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Un maillage du territoire français

12 aires métropolitaines, 29 grandes aires urbaines

Chantal Brutel, division Statistiques régionales, locales et urbaines, Insee

Résumé

En France métropolitaine, 41 aires urbaines structurent le territoire. Elles sont réparties en 12 aires dites « métropolitaines » et 29 qualifiées de « grandes aires ». Les aires métropolitaines sont localisées sur les contours du territoire, les grandes aires dans le bassin parisien ou à proximité des aires métropolitaines.

Ces 41 aires reflètent les zones d’influence nationale et régionale du territoire. En effet, elles regroupent les emplois à fort potentiel de développement économique et à contenu décisionnel élevé.

Ces villes entretiennent entre elles des relations mesurées par les déplacements domicile-travail des actifs. Outre la position centrale et particulière de Paris, ces aires urbaines sont liées entre elles sous des formes variables : relations bipolaires ou multipolaires.

Les actifs qui se déplacent entre ces aires pour rejoindre leur lieu de travail sont principalement des cadres occupant des emplois des fonctions logistiques ou liées au commerce inter-entreprises. Ils ont plus fréquemment que les autres changé d’aire de résidence au cours des cinq dernières années.

Sommaire

Encadré

Publication

12 aires métropolitaines et 29 grandes aires structurent le territoire

Le territoire de la France métropolitaine est composé de 354 aires urbaines. Les plus grandes d’entre elles concentrent la population, plus encore les emplois et davantage encore les cadres des fonctions métropolitaines. La prise en compte de ces trois paramètres via la loi « rang-taille » (encadré) permet de distinguer 41 aires importantes. Celles-ci jouent un rôle particulier dans la structuration du territoire et caractérisent le rayonnement économique des espaces.

Parmi ces 41 aires, 12 sont qualifiées d’aires métropolitaines : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg, Rennes, Grenoble et Montpellier. Elles accueillent chacune plus de 500 000 habitants et 20 000 cadres des fonctions métropolitaines.

D’autres aires urbaines de taille importante sont qualifiées de grandes aires : elles ont plus de 200 000 habitants. Toulon, Douai et Rouen, bien qu’importantes en termes de population, se trouvent classées en grandes aires et non en aires métropolitaines car leur nombre de cadres des fonctions métropolitaines est inférieur au seuil de 20 000.

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Les aires métropolitaines, essentiellement en périphérie du territoire

Les aires métropolitaines de province sont essentiellement localisées en périphérie du territoire national, que ce soit au Sud, à l’Ouest ou encore aux frontières du Nord et de l’Est, à proximité de la Belgique, de la Suisse ou de l’Allemagne.

Huit des 29 grandes aires se situent autour de l’aire de Paris, dans un large bassin parisien. Les autres sont soit au voisinage des aires métropolitaines, comme dans le sud-est ou le nord de la France, ou entre les aires métropolitaines, par exemple le long des axes Paris-Nantes ou Paris-Strasbourg. Les aires de Poitiers, Clermont-Ferrand, Limoges, Dijon ou encore Besançon comblent un espace dépourvu d’aires métropolitaines (carte 1).

Carte 1 - Les aires urbaines métropolitaines et les grandes aires

Carte 1 - Les aires urbaines métropolitaines et les grandes aires

Source : Insee, recensement de la population 2006.

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Concentration des fonctions liées au rayonnement économique dans les aires métropolitaines

Ces 41 aires regroupent 70 % de la population et de l’emploi des villes, 77 % des emplois des fonctions métropolitaines et 85 % des emplois de cadres des fonctions métropolitaines (tableau 1). L’armature urbaine, composée de ces 12 aires métropolitaines et 29 grandes aires, reflète l’importante concentration sur le territoire national des activités à fort potentiel de développement économique et à contenu décisionnel élevé. Dans ces activités, les emplois sont occupés principalement par des cadres. 37 % des emplois de l’aire urbaine de Paris sont des emplois des fonctions métropolitaines ; cette proportion passe à 22 % pour les grandes aires.

Plus précisément, les 12 aires métropolitaines concentrent les fonctions métropolitaines supérieures liées à la conception-recherche, aux prestations intellectuelles, à la gestion, mais aussi aux éléments de rayonnement international comme le commerce inter-entreprises ou la culture et les loisirs. Elles ont toutefois chacune leur spécificité (tableau 2). Ainsi, Toulouse et Grenoble se distinguent par une présence très élevée d’emplois relevant des fonctions conception-recherche et prestations intellectuelles ; Lyon, Lille, Bordeaux et Nantes par une présence plus élevée qu’ailleurs de la fonction commerce inter-entreprises ; alors que les emplois liés à la fonction culture et aux loisirs sont davantage implantés à Paris.

Tableau 1 - Part de la population et de l’emploi selon le type d’aires urbaines
Note : l’emploi est mesuré au lieu de travail.
Source : Insee, recensement de la population 2006.
Population résidante Emploi total Emploi des fonctions métropolitaines Emplois de cadres des fonctions métropolitaines
Effectif (en milliers)  % Effectif (en milliers)  % Effectif (en milliers)  % Effectif (en milliers)  %
Aires urbaines métropolitaines (12) 22 393 47,5 10 214 49,4 3 431 61,2 1 528 72,0
Grandes aires urbaines (29) 9 726 20,6 4 011 19,4 905 16,2 264 12,4
Autres aires urbaines (313) 15 056 31,9 6 455 31,2 1 263 22,6 330 15,6
Ensemble 47 175 100,0 20 680 100,0 5 599 100,0 2 122 100,0
Tableau 2 - Indice de spécificité des fonctions métropolitaines dans chacune des aires urbaines métropolitaines
1. Rapport entre la part de chacune des fonctions dans l’emploi de l’aire métropolitaine et cette même part dans l’ensemble des aires urbaines métropolitaines.
En zone colorée, les indices de spécificité supérieurs à 1.
Lecture : à Paris, la fonction gestion est moins représentée que dans l’ensemble des aires métropolitaines.
Source : Insee, recensement de la population 2006.
Aires métropolitaines Emploi total (en milliers) Part des CFM dans l’emploi total (en %) Part de l’emploi des fonctions métropolitaines dans l’emploi total (en %) Indice de spécificité de chacune des fonctions métropolitaines1
Gestion Conception Recherche Prestations intellectuelles Commerce inter-entreprises Culture Loisirs
Paris 5 562 18,3 37,3 0,99 0,99 1,01 0,96 1,13
Lyon 811 12,1 31,7 1,00 1,01 0,99 1,20 0,70
Marseille 621 9,5 27,5 1,09 0,77 1,00 0,97 0,86
Lille 499 9,9 28,5 1,13 0,71 0,88 1,11 0,73
Toulouse 505 13,7 31,4 0,87 1,63 1,07 0,95 0,73
Nice 385 9,7 26,3 1,04 0,98 0,97 0,90 0,99
Bordeaux 449 9,5 27,4 1,07 0,82 0,93 1,13 0,78
Nantes 352 10,5 29,4 1,04 0,87 0,99 1,15 0,74
Strasbourg 294 10,1 28,5 1,07 0,82 0,95 1,09 0,81
Rennes 274 10,0 27,1 1,00 1,00 1,02 1,09 0,82
Grenoble 250 14,0 32,1 0,84 1,87 1,01 0,88 0,76
Montpellier 212 11,0 29,1 0,99 1,03 1,09 0,93 1,00

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La polarisation vers Paris pour l’ensemble du territoire

Les 12 aires métropolitaines et les 29 grandes aires sont reliées entre elles par un important réseau routier ou ferré qui favorise les déplacements domicile-travail. 260 000 actifs déclarent résider dans une de ces 41 villes et travailler dans une autre. 1,8 % des emplois des 41 aires sont ainsi occupés par une personne qui ne vit pas dans l’aire où elle travaille.

Ces déplacements esquissent des réseaux entre les villes, au sein desquels l’aire urbaine de Paris joue un rôle central. Toutes les aires métropolitaines de province ou les grandes aires envoient en effet des actifs vers l’aire urbaine capitale et les échanges sont plus importants de la province vers Paris que l’inverse. 70 000 actifs résidant dans les aires métropolitaines et les grandes aires travaillent dans l’aire parisienne, soit 0,9 % de l’emploi total des 41 aires (carte 2).

Si les flux domicile-travail vers Paris les plus importants en termes d’effectifs viennent de Lyon, Marseille et Lille, l’intensité des échanges est la plus élevée pour Rouen, Orléans, Lille, Lyon, Tours, Marseille, Bordeaux, Toulouse et Amiens (les indices d’intensité sont proches de 0,10).

L’aire urbaine de Paris polarise les cinq fonctions métropolitaines, et plus particulièrement, celles du commerce inter-entreprises, de la conception-recherche et de la logistique. La part des migrants alternants travaillant dans la fonction commerce inter-entreprises est trois plus élevée que celle de l’ensemble des actifs occupant cette fonction. Pour les fonctions conception-recherche et logistique, le rapport est de 1,5. Mais l’aire capitale est également attractive pour des fonctions non métropolitaines et notamment la fonction administration publique (1,4 fois).

Carte 2 - Déplacements domicile-travail vers l'aire urbaine de Paris

Carte 2 - Déplacements domicile-travail vers l'aire urbaine de Paris

*Les deux effectifs (5 690 et 1 900) correspondent aux flux le plus important et le moins important ; l'épaisseur des flèches est proportionnelle à l'importance des flux.

Source : Insee, recensement de la population 2006.

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Des réseaux de proximité bipolaires ou multipolaires

Parmi les 40 aires de province, 190 000 personnes déclarent ne pas travailler dans leur aire de résidence à la date du recensement, soit 2,5 % de l’emploi de ces aires (carte 3).

Au nord de la France, un premier ensemble constitué des aires de Lille, Douai, Valenciennes et Dunkerque est particulièrement propice aux échanges domicile-travail. Les indices d’intensité des déplacements entre ces villes sont particulièrement élevés : 6,2 entre Lille et Douai, 4,2 entre Douai et Valenciennes et 3,3 entre Valenciennes et Lille. Au sein de cet espace, les déplacements domicile-travail sont assez typés. En effet, Lille polarise, en provenance de Douai et Valenciennes, les emplois des fonctions éducation-formation, conception-recherche et santé-action sociale. Alors que Douai et Valenciennes accueillent principalement les migrants alternants des fonctions prestations intellectuelles, conception-recherche et commerce inter-entreprises.

Au Sud, un second ensemble plus étendu est constitué des aires de Marseille, Toulon, Nîmes, Montpellier, Avignon et Nice. Les échanges les plus intenses lient Nîmes et Montpellier et Nîmes et Avignon (indices d’intensité respectifs de 1 et 0,5). Entre Marseille et Toulon, les déplacements d’actifs sont symétriques. Ces migrants alternants sont plus présents dans les deux fonctions métropolitaines commerce inter-entreprises et conception-recherche, bien que celles-ci ne représentent pas plus de 5 % des emplois.

Un troisième ensemble multipolaire regroupe Lyon, Grenoble, Saint-Étienne et Annecy. Il a la particularité de contenir deux aires métropolitaines. Si les déplacements domicile-travail sont importants en termes d’effectifs entre Lyon et Grenoble, ils sont néanmoins d’intensité plus faible (0,4) que les groupes précédents. Par ailleurs, les échanges sont dissymétriques, les fonctions échangées n’étant pas de même nature. En effet, plus du quart des actifs résidant à Lyon et travaillant à Grenoble occupent des fonctions de conception-recherche et d’éducation-formation, alors que le profil des échanges de Grenoble vers Lyon est plus proche de l’ensemble des déplacements entre aires métropolitaines (commerce inter-entreprises et gestion). La spécificité de Grenoble dans la fonction conception-recherche explique l'asymétrie de ses échanges avec Lyon. En revanche, la fonction éducation-formation est identiquement implantée dans ces deux aires urbaines.

Les autres échanges entre aires métropolitaines et grandes aires sont beaucoup moins intenses que dans les trois grands ensemble précédents. Les relations sont essentiellement bipolaires entre Metz et Nancy, Rouen et Le Havre, Pau et Bayonne, Strasbourg et Mulhouse, Besançon et Dijon, Tours et Orléans ou encore Nantes et Rennes. Les échanges entre, d’une part, Angers et Nantes, et d’autre part entre Angers et Le Mans lient ces trois villes entre elles.

Carte 3 - Déplacements domicile-travail entre aires métropolitaines et grandes aires de province

Carte 3 - Déplacements domicile-travail entre aires métropolitaines et grandes aires de province

Note : l'épaisseur des traits est proportionnelle à l'importance du flux.

Source : Insee, recensement de la population 2006.

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Des déplacements domicile-travail fréquents après une migration résidentielle

Un quart des actifs migrants alternants entre les 41 plus grandes aires ont changé d’aire urbaine de résidence au cours des cinq dernières années. C’est deux fois plus que pour l’ensemble des actifs des aires métropolitaines et des grandes aires. De plus, 40 % des migrants alternants ayant changé d’aire de résidence habitaient avant dans leur actuelle aire urbaine de travail, soit 27 000 personnes. Cette part dépasse même 45 % pour les actifs de Lille, Paris et Marseille. Toutes choses égales par ailleurs, être migrant alternant au sein des grandes aires ou aires métropolitaines est plus fréquent pour un cadre, travaillant à Lille, Paris ou Marseille, occupant un emploi dans les fonctions de commerce inter-entreprises ou de logistique et ayant déménagé au cours des cinq dernières années.

Les actifs se déplaçant régulièrement pour travailler dans une grande aire ou une aire métropolitaine semblent donc dissocier leur choix de lieu de résidence et de lieu de travail. Les actifs qui résidaient cinq ans plus tôt dans leur actuelle aire de travail ont pour la plupart quitté une aire métropolitaine : 33 % ont quitté l’aire urbaine de Paris, 20 % celle de Lille et 9 % celle de Marseille. Les actifs de l’aire urbaine de Paris ayant changé d’aire de résidence s’installent à parts égales entre aires métropolitaines et grandes aires et ce, à divers endroits du territoire. En revanche, les actifs ayant quitté Lille ou Marseille choisissent majoritairement un nouveau domicile proche : Douai ou Valenciennes au Nord, Toulon ou Avignon au Sud.

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Encadré

Déterminer des aires urbaines métropolitaines et des grandes aires : la loi « rang-taille »

La dynamique économique d’une ville est fortement liée à l’effectif de sa population, à son nombre d’emplois et, plus particulièrement, au nombre d’emplois de cadres des fonctions métropolitaines (CFM) (définitions). La relation entre la taille de la ville (pour chacune des trois variables) et son rang de classement est appelée loi « rang-taille ». Les courbes représentant la loi « rang-taille » pour la population, le nombre d’emplois et de CFM mettent en évidence des ruptures, lesquelles permettent de déterminer 12 aires métropolitaines (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg, Rennes, Grenoble et Montpellier) et 29 grandes aires (Toulon, Douai, Rouen, Metz, Clermont-Ferrand, Nancy, Valenciennes, Tours, Caen, Orléans, Angers, Dijon, Saint-Étienne, Avignon, Brest, Mans, Reims, Havre, Mulhouse, Perpignan, Amiens, Dunkerque, Limoges, Nîmes, Besançon, Pau, Bayonne, Poitiers et Annecy).

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Insee Première N° 1333 - janvier 2011

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