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Position sur le marché du travail des descendants directs d'immigrés en France : les femmes doublement désavantagées ?

Dominique Meurs et Ariane Pailhé

Résumé

Les descendants directs d'immigrés maghrébins, aussi bien les femmes que les hommes, sont toutes choses égales par ailleurs, plus exposés au risque de chômage que les personnes nées françaises de deux parents français de naissance ou les descendants d’Europe du Sud. Outre ce sur-chômage, les hommes et femmes issus de l’immigration maghrébine sont plus souvent inactifs. À caractéristiques observables semblables, les obstacles à franchir pour obtenir un emploi semblent plus nombreux pour les descendants directs de migrants du Maghreb. Les différences observées ne sont pas réductibles à des inégalités dues à la reproduction sociale et à la ségrégation spatiale ; s’y ajoute un effet spécifique lié à l’origine. Les femmes issues de l’immigration maghrébine cumulent les inégalités sociales, d’origine et de genre. Comparées à celles des hommes nés français de deux parents français de naissance, elles ont les plus faibles chances d’être en emploi. Elles présentent également le plus fort risque d’inactivité. Toutefois, être une femme est donc tout aussi pénalisant pour accéder à l’emploi que l’on soit issue ou non de l’immigration. Face à ces difficultés sur le marché du travail, il semble qu’une stratégie adoptée par les hommes, mais surtout par les femmes d’origine maghrébine, soit la poursuite des études. On peut y voir à la fois une volonté d’ascension sociale par rapport à leurs parents et une stratégie d’investissement en capital humain pour contrebalancer les effets négatifs liés à la seule origine.

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