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Être sans diplôme aujourd'hui en France : quelles caractéristiques, quel parcours et quel destin ?

Rachid Bouhia, Manon Garrouste, Alexandre Lebrère, Layla Ricroch et Thibaut de Saint Pol

Résumé

Cet article vise à étudier la population des personnes sortant sans diplôme du système éducatif français et plus particulièrement à décrire leur parcours scolaire et leur insertion sur le marché du travail, à partir des données de l'enquête Formation et Qualification Professionnelle 2003 de l'Insee. La mise en œuvre d'une méthode d'appariement optimal sur le calendrier scolaire recueilli lors de l'enquête permet d'établir une typologie des différentes trajectoires menant à une sortie sans diplôme. Les difficultés scolaires précoces, qui se manifestent par des redoublements à l'école primaire, apparaissent comme un facteur particulièrement déterminant de la sortie sans diplôme du système scolaire. Mais les orientations au cours du secondaire jouent également un grand rôle, opposant les élèves qui effectuent leur scolarité au collège puis au lycée général à ceux qui connaissent une orientation rapide vers des filières professionnelles, avec des fins d'études très rapides ou des études plus longues en CAP ou BEP. Toutefois, les différentes trajectoires ne se distinguent pas uniquement par les caractéristiques scolaires des élèves, mais aussi par leurs profils socioéconomiques. Ainsi, les personnes ayant les caractéristiques sociales les plus favorables à la réussite scolaire présentent des trajectoires plus classiques et redoublent plus tardivement. Les effets de l'hétérogénéité des origines sociales semblent donc persister malgré la caractéristique commune d'être non-diplômé. Cette hétérogénéité a des conséquences sur l'insertion dans le marché du travail. Le fait d'avoir une qualification est un facteur favorisant l'insertion, même lorsque la formation n'est pas validée par l'obtention d'un diplôme. Même si les filières professionnalisantes, comme les CAP, semblent avoir un effet protecteur, ce sont les personnes qui ont suivi les trajectoires scolaires les plus classiques qui ont le taux de chômage le plus faible.

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