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Population immigrée - Population étrangère - Exploitation complémentaire du recensement de la population 1999 en France métropolitaine

Sommaire

Publication

Les immigrés au recensement

En mars 1999, 4 310 000 immigrés ont été recensés, soit 7,4 % de la population métropolitaine. Entre 1990 et 1999, le nombre d'immigrés a augmenté de 145 000 (+ 3,4 %), au même rythme que l'ensemble de la population. La part des immigrés dans la population est stable depuis 1975 (graphique 1). En 1999, les immigrés ayant acquis la nationalité française sont 1,56 million. Leur nombre a augmenté de 250 000 (+ 19 %) depuis 1990. Par contre celui des immigrés étrangers a baissé de 105 000 (− 4 %) et atteint 2,75 millions. Plus d'un immigré sur trois (36 %) est français.

Graphique 1 : Les immigrés dans l'ensemble de la population

Graphique 1 : Les immigrés dans l'ensemble de la population

Source : recensements de la population

En 1999, les immigrés originaires d'un pays de l'Union européenne sont 1,6 million, soit 9 % de moins qu'en 1990. Cette diminution est le fait des populations traditionnellement les plus nombreuses, issues des vagues d'immigration anciennes. Ainsi les personnes originaires d'Espagne, d'Italie ou du Portugal sont 210 000 de moins qu'au précédent recensement (graphique 2). Au contraire, le nombre d'immigrés originaires d'un autre pays de l'Union européenne est en augmentation (38 %). La part des immigrés venus de l'ensemble de l'Europe est en constante baisse (57 % en 1975, 49 % en 1990, 45 % en 1999). Les immigrés natifs du Maghreb sont 1,3 million, soit 6 % de plus qu'en 1990. Cette augmentation est due pour trois quarts aux originaires du Maroc.

Les personnes venant du reste du monde augmentent en nombre et en proportion au sein de la population immigrée. En 1999, elles sont 1,1 million ; elles n'étaient que 850 000 en 1990. Leur part, qui était de 15 % en 1982, est passée à 20 % en 1990 et à 25 % en 1999. Dans cet ensemble, les originaires de Turquie (176 000 personnes) sont les seuls à représenter plus de 2 % de la population immigrée résidant en France métropolitaine. 375 000 personnes sont nées dans d'autres pays d'Asie, dont 160 000 personnes dans les anciens territoires d'Indochine (Cambodge, Laos, Viet Nam). Le nombre des immigrés natifs d'un pays de l'Afrique subsaharienne est de 400 000, en augmentation de 43 % par rapport à 1990.

Graphique 2 : Immigrés selon leur pays de naissance en 1990 et 1999 (en milliers)

Graphique 2 : Immigrés selon leur pays de naissance en 1990 et 1999 (en milliers)

Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999

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Les femmes sont désormais aussi nombreuses que les hommes

L'augmentation de la population immigrée est entièrement le fait des femmes (+ 7,2 %). La féminisation de la population immigrée avait débuté au milieu des années soixante-dix avec le développement des mesures facilitant le regroupement familial. L'effectif masculin reste stable. L'équilibre hommes-femmes est désormais atteint alors que, pour des raisons liées à l'histoire de l'immigration, la population immigrée avait toujours été majoritairement masculine.

La structure par âge de la population immigrée diffère de celle de l'ensemble de la population. Les jeunes sont en effet peu nombreux, puisque, par définition, les immigrés ne naissent pas en France. Les moins de 20 ans représentent le quart de l'ensemble de la population et 8 % seulement de la population immigrée (graphique 3). La moitié des immigrés ont entre 30 et 55 ans, contre un tiers de l'ensemble des résidents. Un quart de la population immigrée a plus de 60 ans. Cette proportion n'est que d'un cinquième dans l'ensemble de la population.

Entre 1990 et 1999, la population immigrée a nettement vieilli. L'âge moyen de la population immigrée est passé de 43,7 ans à 45,9 ans. Le nombre des moins de 20 ans a beaucoup diminué (− 22 %). La part des personnes âgées de 40 ans ou plus augmente plus que dans le reste de la population (+ 15 %). L'augmentation est nette pour les hommes immigrés âgés de 60 ans ou plus (+ 17 %) issus de l'immigration de main-d'œuvre des années cinquante et soixante. Elle est encore plus importante pour les femmes de 40 à 59 ans (+ 32 %) et traduit le vieillissement des femmes arrivées en France après 1975 au titre du regroupement familial.

Graphique 3 : Les immigrés par sexe et âge en 1990 et 1999

Graphique 3 : Les immigrés par sexe et âge en 1990 et 1999

Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999

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Les immigrés français sont majoritairement des femmes

En 1999, 1,5 million d'immigrés sont de nationalité française, soit 36 % de l'ensemble. La proportion d'immigrés devenus français varie fortement selon le pays d'origine (graphique 4).

Les immigrés ayant acquis la nationalité française sont plus souvent des femmes (55 %). Ce déséquilibre s'accentue avec l'âge : aussi nombreuses que les hommes avant 20 ans, les femmes représentent 59 % de la population immigrée devenue française âgée de 60 ans ou plus.

L'acquisition de la nationalité française nécessitant en général au moins cinq années de résidence en France, il est logique que la part des Français par acquisition dans la population immigrée augmente avec l'âge. De plus, le départ du territoire métropolitain est probablement davantage le fait d'immigrés restés étrangers. La part des Français par acquisition représente le quart des immigrés pour les moins de 40 ans, le tiers entre 40 et 59 ans et la moitié au-delà de 60 ans.

Graphique 4 : Immigrés français par acquisition selon leur pays de naissance en 1990 et 1999

Graphique 4 : Immigrés français par acquisition selon leur pays de naissance en 1990 et 1999

Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999

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Les immigrés sont citadins

En mars 1999, une grande partie (37 %) de la population immigrée réside en Île-de-France, chiffre en légère augmentation depuis le dernier recensement. Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d'Azur sont les deux autres régions qui accueillent le plus d'immigrés (11 % et 10 %). Les trois régions les plus peuplées rassemblent ainsi près de 60 % des immigrés habitant en France. Entre 1990 et 1999, la proportion d'immigrés dans la population a augmenté en Île-de-France et en Alsace, atteignant 14,7 % et 8,6 %. En revanche, elle a diminué dans trois régions, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Elle y demeure cependant supérieure à la moyenne nationale (de 8 % à 10 % contre 7,4 %).

La proportion d'immigrés dépasse 10 % dans tous les départements d'Île-de-France, dans les Alpes-Maritimes, les Pyrénées-Orientales et la Corse-du-Sud. A Paris, plus d'un habitant sur six est immigré, plus d'un sur cinq en Seine-Saint-Denis. Dans seize départements le pourcentage d'immigrés est inférieur à 2,5 % (le tiers de la moyenne nationale). Il s'agit des départements des régions Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie, ainsi que de la Creuse, du Cantal, des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime.

La population immigrée est citadine et très concentrée dans les grandes villes. Près de deux immigrés sur trois habitent une unité urbaine de plus de 200 000 habitants, Paris compris. Ils sont peu nombreux à vivre dans les communes rurales (3 %). Par ailleurs, la proportion d'immigrés s'accroît avec le nombre d'habitants de l'unité urbaine. Leur part est de 8 % dans les villes de plus de 200 000 habitants et de 16 % en agglomération parisienne. Neuf immigrés sur 10 habitent dans une commune urbaine, dont la moitié dans sa banlieue. C'est le cas de 77 % de l'ensemble de la population dont 46 % en banlieue.

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Les ménages immigrés

En 1999, les ménages immigrés, c'est-à-dire ceux dont la personne de référence ou sa conjointe est immigrée, sont au nombre de 2,6 millions soit 11 % de l'ensemble des ménages. 70 % de ces ménages sont formés d'une famille principale qui est un couple, contre 59 % de l'ensemble des ménages. Les familles principales monoparentales sont à peine moins fréquentes que dans l'ensemble des ménages (respectivement 7,7 % et 8 %). Les immigrés vivent moins souvent seuls que l'ensemble de la population : 20 % des ménages immigrés sont composés d'une seule personne, c'est le cas de 31 % de l'ensemble des ménages (graphique 5).

Graphique 5 : Les différents types de ménages en 1999

Graphique 5 : Les différents types de ménages en 1999

Source : Insee, recensement de la population 1999

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La taille moyenne des ménages d'immigrés est supérieure à celle de l'ensemble des ménages (respectivement 3 et 2,4 personnes). Celle des ménages originaires de l'Union européenne est voisine de celle des ménages de la France, avec une exception cependant pour les ressortissants du Portugal. Les ménages dont la personne de référence ou sa conjointe est originaire d'un pays d'Afrique ou d'Asie sont en moyenne plus nombreux (graphique 6).

Graphique 6 : Taille des ménages immigrés selon le pays de naissance de la personne de référence ou de sa conjointe

Graphique 6 : Taille des ménages immigrés selon le pays de naissance de la personne de référence ou de sa conjointe

(1) : Pays d'Afrique, hors Maghreb, anciennement sous administration française

Source : Insee, recensement de la population 1999

La taille des familles est en relation directe avec le nombre d'enfants qu'elles comprennent. Le nombre moyen d'enfants est de 1,1 pour l'ensemble des familles et de 1,5 pour les familles d'immigrés (graphique 7). Il est faible pour les ménages relevant de vagues anciennes d'immigration, comme l'Italie ou l'Espagne. L'âge moyen des immigrés natifs de ces deux pays est particulièrement élevé : 62,4 ans en moyenne pour les immigrés originaires d'Italie, 58,9 ans pour ceux nés en Espagne. A l'opposé, les familles originaires du Maroc, des pays de l'Afrique subsaharienne anciennement sous administration française et de Turquie ont un nombre d'enfants plus élevé que la moyenne. L'âge moyen des immigrés originaires de ces pays est proche de 40 ans ou en dessous (respectivement 40,2 ans, 35,2 ans et 36,3 ans).

Graphique 7 : Nombre moyen d'enfants des familles immigrées selon le pays de naissance du parent immigré

Graphique 7 : Nombre moyen d'enfants des familles immigrées selon le pays de naissance du parent immigré

(1) : Pays d'Afrique, hors Maghreb, anciennement sous administration française

Source : Insee, recensement de la population 1999

Près de trois immigrés sur quatre vivant hors ménage sont des hommes

190 000 immigrés ne vivent pas dans un ménage, soit 4,4 % de la population immigrée contre 2,2 % pour l'ensemble de la population. C'est une population majoritairement masculine (74 % d'hommes). 162 000 immigrés vivent dans une collectivité, dont près de la moitié, 80 000, dans des foyers pour travailleurs. En 1990, ils étaient 171 000 à vivre en collectivité. Depuis le dernier recensement, le nombre d'immigrés vivant dans un foyer pour travailleurs a baissé de 20 %, passant de 99 600 à 80 300, tandis que le nombre d'immigrés résidant dans une maison de retraite augmentait de 26 %, passant de 18 100 à 22 700.

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La population active immigrée

En 1999, le nombre d'actifs immigrés résidant en France métropolitaine s'élève à 2 294 000 (dont 35 % ayant acquis la nationalité française), soit 8,6 % de l'ensemble des actifs. Ils étaient 2 137 000 en 1990 (8,4 % des actifs). La population immigrée compte autant d'hommes que de femmes, mais les femmes sont minoritaires parmi les actifs immigrés (41 %). Leur part s'est cependant accrue depuis 1990, où elle n'était que de 36 %. L'augmentation du nombre d'immigrés actifs depuis 1990, + 157 000 en 9 ans, est due à la progression du nombre de femmes actives, qui a crû de 197 000 depuis 1990, tandis que le nombre d'hommes actifs diminuait. Ainsi en 1999, la part des immigrées dans la population des femmes actives s'établit à 7,7 % contre 6,7 % en 1990. La part des hommes immigrés est de 9,5 % en 1999, légèrement inférieure à son niveau de 1990 (9,8 %). Parmi ces 2 294 000 immigrés actifs, 1 790 000 ont un emploi et 504 000 se sont déclarés au chômage.

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Forte progression du taux d'activité des femmes immigrées

Le taux d'activité des immigrés, hommes et femmes, âgés de 15 à 64 ans est très proche de celui de l'ensemble de la population : 68 % contre 69 %.

Les femmes immigrées âgées de 15 à 64 ans ont un taux d'activité plus faible que celui de l'ensemble des femmes : 57,1 % contre 63,1 %. Cependant l'écart s'est fortement réduit depuis 1982 : 41 % des femmes immigrées se portaient alors sur le marché du travail contre 54 % de l'ensemble des femmes. La forte progression du nombre de femmes immigrées actives a plusieurs explications. Elle est le fait d'un changement de comportement : sur 100 femmes nées entre 1959 et 1969, 56 étaient actives en 1990 contre 68 en 1999. Cette augmentation du taux d'activité des femmes est aussi due à l'arrivée sur le marché du travail des jeunes générations plus souvent actives que leurs aînées.

Le comportement des immigrées se différencie très nettement en fonction de leur pays de naissance (graphique 8). Les femmes nées au Portugal et celles nées en Asie du Sud-est (Cambodge, Laos, Viet Nam) ont un taux d'activité supérieur ou proche de celui de l'ensemble des femmes. Jusqu'à 45 ans, le taux d'activité des femmes nées dans un pays d'Afrique subsaharienne anciennement sous administration française (Côte-d'Ivoire, Gabon, Mali, etc.) est inférieur au taux d'activité de l'ensemble des femmes ; il s'en écarte assez peu ensuite. En revanche, le taux d'activité des femmes nées en Algérie ne dépasse jamais 70 % et décroît à mesure que l'âge des femmes s'élève. Les femmes natives de Turquie sont beaucoup moins présentes sur le marché du travail : leur taux d'activité atteint son maximum (50 %) entre 20 et 26 ans et décline ensuite.

Graphique 8 : Taux d'activité des femmes selon l'âge et l'origine géographique (en %)

Graphique 8 : Taux d'activité des femmes selon l'âge et l'origine géographique (en %)

Source : Insee, recensement de la population 1999

Le taux d'activité des hommes immigrés (78,6 %) est supérieur à celui de l'ensemble des hommes (74,9 %). Il est un peu plus faible chez les jeunes de moins de 35 ans en raison de la forte présence d'étrangers venus en France faire leurs études. Aux âges de pleine activité, le taux d'activité des hommes immigrés est très voisin de celui de l'ensemble des hommes (graphique 9) et, parmi les immigrés, qu'ils soient étrangers ou qu'ils aient acquis la nationalité française. Au-delà de 55 ans, il devient supérieur à celui de l'ensemble de la population, peut-être parce qu'une fraction des immigrés quitte la France une fois en retraite.

Graphique 9 : Taux d'activité des hommes selon l'âge (en %)

Graphique 9 : Taux d'activité des hommes selon l'âge (en %)

Source : Insee, recensement de la population 1999

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Les immigrés plus affectés par le chômage que les autres actifs

En 1999, les chômeurs immigrés, au nombre de 500 000, constituent 15 % des chômeurs alors que les immigrés ne représentent que 8,6 % de la population active. Cette sur-représentation est due en partie à la structure de leur qualification, moins élevée en moyenne. Autrement dit, le taux de chômage des immigrés est très supérieur à la moyenne : il atteint 22 % de la population active immigrée, soit 9 points de plus que le taux de chômage moyen (13 % de l'ensemble des actifs, au sens du recensement). Les femmes immigrées, comme les autres, sont plus touchées par le chômage que les hommes : le taux de chômage des femmes immigrées s'établit à 25 %, celui des hommes à 20 %. Depuis 1990, le nombre de chômeurs immigrés a augmenté de 120 000, soit d'un tiers, alors que la population active immigrée a augmenté de moins de 8 % sur la même période, et que le nombre total des chômeurs s'est accru de 18 %. Le taux de chômage des immigrés a augmenté, passant de 18 % à 22 % (graphique 10). Une part importante des immigrés arrivés sur le marché du travail est venue gonfler les effectifs des chômeurs.

Graphique 10 : Taux de chômage (en %) de 1982 à 1999

Graphique 10 : Taux de chômage (en %) de 1982 à 1999

Source : Insee, recensements de la population 1982, 1990 et 1999

Les immigrés qui ont pris la nationalité française sont moins affectés par le chômage, 15 % des hommes et 21 % des femmes immigrés devenus français, contre 22 % des hommes et 28 % des femmes immigrés de nationalité étrangère. Ces taux restent très supérieurs à la moyenne, quelle que soit la nationalité.

Le chômage affecte principalement les ouvriers et les employés immigrés. Le taux de chômage atteint 22 % pour les immigrés employés et 24 % pour ceux qui sont ouvriers ; ces taux sont de 15 % et 16 % pour l'ensemble des employés et ouvriers.

Le diplôme et le niveau d'études protègent peu les immigrés du chômage. Le taux de chômage des immigrés ayant suivi des études supérieures est en moyenne de 16 %, contre 8 % pour l'ensemble des actifs du même niveau. A niveau d'études égal, l'écart entre le taux de chômage moyen des immigrés et celui de l'ensemble des actifs est toujours supérieur à 8 points. Cependant, avant 40 ans, les immigrés actifs sortis de l'école primaire (un quart des immigrés actifs) ont un taux de chômage très proche de celui de l'ensemble des actifs de même niveau, autour de 30 %, l'écart se creusant après cet âge. Pour tous les autres niveaux d'études (collège, lycée, études supérieures), l'écart reste le même quel que soit l'âge.

Les immigrés actifs nés dans un pays de l'Union européenne sont beaucoup moins exposés au chômage que les autres. Le taux de chômage des immigrés nés en Espagne, en Italie et au Portugal est inférieur d'un peu moins de deux points à la moyenne nationale. Le chômage frappe plus durement les immigrés nés en Asie du Sud-est (20 % des immigrés actifs) et surtout les immigrés actifs nés en Afrique ou en Turquie, dont près du tiers sont sans emploi.

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Des emplois temporaires

Les immigrés occupent un peu plus souvent que l'ensemble des salariés un emploi temporaire (CDD et emploi intérimaire). Hors fonction publique, un emploi temporaire sur dix est pourvu par un immigré, alors que la part des immigrés dans la population active salariée (toujours hors fonction publique) est de 9 %. Cette fragilité sur le marché du travail des salariés immigrés touche un peu plus les hommes que les femmes.

Selon leur pays de naissance, les immigrés sont plus ou moins exposés à la précarité sur le marché du travail. Globalement, 15 % de l'ensemble des immigrés salariés (hors fonction publique) disposent d'un emploi temporaire. Cette proportion est supérieure à 18 % parmi les salariés (hors fonction publique) nés en Algérie, au Maroc ou en Afrique anciennement sous administration française. Elle atteint 21 % chez les natifs de Turquie. A l'inverse, la part des emplois temporaires parmi les salariés (hors fonction publique) nés en Asie du Sud-est est très proche de la moyenne. Elle est inférieure (10 %) chez les natifs du Portugal.

La situation sur le marché du travail des jeunes salariés immigrés est particulièrement fragile. Les contrats temporaires représentent le quart des emplois salariés (hors fonction publique) occupés par les immigrés âgés de 20 à 29 ans. Cependant, cette situation diffère peu de l'ensemble des jeunes salariés du même âge, dont le quart est également employé temporairement.

Les travailleurs immigrés sont également plus souvent employés à temps partiel. C'est surtout le cas pour les femmes qui sont relativement plus nombreuses à occuper des emplois à temps partiel que l'ensemble des femmes actives ayant un emploi (37 % contre 31 %). De plus, ces emplois sont le plus souvent d'une durée inférieure à celle des emplois occupés par les autres femmes.

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Deux immigrés actifs sur trois sont ouvriers ou employés

Les immigrés occupent principalement des emplois d'ouvriers ou d'employés : c'est le cas pour 66,5 % d'entre eux contre 56 % de l'ensemble de la population. Les immigrés sont plus souvent ouvriers : 53 % des hommes et 20 % des femmes appartiennent à cette catégorie, contre 40 % des hommes actifs et 12 % des femmes actives. L'écart est plus marqué pour les ouvriers non qualifiés : 18 % d'immigrés occupent ces emplois, 11 % de l'ensemble des actifs. En revanche, les immigrés sont un peu moins fréquemment employés (27 %) que l'ensemble de la population. Ceci est dû à la forte proportion d'emplois de ce type dans la fonction publique, emplois fermés pour les immigrés n'ayant pas acquis la nationalité française. Au sein de cette catégorie, les immigrés ont plus souvent (11,5 %) un emploi de service direct aux particuliers (services personnels et domestiques, hôtels et restaurants) que l'ensemble des actifs (6,2 %). La moitié des femmes immigrées ont cette profession. Au total, 30 % des immigrés occupent un emploi non qualifié d'ouvriers ou d'employés, c'est le cas de 17 % de l'ensemble de la population.

De façon générale, le type d'activité occupé par les immigrés diffère beaucoup selon leur pays de naissance.

La répartition par catégorie socioprofessionnelle des immigrés arrivés depuis 1990 est semblable à celle de l'ensemble des immigrés. Les seuls écarts se situent aux extrêmes de l'échelle sociale : 7 % des nouveaux arrivés sont au chômage sans avoir jamais travaillé (3 % pour l'ensemble des immigrés) et 15 % appartiennent à la catégorie « cadres et professions intellectuelles ». Ce taux relativement élevé de cadres est dû à la présence d'immigrés venant des pays de l'Union européenne (sauf Espagne, Italie, Portugal) qui sont cadres à 30 %. Ces immigrés représentent 16 % des nouveaux arrivants, alors qu'ils ne forment que 8 % de l'ensemble des actifs immigrés.

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Les immigrés sont très présents dans les secteurs de la construction et des services aux particuliers

En moyenne, les immigrés représentent 8 % de la population active ayant un emploi. La présence de travailleurs immigrés est cependant plus forte dans certains secteurs comme la construction et les services aux particuliers (services personnels et domestiques, hôtels et restaurants), qui emploient chacun environ 15 % d'immigrés, ainsi que dans l'industrie automobile et les services aux entreprises qui en emploient chacun 10 %. Elle est faible dans les secteurs de l'énergie et des activités financières, où travaillent 4 % d'immigrés.

L'industrie et la construction rassemblent un quart des actifs ayant un emploi, mais près du tiers des actifs immigrés ayant un emploi. Ceux-ci sont moins fréquemment employés dans le secteur tertiaire, où travaillent près des trois quarts de la population active occupée et un peu plus de deux actifs occupés immigrés sur trois.

Les hommes et femmes n'ont pas la même place dans la division du travail : cela est vrai également pour les immigrés. Les hommes sont plus fréquemment employés dans la construction (un homme immigré sur cinq y travaille, mais presque aucune femme) et sont moins nombreux dans le secteur tertiaire. Les femmes immigrées y sont très majoritairement employées puisque 86 % d'entre elles y exercent (contre 57 % des hommes). Plus précisément, les femmes immigrées occupent plus souvent des emplois de service aux particuliers que l'ensemble des actives ; c'est le cas pour une femme immigrée sur cinq, mais pour une active sur dix seulement.

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N° 121 Société - février 2011

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