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Emploi et chômage dans les nouvelles régions depuis la crise

A.-J. Bessone, O. Dorothée, M. Robin et S. Vugdalic, division Synthèse et conjoncture du marché du travail et division Statistiques régionales, locales et urbaines, Insee

Résumé

En 2014, l'emploi dépasse légèrement son niveau d'avant la crise en France métropolitaine, avec des situations toutefois contrastées dans les nouvelles régions. Entre 2008 et 2014, le chômage a augmenté partout. Celui des hommes est désormais systématiquement supérieur à celui des femmes, sauf en Corse. Le taux de chômage des jeunes a quant à lui davantage crû dans les régions de l'Ouest et du Sud depuis la crise.

Sommaire

Encadré

Publication

En 2014, le quart Nord-Est ne retrouve pas son niveau d'emploi d'avant-crise

En 2014, 26,5 millions de personnes occupent un emploi, salarié ou non, en France métropolitaine (cf. encadré pour les DOM). L'emploi dépasse ainsi pour la première fois son niveau d'avant la crise (+ 0,2 % entre fin 2007 et fin 2014). Les situations sont toutefois contrastées selon les régions. Entre 2007 et 2014, l'emploi a particulièrement progressé dans le Sud (+ 11,3 % en Corse, + 3,1 % en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées), principalement orienté vers le tertiaire marchand. Ce secteur d'activité a en effet mieux résisté à la crise. L'emploi augmente également dans l'Ouest. À l'opposé, la situation se dégrade nettement dans le quart Nord-Est (- 3,9 % en Alsace Champagne-Ardenne Lorraine et - 4,6 % en Bourgogne Franche-Comté) et en Normandie. Ces territoires sont marqués par un poids important de l'industrie, fortement affectée par la crise. La Bourgogne Franche-Comté perd aussi des emplois dans le secteur de la construction, et la Normandie dans le tertiaire marchand.

Au regard des évolutions d'emploi, la crise ne modifie pas, dans l'ensemble, le positionnement relatif des régions (figure 1). Exception faite de l'Île-de-France, les régions les plus créatrices d'emplois de 2000 à 2007, celles du Sud et de l'Ouest, le sont aussi entre 2007 et 2014. Cependant l'ampleur des créations d'emploi y est plus limitée après 2007 qu'avant. De même, les régions qui enregistraient les plus faibles hausses d'effectifs avant la crise sont celles qui ont perdu le plus d'emplois entre 2007 et 2014 (le Nord-Est et le Centre).

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Nord et Sud davantage touchés par la montée du chômage depuis 2008

Entre 2008 et 2014, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail augmente de 2,8 points, atteignant, en 2014, 9,9 % en moyenne annuelle en France métropolitaine. S'il croît dans toutes les régions, trois groupes se distinguent néanmoins (figure 2).

En Île-de-France, Auvergne Rhône-Alpes et Bourgogne Franche-Comté, partant d'un taux de chômage autour de 6,5 % en 2008, la hausse du chômage est un peu plus contenue qu'en France métropolitaine (environ + 2,5 points). Pourtant, en Bourgogne Franche-Comté, l'emploi diminue entre 2008 et 2014.

En Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Centre-Val de Loire, Bretagne et Pays de la Loire, la hausse du chômage est légèrement supérieure à la moyenne, alors que la situation initiale était relativement favorable.

Enfin, dans les extrêmes Sud et Nord (Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, PACA, Corse, Normandie et Nord - Pas-de-Calais Picardie), le taux de chômage, relativement élevé initialement, s'accroît plus fortement que la moyenne. Bien qu'en forte hausse en PACA, Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées et Corse, l'emploi progresse moins que la population active.

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Le taux de chômage des hommes dépasse celui des femmes depuis 2012

Entre 2008 et 2014, en France métropolitaine, le taux de chômage augmente davantage chez les hommes que chez les femmes (+ 3,5 points contre + 2,2 points). Depuis 2012, le taux de chômage des hommes est devenu supérieur à celui des femmes et l'écart atteint + 0,6 point en 2014. Cette divergence s'explique en partie par les suppressions d'emplois durant la crise, qui ont davantage concerné les secteurs de l'industrie ou de la construction, employant majoritairement des hommes.

En 2008, dans toutes les régions hormis l'Île-de-France, le taux de chômage des hommes était inférieur à celui des femmes (figure 3). C'est l'inverse en 2014, sauf en Corse. Dans les Pays de la Loire et en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, les deux taux sont actuellement proches, alors que l'écart entre hommes et femmes était le plus important avant la crise (environ - 1,2 point en 2008). À l'inverse, le chômage des hommes dépasse désormais nettement celui des femmes dans les régions où l'écart entre les deux était initialement le plus limité, notamment dans le Nord - Pas-de-Calais Picardie (+ 1,1 point en 2014). C'est en Bourgogne Franche-Comté que l'inversion est la plus nette (de - 1,2 point à + 0,4 point) ; les emplois industriels et de la construction, plutôt masculins, ont en effet fortement diminué dans cette région. Le retournement est identique en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées.

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Dans cinq régions, le chômage des jeunes a particulièrement augmenté

Depuis 2008, les jeunes de 15 à 24 ans ont été plus touchés par la montée du chômage (+ 5,1 points en France métropolitaine) que les autres tranches d'âge. En période de crise, les jeunes éprouvent des difficultés à s'insérer sur le marché du travail, ce qui les conduit même parfois à prolonger leurs études. En outre, ils sont plus exposés au risque de perdre leur emploi lorsqu'ils en ont un, puisqu'ils sont davantage que les autres tranches d'âge en contrat temporaire.

En 2014, les disparités régionales sont très fortes en matière de chômage des jeunes : le taux varie de 17,1 % en Île-de-France à 31,8 % en Nord - Pas-de-Calais Picardie (figure 4). Partant de situations initiales hétérogènes en 2008, les évolutions depuis la crise sont diverses suivant les régions. En Auvergne Rhône-Alpes et en Île-de-France, le chômage des jeunes était relativement faible avant la crise et la hausse demeure contenue (autour de 4 points). Aux extrêmes Nord et Sud-Est, partant d'une situation plutôt défavorable, l'augmentation est modérée. A contrario, dans cinq régions, le taux de chômage des jeunes s'accroît sensiblement, de six points ou plus. Il s'agit du Centre-Val de Loire, des Pays de la Loire, du Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, de la Corse et de l'Aquitaine Limousin Poitou-Charentes.

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Encadré

Situation dans les départements d'outre-mer

Depuis la crise, la situation s'est nettement dégradée en Martinique : elle n'a pas retrouvé fin 2014 son niveau d'emploi de fin 2007. Dans les autres DOM, l'emploi a progressé entre + 0,9 % et + 1,4 % en moyenne par an entre 2007 et 2014.

En moyenne en 2014, le taux de chômage dans l'ensemble des DOM est supérieur de 14 points à celui de la France métropolitaine avec près d'un actif sur quatre au chômage. La Martinique présente le taux de chômage le plus faible (19,4 %) et La Réunion le plus élevé (26,8 %). La Guyane et la Guadeloupe sont dans des situations intermédiaires (respectivement 22,3 % et 23,7 %).

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Sources

Les données sont issues du dispositif des estimations d'emploi localisées (Estel) et des taux de chômage localisés. Ces derniers sont calés sur le nombre de chômeurs issu de l'enquête Emploi pour l'échelon national, et s'appuient sur la structure des demandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi pour la ventilation géographique. L'emploi est quant à lui mesuré en fin d'année et plus précisément à la dernière semaine de décembre.

Définitions

Régions : il s'agit des nouvelles régions qui entreront en vigueur le 1er janvier 2016.

DOM : hors Mayotte, dont toutes les données ne sont pas disponibles.

Bibliographie

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Insee Focus N° 40 - novembre 2015

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