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Vie associative : 16 millions d’adhérents en 2008

Frédéric Luczak et Fella Nabli, division Conditions de vie des ménages, Insee

Résumé

En 2008, un tiers des personnes de 16 ans et plus, soit 15,8 millions de personnes, sont membres d’au moins une association. En prenant en compte les adhésions multiples, les associations totalisent environ 21 millions d’adhésions.

Quatre grandes catégories d’associations prédominent : le sport, les activités de 3e âge, la culture, les loisirs.

Les hommes sont majoritaires et adhèrent plus aux associations sportives, de loisirs ou en lien avec la vie professionnelle, tandis que les femmes privilégient les associations à but social (3e âge et défense de droits et d’intérêts communs).

L’adhésion progresse avec l’âge et culmine entre 60 et 75 ans. Elle est également plus fréquente parmi les personnes diplômées, les cadres, les professions intermédiaires et les personnes les plus aisées. Être adhérent est plus rare dans les grandes agglomérations.

Enfin, plus de la moitié des adhérents participent bénévolement aux activités de l’association.

Sommaire

Publication

Prédominance des associations sportives et culturelles

La qualité de la vie est une notion qui intègre comme composante principale le revenu, car il permet d’accroître la quantité et la qualité des produits consommés, mais aussi la santé, l’emploi, les relations familiales, les contacts sociaux ou encore l’implication dans la vie de la cité. La participation associative relève des deux dernières composantes. Adhérer à une association permet non seulement d’accroître ses contacts sociaux (clubs du 3e âge) mais aussi de s’engager (associations de défense de droits, action sanitaire et sociale) ou d’assumer des fonctions de responsabilités (poste de président ou de trésorier par exemple).

En 2008, un tiers des personnes de 16 ans et plus en France métropolitaine font partie d’au moins une association ou syndicat, soit 15,8 millions de personnes. Ce niveau est identique à celui observé en 2006. En raison des adhésions multiples, les associations totalisent 21 millions d’adhésions. Comme par le passé, le paysage associatif français se caractérise par la prédominance des associations sportives, culturelles et de loisirs, qui représentent plus de la moitié des adhésions.

Le taux d’adhésion n’est que de 2,5 % pour les associations de défense de droits et d’intérêts communs (associations de parents d’élèves, de consommateurs etc.), et de 4,1 % pour les associations à caractère sanitaire, social ou humanitaire (tableau 1).

Tous types d’associations confondus, les hommes adhèrent plus aux associations que les femmes : 35,6 % contre 29,9 %. Ils se tournent de préférence vers les associations sportives, de loisirs et les associations en lien avec leur vie professionnelle. C’est pour les associations sportives que l’écart est le plus net : 15,4 % des hommes y adhèrent contre 9,5 % des femmes.

Les femmes adhérent plus souvent aux associations à but social : 3e âge, défense de droits et d’intérêts communs comme les associations de parents d’élèves.

Tableau 1 - Taux d’adhésion selon l’âge et le sexe pour certains types d’associations en 2008
Champs : France métropolitaine, *personnes dont l’âge est strictement supérieur à 59 ans ; ** personnes occupant un emploi, chômeurs et retraités.
Source : Insee, enquête SRCV-SILC 2008.
en %
Ensemble Action sanitaire et sociale ou humanitaire et caritative Sport Culture Loisirs Défense de droits et d’intérêts communs Clubs de 3e âge, de loisirs pour personnes âgées* Syndicat, groupement professionnel**
Sexe
Hommes 35,6 3,5 15,4 5,5 5,0 2,2 8,3 8,1
Femmes 29,9 4,6 9,5 6,3 4,5 2,7 10,7 6,5
Âge
16-24 ans 26,3 2,1 17,1 4,6 2,7 0,7 - 1,9
25-39 ans 32,7 3,4 14,1 5,4 3,2 3,3 - 8,6
40-59 ans 34,4 4,0 12,7 6,0 5,0 3,0 - 11,8
60 -74 ans 36,9 6,9 10,7 8,7 7,9 2,3 7,3 2,6
75 ans et + 27,6 3,4 4,0 3,6 4,5 1,5 13,6 1,7
Ensemble 32,6 4,1 12,3 5,9 4,7 2,5 9,6 7,3

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Les adhésions culminent entre 60 et 75 ans

L’adhésion aux associations augmente avec l’âge : de 26,3 % pour les 16-24 ans, le taux d’adhésion progresse pour atteindre 36,9 % chez les 60-74 ans. Il décroît ensuite nettement chez les personnes de 75 ans et plus (27,6 %), qui adhèrent principalement aux associations du 3e âge. Ce profil par âge se retrouve pour les associations culturelles, de loisirs et celles à caractère sanitaire et social.

Les associations de défense de droits et d’intérêts communs drainent quant à elles le plus d’adhésions parmi les 25-59 ans ; ceci peut s’expliquer par le fait que les couples avec enfants, nombreux dans cette tranche d’âge, adhèrent aux associations de parents d’élèves. C’est également dans cette tranche d’âge correspondant aux âges actifs que les adhésions aux syndicats et groupements professionnels sont les plus nombreuses.

Les associations sportives, quant à elles, attirent plutôt les jeunes : 17,1 % des 16-24 ans contre 10,7 % des 60-74 ans et 3 % au-delà de 75 ans. C’est d’ailleurs le seul type d’association où les jeunes sont massivement présents. De fait, seul un jeune adhérent sur cinq appartient à plusieurs associations, contre un sur trois après 40 ans (tableau 2). En revanche, le fort engagement des personnes de 60 à 74 ans se traduit également par une forte proportion d’adhésions multiples (40 %).

La configuration familiale a quant à elle peu d’influence sur l’adhésion aux associations. Seules les familles monoparentales ont un taux d’adhésion nettement inférieur au reste de la population (27 %).

Tableau 2 - Multiadhésion par âge en 2008
Lecture : parmi les 16-24 ans, 80,4 % n’adhérent qu’à une seule association.
Champ : France métropolitaine.
Source : Insee, enquête SRCV-SILC 2008.
en %
Tranche d’âge Une adhésion Deux adhésions Trois adhésions ou plus
16-24 ans 80,4 15,4 4,2
25-39 ans 75,0 20,3 4,7
40-59 ans 69,1 20,5 10,4
60-74 ans 59,1 26,3 14,6
75 ans et + 68,6 17,3 14,1
Ensemble 69,5 20,9 9,6

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Moins d’engagement associatif dans les grandes agglomérations

C’est à Paris et dans les grandes agglomérations que la proportion d’adhésions est la plus faible (30 % - tableau 3). Comme l’ensemble de la population, les habitants des grandes villes font surtout partie d’associations sportives, même si le taux d’adhésion y est inférieur de 1,5 point à la moyenne ; c’est pour les clubs du 3e âge que l’écart est le plus marqué.

À l’inverse, c’est dans les communes rurales que la vie associative est la plus forte (35 %) avec les clubs du 3e âge (18 % parmi les personnes de 60 ans et plus, contre 10 % en moyenne), et dans une moindre mesure les associations de loisirs. Les associations sont également très présentes dans les agglomérations de 50 000 à 200 000 habitants : en particulier, les associations sanitaires et sociales et les associations sportives y sont nettement plus présentes que sur le reste du territoire.

Tableau 3 - Taux d’adhésion à différents types d’associations selon la taille de l’unité urbaine en 2008
Champs : France métropolitaine, *personnes dont l’âge est strictement supérieur à 59 ans ; ** personnes occupant un emploi, chômeurs et retraités.
Source : Insee, enquête SRCV-SILC 2008.
en %
Ensemble Action sanitaire et sociale ou humanitaire et caritative Sport Culture Loisirs Défense de droits et d’intérêts communs Clubs de 3e âge, de loisirs pour personnes âgées* Syndicat, groupement professionnel**
Communes rurales 35,4 3,6 12,7 5,0 6,4 2,5 18,2 6,7
Agglomérations :
Moins de 10 000 h. 33,7 4,1 12,1 6,5 5,6 2,6 9,1 7,1
10 000 à 50 000 h. 31,7 3,2 14,3 5,2 4,8 1,9 5,5 6,8
50 000 à 200 000 h. 35,2 5,8 14,5 6,9 5,0 2,7 6,4 9,2
> 200 000 h. (hors Paris) 30,0 4,4 10,9 5,7 3,8 2,6 6,0 7,7
Paris 29,7 3,7 10,7 6,8 2,7 2,4 4,9 6,6
Ensemble 32,6 4,1 12,3 5,9 4,7 2,5 9,6 7,3

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Davantage d’adhésions parmi les cadres et les professions intermédiaires

Ce sont les personnes qui ont un emploi et les retraités qui adhèrent le plus souvent (respectivement 35 % et 34 %). Les personnes au chômage adhérent peu à une association (17 %) et les personnes au foyer se trouvent dans une situation intermédiaire (23 %).

Parmi les personnes qui travaillent, la proportion d’adhérents est la plus faible chez les ouvriers, les artisans et les employés (tableau 4). Et ce, quel que soit le type d’association.

Les cadres et les professions intermédiaires sont les plus nombreux à adhérer. Ceci se retrouve pour tous les types d’associations pour les cadres (sauf les loisirs) ; les professions intermédiaires ont, quant à elles, un comportement proche de la moyenne, excepté pour les associations sportives et syndicales pour lesquelles leur adhésion est très élevée, se rapprochant de celle des cadres.

Comme c’est le cas pour les personnes habitant en milieu rural ou dans les petites agglomérations, les agriculteurs ont un taux d’adhésion élevé (35 %) qui se caractérise par une forte participation à des syndicats. Ils sont également les plus présents dans les associations de loisirs et de défense de droits et d’intérêts communs, ainsi que dans les associations à caractère religieux ou environnemental.

Tableau 4 - Taux d’adhésion à différents types d’associations selon la catégorie socioprofessionnelle en 2008
Champ : France métropolitaine, personnes ayant un emploi.
Source : Insee, enquête SRCV-SILC 2008.
en %
Ensemble Action sanitaire et sociale ou humanitaire et caritative Sport Culture Loisirs Défense de droits et d’intérêts communs Syndicat, groupement professionnel
Agriculteurs 34,8 2,2 5,4 5,2 6,0 5,9 16,5
Artisans 30,4 3,8 11,3 4,1 6,6 1,5 3,4
Cadres 46,9 5,9 19,7 10,9 4,1 5,6 13,0
Professions intermédiaires 42,9 4,2 19,3 7,0 5,0 3,9 13,1
Employés 30,1 3,2 10,7 4,8 2,9 2,2 10,7
Ouvriers 26,4 1,6 12,0 2,3 3,6 1,3 9,4
Ensemble 35,1 3,6 14,3 5,6 4,0 3,0 11,0

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Forte implication des diplômés

Dans tous les types d’associations, excepté les clubs de 3e âge, l’engagement associatif progresse avec le niveau de diplôme (graphique 1) : 45 % des diplômés du supérieur sont adhérents contre seulement 18 % des personnes sans diplôme. L’exception des clubs du 3e âge s’explique en partie par un effet de génération : les personnes qui fréquentent ces clubs font en effet partie de générations dans lesquelles la proportion de bacheliers était nettement moins élevée qu’aujourd’hui. Hormis cette exception, c’est pour les activités de loisirs que les différences entre niveaux de diplôme sont les plus faibles. Le nombre d’associations auxquelles on adhère progresse également avec le niveau d’études. Ainsi, parmi les adhérents, seul un non-diplômé sur cinq adhère à plusieurs associations contre deux sur cinq parmi les diplômés du supérieur.

Graphique 1 - Taux d’adhésion selon le niveau de diplôme en 2008

Graphique 1 - Taux d’adhésion selon le niveau de diplôme en 2008

Champs : France métropolitaine, *personnes dont l’âge est strictement supérieur à 59 ans ; ** personnes occupant un emploi, chômeurs et retraités.

Source : Insee, enquête SRCV-SILC 2008.

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Le taux d’adhésion dépend fortement du niveau de vie

L’adhésion progresse avec le niveau de vie pour tous les types d’associations, à l’exception des clubs de 3e âge et de loisirs pour personnes âgées où la tendance s’inverse (graphique 2).

Les écarts d’adhésions selon le niveau de vie sont très marqués ; ainsi, seulement 20,7 % des personnes les moins aisées adhèrent à une ou plusieurs associations, contre 44,9 % des personnes les plus aisées . Cette disparité est particulièrement prononcée pour les associations sportives (5,7 % contre 18 %) et les syndicats et groupements professionnels (3,2 % contre 10,8 %).

Graphique 2 - Taux d’adhésion aux associations par niveau de vie en 2008

Graphique 2 - Taux d’adhésion aux associations par niveau de vie en 2008

Champs : France métropolitaine, *personnes dont l’âge est strictement supérieur à 59 ans ; ** personnes occupant un emploi, chômeurs et retraités.

Source : Insee, enquête SRCV-SILC 2008.

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Adhérer ET participer

Les adhérents peuvent s’investir à des degrés divers : participation régulière, participation de temps en temps mais tout au long de l’année, participation seulement pendant certaines périodes de l’année, participation occasionnelle ou enfin simple adhésion (tableau 5).

Adhérer à une association sportive ou religieuse implique qu’on y participe. Ce n’est pas forcément le cas des associations à caractère social, humanitaire, de protection de l’environnement ou bien encore des syndicats. Ainsi, 13 % des adhérents à une association sanitaire et sociale, 15 % des adhérents à une association de protection de l’environnement et 13 % des syndiqués déclarent être simples adhérents : ils adhèrent pour soutenir une cause plutôt que pour pratiquer une activité.

Tableau 5 - Degré de participation des adhérents selon le type d’association en 2008
Champ : France métropolitaine.
Source : Insee, enquête SRCV-SILC 2008.
en %
Type d’association Régulièrement De temps en temps, tout au long de l’année Pendant les vacances ou certaines périodes de l’année Occasionnellement ou rarement Simple adhérent
Action sanitaire et sociale ou humanitaire et caritative 55 16 4 12 13
Sport 81 10 3 4 2
Culture 69 16 5 8 3
Loisirs 66 19 7 7 2
Défense de droits et d’intérêts communs 56 18 3 14 8
Clubs de 3e âge, de loisirs pour personnes âgées 62 19 3 12 3
Syndicat, groupement professionnel 50 18 3 16 13
Religion, culte, groupe paroissial 74 14 2 6 4
Protection de l’environnement 46 22 6 11 15

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Huit millions d’adhérents font du bénévolat en 2008

Près de huit millions d’adhérents travaillent ou rendent des services dans le cadre de leur association sans être rémunérés. L’écart constaté entre hommes et femmes pour la participation associative se retrouve pour le bénévolat : 58 % des adhérents font du bénévolat, contre seulement 52 % des adhérentes. Pour les hommes comme pour les femmes, c’est entre 40 et 59 ans que l’implication dans le bénévolat est la plus grande (67 % pour les hommes et 57 % pour les femmes).

Parmi les adhérents, ce sont les chômeurs qui s’impliquent le plus dans le bénévolat (67 %) ; viennent ensuite les personnes occupant un emploi (58 %). Quant aux retraités, étudiants, personnes au foyer, ils transforment le moins souvent leur adhésion en activité bénévole.

Les couples avec un enfant sont les plus actifs : 58 % d’entre eux ont eu une activité bénévole.

Si les personnes avec au moins un enfant adhèrent moins à une association, cette tendance ne se retrouve pas pour le bénévolat. En effet, avoir un enfant n’est pas un obstacle au bénévolat et induit même une participation plus forte aux activités bénévoles que l’ensemble des adhérents.

Les familles monoparentales, sous- représentées parmi les membres, ont une activité bénévole comparable à celle des autres adhérents. Les personnes seules transforment peu leur adhésion en activité bénévole ; en effet, celle-ci est nettement inférieure à la moyenne.

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Insee Première N° 1327 - décembre 2010

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