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Créations et créateurs d'entreprises - Première interrogation 2010, profil du créateur

Résumé

Les créateurs de 2010 non auto-entrepreneurs ont les mêmes motivations et les mêmes objectifs que les créateurs de 2006, être indépendants et assurer leur emploi. Comme eux, ils dirigent souvent seuls leur entreprise. Ils font appel à des services externalisés pour leur comptabilité, leur publicité, leur transport. Ils visent une clientèle diversifiée, notamment dans le commerce, et souvent locale, constituée pour beaucoup (61 %) de particuliers.

Ils ont rencontré des difficultés, plus qu'en 2006, notamment pour les formalités administratives (41 %), trouver un financement (22 %) ou établir un contact avec la clientèle (21 %). Avec moins de subventions mais plus d'emprunts, ils ont obtenu des moyens de financement un peu supérieurs.

Si les créateurs de 2010 voient leur avenir plus sombre que ceux de 2006, les perspectives d'embauche restent à peu près les mêmes.

Sommaire

Publication

Avec le statut de l'auto-entrepreneur, un effet de substitution pourrait expliquer le recul des créations « classiques » en 2010

En 2010, 262 000 entreprises hors régime de l'auto-entrepreneur (encadré) ont été créées : 163 000 sociétés et 98 000 entreprises individuelles (hors auto-entreprises).
Le nombre annuel de créations d'entreprises « classiques » est en baisse en 2010 (après 286 000 en 2006 et 215 000 en 2002), ce qui s'explique par le succès rencontré depuis 2009 par le régime de l'auto-entrepreneur.

Comme en 2006, près de quatre créations sur cinq se font sans salarié

Près de quatre créations d'entreprises sur cinq se font sans embauche de salariés. 17 % ont lieu avec un ou deux salariés, 4 % avec trois à six salariés et moins de 2 % avec plus de six salariés.

Les créateurs de 2010 ne sont pas très différents de ceux de 2006

Les mêmes motivations que les créateurs de 2006, être indépendants, et les mêmes objectifs

Les motivations qui ont poussé les créateurs de 2010 à créer leur entreprise restent les mêmes qu'en 2006. Et, globalement, l'importance accordée à chacune de ces motivations change peu.
Être indépendant reste la première des raisons invoquées par les créateurs (61 % en 2010 après 60 % en 2006). La deuxième, le goût d'entreprendre et le désir d'affronter de nouveaux défis, est plus fréquemment citée qu'en 2006 (44 % après 39 %). Puis vient la perspective d'augmenter ses revenus (27 % en 2010 après 25 % en 2006). Le chômage est moins cité qu'en 2006 (24 % en 2010 après 28 % en 2006). Par ailleurs, certains ont saisi l'opportunité qui s'est présentée à eux (22 % en 2010 après 16 % en 2006). 14 % (après 13 % en 2006) avaient une idée de produit, service ou marché à développer. 9 % (après 7 % en 2006) avaient un exemple réussi d'entrepreneur dans leur entourage. Enfin, pour 8 % (après 9 % en 2006), c'était la seule possibilité d'exercer leur métier.

Comme en 2006, 64 % des créateurs de 2010 ont comme objectif d'assurer leur propre emploi, 22 % de développer leur entreprise en termes d'emploi et 14 % en termes d'investissement (mêmes proportions qu'en 2006).

Avant de créer leur entreprise, une majorité de créateurs étaient au chômage ou salariés du secteur privé

Avant de créer leur entreprise, un tiers des créateurs étaient au chômage (22 % depuis moins d'un an et 11 % depuis plus d'un an), et presque un tiers salariés (28 % du secteur privé et 4 % du secteur public) (graphique 1). Près d'un quart des créateurs étaient indépendants ou à leur compte (14 %) ou chefs d'entreprise salariés ou PDG (9 %). Pour le reste, 6 % étaient sans activité professionnelle, 3 % étudiants ou scolaires et 2 % retraités.
La part des chômeurs est la même chez les hommes et les femmes, et elle varie peu d'un secteur d'activité à l'autre, à l'exception du transport (41 % de chômeurs, dont 16 % depuis plus d'un an) et de l'enseignement, de la santé et de l'action sociale (18 % seulement).

Les créateurs de 2010 comptent une plus grande part de chefs d'entreprise, indépendants ou à leur compte que ceux de 2006 (24 % après 15 %) mais moins de chômeurs (33 % après 41 % en 2006).

Graphique 1 - Situations des créateurs en 2010 et 2006, et des auto-entrepreneurs en 2010 avant la création

Graphique 1 : Situations des créateurs en 2010 et 2006, et des auto-entrepreneurs en 2010 avant la création

Note : il n'y avait pas d'auto-entreprises en 2006.

Champ : entreprises et auto-entreprises du secteur marchand non agricole, France (y compris les DOM), enregistrées au cours des premiers semestres 2010 et 2006.

Source : Insee, enquêtes Sine 2006 et 2010 première interrogation et enquête Auto-entrepreneurs 2010 première interrogation.

Certains salariés arrêtent leur activité pour créer leur entreprise

Si certains salariés continuent une activité rémunérée en parallèle, d'autres l'arrêtent pour créer leur entreprise.
En effet, en 2010, alors qu'un créateur sur trois se déclare salarié avant de créer son entreprise, moins d'un sur cinq (19 %) exerce encore une activité rémunérée en dehors de sa nouvelle entreprise au jour de l'enquête. C'est toutefois un peu plus qu'en 2006 (15 %).
De leur côté, 40 % de ceux qui ont déjà créé une autre entreprise auparavant continuent de la diriger, 16 % l'ont cédée et 44 % ont arrêté son activité.
Parmi les créateurs qui continuent d'exercer une activité en parallèle, il y a plus de dirigeants qu'en 2006 et moins de salariés. Désormais, 56 % sont des dirigeants après 40 % en 2006.

Dans la génération 2010, davantage de créateurs ont déjà créé ou repris une entreprise auparavant

33 % des créateurs ont déjà créé ou repris une entreprise avant leur entreprise actuelle (après 27 % en 2006).
Par contre, en 2010, le nombre d'essais précédents est plus faible qu'en 2006 pour ceux qui avaient déjà créé une entreprise. 77 % des créateurs de 2010 n'avaient créé antérieurement qu'une seule entreprise après 61 % en 2006.
En 2010, les créateurs ont un peu plus souvent racheté une entreprise : 88 % des créateurs de 2010 ont créé une entreprise nouvelle (après 93 % en 2006), 6 % l'ont rachetée à un tiers (hors famille) (après 4 % en 2006), 2 % l'ont rachetée à leur dernier employeur, 2 % l'ont reçue ou rachetée à leur entourage familial et 2 % ont pris une location-gérance.
Avoir un chef d'entreprise dans son entourage peut être un élément déclencheur pour créer son entreprise. Ce projet peut toutefois ne pas aboutir du premier coup.
En 2010, 70 % des créateurs comptent parmi leurs proches un chef d'entreprise ou une personne à son compte.

En 2010, le secteur d'activité de la nouvelle entreprise correspond plus souvent au métier de base du créateur qu'en 2006

Pour 63 % des créateurs de 2010, le secteur de leur nouvelle entreprise est celui de leur métier de base. C'est plus qu'en 2006 (55 %) et plus que pour les auto-entrepreneurs de 2010 (52 %) et ce, quel que soit le secteur, à l'exception de ceux de la construction, et de l'information et de la communication.
La concordance entre le métier de base du créateur et le secteur d'activité de son entreprise est la plus fréquente dans la construction (74 %), le conseil et le soutien aux entreprises (70 %) et surtout l'enseignement et la santé (82 %). Elle est la moins fréquente dans le commerce (50 %), les transports (54 %), et l'hébergement et la restauration (48 %).

Même proportion d'hommes (70 %) parmi les créateurs de 2010 et ceux de 2006

70 % des créateurs d'entreprises sont des hommes (même proportion qu'en 2006) bien qu'ils ne représentent que 52 % de la population active.
Ils sont particulièrement présents dans les secteurs de la construction (90 %), de l'industrie manufacturière (80 %), du transport (79 %), et de l'information et de la communication (78 %). Par contre, les femmes entreprennent davantage dans les secteurs de l'enseignement, de la santé et de l'action sociale (54 %), et des services aux ménages (50 %).
73 % des créateurs sont en couple (un peu moins dans le secteur de l'information et de la communication, et un peu plus dans le secteur financier).

Des créateurs un peu plus diplômés que ceux de 2006

Les créateurs de 2010 sont un peu plus diplômés que ceux de 2006 (graphique2). En effet, 43 % d'entre eux possèdent au moins un diplôme universitaire du premier cycle (après 37 % en 2006). Pour les créateurs des secteurs du soutien aux entreprises, et de l'information et de la communication, cette proportion est encore plus importante (respectivement 66 % et 75 %).
18 % ont au plus un brevet des collèges, 21 % un CAP, BEP ou brevet de compagnon, 18 % un baccalauréat (technologique ou général) ou un brevet supérieur, 16 % un diplôme de l'enseignement supérieur du premier cycle, 10 % du deuxième cycle, 17 % un diplôme universitaire du troisième cycle ou d'une école d'ingénieur.

Graphique 2 - Répartitions des créateurs en 2010 et 2006, et des auto-entrepreneurs en 2010 selon le diplôme le plus élevé

Graphique 1 : Répartitions des créateurs en 2010 et 2006, et des auto-entrepreneurs en 2010 selon le diplôme le plus élevé

Note : il n'y avait pas d'auto-entreprises en 2006.

Champ : entreprises et auto-entreprises du secteur marchand non agricole, France (y compris les DOM), enregistrées au cours des premiers semestres 2010 et 2006.

Source : Insee, enquêtes Sine 2006 et 2010 première interrogation et enquête Auto-entrepreneurs 2010 première interrogation.

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L'évolution de leur façon de travailler

Davantage d'externalisations en 2010

Le recours à des services extérieurs payants est un peu plus fréquent qu'en 2006. Seuls 18 % des nouveaux créateurs n'y font pas appel en 2010 après 25 % en 2006.
Ils ont recours à des experts-comptables et à des centres de gestion pour des services de comptabilité (71 % en 2010 après 66 % en 2006), à des services de publicité (22 %, comme en 2006), à des services de transport (livraison, stockage, logistique) (9 % après 6 % en 2006) et à des services de nettoyage (5 % après 3 %).

Davantage de sites internet en 2010 mais encore peu de ventes en ligne

En 2010, les créateurs qui possèdent un site internet ouvert ou en construction sont plus nombreux en proportion (36 %) qu'en 2006 (27 %).
Ce constat est valable quel que soit le secteur, à l'exception de l'information et de la communication. Par ailleurs, les différences entre secteurs sont moins marquées qu'en 2006.
L'information et la communication est le secteur où cette proportion est la plus élevée (58 %) ; toutefois, c'est le seul secteur où elle recule par rapport à 2006 (67 %).
La progression la plus forte a lieu dans la construction (+ 14 %), mais dans ce secteur, comme dans le transport, et l'enseignement, la santé et l'action sociale, la proportion de sites internet est la plus faible, comme en 2006 (respectivement 25 % après 26 %).
33 % des créateurs se servent de leur site pour présenter leur entreprise et 8 % pour vendre en ligne.
Ces deux proportions progressent par rapport à 2006, à l'exception de la présentation de l'entreprise dans l'information et la communication (− 11 %). Ces proportions sont un peu plus élevées que pour les auto-entrepreneurs (23 % pour la présentation et 7 % pour la vente en ligne).

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La clientèle, souvent des particuliers, est en général diversifiée mais plus ciblée dans les services aux entreprises, souvent locale notamment pour les services aux ménages

Six entreprises sur dix ont comme principaux clients des particuliers

61 % des nouvelles entreprises de 2010 réalisent la majorité de leur chiffre d'affaires avec une clientèle de particuliers. 34 % ont comme principaux clients des entreprises et 5 % s'orientent principalement vers les administrations.
Dans quelques secteurs, les nouvelles entreprises sont plus souvent orientées vers les entreprises : c'est le cas de l'industrie (40 %), des transports (44 %), des services de soutien et de conseil aux entreprises (52 %) et surtout de l'information et de la communication (62 %).
En revanche, dans le commerce, l'hébergement et la restauration, l'enseignement, la santé et l'action sociale, les services aux ménages, les clients sont plus souvent des particuliers (pour trois entreprises sur quatre).

Une clientèle diversifiée dans le commerce mais plus ciblée dans les services aux entreprises

47 % des nouvelles entreprises réalisent leur chiffre d'affaires grâce à un grand nombre de clients. 24 % ont moins de dix clients, 15 % n'ont que quelques gros clients, 5 % ont deux clients et 8 % un seul.
Dans le commerce, l'hébergement et la restauration, l'enseignement, la santé et l'action sociale, la clientèle est plus diversifiée ; en effet, plus de 60 % des nouvelles entreprises ont un grand nombre de clients. Dans le soutien et le conseil aux entreprises, et l'information et la communication, la clientèle est plus ciblée ; en effet, plus de la moitié des entreprises ont moins de dix clients et seulement un tiers un grand nombre de clients.

Dans les services à destination des ménages, la clientèle est locale ; dans l'information et la communication, elle est nationale

Plus de la moitié des nouvelles entreprises ont une clientèle principalement locale. C'est le cas des trois quarts des nouvelles entreprises de l'hébergement et de la restauration, des services aux ménages, et de l'enseignement, la santé et l'action sociale. Au contraire, presque la moitié des nouvelles entreprises de l'information et de la communication ont une clientèle nationale (33 %) ou internationale (12 %). En 2010, les nouvelles entreprises de soutien et de conseil aux entreprises ont plus souvent qu'en 2006 une clientèle principalement locale, au détriment de la clientèle régionale, voire nationale.

Peu de sous-traitance, sauf dans le secteur de la construction

Plus des trois quarts des nouvelles entreprises de 2010 (un peu plus qu'en 2006) n'ont réalisé aucun travail en sous-traitance. Les disparités selon les secteurs sont moins importantes qu'en 2006. Le secteur de la construction reste à part avec presque la moitié des nouvelles entreprises qui effectuent des travaux de sous-traitance en activité annexe (25 %) ou même en activité principale (21 %).

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Un environnement pas toujours favorable à la création d'entreprises

Davantage d'appuis des proches en 2010 mais toujours aussi peu de formation

Les créateurs déclarent avoir bénéficié d'appuis en termes de conseil, d'information, de soutien logistique ou financier aussi fréquemment que les créateurs de 2006. 28 % d'entre eux ont monté leur projet seul (30 % en 2006).
23 % des créateurs de 2010 ont reçu l'appui d'un professionnel agissant comme un spécialiste dans son domaine (comme en 2006).
Mais les créateurs de 2010 ont reçu plus fréquemment le soutien d'une personne de leur famille ou de leur entourage personnel autre que le conjoint (29 % après 23 % en 2006).
28 % ont reçu l'appui d'une structure dédiée à la création d'entreprises (chambre de métiers, associations, autres), après 31 % en 2006. Enfin, 22 % ont reçu l'appui de leur conjoint (21 % en 2006).
Deux créateurs de 2010 sur trois n'ont suivi aucune formation, comme en 2006, 21 % ont suivi une formation parce qu'elle était imposée ou requise et 12 % en ont suivi une à leur demande.

Des niveaux de financement plus élevés en 2010

Les niveaux de financement des créateurs de 2010 sont un peu plus élevés qu'en 2006 (graphique 3) : 40 000 à 80 000 euros pour 9 % des créateurs, de 80 000 à 160 000 euros pour 6 % d'entre eux et plus de 160 000 euros pour 7 % (après respectivement 6 %, 4 % et 4 % en 2006). Cela tient probablement au champ de l'enquête sur les créateurs en 2010, qui exclut les auto-entrepreneurs. En effet, les créateurs démarrant avec peu de moyens ont dû opter pour l'auto-entreprenariat plus souvent que les autres.

Graphique 3 - Répartitions des créateurs en 2010 et 2006 selon le niveau de financement

Graphique 1 : Répartitions des créateurs en 2010 et 2006 selon le niveau de financement

Champ : entreprises du secteur marchand non agricole, France (y compris les DOM), enregistrées au cours des premiers semestres 2010 et 2006.

Source : Insee, enquêtes Sine 2006 et 2010 première interrogation.

Des difficultés de formalités administratives, de financement et de contact avec la clientèle plus présentes qu'en 2006

La difficulté rencontrée le plus fréquemment par les créateurs de 2010 est de régler les formalités administratives (41 % des créateurs).
Viennent ensuite les difficultés pour trouver un financement (22 %) et pour établir un contact avec la clientèle (21 %). Enfin, arrivent celle d'être seul comme entrepreneur (16 %) et celles pour fixer les prix des produits et services (15 %), trouver un local (12 %), embaucher du personnel (11 %), obtenir l'autorisation d'un découvert bancaire (7 %) et ouvrir un compte bancaire (5 %).
Toutefois, 22 % des créateurs n'ont rencontré aucune difficulté particulière.
Les formalités administratives ont gêné 51 % des créateurs du secteur de l'enseignement, de la santé et de l'action sociale et 46 % de ceux de l'information et de la communication.
Les problèmes de financement sont plus présents dans le transport (34 %), le commerce (27 %), et la restauration et l'hébergement (32 %). Dans ces deux derniers secteurs, s'ajoutent des difficultés pour trouver un local, et dans la restauration et l'hébergement pour embaucher du personnel (19 %).
Enfin, fixer les prix est un problème plus crucial dans la construction (pour 24 % des créateurs de ce secteur).
Si les difficultés rencontrées en 2006 et 2010 par les créateurs restent les mêmes, avec un ordre d'importance identique, chaque difficulté devient plus présente en 2010 (5 points de plus pour les trois plus importantes : formalités administratives, financement et contact avec la clientèle). La part des créateurs qui n'ont rencontré aucune difficulté chute de 30 % à 22 %.

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Avec moins de subventions qu'en 2006, le projet de création d'une entreprise repose souvent sur des ressources personnelles

Moins de subventions et plus d'emprunts qu'en 2006, la moitié des créateurs ne font appel qu'à leurs propres ressources qui constituent 60 % du financement

En 2010, 48 % des créateurs n'ont eu recours à aucun autre moyen de financement que leurs ressources personnelles, familiales ou d'associés (après 34 % en 2006). L'emprunt bancaire au titre de l'entreprise (utilisé par 36 % des créateurs après 26 % en 2006) remplace en 2010 les subventions et primes que l'on pouvait obtenir des administrations publiques en 2006 (perçues par 7 % des créateurs en 2010 après 45 % en 2006). Par contre, le recours à l'emprunt bancaire en son propre nom est moins fréquent qu'en 2006 (13 % après 16 % en 2006), de même que les autres emprunts, prêts d'honneur, prêts à taux zéro, avances remboursables (6 % après 10 %) et que les apports en capitaux d'autres sociétés (4 % après 6 %).
En 2010, 60 % du financement des créateurs proviennent de leurs ressources personnelles, familiales ou de leurs associés, 33 % d'emprunts bancaires (après 25 % en 2006), et 7 % d'autres financements. La part des ressources personnelles et familiales est un peu moindre dans les secteurs de l'hébergement et de la restauration (52 %), de l'industrie (55 %), du commerce (56 %) et des transports (56 %).

Plus de la moitié des créateurs ne reçoivent l'aide d'aucun dispositif pour les créateurs

Plus de la moitié des créateurs de 2010 (et près de neuf créateurs indépendants sur dix) n'ont bénéficié d'aucun dispositif d'aide financière. 41 % des créateurs ont tout de même bénéficié de l'aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprise (Accre) (dont trois chômeurs sur quatre), 9 % du nouvel accompagnement pour la création et la reprise d'entreprise (Nacre) et 8 % d'exonérations de cotisations sociales ou d'impôts.
Avant la création de leur entreprise, 60 % des créateurs ne percevaient aucune prestation sociale (indemnités de chômage, revenu minimum d'insertion, revenu de solidarité active, allocation de parent isolé, allocation de solidarité spécifique, revenu supplémentaire temporaire d'activité). Ceux qui les percevaient continuent d'en bénéficier après la création.

Les créateurs dirigent souvent seuls leur entreprise et font rarement entrer d'autres entreprises dans leur capital

Seules 11 % des entreprises créées en 2010 sont détenues à plus de la moitié par d'autres entreprises. Pour 84 % d'entre elles, aucune entreprise n'est entrée dans leur capital, tandis que 6 % sont détenues à moins de la moitié du capital par une ou plusieurs autres entreprises.
De plus, en 2010, neuf nouvelles entreprises sur dix ne font partie d'aucun réseau d'enseignes, que ce soit par franchise, par coopérative ou sous une autre forme (concession, chaîne volontaire, agent de marque).
Les créateurs dirigent souvent seul leur entreprise (72 %), comme en 2006, quel que soit le secteur. Les autres la dirigent avec des associés (15 %), avec leur conjoint (10 %) ou avec un autre membre de la famille (5 %).

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Les créateurs sont confiants même si les prochains mois leur semblent plus sombres qu'en 2006

La plupart des créateurs se projettent dans l'avenir mais les six prochains mois leur semblent plus difficiles qu'en 2006

En 2010, neuf créateurs sur dix envisagent d'être à leur compte durablement sur une période de plus de cinq ans, comme en 2006.
L'avenir des créateurs après la création de leur entreprise s'est toutefois un peu assombri entre 2006 et 2010. En 2010, ils sont moins nombreux à s'imaginer développer leur entreprise dans les six mois suivant l'enquête (42 % en 2010 après 56 % en 2006) et, par contre, ils sont plus nombreux à penser maintenir l'équilibre actuel (42 % après 31 %). 9 % pensent devoir redresser une situation difficile dans les six prochains mois, comme en 2006, et 17 % n'ont pas d'avis.

Pourtant, les perspectives d'embauche ne sont pas moins bonnes qu'en 2006, sauf dans les transports et la construction

25 % des créateurs de 2010 pensent embaucher un ou plusieurs salariés supplémentaires en contrat à durée déterminée ou indéterminée dans les douze mois suivant l'enquête, contre 44 % qui ne le pensent pas et 31 % qui ne savent pas. Ces proportions sont presque les mêmes qu'en 2006. Les perspectives d'embauche ne sont donc pas moins favorables qu'en 2006. La part des créateurs qui envisagent d'embaucher progresse de trois points entre 2006 et 2010, à l'exception du transport et de la construction (en recul de 9 % et 2 %, respectivement) et celle des créateurs sans avis aussi (+ 3 points, hors transport et construction).

 

Suite à la mise en place du statut de l'auto-entrepreneur en 2009, une enquête auprès des créateurs d'auto-entreprises a été lancée parallèlement à l'enquête Sine (enquête Auto-entrepreneurs 2010). Si, selon cette enquête, un quart des créateurs d'auto-entreprises auraient tout de même créé leur entreprise sans le nouveau statut, ils sont néanmoins exclus du champ de l'enquête Sine 2010. Les populations étudiées par les enquêtes Sine 2006 et 2010 ne sont donc pas exactement comparables.

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N° 58 Economie - février 2012

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