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Marché du travail - Séries longues - Mise à jour 2011

Avertissement

Les séries longues sur le marché du travail regroupent des données historiques sur la population active, l'emploi et le chômage en France métropolitaine, ainsi que sur les caractéristiques des personnes dans ces situations. Les données les plus anciennes remontent à 1955.

Comprendre les sources pour bien utiliser les séries

Ces séries proviennent de sources statistiques très diverses : enquête Emploi, sources administratives, recensement, synthèses de sources... Elles portent sur des périodes, des temporalités et des concepts différents. Leur usage réclame donc une certaine précaution, afin de bien comprendre la signification et le cadre d'utilisation habituel de chacune. Ce cadre d'usage est expliqué et résumé, avant chaque groupe de tableaux de données détaillées.

Deux sources principales permettent le suivi de séries sur le marché du travail sur longue période :

  • l'enquête Emploi, annuelle jusqu'en 2002, puis en continu à partir de 2003, est la référence pour le statut d'activité « au sens du Bureau International du Travail ». Elle permet de suivre l'évolution de l'activité, de l'emploi et du chômage selon de très nombreuses caractéristiques des salariés : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, diplôme, type de contrat, etc. C'est également la source de référence pour les comparaisons internationales.
  • une source de synthèse, les estimations d'emploi, est la référence pour le suivi conjoncturel de l'emploi. Ces estimations d'emploi sont utilisées, notamment, dans les « notes de conjoncture » de l'Insee, et alimentent par ailleurs la comptabilité nationale. Elles permettent de décliner l'emploi au niveau local (région et département) et de le ventiler à un niveau sectoriel fin. Ces estimations sont obtenues par synthèse de plusieurs sources statistiques, principalement des sources administratives (DADS, Siasp, MSA et Acoss).

L'Insee a effectué plusieurs changements méthodologiques sur l'enquête Emploi à l'automne 2007. Ces changements ont été pris en compte dans cet Insee Résultats. Les résultats peuvent donc différer de ceux d'autres publications concernant l'enquête Emploi, publiées avant l'automne 2007.


Des séries corrigées pour assurer une homogénéité dans le temps

Au cours du temps, les sources statistiques ont évolué, à la fois en ce qui concerne leurs champs, leurs méthodes, leurs concepts. La comparabilité de deux mesures tirées d'une « même » source à plusieurs années d'intervalle n'est pas forcément assurée. Le questionnaire et la méthodologie de l'enquête Emploi ont par exemple changé à chaque année de recensement (1975, 1982, 1990) et en 2003, au moment du passage à une enquête en continu. Les estimations d'emploi ont également évolué au cours du temps. Avant 2009, elles étaient calées sur les recensements de la population. Depuis septembre 2009, elles sont issues du dispositif d'estimations d'emploi localisées.

Le suivi des séries sur longue période nécessite donc un travail de reconstruction, afin d'avoir des mesures comparables. Un tel travail de correction est effectué dans cet Insee Résultats. Cependant, il convient de garder en mémoire le fait que des corrections, appliquées a posteriori, sont toujours basées sur des hypothèses et des choix. Elles peuvent constituer un facteur de fragilité du suivi des séries sur longue période.

Ces corrections (changements de concept et ruptures de séries) sont expliquées en détail dans la partie « méthodologie » de cet Insee Résultats. Elles incluent, notamment, une correction systématique de la rupture de série en 2003 dans l'enquête Emploi, liée au passage d'une enquête annuelle à une enquête en continu.

Où trouver les données les plus récentes ?

Enfin, les séries sur le marché du travail sont par nature vouées à être fréquemment révisées pour ce qui concerne la période la plus proche, au fur et à mesure que de nouvelles données sont disponibles. Une mise à jour en continu n'est pas possible dans le cadre d'une publication telle que « Insee Résultats ». Néanmoins, des liens vers les données les plus récentes ont systématiquement été ajoutés à côté des tableaux de données. L'utilisateur soucieux de données « fraîches » sur la période récente saura y avoir recours.

Sommaire

Publication

6 millions d'emplois créés en un peu plus de 50 ans

Fin 1955, la France métropolitaine comptait 20,4 millions d'emplois (figure 1). Fin 2008, elle en comptait 26,3 millions, soit près de 6 millions d'emplois créés en 53 ans. Cette hausse traduit en premier lieu la progression de la population en âge de travailler.

Sur cette tendance générale à la hausse se superpose l'effet des cycles conjoncturels. Ainsi, les périodes de fortes créations d'emplois (deuxième moitié des années 1960 et début des années 1970, deuxième moitié des années 1980, deuxième moitié des années 1990 et début des années 2000) alternent avec des périodes de stagnation, voire de diminution du niveau global d'emploi (fin des années 1970 et première moitié des années 1980, première moitié des années 1990 et plus récemment, 2008).

La hausse tendancielle de l'emploi est confirmée par les deux principales sources de suivi de l'emploi en France métropolitaine : les estimations d'emploi [issues de sources administratives et des Estimations d'emploi localisées (Estel) depuis septembre 2009] et l'enquête Emploi. Ces deux sources brossent cependant un tableau légèrement différent, avec une hausse de l'emploi un peu moins forte sur les 30 dernières années (1975-2008) dans l'enquête Emploi que dans les estimations d'emploi. Il faut en outre noter que l'enquête Emploi donne une évaluation de l'emploi en moyenne annuelle alors que les estimations d'emploi portent sur l'emploi en fin d'année. Ainsi, alors que les premiers impacts de la crise économique sur l'emploi apparaissent en 2008, l'emploi selon l'enquête Emploi augmente entre 2007 et 2008 en moyenne annuelle alors qu'il baisse selon les estimations d'emploi entre la fin 2007 et la fin 2008.

Ces écarts illustrent un fait important, qu'il faut garder en mémoire pour bien analyser les séries sur le marché du travail : l'emploi est une réalité complexe, et des sources statistiques différentes correspondant à des concepts (c'est-à-dire des définitions) différents de l'emploi peuvent aboutir à des messages légèrement différents. En l'occurrence, l'enquête Emploi correspond au concept d'emploi « au sens du Bureau International du Travail » (BIT) : est comptée comme ayant un emploi une personne déclarant avoir travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours d'une semaine de référence. Avec le nouveau dispositif Estel, les estimations d'emploi, correspondent à un concept dit « BIT répertorié » : est comptée comme ayant un emploi une personne dont l'employeur a déclaré au moins une heure travaillée pendant la dernière semaine de l'année. Par ailleurs, l'enquête Emploi se limite au champ des ménages alors que les estimations d'emploi intègrent également les personnes vivant dans des habitations mobiles ou résidant en collectivité.

Figure 1 : Emploi total en France métropolitaine

Emploi total en France métropolitaine

Champ : France métropolitaine.

Source : Insee, estimations d'emploi au 31 décembre (sources administratives) et enquête Emploi en moyenne annuelle, corrigée de la rupture de série en 2003.

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30 ans de transformation de l'emploi : un emploi plus féminin, salarié et tertiaire

La croissance de l'emploi sur les trente dernières années s'est accompagnée de changements profonds. En 1970, l'emploi était principalement masculin (65 %). L'industrie (26 %), l'agriculture (12 %) et la construction (9 %) représentaient à eux trois la moitié des emplois, et plus d'une personne sur cinq ayant un emploi exerçait une activité non salariée (21 %). En 2008, l'emploi est essentiellement salarié (91 %), tertiaire (77 %) et s'approche de la parité (48 % de femmes).

Une autre évolution marquante concerne les types d'emploi, avec une tendance générale à la hausse de ce que l'on nomme communément les « formes particulières d'emploi » : contrats à durée déterminée (CDD), intérim, contrats aidés1 et apprentissage.

De 1982 à 2010, la part de ces formes d'emploi a plus que doublé, passant de 5 % à 11 % de l'emploi total (figure 2) mais reste minoritaire. En revanche, chez les jeunes, la part de ces formes particulières d'emploi a augmenté tout au long des années 1980 et 1990 avant de se généraliser puisqu'elles représentent, en 2010, près de la moitié des emplois, contre un sur cinq en 1982 (figure 3).

Figure 2 : Développement des formes particulières d'emploi tous âges confondus

Développement des formes particulières d'emploi tous âges confondus

Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans et plus.

Source : Insee, enquête Emploi corrigée de la rupture de série en 2003.

Figure 3 : Développement des formes particulières d'emploi chez les jeunes de 15 à 24 ans

Développement des formes particulières d'emploi chez les jeunes de 15 à 24 ans

Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans à 24 ans.

Source : Insee, enquête Emploi corrigée de la rupture de série en 2003.

Indépendamment de la tendance structurelle à la hausse entre 1991 et 2000, le recours aux formes particulières d'emploi est sensible aux variations de la conjoncture. Et la situation est différente selon les types de contrat. L'intérim et les CDD ont ainsi eu une croissance forte lors des phases de conjoncture « haute », et ont été en léger repli lors des phases de conjoncture « basse » (début des années 1990 et début des années 2000).

Ce caractère pro-cyclique s'explique par le fait qu'il s'agit de formes d'emploi plus flexibles auxquelles les employeurs recourent pour s'ajuster aux variations de la demande. De ce fait, ce sont les premières touchées par les réductions d'effectifs lorsque cette demande diminue.

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La participation au marché du travail est maximale entre 25 et 50 ans

La croissance de l'emploi traduit avant tout celle de la population en âge de travailler. Cependant, derrière les phénomènes démographiques, les fortes évolutions des comportements d'activité contribuent également à modeler les variations de l'emploi. Ces comportements, qui traduisent la participation ou non des individus au marché du travail, ont évolué de manière très différente selon le sexe et l'âge.

Si les taux d'activité sont restés très élevés (de l'ordre de 96 % de la population) parmi les hommes d'âge moyen, ils ont fortement diminué aux deux extrêmes de la vie active, notamment chez les moins de 25 ans et chez les hommes de 50 ans et plus (figure 4). Cette baisse des taux d'activité, déjà engagée au début des années 1970, ne s'est arrêtée qu'au début des années 1990 pour les jeunes. Pour les seniors, elle s'explique en partie par des changements dans la structure des emplois, par exemple par la disparition de certains métiers d'artisanat ou d'agriculture dans lesquels on cessait traditionnellement son activité à un âge avancé. Mais elle est surtout la conséquence de la mise en place de dispositifs favorisant le retrait des seniors du marché du travail. Pour les jeunes, elle résulte de la forte augmentation des taux de scolarisation.

Figure 4 : Taux d'activité des hommes au sens du BIT

Taux d'activité des hommes au sens du BIT

Champ : France métropolitaine, population des ménages, hommes de 15 ans et plus.

Source : Insee, enquête Emploi corrigée de la rupture de série en 2003.

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Chez les femmes, la diminution des taux d'activité aux âges extrêmes est contrebalancée par la hausse tendancielle, de génération en génération, de l'activité féminine. Chez les 25-49 ans, le taux d'activité passe ainsi de 59 % en 1975 à 84 % de la population féminine en 2010. Chez les plus de 50 ans, l'augmentation de la participation féminine au marché du travail compense la baisse tendancielle de l'activité des seniors, d'où une baisse du taux d'activité qui reste très faible entre 1975 et le début des années 1990. Chez les jeunes femmes (moins de 25 ans), la participation au marché du travail a diminué d'un tiers entre 1975 et 2010 (figure 5).

Figure 5 : Taux d'activité des femmes au sens du BIT

Taux d'activité des femmes au sens du BIT

Champ : France métropolitaine, population des ménages, femmes de 15 ans et plus.

Source : Insee, enquête Emploi corrigée de la rupture de série en 2003.

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Un chômage qui reste élevé

Les variations de l'emploi et de la population active se traduisent, par solde, par des variations du chômage (figure 6). Après une montée continue au cours des années 1970 et au début des années 1980, le taux de chômage en France métropolitaine est resté, pendant les 25 dernières années, à un niveau élevé, entre 8 et 10 % de la population active. Son profil suit celui des cycles conjoncturels, avec des baisses qui peuvent atteindre plusieurs points de taux de chômage en période de conjoncture haute (− 1,2 point entre 1987 et 1990, − 3 points entre 1997 et 2001 et − 1,4 point entre 2006 et 2008) et des augmentations en période de conjoncture basse (+ 2,8 entre 1990 et 1994 et + 2 points entre 2008 et 2010).

Figure 6 : Taux de chômage et de sous-emploi au sens du BIT en moyenne annuelle

Taux de chômage et de sous-emploi au sens du BIT en moyenne annuelle

Note : à compter du premier trimestre 2008, la formulation de la question sur le souhait de travailler plus d'heures utilisée pour le calcul du sous-emploi a été modifiée pour se rapprocher du concept BIT. D'une part, le souhait d'effectuer un plus grand nombre d'heures est désormais exprimé, comme pour la mesure du chômage BIT, pour une semaine donnée et non plus à un horizon indéterminé. Cette modification rend impossible les comparaisons avec les niveaux précédents. D'autre part, ne sont plus comptées dans le sous-emploi les personnes à temps partiel souhaitant travailler plus d'heures, recherchant un emploi mais n'étant pas disponibles.

Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans et plus.

Source : Insee, enquête Emploi corrigée de la rupture de série en 2003.

Le taux de sous-emploi a également un profil qui suit essentiellement les évolutions conjoncturelles. Ce taux représente la part dans l'emploi des personnes qui ont involontairement travaillé moins que ce qu'elles auraient souhaité : soit parce qu'elles exercent un temps partiel alors qu'elles souhaiteraient travailler plus (dans leur emploi actuel ou dans un autre emploi), soit parce qu'elles travaillent d'ordinaire à temps complet, mais qu'elles ont transitoirement travaillé moins que ce temps complet pour une raison externe (chômage technique...) En 2010, le sous-emploi concerne environ 5,9 % des personnes ayant un emploi, soit plus d'un million et demi de personnes. Comme le taux de chômage, le taux de sous-emploi est un indicateur de l'inadéquation entre l'offre et la demande de travail : ces deux taux suivent des évolutions comparables depuis le début des années 1990.

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1. Capter le statut des emplois par l'intermédiaire d'une enquête est délicat car les individus interrogés ne connaissent pas toujours avec suffisamment de précision leur contrat de travail. Ainsi les contrats aidés sont mal renseignés dans l'enquête Emploi ce qui ne permet pas de les isoler dans les formes particulières d'emploi. Ils se retrouvent confondus avec les CDD.

N° 127 Société - février 2012

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