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Neuf associations sur dix fonctionnent sans salarié

Lise Reynaert, Aurélien d'Isanto, division Enquêtes thématiques et études transversales, Insee

Résumé

La France compte 1,3 million d'associations actives en 2013. Elles interviennent principalement dans quatre domaines : le sport, les loisirs, la culture et la défense de causes, de droits ou d'intérêts.

Seulement 12 % des associations emploient des salariés, le plus souvent un ou deux. La majorité des salariés des associations se concentre dans l'action sociale, humanitaire ou caritative, l'hébergement social ou médico-social et la santé. Par ailleurs, du personnel mis à disposition par d'autres organismes concourt souvent à l'activité des associations employeuses de l'enseignement et de la formation. Au total, le travail salarié effectué dans les associations représenterait 7 % de celui réalisé dans l'ensemble de l'économie, en équivalent temps plein.

Les bénévoles interviennent dans l'ensemble des domaines d'activité et dans la quasi-totalité des associations, même employeuses. Le volume de travail qu'ils y consacrent correspondrait à 680 000 emplois en équivalent temps plein.

Évaluées au total à 104 milliards d'euros, les ressources financières sont très concentrées dans les associations employeuses, en particulier dans l'action sociale, humanitaire ou caritative, l'hébergement social ou médico-social, la santé et l'enseignement. Elles résultent essentiellement de recettes d'activité, d'origine privée ou publique.

Sommaire

Publication

Une association sur deux intervient dans le sport et les loisirs

En 2013, la France compte 1,3 million d'associations actives (sources ; figure 1 et figure 2). Près de la moitié d'entre elles interviennent principalement dans le domaine du sport (24 %) ou dans celui des loisirs (22 %). Viennent ensuite les associations culturelles (18 %), puis celles de défense de causes, de droits ou d'intérêts (17 %).

Figure 1 - Nombre d'associations en 2013 selon le domaine d'activité principal
Domaine d'activité principal Nombre d'associations Proportion d'associations employeuses* (en %)
* Ayant eu une masse salariale non nulle en 2013.
Lecture : en 2013, on compte 307 500 associations dont le domaine d'activité principal est le sport. Parmi ces associations sportives, 12 % emploient des salariés.
Champ : associations relevant de la loi 1901 et assimilées, ayant eu au moins un jour d'existence en 2013 en France.
Source : Insee, enquête Associations 2014.
Sports 307 500 12
Loisirs, divertissements, vie sociale 281 300 4
Culture, spectacles et activités artistiques 237 100 14
Défense de causes, de droits, d'intérêts 217 100 6
Gestion de services économiques et développement local 36 000 30
Enseignement, formation et recherche non médicale 78 200 27
Santé 42 800 14
Hébergement social ou médico-social 5 100 83
Action sociale, action humanitaire ou caritative 97 100 24
Ensemble 1 302 200 12

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Seules 12 % des associations emploient des salariés

L'essentiel des associations s'appuie uniquement sur des bénévoles pour mettre en œuvre leur action. Seules 12 % d'entre elles, soit 161 000, emploient des salariés (figure 1). Le recours au salariat est rare dans les loisirs et la défense de causes (autour de 5 % des associations y recourent) et plus élevé dans l'action sociale, humanitaire ou caritative, l'enseignement et la gestion de services économiques (20 à 30 %). L'hébergement social ou médico-social se distingue par un recours très fréquent (plus de 80 %).

De ce fait, la répartition des associations employeuses par domaine d'activité diffère sensiblement de celle de l'ensemble des associations (figure 2 et figure 3). Ainsi, les loisirs et la défense de causes, de droits ou d'intérêts représentent 39 % des associations, mais seulement 16 % des associations employeuses. À l'inverse, l'action sociale, l'enseignement et l'hébergement social ou médico-social regroupent 13 % des associations, mais 30 % des associations employeuses. La majorité des associations employeuses recourt à très peu de salariés : 55 % d'entre elles en ont seulement un ou deux. Au total, fin 2013, les associations s'appuient sur 1,9 million d'emplois salariés, un même salarié pouvant occuper plusieurs emplois.

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60 % des emplois salariés dans le social, le médico-social et la santé

L'emploi salarié associatif est très concentré dans l'action sociale, humanitaire ou caritative, l'hébergement social ou médico-social et la santé. Ces trois domaines regroupent 60 % des emplois salariés, alors qu'ils ne représentent que 21 % des associations employeuses. Les associations de 10 salariés ou plus y sont surreprésentées, notamment dans l'hébergement social ou médico-social et l'action sociale (respectivement 70 % et 46 % des associations employeuses, contre 19 % en moyenne).

En 2013, le nombre d'heures de travail rémunérées des salariés des associations représenterait l'équivalent de 1,3 million d'emplois à temps plein. L'emploi à temps partiel est très fréquent dans le monde associatif : la moitié des emplois des associations est à temps partiel. Cette part atteint 70 % dans les domaines du sport et de la culture, tandis qu'elle avoisine 30 % dans la gestion des services économiques et l'hébergement social. Compte tenu du temps partiel, la part des domaines sanitaires et sociaux dans l'ensemble des associations employeuses est encore plus importante lorsque l'on raisonne en nombre d'heures rémunérées plutôt qu'en nombre de salariés (figure 4).

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Du personnel mis à disposition par d'autres organismes dans l'enseignement et la formation

Outre leurs propres salariés, les associations font intervenir d'autres professionnels. Ainsi, 4 % des associations employeuses recourent à des intérimaires ou des volontaires du service civique, 17 % à d'autres travailleurs comme des stagiaires et 13 % bénéficient de personnels mis à disposition par d'autres organismes publics ou privés. Le volume de travail de l'ensemble de ces intervenants est estimé à 5 % de celui des salariés directement rémunérés par les associations. Près de 80 % de ce travail est effectué par les personnels mis à disposition dans les associations d'enseignement et de formation ; dans ces dernières, il équivaut à un tiers du volume de travail de leurs salariés.

Au total, le volume du travail salarié dans les associations représenterait environ 7 % de l'emploi salarié en équivalent temps plein des secteurs marchands et non marchands.

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La quasi-totalité des associations recourt au bénévolat

Le bénévolat est une ressource essentielle pour la quasi-totalité des associations, employeuses ou non employeuses, quel que soit le domaine d'activité. En 2013, le nombre de participations bénévoles s'élève à 23 millions, dont 21 % dans les associations employeuses, un même bénévole pouvant participer à l'activité de plusieurs associations.

Le nombre d'heures bénévoles correspondrait à 467 000 emplois en équivalent temps plein dans les associations non employeuses et 213 000 dans les associations employeuses, soit 15 % du volume de travail des salariés de ces dernières.

En considérant le nombre d'associations et le type de ressources humaines qu'elles mobilisent, plusieurs fonctionnements se dégagent. Les associations sportives (une association sur quatre) s'appuient essentiellement sur le bénévolat : elles mobilisent un quart du total des heures de bénévolat (figure 5), mais seulement 4 % des heures des salariés du monde associatif. Les loisirs et la défense de causes, droits ou intérêts (environ 40 % des associations) disposent de relativement peu de ressources humaines : un tiers des heures bénévoles et 6 % des heures des salariés. Le domaine de l'enseignement, la formation et la recherche non médicale (6 % des associations) mobilise à lui seul 12 % des heures des salariés du monde associatif, ainsi qu'un volume important de travail mis à disposition par d'autres organismes. Enfin, l'action sociale, humanitaire ou caritative et l'hébergement social ou médico-social concentrent dans un petit nombre d'associations plus de la moitié des heures des salariés du monde associatif et 16 % des heures de travail bénévole. En effet, une grande partie de ces structures gère des établissements accueillant des personnes âgées ou handicapées, ayant besoin de l'assistance de professionnels qualifiés pour effectuer les actes essentiels de la vie courante.

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90 % des ressources financières sont concentrées dans les associations employeuses

Les ressources courantes du secteur associatif s'élèvent à 104 milliards d'euros en 2013, dont 94 milliards pour les associations employeuses (figure 6).

Les domaines d'activité qui emploient le plus grand nombre de salariés ont les ressources courantes les plus élevées. Ainsi, l'hébergement social ou médico-social, la santé et l'action sociale, caritative ou humanitaire représentent environ 50 % du budget des associations. Leur premier mode de financement provient de recettes d'activités publiques (respectivement 61 %, 47 % et 36 %). Le budget des associations d'enseignement constitue quant à lui 14 % du total, dont 45 % résulte de recettes d'activités privées.

Chacun des cinq autres domaines pèse relativement peu dans le budget associatif (entre 6 % et 8 % pour chacun de ces domaines). La moitié des ressources des associations culturelles sont des subventions publiques. Plus de la moitié du budget des associations de gestion de services économiques et de développement local et des associations de loisirs est constituée de recettes d'activités privées. Les deux premiers financements des associations de sport et de défense de causes, de droits ou d'intérêts sont les recettes d'activités privées et les cotisations de leurs adhérents ; ces dernières représentent chacune environ 30 % de leurs ressources.

Les structures budgétaires diffèrent fortement selon que l'association est employeuse ou non (figure 7). En moyenne, les cotisations des adhérents ne contribuent que pour 8 % au budget des associations employeuses, mais pour 35 % à celui des non-employeuses. Pour les recettes d'activités publiques, ces proportions sont de 30 % et 4 %, les associations non employeuses réalisant peu de commandes ou de prestations pour le compte d'organismes publics. Les subventions publiques représentent aussi une part plus importante du budget des associations employeuses que de celui des non-employeuses, à l'inverse des dons et du mécénat. Par ailleurs, 7 % du budget des associations employeuses et 9 % de celui des non-employeuses proviennent d'autres ressources courantes ; celles-ci peuvent inclure des montants non répartis dans les autres postes budgétaires, à côté de reprises sur amortissements et provisions, de transferts de charge, etc.

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Plus de la moitié des associations bénéficient d'avantages en nature

Pour fonctionner, la majorité des associations - qu'elles soient employeuses ou non - disposent également d'avantages en nature, via des mises à disposition, gratuites ou à des conditions avantageuses, de locaux, matériels, équipements, etc. Pouvant se cumuler, ces avantages portent le plus souvent sur la mise à disposition de locaux ou de terrains (pour 52 % des associations), d'équipements (14 %) et la gratuité ou une tarification avantageuse de l'énergie ou de l'eau (17 %). Les associations sportives, culturelles et de loisirs bénéficient beaucoup plus souvent d'au moins un de ces avantages, et notamment de locaux ou de terrains.

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Des actions souvent locales, mais pas toujours conduites isolément

Une grande partie des associations (42 %) intervient principalement au niveau local (immeuble, quartier, commune), tandis que 27 % le font à l'échelle intercommunale, 14 % au niveau départemental et seulement 17 % à un niveau régional ou suprarégional.

Les associations employeuses ont toutefois un rayon d'action plus étendu que les non-employeuses, quel que soit le domaine d'activité : un quart cible plutôt des actions ne dépassant pas la commune, un autre quart s'oriente vers la région ou une aire géographique plus large.

Le rayonnement territorial diffère selon les domaines d'activité. En effet, les associations de loisirs qui proposent des activités de proximité et celles de défense de causes, de droits ou d'intérêts (notamment les associations de locataires ou de résidents) sont plus actives au niveau du quartier et de la commune. À l'inverse, les domaines les plus présents au niveau supracommunal sont l'hébergement social ou médico-social et l'enseignement.

Malgré ce rayonnement plutôt local et un grand nombre de petites unités, les associations ont souvent des liens, formalisés ou non, avec d'autres associations. En 2013, 35 % font partie d'un ou de plusieurs réseaux d'associations. Cette appartenance est plus fréquente dans les associations employeuses (51 %). Elle permet notamment de mutualiser les moyens humains, matériels et financiers ou de coordonner une action en commun sur un territoire. Une association peut également être contrainte d'adhérer à un réseau : c'est le cas, par exemple, des associations sportives pour lesquelles l'affiliation à une fédération permet de participer aux compétitions.

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Insee Première N° 1587 - mars 2016

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