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Synthèse des résultats

Enquête Budget de famille 2011

Résumé

Les enquêtes « Budget de famille » (BdF) permettent de connaître le poids des grands postes de consommation dans le budget des ménages. Ce poids diffère fortement suivant les caractéristiques du ménage, notamment selon sa taille et son niveau de vie. Mais l'effet de ces caractéristiques n'est pas identique sur tous les postes de consommation.

Sommaire

Encadré

Publication

Les ménages les plus modestes dépensent davantage pour leur logement et les plus aisés pour les transports

Bien que les disparités selon le niveau de vie s'atténuent au fil des ans en métropole, les écarts restent encore importants entre les ménages les plus aisés et les plus modestes. De forts contrastes persistent pour les dépenses d'alimentation, de loisirs et culture. Cependant, ce sont surtout pour celles liées au transport et au logement que les écarts entre types de ménages sont les plus marqués.

Les dépenses de logement sont celles qui différencient le plus nettement les ménages les plus modestes des ménages les plus aisés. En 2011, pour les 20 % des ménages les plus modestes ces dépenses sont supérieures de 8,3 points à celles des 20 % les plus riches (graphique 1). Mais cet écart est dû en partie au fait que les plus modestes sont plus souvent locataires (60 % dans le 1er quintile contre 21 % dans le 5ème quintile).

Or, à la différence de la comptabilité nationale, l'enquête Budget de Famille considère uniquement les consommations effectivement observées chez les ménages et n'impute pas de dépenses de logement aux propriétaires de leur logement (encadré). Le poids des dépenses en logement dans une catégorie de ménages dépend donc de la proportion de propriétaires (accédants ou non) et de locataires dans cette catégorie.

Le logement constitue le premier poste de dépenses des ménages du 1er quintile de niveau de vie (les 20 % les plus modestes), devant l'alimentation. Pour les ménages du 5ème quintile (les 20 % les plus aisés), ce sont les transports qui représentent le premier poste de dépenses (18,3 % de leur budget). Viennent ensuite l'alimentation et les autres biens et services, devant le logement et les loisirs.

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Le poids des dépenses de logement diminue avec la taille du ménage

À niveau de consommation égal, le logement pèse moins quand la taille du ménage augmente. Il constitue ainsi un poste de dépenses très discriminant entre les différents types de ménages, plus lourd pour les personnes seules (22,8 % de leur consommation en 2011) et les familles monoparentales (19,1 %), que pour les couples avec enfants (12 %) (graphique 2). La part de locataires explique là encore une partie des écarts : ils sont 61 % parmi les familles monoparentales, 53 % parmi les personnes seules et 32 % parmi les couples avec enfants. Les écarts tiennent également aux économies d'échelle que le logement permet de réaliser : un couple de locataires dépense en moyenne moins de deux fois ce que dépense une personne seule. Enfin, à niveau de consommation donné, une personne seule effectue moins de dépenses alimentaires ou vestimentaires que ne le fait une famille ; elle peut dès lors consacrer une part plus importante de son budget à son logement.

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Entre 1979 et 2011, les écarts de structure de consommation entre groupes sociaux se sont déplacés de l'alimentation vers le logement

L'évolution des postes de consommation diffère selon les catégories de ménages. Pour l'alimentation, une convergence s'est opérée au cours des trente dernières années : en 1979, les 20 % des ménages les plus modestes consacraient 35 % de leur budget à l'alimentation et les 20 % les plus aisés 18 %, soit une différence de 17 points. En 2011, l'écart n'est plus que de 4 points (tableau 1). Le constat est identique lorsqu'on compare les structures de consommation des différentes catégories socioprofessionnelles : chez les ménages d'ouvriers, la part des dépenses alimentaires est supérieure de 3,8 points à celle des cadres et des professions intellectuelles supérieures, contre 11 points en 1979. La part des dépenses consacrées à l'alimentation ne peut plus être, comme auparavant, considérée comme un bon indicateur du niveau de vie d'un ménage.

À l'inverse, les disparités selon les groupes sociaux se sont accentuées pour les dépenses de logement (telles que mesurées dans l'enquête, c'est à dire hors loyers imputés) : en 2011, la part qu'y consacrent les cadres et professions intellectuelles supérieures est inférieure de 4 points à celle des ouvriers alors qu'elles étaient équivalentes en 1979.

Les dépenses de transports ont à l'inverse tendance à converger. Cependant, leur part est désormais moins importante dans le budget des cadres et professions intellectuelles supérieures que dans celui des ouvriers, alors que la situation était inversée en 1979.

Tableau 1 Évolution des écarts de structure de consommation entre groupes sociaux, de 1979 à 2011
En points de %
Ecart entre le 5e quintile (ménages aisés) et le 1er quintile (ménages modestes) de niveau de vie Ecart entre les cadres, professions intellectuelles supérieures et les ouvriers
1979 2011 1979 2011
Lecture : en 2011, la part moyenne des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées dans la consommation totale des ménages de cadres et des professions intellectuelles supérieures est inférieure de 3,8 points à celle des ménages d'ouvriers.
Champ : France Métropolitaine
Source : Insee, enquêtes Budget de famille 1979 et 2011.
Produits alimentaires et boissons non alcoolisées -16,9 -4,0 -11,1 -3,8
Santé -2,8 -0,2 -1,4 0,1
Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles (hors loyers fictifs) -1,5 -8,3 0,2 -4,1
Boissons alcoolisées et tabac -0,5 -1,1 -1,2 -1,8
Enseignement 0,0 -0,5 0,8 0,7
Communications 0,3 -1,8 0,8 -1,2
Articles d'habillement et chaussures 1,5 -0,2 1,2 0,2
Autres biens et services 2,1 1,1 1,3 0,6
Loisirs et culture 3,0 3,9 2,3 3,9
Meubles, articles de ménage et entretien courant de la maison 3,2 3,2 1,3 1,8
Restaurants et hôtels 5,2 3,4 3,5 4,6
Transports 6,3 4,5 2,3 -1,1

Les dépenses de transport pèsent toujours fortement sur les budgets et ce, quel que soit le revenu annuel dont dispose le ménage. Par contrainte ou par plaisir, l'achat de véhicule constitue la part la plus importante de ce poste pour les ménages de cadres, soit en moyenne 41 % du poste transports, comme pour les ménages d'ouvriers qui y consacrent 42 %. Toutefois, les frais d'utilisation représentent 33 % des dépenses de transport pour les cadres et culminent à 46 % pour les ouvriers.

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Encadré

Comptabilité nationale et enquêtes Budget de famille : deux sources complémentaires sur la consommation des ménages

Les niveaux de consommation estimés dans l'enquête BDF diffèrent de ceux de la comptabilité nationale.

Des différences de champ expliquent une partie des écarts entre les sources. Par construction, l'enquête BDF ne collecte que les dépenses des personnes résidant en France en ménage ordinaire (c'est-à-dire hors collectivités) tandis que la comptabilité nationale ne distingue pas la consommation des ménages ordinaires de celle des collectivités. De plus, l'enquête estime des dépenses réalisées à l'étranger lors de séjours touristiques mais ne comptabilise pas les dépenses effectuées en France par des touristes étrangers ; la comptabilité nationale ignore les dépenses des touristes français à l'étranger mais inclut celles des touristes étrangers en France.

Les différences entre les deux sources découlent également de différences de concept, et en particulier sur la consommation de logement. Comme le définit la comptabilité nationale, l'achat de logement ou les remboursements de prêts immobiliers sont considérés dans l'enquête comme de l'épargne et non comme une consommation de logement. Mais, l'enquête ne considère que les consommations effectivement observées chez les ménages, alors que la comptabilité nationale rehausse la consommation des ménages propriétaires de leur résidence principale d'un « loyer imputé », à hauteur du service de logement qu'ils se rendent à eux-mêmes.

Enfin, les différences entre les niveaux de dépenses estimés dans l'enquête Budget de famille et la comptabilité nationale découlent également d'une sous-estimation de la consommation dans l'enquête. Les coefficients budgétaires de l'enquête diffèrent également de ceux de la comptabilité nationale, mais d'une façon nettement moins marquée. Ainsi, c'est avant tout pour l'étude des différences de structure de consommation entre catégories de ménages qu'il convient d'utiliser l'enquête BDF.

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Enquête Budget de famille 2011

N° 158 Société - septembre 2014

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