Insee Première N°1445 - avril 2013
Le champ de cette étude est restreint aux produits dont la consommation par les ménages est directement émettrice de gaz à effet de serre (GES). Ce sont l’ensemble des combustibles achetés par ceux-ci (bois, charbon, fioul, butane-propane et GPL carburant, super, gazole, gaz naturel). Cette étude exclut les émissions indirectes de GES dues à la consommation d’électricité, de transports collectifs ainsi que des biens et services autres que l’énergie.
Les données de comptabilité nationale mesurant la consommation des ménages en biens, dont les biens liés à l’énergie, sont publiées à un rythme mensuel (bibliographie). Cette source distingue les combustibles. À partir de ces données exprimées en euros d’une année de référence et des relevés de prix de l’indice des prix à la consommation, du Comité professionnel du pétrole ou du Service de l’observation et des statistiques, il est possible de convertir en quantités physiques (tonnes, litres ou MWh) les consommations des différentes sources d’énergie. Les caractéristiques physicochimiques de chaque combustible (« Guide des facteurs d’émissions », bibliographie) permettent ensuite de passer des quantités aux tonnes d’équivalent CO2 émises par leur combustion. On parle alors d’émissions directes.
Ces émissions peuvent être augmentées pour prendre en compte les émissions de GES en amont de la consommation des ménages, c’est-à-dire celles dues à l’extraction, au traitement et à l’acheminement du produit. On parle alors d’émissions globales, concept qui est commenté dans cette étude.
Le cas du bois est particulier car les émissions globales (7,3 kg d’équivalent CO2 par stère) sont bien inférieures aux émissions dues à la combustion (733 kg par stère) : en effet, le bois est une ressource renouvelable dans la mesure où la pousse d’un arbre capture le CO2 émis lors de sa combustion. On considère donc généralement que l’utilisation du bois comme source d’énergie n’est pas émettrice nette de CO2. Les émissions globales liées au bois traduisent uniquement l’impact de l’exploitation et de l’acheminement du bois.
L’électricité n’étant pas un combustible, elle ne fait pas partie du champ de cette étude : les émissions liées à sa consommation ont lieu en amont, lors de sa production. En 2005, on peut toutefois estimer que les émissions de GES liées à la consommation électrique des ménages français sont de 12 millions de tonnes d’équivalent CO2, contre 82 millions pour les autres sources d’énergie en lien avec le logement considérées dans cette étude. On peut alors considérer que le champ de cette étude est d’environ 10 % inférieur au total des émissions liées au logement.
Les gaz à effet de serre (GES) sont des constituants gazeux de l’atmosphère, tant naturels qu’anthropiques, qui absorbent et réémettent le rayonnement infrarouge. Dioxyde de carbone, méthane, oxyde nitreux, hydrofluorocarbures, perfluorocarbures et hexafluorure de soufre contribuent ainsi au réchauffement climatique et sont ciblés par le protocole de Kyoto.
Tous les gaz à effet de serre n’ont pas le même effet sur le réchauffement climatique. Pour sommer les effets des différents GES émis dans l’atmosphère, on considère leur pouvoir de réchauffement global (PRG). Le PRG d’un gaz est le rapport entre l’énergie renvoyée vers le sol en cent ans par 1 kg de ce gaz et celle que renverrait 1 kg de CO2, principal contributeur à l’effet de serre. Le PRG dépend des concentrations et des durées de vie des gaz.
Dès lors, on peut rapporter toute émission de GES à la quantité de CO2 qui aurait le même effet sur le réchauffement climatique à un horizon de cent ans, c’est la conversion en tonnes d’équivalent CO2. À titre de comparaison, une tonne d’équivalent CO2 correspond aux émissions moyennes d’une voiture parcourant 4 800 km ou d’un passager parcourant 3 200 km en avion.