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Marché du travail - Séries longues - Mise à jour 2013

Résumé

Tout en suivant les cycles économiques, le marché du travail en France métropolitaine a généré depuis 1955 la création de plus de 6 millions d'emplois.

Depuis un demi-siècle, le marché de l'emploi a également connu de profondes mutations : féminisation, tertiairisation, salarisation, diversification des formes d'emploi, baisse des taux d'activité des jeunes et des seniors,...

Les taux de chômage et de sous-emploi ont connu durant les dernières décennies deux tendances distinctes sur le long terme : le chômage a régulièrement progressé dans les années 1970 et 1980, puis s'est maintenu à un niveau élevé durant les vingt-cinq dernières années au gré des cycles conjoncturels.

Sommaire

Publication

6 millions d'emplois créés en plus de 55 ans

Fin 1955, on comptait 20,4 millions d'emplois en France métropolitaine (figure 1). Fin 2012, on en dénombrait 26,3 millions, soit près de 6 millions d'emplois créés en plus de 55 ans. Cette hausse est due en premier lieu à la forte progression de la population en âge de travailler.

Cette tendance générale à la hausse (encadré) a été rythmée par l'effet des cycles conjoncturels. Ainsi, les périodes de fortes créations d'emplois (deuxième moitié des années 1960 et début des années 1970, deuxième moitié des années 1980, deuxième moitié des années 1990 et début des années 2000) alternent avec des phases de stagnation, voire de diminution du niveau global d'emploi (fin des années 1970 et première moitié des années 1980, première moitié des années 1990 et plus récemment, 2008-2009).

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30 ans de transformation de l'emploi : un emploi plus féminin, salarié et tertiaire

La croissance de l'emploi sur les trente dernières années s'est accompagnée de changements structurels importants. En 1970, l'emploi était principalement masculin (65 %). L'industrie (26 %), l'agriculture (12 %) et la construction (9 %) représentaient près de la moitié des emplois, et plus d'une personne sur cinq ayant un emploi exerçait une activité non salariée (21 %). En 2012, l'emploi est essentiellement salarié (91 %), tertiaire (78 %) et proche de la parité (48 % de femmes).

Une autre évolution marquante concerne les types d'emploi, avec une tendance générale à la hausse des « formes particulières d'emploi »  : contrats à durée déterminée (CDD), intérim, contrats aidés1 et apprentissage.

De 1982 à 2012, la part des formes particulières d'emploi a plus que doublé, passant de 5 % à 12 % de l'emploi total (figure 2) mais reste minoritaire. En revanche, chez les plus jeunes, cette part a augmenté tout au long des années 1980 et 1990 avant de se généraliser : en 2012, chez les 15-24 ans, près de la moitié des emplois occupés sont des formes particulières d'emploi, contre un emploi sur six en 1982 (figure 3).

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La participation au marché du travail est maximale entre 25 et 50 ans

La croissance de l'emploi traduit avant tout celle de la population en âge de travailler. Cependant, outre les phénomènes démographiques, les fortes évolutions des comportements d'activité contribuent également à modeler les variations de l'emploi. Ces comportements, qui traduisent la participation ou non des individus au marché du travail, ont évolué de manière très différente selon le sexe et l'âge.

Si les taux d'activité sont restés très élevés (de l'ordre de 94 % de la population) parmi les hommes d'âge moyen, ils ont fortement diminué aux deux extrêmes de la vie active, notamment chez les moins de 25 ans et chez les hommes de 50 ans ou plus (figure 4). Cette baisse des taux d'activité, déjà engagée au début des années 1970, ne s'est arrêtée qu'au début des années 1990 pour les seniors et à la fin de ces années 1990 pour les jeunes. Pour les seniors, elle est due en partie aux changements dans la structure des emplois, notamment après la disparition de certains métiers de l'artisanat ou de l'agriculture, secteurs où traditionnellement on cessait son activité à un âge avancé, mais surtout à la mise en place de dispositifs favorisant le retrait des seniors du marché du travail. Pour les jeunes, elle résulte de la forte augmentation de la scolarisation. Depuis 1995, le taux d'activité des seniors est en hausse avec les allongements de carrières et les reculs successifs d'âge de départ en retraite.

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Chez les femmes, la diminution des taux d'activité aux âges extrêmes est contrebalancée par la hausse tendancielle, de génération en génération, de l'activité féminine. Chez les femmes âgées de 25 à 49 ans, le taux d'activité passe ainsi de 59 % en 1975 à 84 % en 2012. Chez les plus de 50 ans, l'augmentation de la participation féminine au marché du travail compense la baisse tendancielle de l'activité des seniors, d'où un très faible recul du taux d'activité entre 1975 et le début des années 1990. Chez les jeunes femmes (moins de 25 ans), la participation au marché du travail a diminué d'un tiers entre 1975 et 2012 (figure 5).

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Le chômage reste élevé

Les variations du chômage découlent de celles de l'emploi et de la population active (figure 6). Après une progression continue au cours des années 1970 et au début des années 1980, le taux de chômage en France métropolitaine s'est maintenu à un niveau élevé pendant les 25 dernières années, le plus souvent entre 8 % et 10 % de la population active. Le profil du chômage suit ainsi celui des cycles conjoncturels, avec des baisses de plusieurs points du taux de chômage en période de conjoncture haute (−1,2 point entre 1987 et 1990, −3 points entre 1997 et 2001 et −1,4 point entre 2006 et 2008) et des augmentations en période de conjoncture basse (+2,8 points entre 1990 et 1994, +2,4 points entre 2008 et 2012).

Le taux de sous-emploi suit également les évolutions conjoncturelles. Ce taux représente la part dans l'emploi des personnes qui ont involontairement travaillé moins que ce qu'elles auraient souhaité, soit parce qu'elles exercent un temps partiel alors qu'elles souhaiteraient travailler plus (dans leur emploi actuel ou dans un autre emploi), soit parce qu'elles travaillent d'ordinaire à temps complet mais qu'elles ont transitoirement travaillé moins que ce temps complet pour une raison externe (chômage technique...). En 2012, le sous-emploi concerne environ 5,3 % des personnes ayant un emploi (1 300 000 personnes). Comme le taux de chômage, le taux de sous-emploi est un indicateur de l'inadéquation entre l'offre et la demande de travail : tous deux suivent des évolutions comparables depuis le début des années 1990.

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Encadré

La hausse tendancielle de l'emploi est confirmée par les deux principales sources de suivi de l'emploi en France métropolitaine : les estimations d'emploi [issues de sources administratives et synthétisées dans le dispositif des Estimations d'emploi localisées (Estel) depuis septembre 2009] et l'enquête Emploi. Ces deux sources divergent cependant légèrement : la hausse de l'emploi sur les 35 dernières années (1975-2012) est moins marquée dans l'enquête Emploi que dans les estimations d'emploi. En outre, dans l'enquête Emploi, l'emploi est évalué en moyenne annuelle alors que les estimations d'emploi portent sur l'emploi en fin d'année. Ainsi, alors que les premiers impacts de la crise économique sur l'emploi n'apparaissent qu'en 2009, selon l'enquête Emploi, l'emploi continuant d'augmenter entre 2007 et 2008 en moyenne annuelle, il diminue entre fin 2007 et fin 2008 selon les estimations d'emploi.

En outre, une partie des divergences entre les sources statistiques provient de différences de concepts ou de champs retenus pour la mesure. Ainsi, dans l'enquête Emploi la notion d'emploi est définie « au sens du Bureau International du Travail » (BIT) : est ainsi considérée en emploi toute personne déclarant avoir travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours d'une semaine de référence. Au sein du dispositif Estel, les estimations d'emploi correspondent à un concept dit « BIT répertorié » : selon cette source est considérée en emploi toute personne dont l'employeur a déclaré au moins une heure travaillée pendant la dernière semaine de l'année. Par ailleurs, l'enquête Emploi ne tient compte que des personnes vivant en ménage ordinaire alors que les estimations d'emploi intègrent également les personnes vivant dans des habitations mobiles ou résidant en collectivité.

Note

1. Déterminer le statut des emplois par l'intermédiaire d'une enquête est délicat car les individus interrogés ne connaissent pas toujours avec suffisamment de précision leur contrat de travail. Ainsi les contrats aidés sont mal renseignés dans l'enquête Emploi ce qui ne permet pas de les isoler dans les formes particulières d'emploi. Ils se retrouvent donc confondus avec les CDD.

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Marché du travail - Séries longues - Mise à jour 2013

N° 149 Société - décembre 2013

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