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La relation entre le niveau du salaire perçu et les transitions d'emploi à emploi en France : une remise en cause des modèles de recherche d'emploi ?

Arnaud Chéron et Guoqing Ding

Résumé

La théorie de la recherche d’emploi a fait l’objet d’un important renouveau sous l’impulsion de Burdett et Mortensen (1998), qui ont mis en évidence que le comportement de recherche sur le tas des employés affecte la concurrence qui s’exerce, via les salaires, entre les firmes. L’équilibre est alors caractérisé par une dispersion des salaires, y compris en l’absence d’hétérogénéité tant du point de vue des travailleurs que des firmes. Bowlus et Neumann (2004) se sont récemment interrogés sur la pertinence empirique de ce cadre au vu de la relation entre le niveau du salaire perçu et la mobilité d’emploi à emploi. Théoriquement, la fréquence des transitions d’emploi à emploi diminue avec le niveau du salaire du travailleur, la probabilité d’obtenir une offre financièrement intéressante étant plus faible quand la rémunération est plus élevée. Bowlus et Neumann montrent pourtant que cette relation apparaît, à l’observation, ambiguë voire croissante aux États-Unis. Or, sur des données françaises issues de l’enquête Emploi, une relation statistique ambiguë entre le niveau du salaire perçu par un employé et sa probabilité de transition vers un autre emploi apparaît également, en lieu de la relation décroissante prédite par la théorie. Nous montrons que cette ambiguïté pourrait renvoyer à un effet de composition agrégé qui disparaît quand une désagrégation par catégorie socioprofessionnelle est effectuée, et aussi à une typologie particulière de mobilités professionnelles : des promotions au sens de transitions accompagnéesd’une montée dans l’échelle des catégories socioprofessionnelles. L’estimation par CSP que nous proposons du modèle canonique de recherche d’emploi (à partir d’une méthode de moments simulés) apparaît en mesure de rendre compte de la relation observée entre le salaire perçu et la probabilité de mobilité professionnelle, dès lors que sont exclusivement considérées des mobilités n’entraînant pas de promotion ni de perte de salaire.

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