Insee Première N°1428 - janvier 2013
L’enquête sur la qualité de la vie réalisée par l’Insee en mai 2011 permet d’examiner pour la première fois la plupart des indicateurs de qualité de vie définis dans le rapport Stiglitz, Sen, Fitoussi (bibliographie).
10 000 personnes âgées de 18 ans ou plus, contactées par courrier, ont été invitées à répondre à un questionnaire sur Internet. Elles ont été relancées le cas échéant par courrier, un questionnaire papier à retourner par la poste leur étant alors proposé. Aucune question sur les liens familiaux au sein du logement n’est posée. La variable de composition démographique du logement décrit le nombre d’adultes et de mineurs qui vivent dans le logement au sens de l’administration fiscale. On ignore en particulier si deux adultes non mariés (ou Pacsés) qui cohabitent dans le même logement forment un couple de fait.
Les revenus ne sont pas demandés aux personnes interrogées : ils correspondent aux revenus déclarés à l’administration fiscale, c’est-à-dire qu’ils n’intègrent pas les prestations qui ne sont pas soumises à l’impôt (allocations familiales,...). Le revenu utilisé ici représente le total des revenus fiscaux des personnes du logement, rapporté au nombre d’unités de consommation qu’elles constituent .
En 2011, France, portait social présentait une étude qui portait sur un thème analogue en utilisant le panel sur les ressources et conditions de vie des ménages (SRCV) de 2010 (bibliographie). Par rapport à cette étude, l’enquête utilisée ici fournit des indications sur une palette plus vaste d’indicateurs de qualité de vie, en particulier sur la qualité des liens sociaux, le bien-être émotionnel, les insécurités, les risques psychosociaux au travail, l’environnement et la qualité perçue de la société. En revanche, SRCV dispose d’un échantillon de plus grande taille. S’il n’y a pas lieu d’interpréter la différence de niveau moyen de satisfaction entre l’étude présentée ici et celle de France, portrait social 2011, les similitudes dans les principaux résultats sont nombreuses :
- les conditions de vie matérielle et les difficultés de santé jouent respectivement très négativement et négativement sur le bien-être ;
- il en est de même pour d’autres indicateurs partiellement pris en compte dans SRCV : le fait d’être au chômage (composante des insécurités), ou les conditions de travail (forme approchée des risques psychosociaux) ;
- une fois pris en compte les indicateurs de qualité de vie, le rôle positif joué par le revenu s’estompe, mais subsiste au moins aux deux extrémités de l’échelle des ressources ;
- le rôle joué par l’âge est très sensible à la spécification, et les contrastes entre groupe d’âge diffèrent selon celle-ci ;
- enfin, le bien-être moyen croît avec le diplôme dans les deux sources. En revanche, conditionnellement aux variables de qualité de vie et aux autres variables sociodémographiques, et quelles que soient les variantes de spécification, un diplôme élevé joue positivement sur le bien-être dans l’enquête qualité de vie alors qu’il joue négativement dans SRCV. Ce point de divergence est peut-être imputable à la façon dont les données ont été collectées et devra faire l’objet d’une attention particulière dans les prochains travaux.
Revenu par unité de consommation : le revenu appréhendé dans l’étude est le revenu fiscal par unité de consommation. Dans un logement donné, on fait la somme des revenus fiscaux déclarés à l’administration fiscale par le ou les foyers fiscaux des habitants du logement. Cette somme est ensuite divisée par le nombre d’unités de consommation (UC), qui est déterminé comme suit :
- le premier adulte est compté pour 1 UC ;
- chaque autre personne âgée de 14 ans ou plus compte pour 0,5 UC ;
- chaque enfant de moins de 14 ans occupant le logement compte pour 0,3 UC.
Au total chaque personne d’un même logement aura le même revenu par unité de consommation.