

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En France, un diplômé ou étudiant du supérieur sur huit est né à l'étranger

27 % de la population adulte née à l'étranger et résidant en France est diplômée ou étudiante du supérieur. Cette proportion est proche de celle prévalant parmi la population adulte née et résidant en France (30 %). Ainsi, 1,6 million de personnes nées à l'étranger et résidant en France sont diplômées du supérieur et plus de 330 000 sont aujourd'hui étudiantes en France. Au total, elles représentent un huitième des diplômés et étudiants du supérieur.

L'importance des populations nées à l'étranger parmi les diplômés et étudiants du supérieur diffère d'une région à l'autre : seulement 6 % de la population disposant de ce niveau de formation et résidant en Bretagne est née à l'étranger, 13 % en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, 16 % en Provence - Alpes - Côte d'Azur et jusqu'à 20 % en Île-de-France (figure 1a et 1b).

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Plus du tiers des diplômés du supérieur vivent dans une région différente de leur région de naissance

Parmi les diplômés ou étudiants du supérieur nés en France, 4,9 millions résident dans une région différente de celle où ils sont nés (encadré). Ainsi, 37 % d'entre eux vivent dans une région où ils ne sont pas nés contre 25 % des personnes disposant au plus d'un niveau de formation équivalent au baccalauréat. Les mobilités interrégionales plus fortes des diplômés du supérieur contribuent aux contrastes observés entre les territoires.

Certaines régions proches de l'Île-de-France ne disposent pas d'une aire métropolitaine de taille suffisante pour concentrer les opportunités professionnelles adaptées à ce niveau de formation. Les départs des natifs y sont les plus importants : 54 % pour Centre-Val de Loire, 49 % pour la Bourgogne Franche-Comté, 46 % pour la Normandie (figure 1a et 1b). Ces mobilités se font majoritairement vers la région capitale.

Dans le quart nord-est, les départs des natifs sont moins nombreux mais ces régions peinent à attirer les plus qualifiés : en Nord - Pas-de-Calais Picardie comme en Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, les natifs d'autres régions comptent pour un cinquième environ des résidents diplômés ou étudiants du supérieur. La Guadeloupe et la Martinique présentent une situation similaire. Cela tient cette fois au caractère insulaire et à la relative rareté des opportunités professionnelles pour les plus qualifiés.

Dans le quart sud-est également, peu de natifs diplômés ou étudiants du supérieur ont quitté leur région : seulement 30 % pour la région Auvergne Rhône-Alpes et 35 % pour la Provence - Alpes - Côte d'Azur. Les arrivées de natifs d'autres régions y sont, en revanche, relativement nombreuses : parmi les diplômés et étudiants du supérieur, les personnes nées dans une autre région représentent 40 % des résidents en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées et en Provence - Alpes - Côte d'Azur. Dans une moindre mesure, la Réunion présente également un solde positif avec des arrivées excédant les départs ; cela provient en partie d'un moindre niveau de formation des natifs de la région et des besoins à pourvoir du marché du travail.

Les régions du quart sud-ouest s'inscrivent dans des flux de mobilité assez soutenus et relativement équilibrés : le nombre d'arrivées de diplômés ou étudiants du supérieur natifs d'une autre région est équivalent au nombre de départs des natifs dans les Pays de la Loire et légèrement excédentaire en Aquitaine, Limousin, Poitou-Charente.

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D'une région à l'autre, les mobilités jouent différemment selon l'âge

L'importance des migrations interrégionales évolue au fil du cycle de vie, avec trois périodes spécifiques : au moment des études, en fonction de la géographie des établissements universitaires et des écoles supérieures ; lors de la vie professionnelle, selon l'attractivité économique des territoires et les opportunités d'emploi ; lors de la retraite, avec le choix de lieux de vie apportant les aménités recherchées ou liés à des attaches familiales. Selon les régions, ces mécanismes se compensent ou se renforcent (figure 3). Ainsi, la région Provence - Alpes - Côte d'Azur est relativement moins attractive pour les étudiants ou les jeunes actifs. Par contre, elle accueille davantage des populations diplômées plus âgées, principalement pour des motifs résidentiels. La région Nord - Pas-de-Calais Picardie présente un profil inverse : elle attire des étudiants, en lien avec les universités de Lille et d'Amiens, mais enregistre un déficit migratoire des diplômés du supérieur pendant la vie active, doublé de départs lors de la retraite. La région Île-de-France a la particularité de compter plus de résidents que de natifs diplômés et étudiants du supérieur à tout âge de la vie : tout particulièrement parmi les étudiants - et notamment du fait des étudiants étrangers - mais aussi pendant la vie active, en lien avec la forte présence d'emplois qualifiés, et jusqu'aux âges de la retraite.

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Les mobilités redessinent la carte du capital humain

Les mobilités interrégionales, couplées à la localisation des populations nées à l'étranger, dessinent une carte de l'attractivité régionale pour les diplômés et étudiants du supérieur (figures 4a et 4b). 7,5 % des diplômés et étudiants du supérieur résidant aujourd'hui en France vivent en Nord - Pas-de-Calais Picardie, alors qu'ils sont près de 8,5 % à y être nés - une situation également constatée en Alsace Champagne-Ardenne Lorraine. Sans prendre en compte les natifs de l'étranger, l'écart entre régions de résidence et de naissance est proportionnellement plus soutenu : environ 8 % contre 10 %.

À l'inverse, le poids démographique des régions s'accroît lorsqu'elles accueillent à la fois des natifs d'autres régions et des populations nées à l'étranger. C'est le cas d'Auvergne Rhône-Alpes, qui regroupe 12 % des diplômés et étudiants du supérieur résidant en France quand 10 % y sont nés, de Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées (respectivement, 9 % et 6 %) et Provence - Alpes - Côte d'Azur (8 % et 5 %).

Forte de son attractivité économique à l'échelle nationale et internationale, la région Île-de-France bénéficie pleinement de ces effets migratoires, plus particulièrement avec l'arrivée de populations nées à l'étranger : elle concentre ainsi 26 % des diplômés et étudiants du supérieur vivant aujourd'hui en France, quand près de 19 % y sont nés (respectivement, 23 % et 21 % en se limitant aux seules personnes nées en France). Toutefois, la région se présente également comme une terre de brassage, à la fois point d'arrivée et de départ : si près d'un tiers des résidents franciliens diplômés et étudiants du supérieur sont nés dans une autre région, près d'un tiers de ses natifs ont également quitté cette région pour vivre ailleurs en France. Ainsi, dans la plupart des régions françaises, les natifs de l'Île-de-France constituent le principal groupe de provenance des adultes les plus formés, derrière les personnes nées dans la région considérée et celles nées à l'étranger (figure 5).

Figure 5 - Les quatre principales régions de naissance des diplômés du supérieur et des étudiants, par région de résidence

Figure 5 - Les quatre principales régions de naissance des diplômés du supérieur et des étudiants, par région de résidence

Lecture : chaque barre de l'histogramme retrace la décomposition par région de naissance pour une région de résidence donnée. À chaque région, de naissance ou de résidence, correspond une couleur spécifique. Seules les quatre principales régions de naissance figurent pour chaque région de résidence. Par exemple, l'Île-de-France, en violet, est la deuxième région d'origine des résidents en Bretagne.

* Pour assurer la lisibilité de l'illustration, les régions de Guadeloupe, Martinique et Guyane ont été regroupées sous l'appellation « Antilles - Guyane ».

Source : Insee, recensements de la population 1990 et 2012.

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Encadré

Mesurer les mobilités interrégionales

Les mobilités interrégionales sont mesurées à partir du recensement de la population. L'approche retenue ici consiste à comparer les régions de naissance et de résidence : une personne résidant dans une région différente de celle où elle est née sera comptabilisée comme ayant connu une migration interrégionale. Il s'agit donc d'une approche en « stock », à distinguer d'une approche en « flux » qui mesure sur une période donnée le nombre de mobilités résidentielles.

La méthode retenue ne permet donc pas de reconstituer les étapes d'un parcours de mobilité : une personne ayant vécu une partie de sa vie en dehors de sa région de naissance et revenue depuis ne sera pas considérée comme migrante. De même, quel que soit le nombre de régions successives dans lesquelles aura vécu une personne, seule sera considérée sa mobilité finale entre sa région de naissance et sa région actuelle de résidence.

La méthode retenue, de nature cumulative, permet néanmoins d'appréhender l'ampleur du phénomène sur l'ensemble d'une population. Ainsi, au fil du cycle de vie, la proportion de personnes ne résidant plus dans leur région de naissance dépend de la combinaison des mobilités de trois périodes charnières : études, vie professionnelle et retraite.

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Insee Première N° 1557 - juin 2015

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