Deux fois plus chère mais deux fois plus productive qu’en 1975
Insee Première N°1214 - novembre 2008
Depuis 1975, l'Insee réalise, dans un cadre européen et selon une périodicité variable jusqu'en 1984 puis quadriennale, une enquête sur le coût de la main-d'œuvre (Ecmo). Le champ sectoriel couvert s'est élargi progressivement. Comprenant initialement l'industrie − y compris l'énergie −, la construction, le commerce et les activités financières, il s'est étendu à l'ensemble des services marchands en 1992, puis à la santé en 2004. Seules les entreprises de plus de dix salariés établies en France métropolitaine sont concernées.
Cette enquête autorise des comparaisons internationales, et permet ici de retracer les évolutions du coût horaire du travail en France au cours des trente dernières années, sur un champ partiel, mais recouvrant une bonne partie du secteur marchand (industrie, construction, commerce, finance).
Le périmètre des charges prises en compte dans les diverses enquêtes n'a que peu évolué depuis 1975.
Le coût horaire réel du travail est traditionnellement décomposé en trois facteurs : le « coût direct annuel » (salaire annuel de base, primes, épargne salariale d'un salarié à plein temps, corrigés des prix), la durée effective du travail par salarié à plein temps et les divers « coûts indirects » que payent les établissements (cotisations patronales, taxes, dépenses sociales - définitions).
La hausse des salaires peut elle-même être décomposée entre une évolution des salaires à structure constante et un effet de la modification de la structure des qualifications de la main-d'œuvre . L'importance respective de chacune des composantes varie au fil des périodes.
Coût horaire du travail : ensemble des dépenses acquittées par l'employeur (salaire, charges, taxes…) pour une heure de travail salarié. Par rapport aux comptes nationaux, ces coûts incluent les charges de personnel ainsi qu'une partie des impôts sur la production (les impôts liés à la main- d'œuvre). Le coût horaire est déflaté par l'indice des prix à la consommation et exprimé en euros de 2004.
Champ partiel : industrie (y compris énergie), construction, commerce, finance.
Productivité horaire apparente du travail : volume de la valeur ajoutée produite rapporté au volume des heures de travail. En comptabilité nationale, ce calcul porte sur l'ensemble des actifs, salariés ou non, Dom inclus, tandis que le coût horaire mesuré dans l'Ecmo couvre uniquement les salariés travaillant dans des entreprises de plus de dix salariés en France métropolitaine. Ces champs sont néanmoins suffisamment proches pour autoriser des comparaisons.
Ensemble du secteur marchand : industrie (y compris énergie) construction, commerce, finance, hôtellerie-restauration, transports, communications, immobilier, location et services aux entreprises.
Durée annuelle effective du travail : nombre d'heures passées au travail dans l'année (hors congés et jours fériés, absences pour maladie, formation, etc.) pour un salarié à temps complet.
Épargne salariale : intéressement, participation, abondements de l'entreprise.
Salaire net moyen à structure constante : salaire net annuel moyen pour un salarié à temps plein si la structure par qualification des emplois était restée la même qu'en 1975.
Effet de la structure des qualifications : impact sur le salaire net moyen de la déformation de la structure par qualification des emplois.
Cotisations et autres dépenses collectives et taxes
− Taux de cotisations salariales : pourcentage du salaire brut à déduire pour obtenir le net. Il comprend les cotisations versées aux Urssaf, aux Assedic ainsi que la CSG et la CRDS prises sur le salaire brut.
− Taux de cotisations patronales : pourcentage du salaire brut. il se décompose en cotisations légales de sécurité sociale (minimum imposé par les pouvoirs publics, Urssaf, Assedic, Agirc, Arrco…) et cotisations conventionnelles (négociées par les accords collectifs).
− Autres dépenses collectives et taxes : subventions versées aux comités d'entreprise, versements transports, taxe d'apprentissage, taxe sur les salaires, dépenses de formation et autres dépenses sociales. Les impôts, taxes et versements assimilés sur rémunérations sont inclus.