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Créations et créateurs d'entreprises - Enquête de 2009 : la génération 2006 trois ans après

Résumé

L'enquête Sine (Système d'information sur les nouvelles entreprises) est la seule source qui permet de suivre les nouvelles entreprises au cours du temps. Parmi les entreprises créées en 2006, deux sur trois sont toujours actives en 2009. Au fil du temps, certains créateurs développent leur entreprise, d'autres la font survivre, d'autres encore cessent leur activité. Les chances de survie dépendent d'abord des conditions dans lesquelles le créateur a préparé son projet.

Sommaire

Publication

En 2006, en France, 286 000 nouvelles entreprises étaient créées (cf. données de cadrage). Après dix ans de relative stabilité, le nombre annuel de créations d'entreprises dépassait d'un tiers celui de 2002. Des conditions de création assouplies avaient probablement suscité de nouvelles vocations. En particulier, la loi pour l'initiative économique d'août 2003 simplifiait les formalités relatives à la création d'entreprise, favorisait le financement des nouvelles entreprises et facilitait la transition entre le statut de salarié et celui d'entrepreneur.

Entreprises créées en 2006 : deux sur trois sont toujours actives en 2009

En 2009, trois ans après leur création, deux entreprises sur trois sont toujours actives. Le taux de pérennité à trois ans des entreprises créées en 2006 est identique à celui des entreprises créées en 2002, malgré une année 2008 marquée par un fort ralentissement de l'activité et une année 2009 de récession aiguë.

Cependant, la stabilité du taux de pérennité masque des points communs et des caractéristiques propres à chacune de ces deux générations de nouvelles entreprises. Toutes choses égales par ailleurs, les conditions de mise en œuvre d'un projet de création d'entreprise priment toujours sur le profil du créateur pour réussir au cours des trois premières années (tableau). Néanmoins, le taux de pérennité peut varier d'une génération à l'autre selon la variable d'analyse retenue.

Chances de survie à trois ans des entreprises créées en 2006
Variable Chances de survie
n.s. : non significatif par rapport à la situation de référence au seuil de 5 %.
Note : l'analyse des chances de survie à trois ans d'une entreprise est réalisée à l'aide d'un modèle de régression logistique. Les effets de chaque facteur sont présentés en écart par rapport à une situation de référence notée « Réf. ». Plus le coefficient est supérieur à 1 (respectivement inférieur à 1), plus la probabilité d'atteindre le troisième anniversaire est forte (respectivement faible) par rapport à la situation de référence. Des variables concernant l'opinion du créateur sur l'avenir de son entreprise, sa nationalité, son objectif principal, la clientèle, la préparation du projet ont été introduites dans le modèle mais les résultats ne sont pas présentés.
Lecture : les sociétés se maintiennent plus longtemps que les entreprises individuelles : toutes choses égales par ailleurs, les sociétés ont 1,7 fois plus de chances d'être actives en 2009 que les entreprises individuelles. À l'inverse, la probabilité qu'une entreprise individuelle soit encore active en 2009 est 0,6 (= 1/1,7) fois celle des sociétés.
Champ : entreprises du secteur marchand non agricole, créées au cours du premier semestre de 2006.
Source : Insee, enquête Sine 2006, interrogations 2006 et 2009.
Capital investi à la création (en euros)
Plus de 80 000 2,1
De 40 000 à moins de 80 000 1,6
De 16 000 à moins de 40 000 1,4
De 8 000 à moins de 16 000 1,2
De 2 000 à moins de 8 000 n.s.
Moins de 2 000 Réf.
Catégorie juridique
Société 1,7
Entreprise individuelle Réf.
Activité
Transports et entreposage 1,8
Soutien aux entreprises 1,8
Services aux ménages 1,6
Information et communication 1,6
Industrie 1,4
Construction 1,4
Hébergement et restauration 1,2
Activités financières et d'assurance 1,2
Activités immobilières n.s.
Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles Réf.
Âge
50 ans ou plus 1,6
De 30 à moins de 50 ans 1,5
Moins de 30 ans Réf.
Implantation en Île-de-France
Non 1,4
Oui Réf.
Présence de salariés
Non Réf.
Oui 1,1
Situation professionnelle juste avant la création
Indépendant ou à votre compte 1,3
Étudiant ou scolaire 1,3
Salarié, apprenti ou stagiaire rémunéré 1,2
Chef d'entreprise salarié, PDG 1,1
En congé pour création d'entreprise ou sans activité pour convenance personnelle n.s.
Au chômage Réf.
Sans activité professionnelle n.s.
Diplôme
Diplôme supérieur au baccalauréat 1,2
Baccalauréat technique ou professionnel 1,2
CAP, BEP n.s.
Baccalauréat généraliste n.s.
Pas de diplôme Réf.
CEP, BEPC, brevet élémentaire, brevet des collèges 0,9
Première création d'entreprise
Non Réf.
Oui 0,8
Nombre de clients
Plus de dix 1,3
De trois à dix 1,2
Un ou deux Réf.
Lien entre l'activité de l'entreprise et le principal métier exercé par le créateur
Identique, plus de dix ans d'expérience 1,2
Non concerné (pas d'expérience professionnelle) 1,2
Identique, de trois à dix ans d'expérience 1,1
Identique, moins de trois ans d'expérience n.s.
Différente Réf.
Sexe
Homme Réf.
Femme 0,9

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Plus le créateur investit initialement, plus l'entreprise est pérenne

Quels que soient la génération et le secteur d'activité, plus l'investissement initial est important (installation dans les locaux, achats de matériels, constitution de stocks...), plus les chances de survie de l'entreprise sont élevées (graphique 1). Ainsi, les entreprises créées avec au moins 80 000 euros d'investissement sont, toutes choses égales par ailleurs, 2,1 fois plus souvent actives en 2009 que celles créées avec moins de 2 000 euros. Pour autant, une majorité de créateurs investissent peu au démarrage de leur activité : en 2006, 54 % investissaient moins de 8 000 euros, et seulement 8 % au moins 80 000 euros.

Graphique 1 : Taux de pérennité à trois ans selon les montants investis à la création de l'entreprise

Graphique 1 : Taux de pérennité à trois ans selon les montants investis à la création 
 de l'entreprise

Champ : entreprises du secteur marchand non agricole, créées au cours du premier semestre de 2006.

Source : Insee, enquête Sine 2006, interrogations 2006 et 2009.

Les sociétés se maintiennent plus longtemps que les entreprises individuelles : comme pour la génération 2002, 74 % des sociétés créées en 2006 sont toujours actives en 2009 contre 59 % des entreprises individuelles. Toutes choses égales par ailleurs, les sociétés ont 3,2 fois plus de chances de passer la première année que les entreprises individuelles, et 1,7 fois plus la troisième année. Bien qu'en retrait par rapport à 2002, les entreprises individuelles étaient pourtant toujours majoritaires parmi les créations : 52 % des entreprises s'étaient créées en nom propre en 2006 (contre 55 % en 2002), les autres étaient des sociétés.

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Les entreprises du commerce et de l'immobilier sont les moins pérennes

En 2006, le secteur du commerce et de la réparation était le plus gros pourvoyeur des nouvelles entreprises (23 %). Mais, comme pour la génération 2002, les entreprises de ce secteur sont les moins pérennes : seules 59 % sont toujours en activité en 2009 (graphique 2). À l'inverse, trois ans après leur création, 73 % des entreprises de transports et d'entreposage sont actives ; toutefois, ce secteur représentait seulement 2 % des nouvelles entreprises en 2006. Le soutien aux entreprises se prête bien à la création d'entreprise : en 2006, 17 % des entreprises se sont créées dans ce secteur où les chances de survie à trois ans sont, toutes choses égales par ailleurs, 1,8 fois supérieures à celles du commerce.

Certains secteurs d'activité sont plus ou moins porteurs selon la génération considérée. Ainsi, trois ans après la création, les hôtels et restaurants sont plus souvent actifs en 2009 qu'en 2005 (respectivement 67 % et 58 %). A contrario, le taux de pérennité à trois ans des entreprises de l'immobilier est en baisse : 68 % pour les entreprises créées en 2002 contre 64 % pour celles créées en 2006.

Graphique 2 : Taux de pérennité à trois ans selon le secteur d'activité

Graphique 2 : Taux de pérennité à trois ans selon le secteur d'activité

Champ : entreprises du secteur marchand non agricole, créées au cours du premier semestre de 2006.

Source : Insee, enquête Sine 2006, interrogations 2006 et 2009.

Quelles que soient les caractéristiques de l'entreprise, le profil du créateur influe également sur la pérennité des entreprises. Comme pour les créateurs de 2002, l'âge, la situation de l'entrepreneur juste avant le démarrage de son activité et les qualifications figurent parmi les critères les plus déterminants pour franchir le cap des trois premières années.

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Les entreprises créées par les jeunes et les chômeurs cessent plus rapidement

En 2006, la proportion de jeunes parmi les créateurs est la même qu'en 2002 : un peu plus de deux sur dix ont moins de 30 ans. Comme pour la génération précédente, les entreprises créées par ces jeunes sont moins pérennes ; 59 % sont toujours actives en 2009, contre 68 % pour celles créées par les personnes âgées de 30 à moins de 50 ans (graphique 3). Les jeunes choisissent principalement les secteurs du commerce (24 %) et de la construction (23 %). Dans ces deux secteurs d'activité, ils sont moins diplômés que l'ensemble des créateurs de moins de 30 ans : respectivement 46 % et 68 % d'entre eux ont un diplôme inférieur au baccalauréat, contre 41 % pour l'ensemble des jeunes créateurs.

Graphique 3 : Taux de pérennité à trois ans selon l'âge du créateur d'entreprise

Graphique 3 : Taux de pérennité à trois ans selon l'âge du créateur d'entreprise

Champ : entreprises du secteur marchand non agricole, créées au cours du premier semestre de 2006.

Source : Insee, enquête Sine 2006, interrogations 2006 et 2009.

En 2006, 41 % des créateurs étaient au chômage, contre 34 % en 2002. Ces créateurs ont les chances de réussite les plus faibles : 62 % ont franchi le cap des trois ans en 2009 (graphique 4). A contrario, les entreprises de ceux qui étaient travailleurs indépendants juste avant la création (8 %), sont 1,3 fois plus souvent actives trois ans plus tard.

Les anciens chômeurs ont plus souvent créé une entreprise individuelle : 57 % exercent en nom propre en 2006 contre 54 % des anciens salariés. Ces entrepreneurs anciens chômeurs sont également plus souvent des femmes (30 % contre 26 % des anciens salariés) ou des commerçants (26 % contre 19 % des anciens salariés). L'ambition à la création de l'entreprise est moins forte chez les anciens chômeurs ; quelques mois seulement après le démarrage de leur activité, 29 % d'entre eux envisageaient de développer leur entreprise contre 36 % des anciens salariés.

Graphique 4 : Taux de pérennité à trois ans selon la situation professionnelle du chef d'entreprise juste avant la création de l'entreprise

Graphique 4 : Taux de pérennité à trois ans selon la situation professionnelle du chef 
 d'entreprise juste avant la création de l'entreprise

Champ : entreprises du secteur marchand non agricole, créées au cours du premier semestre de 2006.

Source : Insee, enquête Sine 2006, interrogations 2006 et 2009.

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Le diplôme, un bon atout pour le créateur

Toutes choses égales par ailleurs, plus le créateur est diplômé, meilleures sont les chances de survie de son entreprise (graphique 5). Ainsi, 71 % des entreprises créées par des diplômés de l'enseignement supérieur sont toujours actives en 2009, contre 58 % de celles créées par des non-diplômés. En 2006, 38 % des créateurs étaient diplômés de l'enseignement supérieur contre 13 % qui n'avaient pas de diplôme. Les diplômés de l'enseignement supérieur exercent plus souvent une activité de soutien aux entreprises (30 % contre 9 % des autres créateurs).

Graphique 5 : Taux de pérennité à trois ans selon le diplôme le plus élevé du créateur d'entreprise

Graphique 5 : Taux de pérennité à trois ans selon le diplôme le plus élevé du créateur 
 d'entreprise

Champ : entreprises du secteur marchand non agricole, créées au cours du premier semestre de 2006.

Source : Insee, enquête Sine 2006, interrogations 2006 et 2009.

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Les entreprises créées par les femmes sont aussi pérennes que celles créées par les hommes

En 2006, 29 % des créateurs étaient des femmes contre 27 % en 2002. Cette nouvelle génération de femmes entrepreneuses réussit mieux que la précédente : 65 % des entreprises qu'elles ont créées sont toujours actives au bout de trois ans, contre 62 % des entreprises créées en 2002. Ainsi, pour la première fois, les entreprises créées par les femmes sont aussi pérennes que celles créées par les hommes. L'atout féminin est le niveau d'études : 65 % des créatrices avaient au moins un baccalauréat en 2006 contre 50 % des créateurs.

Malgré cela, les chances de survie à trois ans des entreprises créées par les femmes sont légèrement inférieures à celles créées par les hommes : 0,9 fois, toutes choses égales par ailleurs. Cette différence entre les hommes et les femmes s'explique essentiellement par la présence d'enfants à charge ; qu'elles soient seules ou en couple, les chances de survie des entreprises créées par les femmes diminuent lorsqu'elles élèvent des enfants.

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Les entreprises aidées presque aussi pérennes que les autres

En 2006, 45 % des nouveaux entrepreneurs ont bénéficié d'aides ou d'exonérations publiques. Le plus souvent, c'est l'aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprise (Accre) qui était versée : près de huit créateurs aidés sur dix avaient perçu l'Accre. Les aides s'adressent, avant tout, aux créateurs dont les chances de survie sont, toutes choses égales par ailleurs, les plus faibles. En effet, 68 % des créateurs aidés étaient des chômeurs en 2006. Pour autant, le taux de pérennité à trois ans des entreprises aidées est proche de celui des autres entreprises (65 % contre 67 % pour les entreprises non aidées). Ainsi, le dispositif d'aides semble remplir sa mission en permettant aux entreprises les plus fragiles de se maintenir presque aussi longtemps que les autres.

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En 2009, 98 % des emplois créés en 2006 subsistent

Les entreprises créées en 2006 employaient 477 000 personnes au démarrage : 296 000 non-salariés et 181 000 salariés (graphique 6). Dans un premier temps, la dynamique de la création d'entreprise concerne l'emploi non salarié : créer une entreprise, c'est d'abord créer son propre emploi. Ainsi, près de huit entreprises sur dix n'avaient aucun salarié à la création.

Même si 34 % des entreprises créées en 2006 ont cessé leur activité avant leur troisième année d'existence, le bilan est positif pour l'emploi salarié généré par les créations d'entreprises. En effet, 137 300 emplois salariés ont été créés dans les entreprises pérennes et 68 500 emplois salariés ont été perdus suite aux fermetures d'entreprises. 113 100 emplois non salariés ont été perdus : ce sont ceux des indépendants dont l'entreprise n'a pas survécu. Globalement, le bilan est légèrement négatif : en 2009, l'emploi total représente 98 % de l'emploi créé trois ans plus tôt.

Graphique 6 : Évolution du nombre d'entreprises créées en 2006 et de leurs emplois

Graphique 6 : Évolution du nombre d'entreprises créées en 2006 et de leurs emplois

Champ : entreprises du secteur marchand non agricole, créées au cours du premier semestre de 2006.

Source : Insee, enquête Sine 2006, interrogations 2006 et 2009.

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Plus de huit créateurs sur dix sont satisfaits de leur projet

Interrogés sur le principal problème rencontré au cours des trois premières années d'activité, 31 % des créateurs ont déclaré avoir des difficultés quant aux débouchés et 18 % des problèmes financiers. En revanche, 38 % des créateurs ont affirmé n'avoir rencontré aucun souci particulier depuis la création de leur entreprise.

En 2009, parmi les créateurs toujours en activité, plus de huit sur dix se disent satisfaits, voire très satisfaits de leur entreprise créée trois ans auparavant. Un peu moins de la moitié des créateurs espèrent assurer la pérennité de leur entreprise, 36 % comptent même la développer. Par contre, 16 % des créateurs sont pessimistes et pensent devoir redresser leur entreprise en difficulté.

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Insee Résultats N° 51 Economie - février 2011